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Fortification d'agglomération dite enceinte urbaine (Le Palais)

Dossier IA56001940 réalisé en 2005

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

BELLE-ILE.

in La route des fortifications en Bretagne et Normandie de Guillaume Lécuillier, coll. les étoiles de Vauban, Paris, éditions du Huitième jour, nov. 2006, 168 p.

"Il est certain qu'on pourra considérer la citadelle de Belle-île comme l'une des meilleures places du royaume, s'entend si on ajoute la clôture de la ville, car pour lors, tout s'y trouvera dans un degré de perfection qui ne laisse pas seulement à l'ennemi d'y pouvoir raisonnablement penser [...]", Vauban, Belle-île, 30 mars 1683.

Les premières fortifications de l'île aux 54 fleuves : la citadelle.

Belle-île avec près de 80 kilomètres de côte est la plus grande des îles de Bretagne et aussi l'une des plus riches au niveau agricole. Contrairement à ses soeurs (Ouessant, Molène, Sein...) on y trouve même des "arbustes" et de l'eau en abondance. L'île, ou plutôt Le Palais, est fortifiée dès le Moyen-Age (14e siècle) et François de Rohan (lieutenant général de Bretagne pour le Roi) y construisit au milieu du 16e siècle un fort carré bastionné aux quatre angles. Par économie, l'île est érigée en marquisat et sa défense est confiée à la famille de Gondi en 1572 (quelques mois seulement après l'attaque de l'île par une flotte protestante). Les flanquements du premier fort sont modernisés et adaptés aux progrès de l'artillerie. De vrais bastions à double niveau de feu viennent remplacer les anciens "atrophiés". L'enceinte est doublée d'une fausse-braie et dotée d'un chemin de ronde.

En 1658, Belle-île est achetée par Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV (à partir de 1653). Collaborateur de Richelieu, François Fouquet (le père de Nicolas) était armateur et commerçant dans les ports de Concarneau, Guérande, le Croisic et l'île d'Yeu, et amassa une grosse fortune... Fouquet fils achète Belle-île pour en faire, semble-t-il, un comptoir commercial fortifié. Belle-île, comme Tatihou d'ailleurs (Cotentin) et le rocher de Tombelaine dans la baie du Mont-Saint-Michel (Manche), est une île idéalement située sur les routes commerciales...

Nicolas Fouquet normalise le tracé de l'ouvrage au sud et ajoute à la forteresse une demi-lune, de petites places d'armes, des traverses et un glacis au nord et à l'ouest (afin de voir de plus loin et de contrôler la campagne...). Un magasin à poudre circulaire et un arsenal sont également construits.

Alors que la politique royale est de dresser des citadelles à cheval sur les enceintes des villes pour contrôler les "populations autochtones", et de récupérer les forteresses municipales (en 1660, la garnison du fort du Taureau est remplacée par une garnison royale), la politique ambitieuse de Fouquet fait tâche et dérange le clan Colbert. Jean-Baptiste Colbert, convaincu des malversations de Nicolas Fouquet, parvient à obtenir le procès puis sa disgrâce. Ce dernier est arrêté à Nantes par d'Artagnan en 1661 et Colbert le remplace à la gestion des Finances de l'Etat. Depuis 1661 donc, la forteresse de Belle-île est une citadelle royale.

A Belle-île, forcément on arrive par la mer... c'est ce que fit Vauban au cours de ses trois visites dans l'île en mars 1683, septembre 1685 et février 1689... et c'est par mer que l'on découvre les avantages et surtout les inconvénients de cette place. Vauban projette pour Belle-île un véritable ensemble fortifié à grande échelle : corps de garde, batteries de côte, barrages de plages et retranchements, redoutes, enceinte urbaine...

Lorsque Vauban arrive à Belle-île, il dispose déjà d'un plan de la citadelle établi en 1680 (quoique légèrement erroné !). Son projet directeur du 30 mars 1683 comprend un plan général du bourg du Palais et de la citadelle, un plan particulier et plus intéressant : des élévations et développements de chaque front de la citadelle montrant la hauteur d´avant sa visite et celle projetée. Vauban "l'attaquant" décrit le point faible de la place : "De l'autre côté, il y a un grand vallon où la place ne se voit point, dans lequel deux enfoncements à peu près parallèles se viennent rendre, ce vallon qui peut servir de tranchée depuis son ouverture jusqu'à la portée du pistolet de la place, est et sera toujours le vrai chemin des attaques tant que le bourg ne sera pas fortifié, et ce d'autant plus qu'il y conduit l'ennemi presque à couvert... [...]. Le bourg contient quelque deux cent soixante dix maisons assez bien bâties, et en contiendrait bien davantage s'il était fermé".

Un mémoire général en 76 volets classé du général au particulier présente les avis de l'ingénieur sur les "réparations" de la citadelle à entreprendre. Sa nouvelle place-forte englobera l'ancienne, ainsi la fausse-braie des Gondi sert d'assise à une nouvelle enceinte plus grande. Vauban est très critique vis à vis de la deuxième enceinte qu'il juge : bizarre, au dessin "impertinent et des plus mal conçus" et au chemin couvert à la tournure "ridicule" ! Dans le souci d'améliorer la défense de la place en cas de siège, l'ingénieur propose de faire déménager et raser le petit bourg de la Haute-Boulogne, la maison de feu Fouquet, de déplacer deux moulins et de faire "transporter" ailleurs le cimetière...

Après l'achèvement de la citadelle, Vauban souhaite aménager le havre au moyen d'une digue, écluse et quais. Il projette de le transformer en un véritable port et de doter le bourg du Palais d'une enceinte urbaine, afin, écrit-il, que : "cette ville et ses fossés devien[nent] un refuge assuré pour tous les habitants de l'île qui pourraient y retirer le meilleur de leurs effets, leurs personnes et bestiaux en sûreté, ce qui les rendrait plus affectionnés à sa défense et ôterait à l'ennemi le moyen d'y pouvoir subsister commodément [...]".

Vauban revient à Belle-île en septembre 1685 après une halte aux îles d'Houat et Hoedic. Le grand ingénieur peaufine encore une fois son projet directeur et donne ses instructions à l'ingénieur de la place. Il surveille tout : de la plongée des embrasures aux évents d'aération du magasin à poudre !

Le 17, Vauban adresse un bilan de son inspection et ses observations à Seignelay, Secrétaire d'état à la Marine. Les chemins couverts et dehors ont bien avancé depuis sa dernière visite en dépit du rocher très friable (schiste)... mais les travaux ont du retard. Sur place, plusieurs ingénieurs ordinaires chargés de la faisabilité et de la mise en oeuvre en fonction des budgets se succèdent : Desréaux (1683), Hue de Luc (1684-1685), Bordier et Girval (1689).

En chef de chantier avisé (n'oublions pas que durant des années Vauban conduisait les creusement des tranchées d'attaques et ce sous le feu ennemi !), il dresse un tableau peu reluisant des entrepreneurs travaillant au chantier : "misérables qui ne savent où donner de la tête, les fripons et les ignorants [...] ; tous ces rabais et bons marchés tant recherchés sont imaginaires, d'autant qu'il est d'un entrepreneur qui se perd, comme d'un homme qui se noie, qui se prend à tout ce qu'il peut. Or se prendre à tout ce qu'on peut en matière d'entreprise est ne pas payer les marchands chez qui il prend les matériaux, mal payer les ouvriers qu'il emploie, friponner ceux qu'il peut, n'avoir que les plus mauvais, parce qu'ils se donnent à meilleur marché que les autres, n'employer que les plus méchants matériaux qu'il peut, tirer toujours le cul en arrière, sur tout ce à quoi il est obligé, tromper sur leur façon, chicaner sur toutes choses et toujours crier miséricorde contre celui-ci et celui-là et notamment contre tous ceux qui les veulent obliger à faire son devoir".

A nouveau à Belle-île en février 1689, Vauban poursuit son oeuvre : la citadelle. Côté mer, sa haute muraille se cramponne solidement au rocher ; côté campagne, son plan en étoile éclatée en fait un joyau de l´architecture militaire du Grand Siècle. A la fois perfectionniste jusqu'à l'excès, il fait montre d'une véritable pédagogie lorsqu'il donne par exemple "sa recette" pour faire un "bon ciment". Il l'est encore plus lorsqu'il explique au jeune Ministre de la Marine les besoins en matières premières du chantier et notamment en chaux : "La Loire a 150 lieues de cours et va vite comme la poste ; il n'y a qu'à établir des correspondances le long de son cours ou d'autres rivières navigables qui s'y rendent pour avoir toute la chaux, pierre, bois, fer, tuile, ardoise et carreau dont on peut pouvoir avoir besoin dans peu de temps, à prix raisonnable. C'était par où il fallait commencer et ne pas s'attendre aux entrepreneurs qui n'ont ici ni crédit ni les reins assez forts pour se pouvoir faire servir avec la diligence requise dans un temps où il faut forcer les mesures et employer des moyens extraordinaires pour avancer".

Pragmatique lorsqu'il fait abattre le bourg primitif de la Haute-Boulogne "gênant" son projet, Vauban se révèle humain lorsqu'il se soucie du sort des habitants ainsi expropriés : "Cela va mettre près de quatre-vingt dix ménages sur le pavé, avec leurs bestiaux, qui sont tous pauvres gens qui ne sauront où donner de la tête ni où et comment se rétablir. Faites s'il vous plaît, Monseigneur que ces estimations soient faites avec justice et charité... [...]". Afin de compléter ses observations de 1683, Vauban rédigeait le 12 février 1689, un mémoire intitulé : "les accès par où l'on peut aborder Belle-île et ce qu'on peut faire de mieux pour la mettre en état de résister aux descentes". Faisant le tour à pied, à cheval et en chaloupe, il a identifié dix-neuf "échouages ou petits ports" à fortifier en priorité. Les Sables de Samzun (aujourd'hui les Grands Sables) ont sa préférence ! Les fortifications et retranchements des Grands Sables et de Bordardoué sont réalisés au milieu du 18e siècle.

Ayant passé la porte du Bourg, il faut longer les flancs des bastions du Dauphin et de Saint-Louis défendus par des casemates de tir flanquant les fossés pour pénétrer dans le corps de place par la porte dite du Donjon. Cette nouvelle porte monumentale avec pont-levis à bascule (1698) remplace l'ancienne (de 1683-1685) jugée disgracieuse. Au 18e siècle, les travaux d'achèvement de la citadelle se poursuivent avec la construction du Grand Quartier sur l'enceinte côté mer...

Inscrite au titre des Monuments Historiques en 1933, la citadelle, après des années d'oubli (1880-1860), a été restaurée pendant plus de 40 ans par Monsieur et Madame Larquetoux. Aujourd'hui, la citadelle change de propriétaire pour devenir un "Hôtel-Musée" : puisse leur oeuvre longtemps se perpétuer.

L'enceinte urbaine et la défense globale de l'île au 19e siècle.

En juin 1761, la citadelle est vaincue par le général de division Studholme Hodgson après un mois de siège. Il profite du point faible de la citadelle décrit par Vauban dès 1683 : le front du port ! L'île devenue base navale avancée sert durant deux ans à la flotte anglaise pour perturber les communications entre les arsenaux français. Finalement, Belle-île est échangée contre l´Acadie et Minorque (Traité de Paris, 1763). La citadelle ruinée et en partie incendiée doit être relevée, c'est à cette époque qu'est construit l'arsenal.

Imaginée par Vauban en 1683 pour protéger la citadelle de Belle-île et le port, l´édification de l´enceinte urbaine du Palais n´est entreprise en réalité qu´en 1803 après de nombreuses tergiversations. Le projet de Marescot (inspecteur général du Génie) réalisé sous le Premier Empire fait appel à trois forts détachés casematés se flanquant mutuellement, casernes, deux réduits de place d'armes, glacis, chemin de ronde, fossés, galerie de contrescarpe à créneaux de fusillade (1803-1814), portes : Bangor (1803-1808), Locmaria (1850 ; 1866) et Vauban (1864). L´argent manque et les travaux s´éternisent alors que la France est une fois de plus en guerre avec l´Angleterre. L´enceinte est achevée en 1870, à la fin du Second Empire avec la construction des courtines (1862-1866) et de l´ouvrage du Beau-Soleil (1866-1870).

En 1840, sous le règne de Louis-Philippe, la question de la défense des côtes ainsi que celle de la défense de Paris par une enceinte urbaine et des forts détachés revient à l'ordre du jour avec le regain de tension entre l´Angleterre et la France suite à l'affaire d´Egypte. Une commission mixte d´armement des côtes, de la Corse et des îles composée d'officiers d'Artillerie, du Génie et de la Marine est mise en place en février 1841. Elle intervient dans des domaines variés : conception, réalisation et construction d´ouvrages, artillerie (des petits matériels et autres fournitures aux tubes en passant par les affûts...), projectiles (amélioration, approvisionnement des places-fortes...) et personnel. Sur le littoral, il s'agit d'inspecter les batteries de côte et de compléter le programme des tours-modèles dite "tours de l'Empire" ou de "Napoléon" interrompu en 1814. Ces propositions visant à réorganiser la défense du littoral s'appuient sur la réduction des points à défendre ; un grand nombre des batteries de côtes secondaires héritées du 18e siècle et de la fin du 17e siècle est proposé au déclassement. Entre 1858 et 1862, le littoral de Belle-île se couvre de nombreux ouvrages dits réduits de batteries de côte modèle "1846". Les plus représentatifs sont Port-Larron, la Ferrière (quoique arasé), Kerdonis, Port-An-Dro, Pointe des Poulains dit Fort de Sarah Bernhardt (en cours de restauration) et le site de la pointe de Taillefer (superposition d'ouvrages de Vauban au Mur de l'Atlantique).

Appellations Enceinte urbaine du Palais
Destinations promenade
Parties constituantes non étudiées fossé
Dénominations fortification d'agglomération
Aire d'étude et canton Bretagne Sud
Adresse Commune : Palais (Le)
Adresse : Intra-muros

A l'occasion de son premier passage à Belle-Île en 1683, Vauban rédige un premier projet d' enceinte bastionnée pour Le Palais. Il s'agit de compléter la citadelle en occupant les hauteurs la dominant au sud et à l'ouest, et forcer un adversaire à déployer un important corps de troupe pour en faire le siège. Le siège de 1761 démontre la justesse de ces vues, lorsque la prise des hauteurs défendues par de simples redoutes finit par entraîner celle de la citadelle. Les six redoutes de 1761 sont néanmoins conservées à la fin du 18e siècle, certaines étant même renforcées pendant les guerres de la Révolution.

En 1802, le premier Inspecteur général du génie, Marescot, visite Belle-Île et établit un projet pour occuper les hauteurs dominant la citadelle. Plutôt qu'une enceinte continue, il propose un camp retranché constitué par des forts détachés entourés par un fossé continu. Les travaux commencent en 1803. Toutefois, l'ambitieux projet initial est revu à la baisse dès 1806. Les forts prévus sont remplacés par des lunettes terrassées munies de casernes casematées leur servant de réduits de gorge. Les ouvrages A, B, C, D et E, la galerie crénelée à feux de revers de la contrescarpe du fossé, les réduits de places d'armes G et H et la porte de Bangor sont construits entre 1807 et 1812. Le camp retranché est laissé inachevé à la chute de l'Empire.

Lorsque la question de la fermeture du Palais est de nouveau mise à l'étude à la fin des années 1810, les ingénieurs militaires reviennent à l'idée de Vauban d'établir une enceinte continue. Nicole Le Pourhiet-Salat a dénombré 24 projets soumis au Comité des fortifications de 1819 à 1860 avant qu'un tracé définitif soit adopté. Le tracé et les dispositions de détail de l'enceinte varient d'un projet à l'autre. Toutefois, tous intègrent à leurs tracés les lunettes construites sous l'Empire, qui deviennent des bastions, et modifient peu la contrescarpe avec sa galerie crénelée et ses réduits. Beaucoup de projets prévoient un système basé sur une enceinte de sûreté crénelée appuyée sur les réduits de gorge A, B et C des lunettes, complétée par des masses terrassées pour la protéger des feux de l'artillerie.

Le projet finalement retenu en 1860 prévoit de revêtir en maçonnerie les lunettes et de les relier par des courtines terrassées revêtues en maçonnerie. Les réduits A, B et C sont conservés à la gorge des nouveaux bastions 19, 20 et 21. La contrescarpe et la porte de Bangor sont conservées en l'état. Un nouvel ouvrage vient occuper la hauteur de Beausoleil pour ne pas laisser "en l'air" la courtine reliant la droite de l'enceinte au bassin de la Saline, d'autant qu'à partir des années 1830 le génie renonce au tracé de l'enceinte reliant directement les hauteurs à la citadelle moyennant la destruction d'un quartier entier du Palais. La courtine - ou coupure - 18 reliant la partie gauche de l'enceinte à la mer, autre point faible, est construite dès les années 1840. Pour le reste de l'enceinte, les travaux commencés à l'occasion de tensions diplomatiques laissant entrevoir la possibilité d'un conflit avec la Grande-Bretagne à l'automne 1840 sont achevés de 1861 à 1870.

La chute du Second Empire ne marque pas la fin de l'histoire militaire de l'enceinte du Palais. La littérature met parfois en avant son obsolescence à son achèvement, due à l'apparition de l'artillerie rayée dans les années 1860. C'est négliger le contexte particulier des opérations de guerre maritime, où le déploiement d'une artillerie lourde de siège n'est pas aussi aisée que sur d'autres théâtres. A la fin du 19e siècle, l'enceinte et de la citadelle sont conservées comme ouvrages susceptibles de combattre : vers 1890, leur armement totalise 8 canons de 138 mm, 12 canons de 120 mm et 6 mortiers de 22 cm, plus des canons de 4 de campagne et de 12 culasse pour le flanquement, et encore 4 canons de 120 mm et 16 canons de 95 mm en réserve. Les aménagements réalisés pour accueillir et approvisionner cet armement sont bien visibles : plates-formes, traverses, niches à munitions, magasins à poudre.

Le classement de l'enceinte du Palais comme monument historique en 2004 consacre la reconnaissance d'un ensemble de fortifications des années 1840 et 1860 intégrant de rares éléments du Premier Empire, encore amélioré après 1870 malgré une obsolescence qui n'est que théorique.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 19e siècle , porte la date, daté par source, daté par travaux historiques
Dates 1683, daté par source
1761, daté par source
1794, daté par source
1802, daté par source
1803, daté par source
1810, daté par source
1861, daté par source
1862, daté par source
1863, daté par source
1864, daté par source
1865, daté par source
1866, daté par source
1870, daté par source
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire, attribution par source
Personnalité : Louis XIV, personnage célèbre, attribution par travaux historiques
Personnalité : Louis XVI, personnage célèbre, attribution par travaux historiques
Personnalité : Napoléon III, personnage célèbre, attribution par travaux historiques
Auteur : Génie

L'enceinte urbaine du Palais est une fortification d'agglomération bastionnée qui se développe sur un kilomètre de long, depuis les falaises dominant la rade du Palais, jusqu'au bassin de l'arrière-port. Elle consiste en quatre fronts bastionnés, 18-19, 19-20, 20-21 et 21-22 précédés d'un fossé, d'une galerie crénelée de contrescarpe, d'un chemin couvert avec réduits de places d'armes et d'un glacis.

Trois bastions dénommés 19, 20 et 21 occupent la position d'anciennes redoutes construites en 1761 sur des points dominant la citadelle. Ils sont dotés de casernes casematées leur servant de réduits de gorge, dénommées A, B et C. Un ouvrage à cornes dit ouvrage de Beausoleil ferme la droite de l'enceinte sur la rive nord du bassin de l'arrière-port.

Trois portes et deux poternes font communiquer l'intérieur de l'enceinte avec la campagne. La porte de Bangor et la porte Vauban sont situées sur le front 20-21, la première sur la contrescarpe, la seconde sur la courtine. La porte de Locmaria s'ouvre à la jonction entre la courtine 18 et le bastion 19. Les courtines 19-20 et 20-21 disposent chacune d'une poterne. Elles sont reliées aux réduits de places d'armes du chemin couvert H et G par des caponnières doubles à ciel ouvert. La porte percée dans le mur crénelé de l'hôpital, à l'extrémité droite de la courtine 21-22, peut être considérée comme une porte supplémentaire.

Il existe deux magasins à poudre : l'un sous le bastion 19, l'autre en retrait de la courtine 21-22.

Le boisement actuel des fossés et des glacis est un héritage des plantations effectuées par le génie au 19e siècle.

Murs granite
schiste
calcaire
terre
pierre de taille
moyen appareil
petit appareil
moellon
Toit pierre en couverture, terre en couverture
Plans système bastionné
Couvertures terrasse
États conservations état moyen, inégal suivant les parties, envahi par la végétation

N° notice Inventaire : IA00008179.

Statut de la propriété propriété d'une société privée
propriété privée
propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre
Éléments remarquables ensemble fortifié
Protections inscrit MH, 2000/10/30
classé MH, 2004/11/03
Précisions sur la protection

La parcelle AC 84 de l'enceinte urbaine : inscription par arrêté du 30 octobre 2000 - L'enceinte urbaine, à savoir les ouvrages, le chemin couvert, les glacis, le mur de fortification au-delà de la porte de Locmaria et l' ouvrage de Beausoleil (cad. AC 6, 8 à 11, 13, 33 à 36, 64, 65, 78, 79, 86, 88, 91, 93, 94 ; AE 233) : classement par arrêté du 3 novembre 2004.

Annexes

  • Dossier d'inventaire papier

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 8, Places françaises et d'Algérie : 1 VH 295, Place de Belle-Île-en-Mer, projets et dépenses annuels, 1858-1859. Direction du Génie de Brest, Place de Belle-Ile, projets pour 1858-1859, précis historique sur les ouvrages de fortifications commencés au sud de la citadelle de Belle-Ile, 29 décembre 1857.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 295
  • Service historique de la Défense, Département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 58, Documents particuliers à la Direction de Brest. 11e Région, Direction d'Artillerie de Brest, Armement normal par ouvrage, [s.d. fin 19e siècle].

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 3 W 58
Bibliographie
  • LE POURHIET-SALAT, Nicole, La défense des îles bretonnes de l´Atlantique, des origines à 1860, Vincennes, Service Historique de la Marine, 1983, 2 vol. : XLV-375 p. XXV pl.

  • PROST, Philippe, L'enceinte urbaine du Palais, un grand chantier de l'Empire, In CONGRES DE L'ASSOCIATION VAUBAN (5,6,7 mai 1989), Vauban à Belle-Île, Le Palais, Éditions Gondi, 1990, pages 74-87.

  • FAUCHERRE, Nicolas, PROST, Philippe, CHAZETTE, Alain (sous la dir. de), Les Fortifications du littoral, La Bretagne Sud, Chauray-Niort, 1998, 279 p., collection : les fortifications du littoral. ISBN 2-910137-24-4.

  • PORTIER, Carlette, POUTORD, Jacques, Belle-Île-en-Mer. L'enceinte urbaine de Palais, Locmaria, Société historique de Belle-Île-en-Mer, 1998.

Périodiques
  • CHAURIS, Louis, Nature et provenance des pierres mises en œuvre dans les ouvrages défensifs à Belle-Île (Morbihan), Bulletin de l'association bretonne, 2011, CXX, p. 285-302.

Liens web

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