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Fort Cézon (Landéda)

Dossier IA29001104 inclus dans Capitainerie de l'Aber-Wrac'h : ensemble fortifié (Plouguerneau) réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

"J´arrive à l´instant, Monseigneur, de la visite du port de l´Aber Wrac´h que j´ai effectué hier tout le jour durant et par le plus beau temps du monde, en compagnie de Monsieur Desclouzeaux [intendant de l´arsenal de Brest] et du sieur de la Voye [Denis de Lavoye, ingénieur ordinaire]. Du fond du port jusqu´à sa sortie, je suis passé et repassé par toutes les passes où il serait nécessaire de réaliser des batteries ou de petites forteresses pour la protection de son accès. Ce port pour sauvage qu´il soit, me paraît très intéressant en ce qu´il comporte trois passes qui permettent d´entrer et de sortir en tout temps, pourvu que les vents ne soient pas trop forts [...]". Vauban à Seignelay, Correspondances, 2 septembre 1685.

Situé à l'extrémité ouest de la capitainerie de l´Aber-Wrac'h, le fort Cézon constitue la pièce maîtresse de la défense de l'embouchure de l'Aber Wrac'h contre une tentative de débarquement ennemie. Pourquoi l'Aber Wrac'h ? Simplement parce qu'à une époque où les chemins étaient peu praticables, l'Aber constituait à 24 kilomètres au sud une voie de pénétration idéale vers Brest qui du coup serait prise à revers...

C´est lors de son deuxième voyage en Bretagne en août - septembre 1685, que Vauban l´avait repéré. Cinq jours plus tard, Vauban adressait à Seignelay son projet de défense de l'embouchure de l'Aber Wrac'h. Le plan consistait en la construction de quatre batteries (sur les îles de Croix, Plate, Cézon et la dernière sur un "rocher"). En outre, il prévoyait pour l'aménagement d'un port : "quelque 200 toises de quai et une ou deux douzaines de balises, dont la plupart ne seraient que de petits mâts plantés sur des roches qui ne se découvrent qu´à marée basse". Enfin, l´ingénieur évoquait l'importance des hommes : "Il suffirait d´avoir un bon capitaine de port assisté d´un lieutenant et de 8 ou 10 maîtres canonniers qui, après instruction, pourraient aussi servir de pilotes côtiers, pour ce port exclusivement. Cela devrait à mon avis, suffire pour maintenir l´entrée et le port en sûreté".

Il faudra attendre 1694 et la montée de la menace sur le port-arsenal de Brest pour que le projet de Vauban connaisse un début de réalisation. L'île Cézon accessible à chaque marée basse est choisie pour l'érection d'un nouveau fort. Ce dernier combine, côté mer, trois batteries de côte et, côté terre, des retranchements qui protègent l'île à marée basse. Une tour d'artillerie domine l'ensemble. Son parapet est percé de sept embrasures.

En temps de paix (état de 1701, à la veille de la Guerre de Succession d'Espagne), la garnison du fort se compose de 2 officiers (1 officier d'infanterie et 1 garde-magasin), 35 soldats (1 maître-canonnier, 1 second, 12 aides, 1 sergent, 20 soldats) et 30 miliciens (paysans de la paroisse). Durant la précédente guerre maritime (1697), la garnison était plus conséquente et comprenait alors 4 officiers (1 chef d'escadre, 1 lieutenant de vaisseau, 1 officier de compagnie et 1 garde-magasin), 55 soldats (2 maître-canonniers, 3 seconds, 24 aides, 1 sergent et 25 soldats), un bataillon de la Marine de 400 hommes et 30 miliciens.

Divers bâtiments : casernes, corps de garde, logement du gardien, guérite, magasins à poudre et aux vivres, fourneau pour rougir les boulets (1793-1795) citerne (début 19e siècle), occupent l'espace intérieur du fort. En 1793, les magasins du fort comptaient 13 500 livres de poudre. Un mât de pavillon est planté au sommet de la tour d´artillerie tandis qu'une chaloupe assure le service du fort. En 1811, les ingénieurs choisissent d'abandonner les retranchements extra-muros.

En 1859, des travaux de mise en défense sont entrepris : un magasin à poudre "à l'épreuve" (d'un bombardement naval) d'une capacité de 10 tonnes est construit, un mur de terre sur son flanc nord vient le protéger d'un bombardement venu de la mer... Le retranchement du 17e siècle (d'une hauteur d'à peine 2 mètres en certains points) est surélevé tandis que les parapets des fronts de terre sont profilés. Le parapet du front de mer est mis en état de recevoir des canons. Le fort a été déclassé par l'armée en 1889.

Le fort et l'île Cézon ont été réutilisés lors de la Seconde Guerre Mondiale par l'occupant allemand. Cet ensemble fortifié, considéré comme un point d'appui léger (Widerstandsnest), est codé A (pour Aber Wrac'h) n° 36. L'île Cézon (A 36), Enez Bihan (A 35), Enez Terch c'est à dire l'île aux Américains (A 32, au nord et A 45 au sud), forment le "Stützpunkt Aber Vrac'h" (point d'appui lourd). A proximité, on trouve les "Stützpunkt Marguerite" (A 37 et A 38) et "Stützpunkt Aber Benoit" (A 43 et A 44).

L'île compte 7 postes individuels d'observation et de mitrailleuse dits "Tobrouk" et un "Tobrouk" pour tourelle de char. Les soldats en poste dans ces Tobrouk peuvent être armés par une mitrailleuse (Maschinengewehr) de type MG34 ou MG 42. Cette dernière pouvant tirer 1200 coups par minute par bandes de 50 et 250 coups ; sa portée utile est de 1000 m ! Couronnant le parapet au nord, une casemate en béton est encore armée de son canon antichars de marque Skoda tandis qu'au sud une casemate de type 623 pour mitrailleuse lourde est enchâssée dans le rempart. Certains blockhaus sont des constructions semi-permanentes dits "Feldmässigen Ausbaustand" ou "Verstärkt feldmäßig" (1 à 1,5 m d’épaisseur de béton armé) d'autres, des constructions permanentes dits "Ständigen Ausbaustand" (2 m et plus d’épaisseur de béton armé) : type 621, 623 par exemple. La garnison de l'île Cézon est évaluée à une cinquantaine de soldats en juin 1944.

L'île Cézon (28 000 mètres carré environ) outre sa tour d'artillerie, sa caserne vaubanienne et son front bastionné du 19e siècle compte 17 blockhaus et de nombreuses tranchées. Entretenu par l'Association Cézon (créée en 1996), le fort (propriété privée) ouvre régulièrement ses portes aux visiteurs (par exemple à l'occasion des Journées européennes du patrimoine).

En raison de leur intérêt patrimonial, l'île et le fort Cézon ont été inscrits au titre des Monuments Historiques en 2015 (site présenté à la Commission régionale du patrimoine et des sites en 2008). C'est un exemple parfait d'étagement des fortifications de la fin du 17e siècle (Vauban et la défense des côtes) au milieu du 20e siècle (Mur de l'Atlantique).

(Guillaume Lécuillier, 2006 - texte mis à jour en 2015)

AppellationsFort Cézon
Dénominationsensemble fortifié, fort, batterie
Aire d'étude et cantonBretagne Nord
HydrographiesAber Wrac'h
AdresseCommune : Landéda
Lieu-dit : Ile Cézon
Cadastre : 1841 A dite des îles 10, 16, 17 ; 1962 A1 20, 21
Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle, 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates1694, daté par source, daté par travaux historiques
1859, porte la date, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Vauban ingénieur militaire
Auteur : Robelin ingénieur militaire attribution par travaux historiques
Mursgranite
terre
rocaille
pierre de taille
moyen appareil
petit appareil
moellon
Toitterre en couverture, pierre en couverture, ardoise
Planssystème bastionné
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrementsvoûte en berceau
Couverturesterrasse
toit à deux pans
Énergiesénergie animale
énergie électrique
produite sur place
Typologiesfort à la mer avec front de terre et retranchements extérieurs
États conservationsdésaffecté, menacé, bon état, envahi par la végétation
Techniquespeinture
Précision représentations

Instructions réglementaires. Numérotation des bunkers.

Protection de 2008 publiée en 2015 au Journal officiel.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, intérêt botanique, site archéologique, à signaler, à étudier
Sites de protectionsite classé
Protectionsinscrit MH, 2015/07/27

Annexes

  • L'ingénieur Robelin d'après Anne BLANCHARD, Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "Tribu d'entrepreneurs et de maître-maçons R. P. R. de Paris, connus dès le 16e siècle avec Jonas qui travailla à la fin de sa vie pour Sully. Une partie de la famille abjura assez rapidement dans le courant du siècle tandis que l'autre restait fort attachée à la foi calviniste. Marchands, architectes ordinaires du roi. Certains travaillèrent en collaboration avec Clément Métezeau, à la chapelle de la Confrérie de Notre-Dame de Lorette ; eurent également l'adjudication des fontaines de Longjumeau. Sept ingénieurs du roi isss de deux branches.

    1ère branche :

    16..., Jacques Robelin.

    1677, Charles Robelin dit Robelin neveu.

    2ème branche :

    1668, Isaac Robelin dit Robelin jeune ou Robelin de Saint-Omer.

    1676, Isaac Robelin dit Robelin fils, écuyer.

    Né vers 1656-1660.

    Père : Isaac, ingénieur qui précède.

    Mère : Marie Mahieu.

    Marié premièrement avec Marie-Jeanne du Vooz, morte à Rennes le 29 juillet 1723, apparentée à des entrepreneurs.

    Deuxièmement à Brest le 20 mai 1726 avec Jeanne-Claude Caire.

    Sans descendance.

    Mort à Brest le 27 novembre 1728 (Paroisse Saint-Louis. Il fut inhumé dans la chapelle des Carmes construite sur ses plans).

    Ingénieur ordinaire en 1676 ; campagnes de la guerre de Hollande en 1676-1677.

    Affecté à Saint-Omer sous les ordres de son père en 1678. Le suivit à Versailles pour l'aider à construire l'acqueduc de Maintenon.

    Campagne du Palatinat en 1688.

    En 1689 en Franche-Comté ; dès cette date, directeur des fortifications du comté de Bourgogne.

    Passé en 1703 à la direction de Bretagne, en résidence à Brest.

    Chevalier de Saint-Louis en 1704. Il était capitaine réformé.

    Mort en activité.

    Sièges :

    1677, Saint-Omer (blessé à la tête d'un coup de mousquet).

    1688, Philipsbourg.

    Donna de très nombreux plans de places bretonnes, en particulier de Lorient, donna les plans de la chapelle des Carmes à Brest en 1718.

    Dirigea les travaux de reconstruction de Rennes détruite par le grand incendie (1721 à 1725). Y prévoyait des transformations dans la ville haute mais aussi dans la ville basse. Eut de telles difficultés avec le corps de la ville qu'il se retira et fut remplacé dans la direction de la reconstruction de la ville par Gabriel.

    En Franche-Comté s'était occupé d'une manufacture de fer blanc fondée par sa famille ; y employa de nombreux ouvriers allemands de religion calviniste et surtout luthérienne.

    "Il est fort extraordinaire que vous quittiez la direction du comté de Bourgogne et qu'on vous envoie à celle de Brest sans m'en rien mander ni en entrant, ni en sortant, ni s'en rien écrire de ce que vous y faites, ni de ce que vous avez fait... Apprenez à mieux vivre, s'il vous plait, et ce qui est votre devoir..." (Vauban, Oisivetés. Lettre de Vauban à Isaac Robelin, 24 mars 1703).

    1689, Jacques Robelin.

    16..., Jacques Robelin.

    1690, N. Robelin".

    (Transcription Guillaume Lécuillier, 2007)

  • 2 septembre 1685 à Brest, lettre de Vauban à Seignelay (Service Historique de l´Armée de Terre, Vincennes, Archives du Génie, série A1, p. 1470)

    "J´arrive à l´instant, monseigneur, de la visite du port de l´Aber Wrac´h que j´ai effectué hier tout le jour durant et par le plus beau temps du monde, en compagnie de monsieur Desclouzeaux et du sieur de la Voye.

    Du fond du port jusqu´à sa sortie, je suis passé et repassé par toutes les passes où il serait nécessaire de réaliser des batteries ou de petites forteresses pour la protection de son accès.

    Ce port pour sauvage qu´il soit, me paraît très intéressant en ce qu´il comporte trois passes qui permettent d´entrer et de sortir en tout temps, pourvu que les vents ne soient pas trop forts.

    La passe principale est très large et la plus petite, dite chenal des Malouins, ne fait pas moins de 80 toises en son endroit le plus étroit. La partie dangereuse de ce chenal s´étire sur quelque 350 toises, après quoi, c´est, ou la pleine mer, ou le port qui a près de 2 lieues de longueur et pas moins de 4 à 7 brasses d´eau à basse mer. Il est très facile à contrôler parce qu´à l´endroit où les passes se rejoignent pour ne former qu´un seul chenal, il y a des petites îles sur lesquelles on peut édifier des batteries et entre lesquelles les vaisseaux sont obligés de passer à portée de pistolet. Il y a aussi deux autres endroits avantageusement placés où l´on pourrait en faire.

    Pour ce qui est de la sûreté des entrées, il suffit de bien les baliser, ce qui est très facile et les faire reconnaître par les pilotes du port et par les gens du pays, moyennant quoi ils se les rendront familières ; et toutes les difficultés ne seront plus que pour les ennemis.

    Reste à savoir si vous voulez que ce port serve de retraite à une armée combattue qui serait poursuivie - ou à une escadre - ou si vous voulez seulement le faire armer pour la sûreté des marchands et de nos câpres. Dans ce cas, il suffit d´y établir 10 à 12 canons répartis en deux batteries protégées par quelques redoutes. Dans l´autre, pour défendre l´entrée contre une armée ou de grosses escadres, il faut établir jusqu´à quatre batteries de 18 à 20 gros canons chacune, avec, les redoutes et clôtures nécessaire à leur protection. Moyennant quoi il est évident qu´il n´y a point de vaisseau quelqu´il soit, qui puisse la passer sans être coulé bas.

    J´oubliais de vous préciser qu´on peut mouiller dans toutes les passes, qu´il n´y a pas un endroit dans le port où les vaisseaux ne soient en sûreté et qu´en outre, il y a tant de place que tous les vaisseaux du Roi pourraient y tenir, fort à l´aise.

    Si vous choisissez cette option, il sera nécessaire de faire des quais en deux ou trois endroits pour amarrer les vaisseaux et pour servir à les haler au dedans ou au dehors.

    Je vous enverrai un petit plan pour vous indiquer l´emplacement des batteries avant mon départ. Au reste, j´en ai encore ici pour trois ou quatre jours, pour cela, et pour les affaires se rapportant à la construction des bassins et des fortifications".

    (Lettre citée par Jacques Michel - transcription Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 1 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 7 septembre 1685 à Brest, lettre de Vauban à Seignelay (Service Historique de l´Armée de Terre, Vincennes, Archives du Génie, série A1, p. 1470)

    "Voici monseigneur, les plans du havre d´Aber Wrac´h que je vous ai promis.

    Le petit plan figure trois batteries. La quatrième n´y est pas représentée parce qu´elle est située sur une roche plate où on peut lui donner la forme que l´on voudra, sans qu´il soit nécessaire d´en faire d´autre dessin que celui de la grande feuille marqué A.

    Le grand plan fait voir les embouchures du havre avec leur profondeur et celle de leurs chenaux à basse mer, la passe (principale) marquée de lignes ponctuées et les quatre batteries avec la croisée de leurs feux.

    Elles sont si bien disposées qu´il n´y a point de navires qui ne puissent entrer sans s´exposer au feu, de l´avant, de l´arrière et par le travers de l´un ou de l´autre bord, sur une distance de 5 grands quarts de lieue.

    Si vous voulez n´armer ce port que contre les corsaires, la batterie de l´île de Groix - et à la rigueur, celle de l´île Plate - armées de 8 à 10 canons chacune, pourront suffire.

    Mais si vous voulez le mettre en état de pouvoir protéger des escadres ou une armées battue, et faire en sorte que l´ennemi ne vienne pas les y incendier, alors les quatre batteries y seront nécessaires, et devront comporter 10 à 15 pièces chacune.

    Les seules dépenses d´aménagements de ce port consisteraient, à mon avis, à édifier ces batteries, quelques 200 toises de quai et une ou deux douzaines de balises, dont la plupart ne seraient que de petits mâts plantés sur des roches qui ne découvrent qu´à marée basse.

    Si le Roi décide cet aménagement, vous voudrez bien avoir la bonté de renvoyer ces plans dans les meilleurs délais, afin que le sieur de la Voye puisse aller en faire l´estimation sur place et que celle-ci vous soit adressée suffisamment tôt pour que vous puissiez en faire état, l´an prochain.

    J´ai l´honneur de vous rapporter dans ma précédente lettre que j´avais visité les trois passes de ce havre en compagnie de monsieur Desclouzeaux et du sieur de la Voye. Il y en a une quatrième où je ne suis pas allé et qui est peu connue bien qu´il y reste partout 4, 5 ou 6 brasses d´eau à basse mer. Elle fait un long circuit au milieu des dangers, ce qui fait qu´elle est peu fréquentée. Cependant étant bien connue, il peut arriver des temps qu´elle pourrait bien servir.

    La longueur de ce port est trois fois celle du port de Brest. Quant à sa largeur à basse mer, elle est au moins équivalente à celle du port de Brest à pleine mer. Comme il n´y a presque pas de courant, qu´il y a de bons fonds partout, et quatre passes différemment orientées, il s´en suit qu´on peut y entrer ou en sortir en tout temps, pourvu qu´il n´y ait point de brume et que les vents ne soient pas trop forts. D´ailleurs, tous les mauvais vents sont bons pour y entrer. Et tous les dangers, qui se distinguent bien mieux par mauvais temps que quand il fait beau, sont évités en un quart d´heure.

    Je crois que pour tout officier, il suffirait d´avoir un bon capitaine de port assisté d´un lieutenant et de 8 ou 10 maîtres canonniers qui, après instruction, pourraient aussi servir de pilotes côtiers, pour ce port exclusivement. Ils résideraient dans l´une des principales batteries et pourraient être renforcés en temps de guerre par une garde organisée avec des gens de la côte, puisqu´ils sont presque tous matelots et bons canonniers. Cela devrait à mon avis, suffire pour maintenir l´entrée et le port en sûreté".

    (Lettre citée par Jacques Michel - transcription Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 2 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 17 septembre 1685 à Chambord, extrait d'une lettre de Seignelay à Desclouzeaux [intendant de l´arsenal de Brest] (Service historique de la Défense, Brest, série 1E53, p. 171)

    "J'ai reçu votre lettre du 7 de ce mois [...]. J'ai vu et examiné pareillement les mémoires et plans envoyés par ledit Sr de Vauban concernant le havre de l'Aber Wrac'h, et je vous les renvoie, afin que vous les remettiez entre les mains du Sr de la Voye avec ordre de m'en envoyer incessamment des copies, vous lui direz aussi qu'il faut qu'il s'en aille au plus tôt sur les lieux pour examiner avec soin la valeur des matériaux et faire son devis exact, et une estimation précise et juste de la dépense à faire pour la construction des batteries marquées à faire dans l'île Croix et dans l'île Plate. L'intention de sa majesté étant d'y travailler dès l'année prochaine. [...]. Signé : Seignelay".

    (Transcription Alice Lejeune, août 1998 - association Cézon, document n° 56 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 22 février 1686, Mémoire sur la manière de garder les côtes de [...] Bretagne pour empêcher l'évasion des religionnaires [Huguenots ou Français protestants] (Archives nationales, MAR, G151)

    "[...] Un même officier pourrait prendre soin des petits ports de l'Aber [Benoît]".

    "Portsall est aussi un port de relâche, où on pourrait établir un officier pour visiter toutes les barques qui y relâchent de la manière que j'ai ci-devant dit. Le même officier prendra soin d'Argenton et des petits ports circonvoisins".

    "Aber Wrac'h est aussi un port, grand port de relâche où un officier serait fort utile pour la visite des bâtiments et il prendrait aussi soin des petits ports qui sont près de là".

    "Roscoff et l'île de Batz, étant des lieux très considérables pour la navigation, mon sentiment serait que l'on y établisse une chaloupe armée qui viendrait depuis Aber Wrac'h jusqu'à l'entrée de la rivière de Morlaix. L'embouchure de cette rivière étant gardée par le château du Taureau, j'estimerais qu'un officier ne serait pas inutile dans ledit château pour visiter tous les bâtiments qui sortiront de la dite rivière..."

    (Copie de Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 59 - transcription Guillaume Lécuillier, 2015)

  • 1689 à l'Aber Wrac'h, lettre de Vauban à Seignelay (Service Historique de l´Armée de Terre, Vincennes, Archives du Génie, série A1, p. 22)

    "C´est un port de 2 800 toises de long qui offre à basse mer, une profondeur de 5 à 8 brasses d´eau sur une largeur supérieure à celle du port de Brest à pleine mer. Les fonds sont nets. Les côtes, plates et abordables sur toute leur longueur.

    De sorte que si une armée entreprenait d´y débarquer à basse mer, elle pourrait le faire des deux côtés, de l´île Cézon jusqu´au fond du port, et soutenir la descente du mousquet.

    Il est vrai aussi, que du milieu du port jusqu´à l´extrémité des pointes, les côtes sont en pente assez douce, mais néanmoins, suffisamment hautes pour qu´à partir des retranchements qui seraient réalisés en leur sommet, on surplombe le pont des vaisseaux et qu´on y interdise ainsi toute manoeuvre.

    Je ne crois pas que le canon de l´ennemi puisse atteindre ce retranchement. Mais je ne crois pas non plus qu´il lui soit facile de débarquer plus bas s´il en avait l´envie, parce que la mer se retire fort loin.

    Cependant, les troupes débarquées pourraient se mettre en ordre de bataille sur des îlots hors de portée du mousquet, à droite comme à gauche, et de là, marcher sur les retranchements, par grands fronts, sans qu´il soit possible d´y résister. A moins d´avoir d´importants corps de troupe de chaque côté de l´entrée. Et encore, ceux-ci seraient-ils tellement dispersés qu´il leur serait difficile d´empêcher l´ennemi de réussir s´il se présentait en grand nombre et par temps calme. Ce qu´il y a d´avantageux pour nous, c´est que :

    1 - La mer est presque toujours dure à l´endroit le plus approprié à un débarquement.

    2 - Il n´y pas de raison suffisante pour obliger l´ennemi à risquer dans ces parages l´armée qui serait nécessaire pour pouvoir donner quelqu´inquiétude à Brest. Brest qui n´en est en vérité qu´à 6 lieues, mais qu´on ne peut atteindre que par des chemins très rudes pour les charrois, et par de petits défilés où l´on passe en ligne de file. Ainsi, en plus du temps nécessaire à son débarquement, il faudrait à cette armée, encore au moins deux jours pour parcourir le chemin qui la sépare de Brest (que l´on pourrait alors renforcer par mer et par terre).

    3 - Il risque d´y avoir chez l´ennemi, trop de décalage entre la flotte et la troupe, la flotte pouvant ne point parvenir à entrer dans la rade au moment ou la troupe arriverait devant la ville en raison des vents contraires ou d´autre chose, l´acculant ainsi à de grandes extrémités.

    4 - Des vents peuvent empêcher les vaisseaux de sortir du port après qu´ils aient débarqué leurs troupes, risquant ainsi de compromettre l´opération en raison de la difficulté qu´il y aurait à acheminer les munitions de l´Aber Wrac´h à Brest (qui aurait alors largement le temps de se mettre en état de réagir).

    Cette dernière raison, jointe au fait qu´il n´y a point dans ce port d´habitation ou de lieu qu´on puisse fortifier ; à celui qu´il est nécessaire à quiconque voudra entreprendre quelque chose sur Brest, de se rendre maître de la rade ; et à mille autres choses trop longues à dire ; (cette raison) me persuade qu´il n´y a rien n´a craindre du côté de l´Aber Wrac´h en matière de grand débarquement. Ce qu´il faut seulement, c´est mettre le port en état de pouvoir servir de refuge à nos corsaires et vaisseaux marchands battus par le mauvais temps ou poursuivis par l´ennemi.

    Pour cela, il suffirait de réaliser les quatre batteries proposées il y a quatre ans, capables de sérieusement endommager une armée tentant de débarquer, voire même de l´en empêcher. Mais, s´agissant d´un ouvrage de paix, vu sa dimension et son coût, je crois qu´on peut pour l´instant, se limiter à une batterie de huit pièces sur l´île Cézon, respectant autant que faire ce peut le dessin qui en avait été fait.

    Il suffira que cet ouvrage soit à mortier de terre grasse fouettée, jointoyé de chaux et de sable. Il faudra le fermer par derrière d´un bon mur de qualité et l´entourer d´un fossé.

    [Il faudra] lui faire un parapet qui résiste au mousquet, côté terre ; le doter d´un corps de garde de 40 hommes répartis en deux chambres ; lui adjoindre un petit magasin voûté sur le côté opposé à la cheminée et de l´autre, un petit hangar de huit à dix pieds de large pour abriter l´armement des pièces, le tout à l´abri du rocher et hors de visée de l´ennemi. En outre, comme l´île est très petite, on pourra retrancher l´ensemble, et surtout bien fermer l´arrière de la batterie, lui faire des flancs, et l´entourer d´un bon fossé traversé d´un pont dormant coupé d´une planchette.

    Le temps étant très mauvais quand je m´y suis rendu, quarante et une barques ou petits bâtiments de taille équivalente s´y étaient réfugiés. Bien que le vent fût mauvais et très fort, elles y étaient aussi tranquilles que sur un étang. Et quand bien même, elles auraient été cent fois plus nombreuses elles auraient pu y tenir de la même façon et fort à l´aise.

    En outre, tous ces bâtiments sur lesquels il y avait peut-être 100 000 écus de marchandises auraient pu être brûlés ou au moins pillés par un seul corsaire armé de vingt canons : ce qui prouve bien la nécessité qu´il y a d´équiper l´entrée de ce havre".

    (Lettre citée par Jacques Michel - transcription Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 5 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 3 février 1689 à Brest : lettre de monsieur de Maumont [capitaine aux Gardes, lieutenant-général en Irlande, tué au siège de Londonderry ("Siege of Derry") le 21 mai 1689] (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du Génie, série A1, carton 902, doc. 174)

    "J'ai visité la rivière d'Aber Wrac'h depuis son embouchure jusqu'à l'endroit où les grands navires montent et qui peuvent demeurer à flot dans cette rivière une lieue durant. L'embouchure en est difficile quoi qu'il y ait trois chenaux et qu'on puisse entrer dans le port quasi de tous vents sans le secours de la marée [...]. Il y a lieu de croire qu'on ne se servira pas de cet endroit pour faire une descente à cause de la difficulté d'y entrer, mais pour n'avoir point d'inquiétude de ce côté et pour se conserver la commodité du port pour nos bâtiments et pour empêcher que les ennemis les y viennent prendre [...] pour faire quelques coups dans le pays.

    Il est nécessaire d´y faire batteries de six pièces de canon, l´une à la pointe de l´île Cézon et à la pointe du Four [actuelle Enez Terc'h ou île aux Américains] ainsi que je l´ai (illisible) dans le petit plan que je joins.

    Vous verrez encore deux projets de batterie, l´une à l´île de Croix et l´autre dans l´île Plate qui serait assurément un meilleur effet que les deux autres parce qu´elles battent dans l´endroit où les chenaux sont les plus difficiles et que dans le temps que les vaisseaux craignent de se briser contre quelque rocher - ils vont plus doucement, mais aussi comme ce sont des îles dans lesquelles on ne peut passer qu´avec des chaloupes - ce serait une grosse affaire d´y travailler et il faudrait y tenir des corps de garde au lieu qu´à l´île Cézon on y passe à toutes marées, qu´elle est sous un corps de garde de la côte et la pointe du Four sous un autre ce qui se peut faire et garder aisément.

    Les batteries que j'ai vu faites du vieux temps [Guerre de Hollande] n'étaient point retranchées ni gardées ce qui n'est pas dans l'ordre car 6 hommes qui abordent partout avec des chaloupes peuvent jeter le canon dans la mer... [...]

    Il faut faire la batterie à l'île Cézon parce-qu’elle voit un endroit où pourrait descendre... [...]"

    (Transcription partielle de Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 4 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003 ; 2015)

  • 1690, description générale de l'Aber Wrac'h (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du génie, article 4, section 2, paragraphe 1, carton 1)

    Ce mémoire de 1690 évoque successivement : la grande passe, la passe des Malouins, le mouillage, l'aiguade (ravitaillement en eau douce au couvent des Récollets ou dans les villages proches), la reconnaissance et les marées de l'Aber Wrac'h.

    (Copie de Yann le Nestour - association Cézon, document n° 60 - résumé Guillaume Lécuillier, 2015).

  • 2 janvier 1694 à Versailles, lettre de Pontchartrain (Service historique de la défense, Brest, 1E31, 1694, première partie)

    [...] "J'ai vu ce que vous m'écriviez sur les officiers bombardiers, canonniers et matelots que vous seriez d’avis de laisser dans les batteries pendant l'hiver. Il faut que vous fassiez un mémoire de ce à quoi cela reviendrait par mois et je vous ferai savoir ensuite les intentions de sa majesté. Cependant, il n'y a pas lieu de craindre que Brest soit attaqué pendant cet hiver".

    (Transcription Alice Lejeune, 1998 - association Cézon, document n° 87 - transcription Guillaume Lécuillier, 2015)

  • 3 mars 1694 à Versailles, lettre de Pontchartrain (Service historique de la défense, Brest, 1E31, 1694, première partie)

    Pontchartrain demande à ce que les batteries de Brest soient mises dans une sorte d'état de pré-alerte.

    (Transcription Alice Lejeune, 1998 - association Cézon, document n° 87 - transcription Guillaume Lécuillier, 2015)

  • 11 juin 1694 à Brest : lettre de Vauban (Service Historique de la défense, Vincennes, Archives du Génie, série A1, carton 1256, pièce 70)

    [...] "Je viens de faire une tournée le long de la côte commençant par Bertheaume, Le Conquet, Portsall, l´Aber Wrac´h dont les retranchements s´avancent fort - j´en ai marqué un alentour de l´île de Cézon dans la rivière d´Aber Wrac´h, port de mer sauvage à 5 lieues avant dans la Manche et autant de Brest où il pourrait entrer 100 vaisseaux de guerre de 80 à 100 pièces de canon - il est autant dangereux que tous les échouages du Conquet sont désormais bien fortifiés - il ne serait pas impossible que les ennemis n´en dérobassent une descente par là s´ils avaient un grand dessein. J'ai armé (illisible) marqué un camp pour 500 (?) dans un lieu très avantageux..."

    (Copie et transcription partielle Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 6 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 22 octobre 1694 à Brest : lettre de Vauban à Barbezieux (Bibliothèque du Comité technique du Génie, folio 31, tome 8, P. 281)

    [...] "L´attaque de Camaret a été repoussée mais : "il est nécessaire de laisser à Brest le régiment d´orléanais ou un autre pour garder les portes de la ville, et l´un des bataillons situés à Lesneven, et Saint-Pol-de-Léon pour garder l´île de Cézon, qui est présentement une petite forteresse dans l´embouchure de l´Aber Wrac´h ; autrement, on serait obligé de remettre les portes de la ville à la garde des bourgeois, et l´île de Cézon à la garde des paysans, ce qui n´est point sûr" ; la raison est que "toutes les troupes sont mobilisées (16 compagnies) sur les points stratégiques. "Vous voyez par là monseigneur que l´île de Cézon demeurera sans garde, si on ne laisse pas du monde à Lesneven".

    (Transcription Yann Le Nestour, Florence Fröhlig - association Cézon, document n° 8 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1742, Côte de Bretagne, état des batteries et corps de garde (Service historique de la défense, Armée de terre, 1VD [article 4] 57-28 [Frontières maritimes, 1683-1759])

    "Ile de Cézon

    État présent :

    Faire le pont dormant, les bois y sont.

    Enlever les plateformes inutiles.

    1 maître canonnier, 1 aide, 7 chaloupiers dont 3 canonniers

    chaloupe des carriers [?]

    12 fusils

    6 pièces de 4 [livres de balle]

    8 demi-barriques

    12 barils de galères

    1 râtelier [?]

    État ordonné : la batterie en dehors du retranchement [comprendre en dehors du fort, il s'agit de la batterie nord] sera supprimée, les 2 canons de 18 [livres de balle] seront portés à la batterie qui est au pied du donjon [tour d'artillerie]. Les 2 canons de 4 [livres de balle] emportés.

    Batterie du fer à cheval au pied du donjon

    - 4 canons de 18 [livres de balle]

    - 2 canons de 12 [livres de balle]

    État ordonné : 2 qui y sont déjà et les 2 autres pris en dehors du retranchement. Il y en a 4 dont 2 seront portés dans le donjon.

    Batterie de la droite du donjon donnant sur le port d'Aber Wrac'h

    - 1 canon de 12 [livres de balle]

    - 1 canon de 6 [livres de balle]

    État ordonné : ce canon [celui de 6 livres de balle] doit être transporté à l'île Menan ou Venan [île Venan] pour défendre l'entrée du port Malo [baie de Porz Malo à Plouguerneau], monté sur affût de campagne.

    Donjon du fort de Cézon

    On y trouve :

    - 2 canons de 12 [livres de balle]

    - 3 canons de 8 [livres de balle]

    État ordonné : pris des 4 [canons] qui sont à la batterie du fer à cheval. Évaser les embrasures.

    12e bâton de signaux

    Le mât de pavillon placé sur le donjon (correspondance).

    En cas d'alarmes, les bateaux de la grande terre ont ordre de se rendre, savoir : 10, à la pointe sainte Marguerite ; 10, aux Anges ; 10, à la pointe Saint Antoine pour transporter dans l'île les troupes de la garde côtes.

    Manque pour l'année :

    1 patron de chaloupe entretenu et 6 chaloupiers avec 1 gardien invalides.

    État ordonné : 1 patron de chaloupe entretenu et 6 chaloupiers avec 1 gardien invalides. On demande : 1 maître canonnier, 12 aides qui seront en même temps chaloupiers.

    Plus changer la chaloupe qui hors de service et trop petite pour une grande chaloupe garnie d'un grappin, mât, voiles, plan et gréée ment et de 12 avirons de pointe.

    Plus 6 pièces de 4 à eaux, 30 barils de galère, 10 gamelles et 10 bidons et 4 petits pierriers ou petits canons montés sur chandelier.

    On demande de plus 24 fusils de rechange pour armer les canonniers en cas de besoin et un râtelier d'armes dans le magasin.

    On demande 70 livres de fil, du liège, du plomb et du cordage pour faire une seine [sic] [la pêche à la senne, est une technique de pêche très ancienne qui consiste à capturer les poissons à la surface en pleine eau en l'encerclant à l'aide d'un filet] pour la subsistance de la troupe étant souvent privée de tous secours.

    Il reste dans le fort environ 1 millier de poudre qui sont à peu près 15 coups par canons, poudre à fournir de plus".

    [...]

    (Recherches : Patrick Jadé - transcription Guillaume Lécuillier, 2015)

  • 1753 : tableau général géographique des côtes de la province de Bretagne (Archives Nationales, Fonds MAR, G 153 copie en G 155). Livre premier détaillé des opérations, projets, mémoires relatifs à la défense des côtes de Bretagne (P. 92-93 et en G 154 p. 81-82)

    "Une île appelé Cézon que l´on a fortifié par un parapet de gazonnage dans tout le pourtour avec une batterie vers le nord-ouest qui bat toute l'entrée de la rade et une autre [batterie] dans la partie du nord-est pour battre le grand Chenal.

    On a construit un petit fortin à la partie de l´île qui fait face à l´ouest. Il consiste en une petite courtine flanquée de deux demi-bastions avec un fossé en avant étroit et peu profond, la porte est dans cette face".

    (Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 16 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 23-24 mai 1759 à Brest, Beryer (Service historique de la défense, Brest, série 1E156 /651-653)

    Le soin des milices garde-côtes et des batteries de côtes est passé au département de la Guerre (24 février 1759).

    Les 23 et 24 mai 1759, une escadre anglaise a été repérée non loin du fort Cézon. Il ne semble n'y avoir aucun bâtiment de transport ni troupes de débarquement sur la flotte de vaisseaux de guerre. Le Mercure est armé à la découverte en mer d'Iroise tandis que La Pucelle reste mouillée à l'entrée du goulet de Brest en surveillance.

    (Transcription Alice Le jeune, août 1998 - association Cézon, document n° 54 et 57 - résumé Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1781 : Fortification [description du fort Cézon] : département de Brest ; direction de Bretagne (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du Génie, Article 4, section 2, paragraphe 3, classeur 1)

    "Ce fort est situé sur une petite île le long de l´entrée du havre d´Aber -Wrac´h, il défend ce havre qui est un abri pour les frégates ; il est fâcheux que l´entrée en soit si difficile par la quantité de rochers dont elle est parsemée.

    La plus haute partie de l´île est occupée par une tour ou donjon où il y avait ci-devant 7 embrasures pour autant de canons montés sur affûts marins ; elle ne peut plus en recevoir que 3 depuis que l´on y a mis des affûts de côte.

    Les parapets en ont été relevés l´année dernière et les embrasures fermées de maçonnerie à leur occasion ; le tout est en bon état ainsi que le pont-levis de l'entrée et sa bascule.

    Le reste de l´île est renfermée par un retranchement revêtu en maçonnerie de pierres sèches en assez mauvais état ; l´entrée qui est dans la courtine d´un petit front de fortification est défendu par les flancs des deux demi-bastions.

    Le fossé est traversé par un pont-dormant de charpente qui n´a que deux ans de construction [1779] ainsi que le pont-levis et sa bascule.

    Il y dans l´intérieur un corps de garde avec logement au-dessus, un autre pour l´officier en bon état sauf les réparations ordinaires d´entretien.

    Vu corps de caserne avec poudrière et magasins aussi en bon état, le tout réparé en 1779. L´on croit ce retranchement et son intérieur à l´entretien de la Province à l´exception du donjon dont on a d´abord parlé".

    (Transcription Yannick Le Chaudelec - association Cézon, document n° 49 - transcription : Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1791 : Fortification et artillerie. Mémoire concernant les observations des commissaires Dechermont et d´Aboville nommés par le Ministre de la Guerre, en vertu du décret de l´Assemblée Nationale du 22 juillet 1791 sur les places de guerres, postes militaires et côtes maritimes du département du Finistère depuis l´embouchure de la rivière de Morlaix jusqu´à la rivière de Quimperlé (Service historique de la défense, Archives du génie, article 4, section 2, paragraphe 3, carton 1)

    "Ce port [l'Aber Wrac'h] est une relâche excellente même pour les frégates ; son chenal qui est étroit s'enfonce beaucoup dans les terres.

    Le fort Cézon est un retranchement dont le relèvement n'est élevé que de 6 pieds (moins de 2 m) ; il est enveloppé dans la moitié de son pourtour par un fossé peu large ; le reste de l'enceinte est battues par les flots de la mer.

    Il renferme des bâtiments pour le logement de la garnison, du corps de garde, un magasin à poudre non voûté, 3 batteries et une tour sur la plate-forme de laquelle on peut placer 4 pièces de canon.

    Ce fort est armé dans ce moment de 2 pièces de 18 [livres de balle] et de 4 pièces de 12 [livres de balle].

    Les deux pièces de 18 [livres de balle] sont à la batterie du pied de la tour, dirigées vers le nord pour la défense de l´entrée de la rivière.

    Trois des pièces de 12 placées sur la plate-forme de la tour, remplissent le même objet, mais dans un champ plus vaste à raison de la forme circulaire.

    La troisième batterie d´une seule pièce de 12 [livres de balle] dirigée vers le sud porte son feu dans le port et peut servir de signal pour avertir les défenseurs de la côte".

    (Copie Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 18 - transcription Yannick Le Chaudelec - association Cézon, document n° 37 - transcription : Guillaume Lécuillier, 2003 ; 2015)

  • 22 mai 1793 : rapport de la commission nommée par le Directoire du district de Brest pour faire la visite des forts et batteries des côtes de son arrondissement (Archives départementales du Finistère, Quimper, série L, 21L98)

    "Ce fort est placé à l'embouchure de l'Aber Wrac'h. [...] Il est armé de 2 canons de 18 [livres de balle] et 4 de 12 [livres de balle]. Les uns et les autres montés sur affût de côte, les vis de pointage et leurs écrous y manquent, et le directeur d´artillerie a donné les ordres pour que cet oubli soit promptement réparé : les petits châssis des affûts n´ont point été non plus fixés par des piquets fichés en terre ; les ordres ont aussi été donnés à cet effet.

    Sur la crainte que l´officier de Marine, commandant le poste a témoigné sur la qualité des poudres en prévenant la Commission qu´on avait dit avoir reconnu que les boulets pouvaient à peine franchir la moitié du chenal, on a sur le champ fait charger une pièce de 18 [livres de balle] pour en faire l'épreuve ; le résultat a détruit l'appréhension qu´on avait contre ces poudres, les boulets ayant atteint la côte opposée. L´approvisionnement de ces poudres est de 13 500 livres".

    30 hommes de commune de Landéda servent les canons du fort.

    Un mât de pavillon est planté au sommet de la tour d´artillerie.

    Un bateau assure le service du fort.

    (Copie Alice Lejeune, août 1998 - association Cézon n° 43 - transcription : Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 16 mai 1795 : mémoire sur la défense des côtes, le fort Cézon (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du génie, article 4, section 2, paragraphe 3, carton 4)

    "Il y a dans le fort un donjon pour battre au loin composé de 3 canons de 12 [livres de balle] sur affûts de côte ; la batterie basse de 2 canons de 18 [livres de balle].

    Nous proposons d´y mettre en place une pièce de 36 pour battre plus loin dans la passe, un fourneau à rougir, magasins, un corps de garde, logements d´officiers ; et est fermée de retranchements en maçonnerie qui les mettraient à l´abri d´une surprise. S´ils ne pouvaient être facilement escaladés par son peu de relief".

    (Copie Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 20 - transcription : Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 10 mars 1796 : mémoire abrégé sur les positions, l'utilité et les propriétés du fort Cézon (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du génie, places abandonnées)

    L'auteur de ce mémoire de 1796 mentionne l'existence d'un "fourneau pour rougir les boulets", d'une poudrière voûtée et des casernes aptes à loger 100 hommes. "L'île est bordée de retranchements dans l'intérieur duquel est construit le fort consistant en une tour..."

    (Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 21 - résumé Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1804 : Mémoire raisonné sur le système défensif des côtes de la direction d'artillerie de Brest (Service historique de la défense, Vincennes, Fonds de l'armée de Terre, 3W56)

    Fort Cézon et batteries (5e arrondissement)

    "Distance à la batterie de Kervigor du 4e arrondissement, 4800 mètres

    Élévations :

    Batterie haute 11,3 et 18 mètres (au-dessus de la haute et basse marée)

    Batterie basse 4,3 et 11 mètres (au-dessus de la haute et basse marée)

    Bâtiments. Il en reste deux, l'un propre à loger le commandant, peut aussi contenir 50 hommes de garnison et les vivres. L'autre renferme le corps de garde, la poudrière [sic], et le magasin pour les attirails d'artillerie. Il y a aussi un corps de garde d'observation pour les signaux.

    Le havre d'Aber Wrac'h dans lequel débouche la rivière de ce nom est vaste et bien abrité. On y trouve de 9 à 10 brasses de sonde ; il faut d'être lâche aux convois et pourrait même recevoir des bâtiments de guerre, mais l'arrivage en est trop difficile à cause de la grande quantité de rochers qui sont en avant. On y vient par quatre passes qui se réunissent en une seule sous le feu du fort Cézon.

    Ce fort est situé sur la petite île de Cézon, à gauche du havre, au-dessus de l’embouchure de la rivière, à laquelle on ne peut communiquer à pied sec du continent qu'aux basses mers de l'équinoxe [sic]. Sur la pointe de cette île, en face de la mer, on voit une tour massive dont la plate-forme élevée d'environ 5 mètres au-dessus du sol est armée de 2 pièces de 18 [livres de balle] sur affût de côte, qui battent le chenal et l'entrée [de] l'Aber Wrac'h. A gauche de cette tour est une batterie de 2 pièces de 12 [livres de balle] sur affût de côte, munie d'un fourneau à réverbère, qui a le même objet que la précédente [battre le chenal et l'entrée [de] l'Aber Wrac'h]. A droite de cette même tour est une autre batterie de 2 pièces de 12 livres [de balle] sur affût de côte, dont les feux se dirigent vers le renfoncement du havre et qui a aussi pour objet de défendre une petite anse voisine. Ce dispositif de batteries élevées et fermées du côté de terre par un petit front revêtu sur berme, qui occupe le milieu de l'île en s'appuyant de part et d'autre aux escarpements, et la partie accessible, et face à la terre, est bordée d'un retranchement".

    (Recherches : Patrick Jadé - transcription Guillaume Lécuillier, 2015)

  • 1808 : Génie, Sous-direction des côtes. Côtes-du-Nord de Brest, poste de Cézon. Mémoire sur le fort Cézon, signé à Brest par Riverieux, capitaine du génie (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du génie, places abandonnées)

    "Ce fort n´est à proprement parlé qu´une grande batterie fermée en maçonnerie de pierres sèches, d'un mince relief, contournant le bord de mer sur trois côtés qui se tient au quatrième par les faces de deux redans, et un front bastionné de 80 et quelques mètres avec portes et pont-levis ; cette dernière partie seule a un fossé d´environ 6 mètres de largeur et 9 de profondeur.

    La plus grande longueur intérieure est de 120 mètres, la largeur de 95 ; sa hauteur des terre-pleins au dessus de la pleine mer de vives eaux est de 44 décimètres.

    Il renferme un donjon de forme elliptique, d´environ 40 mètres carrés de développement intérieur sur la plate-forme duquel est une batterie de 2 pièces de 12 [livres de balles], le restant de l´artillerie consistant en 2 pièces de 18 [livres de balles] et 2 pièces de 12 [livres de balles] en épaule par les parapets du fort où l´on a construit depuis peu un fourneau à rougir les boulets à une seule rigole.

    Trois bâtiments distincts servent de magasins, de corps de garde, de logements, pour un trentaine d´hommes et plusieurs officiers.

    On voit de plus dans le fort trois appentis adossés contre des pignons qui sont employés par le garde d´artillerie, les cantonniers et la cuisine du commandant.

    Il y manque une citerne, on juge avec des probabilités qu´on pourrait y creuser un pour l´eau douce : la crainte de ne pas réunir en (illisible) rejeter l´entreprise".

    (Copie Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 22 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1811 : Génie, Sous-direction des côtes. Côtes du Nord de Brest, poste de Cézon. Mémoire sur le fort Cézon, signé à Brest par Riverieux, capitaine du génie

    "Le fort Cézon dans son état actuel ne résisterait pas à une attaque sérieuse par sa valeur intrinsèque, mais il a pour lui d´être placé dans un pays très peuplé, près d'un bourg non loin d'une petite ville qui lui apporterait sans doute des secours en hommes, de sorte que tout bien considéré, il n´y aurait rien à y ajouter, d´autant plus que les murs ne supporteraient probablement pas une surcharge de maçonnerie, ou de terres ; il faudrait seulement une citerne, l´eau pour la garnison se tirant d´une fontaine assez éloignée sur la rive gauche.

    Les revêtements de ce fort sont en pierres sèches et commencent à se détériorer surtout dans les parties baignées par la mer : un rapport arrivé aujourd’hui annonce que les grandes marées de ces jours passés a causé des dégâts.

    Quant aux retranchements extra-muros, ils ne sont pas en bon état ; mais on a pensé que même dans l´intérêt de la défense, il était inutile de les rétablir, vu qu´ils ne se flanquent pas ; qu´ils masqueraient les bords de la côte des feux du fort, et que si l´île était sérieusement attaquée la garnison à moins d´une grande supériorité sur les assaillants, n´y tiendrait pas et se retirerait dans le fort".

    (Copie Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 23 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 19 décembre 1818 : commission de défense des frontières de la Manche par Marescot (Service historique de la défense, Armée de terre, Vincennes, 1VD [article 4, Frontières de la France] 44 [Frontières maritimes, 1815-1880])

    "Évaluation sommaire de la dépense présumée pour mettre la frontière de la Manche dans un état satisfaisant de défense.

    [...]

    1ère section

    Réparer et compléter le fort Cézon, construire un fortin ou grande redoute revêtue sur un des îlots voisins. 500 000 francs".

    [...]

    (Recherches : Patrick Jadé - transcription Guillaume Lécuillier, 2015)

  • 10 septembre 1829 : notice descriptive sur le Fort Cézon par Lahure (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du génie, MR 1237, 11 p.)

    "Le fort Cézon est situé en Bretagne (département du Finistère) à l'embouchure de la rivière de l'Aber Wrac'h à 24 kilomètres au Nord de la ville de Brest et 16 kilomètres à l'Ouest de la ville de Lesneven.

    La position de ce fort, qui a pour objet de défendre les bâtiments de commerce contre la poursuite de vaisseaux ennemis en temps de guerre m'engage à donner quelques développements sur les moyens employer pour protéger les bâtiments dits caboteurs sur la côte de la Bretagne.

    Le cabotage sur cette partie de la côte de la France comprise dans la limite de la Direction de Brest a deux objets : le premier d´approvisionner le port de Brest de tout ce qui est nécessaire à l´armement de la flotte, tant en matériaux qu´en comestibles. Le deuxième, d´emporter dans les villes maritimes ou autres ports pour de la faire les autres dans l´intérieur tout ce dont a besoin la population de départements limitrophes ; ainsi cette branche de navigation entretient des communications et des moyens d´échange entre Brest et différents ports de la Manche jusqu´à Dunkerque d´une part et de l´autre le long du Golfe de Gascogne jusqu´à Bayonne. Elle vivifie le commerce et a le premier avantage de former de bons hommes de mer et surtout d´excellents pilotes côtiers, si nécessaire aux vaisseaux du Roi.

    Je me dois de considérer dans ce mémoire le cabotage que sur le point de vue militaire, c´est à dire relative à la protection que les convois ou autres bâtiments marcheurs fréquentant les parages, sont dans le cas de recevoir des dispositifs de défense établis sur la côte et dans les mouillages baies ou ports de refuge. Il est évident que pendant la paix les bâtiments caboteurs peuvent partir isolément des ports où ils ont pris leur chargement et faire voile directement pour celui auquel le tout est destiné n´ayant à éprouver d´autres obstacles que ceux du vent contraire ou des tempêtes. Ainsi, il ne sera question que de cabotage que pour le temps de guerre.

    Si les forces maritimes de la France sont en état de contrebalancer celles de ses ennemis ; si elles l´empêchent de faire sortir de ses ports de nombreux bâtiments qui courent le long des côtes éloignent les corsaires ennemis alors notre navigation protégée à l´extérieur n´aura à chercher un refuge sous la protection des batteries de côte que dans le cas de rencontres fortuites avec des corsaires dont l´audace entreprenante aura pu mettre en défaut la vigilance des escadres d´observation. Si au contraire, cet équilibre de force entre les puissances belligérantes n´existait pas, si nous devions craindre une supériorité dans les forces maritimes ennemies alors nous ne pourrions pas faire sortir de nos ports des escadres protectrices des côtes et dans cet état de choses le cabotage ne trouverait plus qu´a portée de canon des côtes des défenses contre l´ennemi. Voilà ce qui engagea à une époque ou nous avions à craindre les forces de la marine anglaise à (molester ? illisible) les lieux de refuges armés ; c´est à dire les batteries de côte.

    Une question fut aussi agitée à cette époque, c´était celle de savoir s´il était plus avantageux de réunir en convois les bâtiments caboteurs sous la protection et la surveillance d'un (illisible) bâtiment de guerre, ou de les abandonner isolément à la routine pratique de leurs capitaines ou patrons qui, pour l´ordinaire sont d´excellents pilotes côtiers.

    Les partisans du premier système apportaient pour raison que laisser les bâtiments caboteurs naviguer sans convois, c´était abandonner la propriété soit de l'État soit des l´armateurs ou commerçants à l´ (illisible) et la ténacité du patron, classe de gens pris ordinairement parmi les simples matelots que les préjugés, la passion et le plus souvent l´état d´ivresse, porteur à compromettre leurs bâtiments et qu´ils ont besoin d´être retenu sous les ordres généraux des commandants des convois qui donnent le signal de départ, de retraite ou de relâche suivant l´exigence des cas. Les partisans du mode contraire de cabotage soutenaient que voyageant seul un bâtiment peut plus aisément profiter de l´instant favorable pour partir d´une nation et arriver à celle prochaine ; qu´il ne s´agissait au reste que de choisir de bons capitaines entreprenants, mais prudents et expérimentés, ce qui est l´affaire des armateurs qu´un convois par l´étendue qu´il occupe laisse toujours quelques bâtiments traîneurs qui deviennent la proie de l´ennemi.

    Qu´on a coutume à confier à l´état la dépense de bâtiments convoyeurs qui peuvent être remplacés avec avantage par des chaloupes canonnières stationnées dans les mouillages et à l´entrée des rivières. Quoi qu´il en soit, la méthode des convois est généralement adapté par les caboteurs d´une certaine importance, surtout sur la côte du Nord depuis Saint-Malo jusqu´à Brest.

    Le dispositif défensif établi sur la côte pour protéger le cabotage consistent en batterie de canon et de mortier qui sont ou renfermés dans des forts, fortins, redoutes et autres ouvrages fermés ou situés dans des emplacements ouverts à la gorge et malheureusement la classe de ces dernier est la plus nombreuse. Les uns et les autres ont pour objet ou de défendre les bâtiments dans les mouillages ou d´interdire à l´ennemi l´entrée des passes ou embouchures de rivières, ou enfin de le tenir éloigné des pointes ou caps pour donner à nos bâtiments la facilité de serrer de près la côte avant d´entrer dans quelque baie ou anse à l´abri de la poursuite.

    Afin de connaître le refuge et le bon mouillage que peut offrir le havre d´Aber-Wrac´h défendu par le fort Cézon, je vais considérer la route que tiennent les convois où les navires marchands venant de la Manche à Brest.

    Au sortir de la rade de Morlaix, ils longent la côte de l´Est sous la protection de la batterie de Primel et de celle de Saint-Samson plus en avant vers l'enfournement de la baie. Cette dernière devrait être armée de deux pièces de gros calibres, vu son importance et pour croiser ses feux avec ceux du château du Taureau, petite forteresse qui ne laisse rien à de tirer pour la position isolée au milieu de l´entrée de la rivière qu´il ferme bien la rade qu´il couvre est (illisible) de toute insulte entre la rivière de Morlaix et l'île de Batz, la côte offre quelques petits ports aux caboteurs.

    Celui de Pempoul près de Saint-Pol-de-Léon défendu par la batterie Sainte-Anne peu utile et par la batterie de l´île Callot ; le petit port de Roscoff intéressant par son commerce, les défense consistant en la batterie dite de la Croix de Roscoff attenante à la ville, et en celle du fort Bloscon isolé en mer. Ces deux postes participent aussi à la protection de la passe de l´Est du mouillage de l´île de Batz.

    Il est extrêmement rare que les convois venant du Nord ne relâchent pas en temps de guerre à l´île de Batz. Sa position nautique, la bonté de sa rade couverte par l´île et de plus la facilité pour appareiller au premier instant favorable lui assure la préférence sur les autres mouillages. On y arrive par deux passes, l´une à l´Est est défendue par les feux de la batterie de la Croix de Roscoff et du fort Bloscon, en outre par deux batteries dites de l´Est, la deuxième à l´Ouest est défendue également par deux batteries de l´île et il y a de plus quatre pièces mobiles.

    Les convois partant de l´île de Batz lorsqu´ils longent la côte, trouvent sur leur route l'anse de Goulven défendue par la batterie de Saint-Eden et Kernic mais qui n´est fréquentée que dans les cas urgents puis le mouillage et havre de Pontusval qui offre au besoin un bon refuge et qui est un petit port de commerce. Il a pour défense une batterie de même nom. Le suivant est celui du Koréjou couvert par la petite Presqu´île de Penn Enez et protégé par ses deux batteries, il peut dans l´occasion devenir utile aux convois.

    Celui qu´on rencontre après, c´est le havre de l´Aber-Wrac´h dans lequel débouche la petite rivière de ce nom ; bien vaste et bien abrité, il est le lieu ordinaire de relâche des convois et pourrait même recevoir des bâtiments de guerre, mais la passe tant hérissées de rochers l´entrée pourrait être dangereuse.

    C´est au point de réunion des passes qu´est placé le fort Cézon sur une île qui ferme bien l´entrée du mouillage. Cette île à laquelle on peut parvenir à pied sec à l´instant de la basse mer, constitue en une tour et deux batteries fermées par un retranchement en maçonnerie qui la mettrait à l´abri d´une surprise, s´il ne pouvait être facilement escaladé à cause de son peu de relief. Les revêtements sont portés sur berme. Le retranchement qui a une forme bastion possède des flancs qui chose extraordinaire ne flanque nullement les faces. On ne peut attribuer ce grave défaut qu´à impor (illisible) du directeur chargé de l´exécution des travaux de ce fort. Car l´espace qui se trouve en avant permettrait parfaitement de prolonger les capitales de la longueur nécessaire pour obtenir le flanquement.

    Le fort Cézon possède un bâtiment composé d´un logement de gardien, d´un corps de garde et logement d´officier avec chambre au dessus en mansarde.

    Un bûcher ou appentis.

    Un autre bâtiment composé d´un magasin à gauche au rez-de-chaussée avec un deuxième au dessus d´une caserne à deux étages qui peut contenir environ cent hommes couchés dans des hamacs.

    Une poudrière voûté.

    Un donjon dont la tour est revêtue en maçonnerie de chaux et sable.

    Sur la plate-forme de la tour, il y a : 3 canons de 12 [livres de balle] affûts de côte.

    A la batterie de l'ouest : 2 canons de 12 [livres de balle] affûts de côte.

    A la batterie de l'est : 2 canons de 18 [livres de balle] affûts de côte.

    On voit d´après la description de ce fort et de ses moyens de défense qu´il ne peut offrir protection qu´à des bâtiments marchands poursuivis par des corsaires ; il ne saurait présenter un obstacle réel à un débarquement que tenterait l´ennemi sur les côte de la Bretagne".

    (Copie Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 25 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1829 : notice descriptive sur le fort Cézon par Conrier, capitaine d´état-major (Service historique de la défense, Vincennes, Archives du génie, MR 1237)

    "Pour comprendre à sa juste valeur l´importance de ce fort, il conviendrait peut-être, de prendre la question de bien haut ; il faudrait considérer la situation relative de nos forces navales avec la balance des autres puissances maritimes.

    Quelle est celle de ces puissances que l´état des choses en Europe, nos rivalités d´intérêts, notre position géographique peuvent nous donner incessamment pour ennemi ; et comme il ressort, évidemment de cet examen, que c´est l´Angleterre, on doit conclure, que sauf des circonstances que l´état de faiblesse de notre marine actuelle ne fait guère pressentir, devant être constamment sur la défensive avec cette puissance, nous ne saurions trop avoir de havre, particulièrement dans la Manche, pour y offrir un abri aux bâtiments de commerce et même à ceux de l'État, autant contre les poursuites de l´ennemi qui contre les dangers de l´atterrage dans une mer, où règnent souvent des vents violents qu´il n´y a pas moyen d´éviter d´être situé sur l´une ou l´autre des côtes opposées pendant les gros temps.

    D´après cet exposé préliminaire que nous ne chercherons point à développer, parce qu´il nous ferait sortir du cercle de nos connaissances et du sujet de cette notice, nous admettrons que ne devant, pour ainsi d´une ; n´avoir jamais de guerre maritime qu´avec l´Angleterre ; puissance qui nous est tellement supérieure par ses forces navales que nous n´entrevoyons pas dans l´avenir le plus éloigné l´espérance de sortir de notre infériorité ; (ce qui nous serait plus facile à prouver qu´on ne le pense) : nous admettrons dis-je, que dans les temps de guerre, nos bâtiments de commerce et même de l'État, chassés dans la Manche par des croisières Anglaises seront souvent dans la nécessité de chercher un repérage qu´on a de faire en sorte de leur offrir dans le plus grand nombre de (baies ?) possibles, pour y être à l´abri des insultes de l´ennemi et du mauvais temps.La rade de l´Aber-Wrac´h acquiert encore une importance particulière par sa proximité de l´île d´Ouessant : les bâtiments venant de la grande mer forcés de venir reconnaître cette île pour fixer leur direction (illisible) sont souvent dans la nécessité d´entrer à l´Aber-Wrac´h faute de bon vent pour se rendre à leur destination. On est aussi dans l´obligation de s´y réfugier fréquemment en débarquant de la manière pour entrer en rade de Brest comme en sortant de cette rade pour faire voile au Nord : car la nouvelle route qu´il faut faire alors nous fait passer sous d´autres aires de vent. Ainsi la rivière de l´Aber-Wrac´h au Nord comme la baie de Camaret au Midi, sont deux points de relâches pour attendre les vents en sortant de Brest ou en y entrant".

    (Copie Yann Le Nestour - association Cézon, document n° 26 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1854 : Dossier matériel dans la direction d'artillerie de Brest (Service historique de la défense, Vincennes, Fonds de l'armée de Terre, 3W56)

    Fort Cézon

    "En 1851, en fût autorisé par décision nouvelle du 8 avril et sur la demande du directeur, à profiter d'un navire qui se rendait au fort Cézon pour y conduire, sans frais, les affûts et châssis destinés à cette batterie, ainsi qu'un premier approvisionnement de projectiles. Le Bugalet se trouva trop petit pour se charger de plus de 8 affûts et châssis en bois nouveau modèle et comme l'armement de ce fort est de 11 bouches à feu de côte, il restait encore à le pourvoir de 3 affûts.

    En outre, à cette époque, on n'avait pas encore reçu l'ordre de transporter les bois de plate-formes dans les batteries, il a fallu donc conduire au fort Cézon les madriers nécessaires à l'établissement de 11 plate-formes pour affûts de côte en bois nouveau modèle ; et à compléter l'approvisionnement des projectiles creux et des boites à balles.

    Le fort Cézon est situé à 34 kilomètres nord de Brest. La route que l'on a suivi pour y arriver traverse le bourg de Lannilis et de Landéda. Le transport a été divisé en 4 convois.

    Le détachement de travailleurs composé de : 1 sous-officier, 1 brigadier, 15 canonniers servants, partit de Brest le 7 août, alla coucher au village de Landéda où il fut cantonné jusqu'à la fin des travaux.

    Les affûts et les châssis en bois existant déjà dans les magasins du fort Cézon ont été visités avec soins, réparés par deux ouvriers de batterie pris dans le détachement de travailleurs, repeints puis engerbés dans les trois magasins existant dans le fort. Les bouches à feu et les projectiles ont reçu un couche de Colthar [coaltar, c'est à dire du goudron obtenu par distillation de la houille]. Le travail a duré 17 jours. Le détachement est rentré à Brest le 24 août".

    Brest, le 24 octobre 1854 par [illisible], lieutenant d'artillerie à la 11ème batterie du 2ème régiment.

    "La dépense totale pour les revirements de matériel qui ont eu lieu en 1854 dans l'arrondissement de Brest, s'élève à la somme de 2763,32 francs. Cette somme se divise en deux parties ; l'une afférente aux mouvements pour compléter l'armement du fort Cézon et qui s'élève à 310 francs ; l'autre relative aux revirements opérés dans les batteries de Toulbroc'h et de Trégana montant à 2453,32 francs [...]".

  • 19 mai 1859 : Génie, Place du Conquet et dépendances. Deuxième rapport demandé par la circulaire du Président du Comité en date du 2 mai 1850, sur les travaux et les dépenses à faire pour mettre la place en état de défense contre une attaque régulière

    Fort Cézon

    "Dans son état actuel, ce fort ne peut être ni défendu, ni armé d'artillerie. Dans les projets supplémentaires pour 1858-1859, on demandait 48 000 francs pour la complète organisation du fort.

    Des modifications apportées par l'avis du comité du 3 avril 1859, permettent de réduire la dépense à 30 000 francs. On a demandé 18 200 francs dans le premier rapport relatif aux travaux strictement indispensables pour mettre la place à l'abri d'une surprise. Il resterait donc à allouer 11 800 francs pour l'organisation des batteries et des parapets. Ce travail complémentaire exigerait quatre mois.

    L'artillerie serait chargé de construire un magasin blindé de 10 000 Kilos à moins qu'on alloue les fonds demandés pour le magasin en maçonnerie (11 500 francs).

    Les escarpes ont une hauteur insuffisante qui n'est que de 2 mètres en certains points. Le travail proposé consisterait à leur donner partout 4 mètres de hauteur en déblayant le roc à leur pied. Les parapets ont une hauteur insuffisante pour couvrir les fusiliers. Le pont-levis est entièrement à refaire.

    On a demandé dans les projets supplémentaires pour 1858-1859 une somme de 48 000 francs pour la restauration complète de ce fort. Avec une somme de 18 200 francs, on pourra le mettre à l'abri d'une surprise.

    - Pour le pont-levis et les portes (200 francs) : la charpente et le tablier du pont-levis à refaire. Ce travail demanderait 15 jours.

    - Brèches au corps de place : on demande de donner partout 4 mètres de hauteur à l'escarpe. Ce travail demanderait 60 jours.

    - Profiler les parapets : on demande de profiler les fronts de terre et mettre les fronts de mer à même de recevoir leur armement. Ce travail demanderait 4 mois".

    [En cas de siège, des "barrières en bois" fermeraient le passage à travers le glacis (250 francs).]

    (Association Cézon, document n° 29 - transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • 1859, la garnison du fort Cézon

    "La garnison normale est de 55 canonniers. On admet qu'elle suffit pour la garde de sûreté et qu'elle devrait être augmentée de 55 fusiliers pour résister à une attaque sérieuse [en cas de siège] qui pourrait avoir lieu front terre et front mer simultanément".

    La contenance normale est de 30 hommes mais le tableau indique une garnison de 1 officier et de 42 soldats dans des locaux non voûtés.

    Procès verbal de bornage des zones de servitudes militaires du Fort Cézon sur la commune de Landéda classé dans la deuxième série comme poste.

    (Transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • Grandes dates depuis 1889 et le déclassement du fort

    1889 : déclassement du fort.

    1850- 1891 : monsieur Vivenut fait office de gardien du fort Cézon.

    Article 2 : "Les gardiens adjudicataires seront tenus chacun dans les forts et batteries confiés à la surveillance, d'extirper les landes ou ronces sur les parapets, les banquettes, et les terre-pleins et rampes de la fortification, et de les couper seulement dans les fossés, sur les glacis et sur le terrain militaire, tant intérieur qu'extérieur suivant les directions qui leur sont donnés par le chef du génie, dans le but de faciliter l'inspection des lieux".

    1892 : la tour d'artillerie sert d'amer pour l'entrée dans l'Aber Wrac'h.

    1893-1898 : le fort sert de résidence d'été une quinzaine de jours par an en août à monsieur de Blois, maire de Coat Meal, conseiller général du Finistère.

    État des lieux du Fort Cézon à Landéda en 1898 : "En général, les portes des édifices réclament de la peinture et les serrures mal entretenues exigent des réparations. Au Nord de ces bâtiments est une citerne avec pompe qui ne fonctionne plus. En dehors des mentions à dessus faîtes, le surplus des bâtiments a été reconnu en bon état".

    1898-1903 : le fort est loué à monsieur Le Deun, marin à la retraite.

    18 avril 1903 : mise aux enchères publiques de l'île et Fort Cézon.

    Mise à prix : 4 000 francs.

    Annulation de la vente par le Ministère de la Défense Nationale.

    Monsieur Glaizot, négociant en vin loue le fort.

    D'après un état de 1903 : "Les constructions ont été entretenues par le Services du Génie jusqu'en 1889. Actuellement, toutes les maçonneries sont en assez bon état. Les toitures sont en mauvais étét d'entretien, sauf celle du bâtiment des latrines. Les menuiseries ne sont pas à l'état d'entretien. Il en est de même des planchers. La serrurerie exigerait de nombreuses réparations. La citerne et son filtre, le pont-levis et le pont fixe du donjon sont en assez bon état, mais les tuyaux qui alimentaient la citerne et son filtre n'existent plus".

    1912-1933 : le fort Cézon est loué par monseur Oulhen, marayeur qui sous-loue à des goémoniers.

    Seconde Guerre Mondiale (19040-1944) : occupation du fort par les Allemands qui en font un de leurs points d'appui codé A 35.

    1957 : le fort est vendu aux enchères publiques à Yves Le Nestour.

    1977 : projet de classement des sites littoraux des Abers.

    1996 : création de l'association Cézon.

    2015 : protection au titre des Monuments historiques (inscription).

  • Avril 1979 : enquête d'Inventaire topographique des Monuments et richesses artistiques de la commune de Landéda. Description du fort Cézon par Yves-Pascal CASTEL et Marie-Madeleine TUGORES (Ministère de la Culture - Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne)

    "Le fort est situé sur un îlot, à l'entrée de l'Aber Wrac'h. Une végétation d'ajoncs et d'arbustes épineux envahit toute l'île. Le fort appuie son enceinte en grande partie sur le rivage, au nord, à l'Est et au sud. Sur le côté de la terre, l'enceinte est bastionnée.

    Composition d'ensemble : le rempart suit la configuration de l'îlot et présente sur ce côté un dessin irrégulier ; la partie qui coupe l'îlot est du type front bastionné avec une large douve.

    Parties constituantes : le rempart, la tour d'artillerie, les casernes A, B et C, divers ouvrages ruinés, les ouvrages allemands de 1943.

    Clôtures et entrées ; le rempart enveloppant s'ouvre uniquement dans le front bastionné".

    (Transcription Guillaume Lécuillier, 2003)

  • Dossier d'enquête d'Inventaire topographique d'avril 1979 par Yves-Pascal CASTEL et Marie-Madeleine TUGORES (Ministère de la Culture - Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne)
  • Sources iconographiques

    20032902627NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, DD2-702.

    20082910434NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001953_P.

    20082910435NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001954_P.

    20032902628NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, DD2-702.

    20032902622NUCA : Bibliothèque nationale, Paris.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Classeur de format A4 regroupant l'ensemble de la documentation désignée comme "Dossier archives - Association Cézon". Inventaire établi par Alice Lejeune, dernière mise à jour 20 juin 1999. Documents numérisés et transcrits par Guillaume Lécuillier, chargé d'études d'Inventaire en 2003 (mise à jour en 2015).

Documents figurés
  • Collection Nivart. MS144_226. Rivière d'Aber-Wrac´h. Ile de Cézon. Plan de l'île et de ses retranchements avec projet de transformation. Profil du nouveau retranchement. Sign. Robelin fis. 31 octobre 1704. Plan, support papier, 0,572 x 0,441 mètre, 1er quart 18e siècle, 31 octobre 1704.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001953_P
  • Collection Nivart. MS144_226. Rivière d'Aber-Wrac´h. Ile de Cézon. Plan de l'île et de ses retranchements avec projet de transformation. Profil du nouveau retranchement. Sign. Robelin fis. 31 octobre 1704. Plan, support papier, 0,572 x 0,441 mètre, 1er quart 18e siècle, 31 octobre 1704.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001954_P
  • Vue aérienne verticale de l'île et du fort Cézon, photographie prise à l'occasion du naufrage de l'Amococadiz en 1978 (collection Association Cézon).

Bibliographie
  • CASTEL, Yves-Pascal ; TUGORES, Marie-Madeleine (Ministère de la Culture - Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne). Enquête d'Inventaire topographique des Monuments et richesses artistiques de la commune de Landéda. 1979 (voir : IA29003151.pdf).

  • MICHEL, Jacques. Cézon, un îlot du Finistère. (Non daté, entre 1985 et 1996), 90 p.

  • Association Cézon (préface de Yann Le NESTOUR, propriétaire du fort). Fort Cézon, la sentinelle de l'Aber Wrac'h. Association Cézon (livret publié avec le concours de l'Institut culturel de Bretagne - Skol-Uhel ar Vro), 1996, 35 p.

  • LEJEUNE, Alice. Étude sur le fort Cézon. Centre des Hautes Études de Chaillot, séminaire de Nicolas Faucherre, juin 1999.

  • LÉCUILLIER, Guillaume. La route des fortifications en Bretagne et Normandie. Paris, éd. du Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban (dir. N. Faucherre), 2006, 168 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume (dir.). BESSELIEVRE, Jean-Yves. BOULAIRE, Alain. CADIOU, Didier. CORVISIER, Christian. JADE, Patrick. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Périodiques
  • LÉCUILLIER, Guillaume. "Quand l'ennemi venait de la mer. Les fortifications littorales en Bretagne de 1683 à 1783". Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 114-4, 2007.

Liens web

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne ; (c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Lécuillier Guillaume