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Four à goémon ; four à soude, Île d'Aval (Pleumeur-Bodou)

Dossier IA22006089 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations four
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
Adresse Commune : Pleumeur-Bodou
Lieu-dit : Île d'Aval

L'île d'Aval n'était pas cadastrée en 1819. Le four à goémon de l'Île d'Aval est datable de la fin du 19ème siècle, mais il pourrait être plus récent. L'utilisation des fours à goémon est attestée sur la côte du Trégor jusqu'aux années 1950 (témoignage oral). Au début du 20ème siècle, l'Île d'Aval a été habitée par une famille de goémoniers avant d'être habitée par une famille de carriers, qui pratiquaient aussi l'agriculture et le petit élevage (des petits bâtiments à usage de crèche témoignent de cette forme d'élevage). Il existerait encore plusieurs fours à soude dans les îlots autour de l'Île-Grande : Morvil, île d'Erch, Aganthon, qui n'ont pas été étudiés. La soude était le résultat de l'opération de brûlage des goémons (laminaires et fucales) dans des fours primitifs, construits en pierres sèches sur la dune ou dans la lande défrichée, non loin de la côte et exposée au vent. Ce processus existe depuis la fin du 17ème siècle, afin d'obtenir des pains de soude (cendre d'algues), utilisés avant la découverte d'autre procédés pour la fabrication du verre, et plus tard pour l'extraction de l'iode. Un chemin creusé dans la grève au nord de l'île permettait aux charrettes de goémon d'accéder à l'Île d'Aval. Le goémon était d'abord mis à sécher avant d'être brûlée. Une autre algue était régulièrement collectée aux Sept-Îles et dans les îlots de l'archipel autour de l'Île Grande, le goémon blanc ou lichen, exportée jusqu'aux Etats-Unis dans la 1ère moitié du 20ème siècle. C'était le travail des femmes, en complément aux revenus du tailleur de pierres (chanson, gwerz du Goémon Blanc de Rose Kawenn, 1916).

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Le four à goémon de l'Île d'Aval mesure environ une dizaine de mètres de longueur, 60 cm de largeur et 30 cm de hauteur. Il est constitué de pierres non taillées, alignées (sans liant), posées sur champ et enfoncées dans le sol. Une seule des ouverture de cette tranchée n'est pas bouchée (la pierre d'extrémité a pu être enlevée ?). L'autre extrémité est obturée par une pierre posée à plat et de forme oblongue. La tranchée a une direction nord-sud et est proche du front de mer.

Murs granite
États conservations bon état, désaffecté

Ce four à goémon, dans un état exceptionnel, mérite d'être signalé et étudié.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Enez Aval

    Enez Aval est l'une des petites îles les plus célèbres de la côte bretonne. D'après la légende, le roi Arthur y serait enterré, et les Bretons des deux côtés de la Manche attendent son réveil qui pourrait refaire l'unité celtique. Vers le 6ème siècle, des moines y auraient construit un monastère. Au centre de l'île s'élevait une chapelle dédiée à saint Marc. Il semble que la pierre de Guéradur soit l'ancien autel de la chapelle disparue. Au milieu de l'ancien cimetière monastaique, un menhir et à l'angle une croix mérovingienne. C'est le père de Félix Le Dantec qui signala en 1878 à la Société d'antrhropologie de Paris la présence de squelettes au crâne allongé (dolicocéphales, témoin de cet habitat du Haut Moyen Age. Les ossements furent transportés au cimetière de l'Île-Grande).

  • Des semeurs de cendres ces bretons (d'après un article du Trégor, n° 10, 10 mars 1979, par A. Sonneck)

    "Des semeurs de cendres ces bretons", disait un voyageur au début du 20ème siècle en voyant brûler dans les grèves des tas de goémons. Pendant 3 mois de février à mai (au lendemain de la chandeleur jusqu'à la fête de Saint-Yves), tout un peuple se répandait sur la côte pour la récolte du précieux engrais.

    Le règlement était strict depuis l'ordonnance de la Marine de 1685, confirmé par la période révolutionnaire et tombé seulement en désuétude très récemment, à l'époque contemporaine : on ne pouvait récolter les algues sur les grèves d'une commune que si l'on y possédait une parcelle de terre. Ce goémon de rive ne pouvait être vendu, sinon par les bateliers et aux seuls habitants de la commune. Pour permettre au goémon de repousser, obligation était faite de le couper avec un simple outil, une faucille appelée "ur c'hwigned", et non de l'arracher. Il était en particulier interdit de naviguer au-dessus des champs d'algues et de les arracher en les accrochant par des râteaux. L'interdiction nettement formulée et répétée par les conseils municipaux du siècle dernier prouve que l'abus existait.

    Là où on extrayait du granit sur la grève, des conflits surgissaient. A l'Île-Grande, en 1827, le conseil municipal de Pleumeur-Bodou s'émeut des dégâts causés au goémon par des bateaux qui viennent enlever les pierres, d'où une taxe de 10 centimes pour tout bloc de granit enlevé par une gabarre ou un "coucou" étranger au pays.

    La première moisson du paysan : le stockage sur la grève était interdit ; ceux qui ne possédaient pas de charrettes payaient une rétribution aux fermiers pour déposer leur récolte sur les terrains limitrophes. Des contrôleurs étaient nommés par la commune pour veiller à la bonne marche du ramassage. 0 Pleumeur-Bodou, en 1848, Yves Riou et François Le Vot, nommés gardiens de la grève, perçoivent un salaire annuel de 30 francs au lieu de leur quête auprès des récoltants "car ils devaient être moins sévères, craignant de faire une quête moins considérable".

    Monsieur et Madame Albert Le Bivic de l'Armor en Trébeurden se souviennent encore très bien des journées de récolte, à la ferme de leurs parents : Madame Le Bivic précise en janvier, nous partions à 7 h 1/2, à l'heure solaire, on allait à Goas Trez, à l'île Canton, Porz an Ivern, et jusqu'à 14 h, on coupait. On en faisait des petits tas que les hommes chargeaient dans les charrettes. Là où les chevaux ne pouvaient passer, c'était la corvée : sur les rochers glissants, les hommes portaient les algues sur une sorte de civière appelée "gravas". Mais c'était quand même l'occasion d'une partie de plaisir, au casse-croûte de 10 h, les chevaux recevaient un sac d'avoine. Ma grand-mère m'a raconté qu'il y a près de 100 ans, des gens partaient à 4 h du matin de Kerduel pour l'Île Canton avec 4 chevaux. Au casse-croûte, ces chevaux avaient droit à un pain d'orge. Parfois il faisait si froid que le goémon glaçait quand la mer se retirait.

    Les plus chanceux utilisaient un bateau, barque de pêche pour la plupart. Le pont de Penvern n'existait pas, dit Albert Le Bivic, on déchargeait près du bureau de tabac, et les charrettes emmenaient tout de suite le goémon aux champs ; certains étaient trop chargés. S'il y avait un peu trop de houle, ils ne pouvaient pas virer au vent et c'était le naufrage.

    La chronique locale a gardé le souvenir des accidents de ce genre. Ainsi, "le Lannionais" relatait-il en février et mars 1878 deux accidents : l'un à Plougrescant, où une gabarre revenant de l'île d'Er de nuit, par tempête, se brisa contre les récifs ; l'autre à Trédrez, l'"Anne-Marie", monté par le patron Joseph Allain et ses deux fils de 15 et 17 ans, avaient mouillé dans les parages de Kerinierbel. "Temps beau mais forte houle dans ces brisants, augmentée par la grande marée". Au moyen d'une plate appelé localement "risque-tout", l'équipage transportait le goémon à bord ; dans un trajet, une lame prit le canot en travers, et ce fut le drame.

    Les accidents pouvaient aussi se produire sur la grève, surtout si l'on avait taquiné la chopine à 10 h : le journal de Tréguier rapportait en 1878, qu'en Plougrescant, à la suite d'une altercation, une femme coupa d'un coup de faucille le nez d'un ramasseur d'algues. On ne dit pourquoi...

    Heureusement, les évènements dramatiques avaient parfois un dénouement plus heureux. L'abbé Le Luyer, recteur de Trébeurden, est resté célèbre pour avoir, en 1838, organisé en barque le sauvetage de 200 hommes partis au goémon à Molène et bloqués par la tempête.

    Un conseil donné par les anciens : si vous allez au goémon : préférer le goémon noir "bezhin tan", moins huileuses, ses longues lanières sont plus riches en iode et se prêtent à des usages multiples ; son nom l'indique, on pouvait en faire du feu. C'était le bois des pauvres.

  • La gwerz du « Goëmon blanc » (Ar bizin gwenn) de Rose Kawenn, 1916

    Rosalie Garel de son vrai nom (1878-1961), épouse du tailleur de pierres François Le Flanchec. Traduction de René Chevalier.

    Ar Flanchec ha Rose Kawenn

    A zo aet tout d´ar bizin gwenn,

    D´ar bizin gwenn d´ar Jentilez,

    met kalz anê oa bet diaes.

    Pa oant arriet en enezenn,

    O deus formet eur gahutenn,

    Buan tout da breparin eur bannac´h kafe

    Da soulajin o c´halon d´ê.

    Met pa oant aet d´ober tan,

    Oa bet iê kalz a boan,

    Rak an awel a oa en nor´

    Hag ar prenecho tout digor´.

    Ha goude-se int bet da droc´han raden

    Da lakaat eno war ar vein,

    abalamour pa vije noz

    e c´hourvejen eno da repoz.

    Met en enez oa rac´hed-dour,

    e-pad an noz oc´h ober trouz,

    e-pad an noz oc´h ober trouz,

    oc´h ampich ´neê da repoz.

    Na betek rose Kawenn

    O oa deut unan war he fenn,

    oa komanset da grial forz :

    Mont a refont tout en hon c´horf !

    Debret ´vo tout hon fatatez,

    Penaos bevfomp-ni en Jentilez !

    Jean-Louis Meur eus Landrellec

    Oa lakaet gardian war ar rac´hed.

    Deus ar beure pa oamp savet

    Hon c´horfo paour a oa brevet,

    Hon c´horfo paour a oa brevet,

    Kasi ‘vel re ar c´hoz kezeg.

    Neuze pa komanse tomman dimp

    Ha krog hon gwad da remui,

    Neuze eomp leun a gourach

    Evit ober hon mareaj.

    Graet meump pob a vareaj vat,

    Bet meump pob a daou sac´had,

    Bet meump ive plijadur

    Gant diou blac´h yaounk, ya sur !

    Bez oa ganimp diou blac´h yaounk a blijadur

    Hag a ouie chansonio kaer ;

    O aonio oa Louise Frelot

    Ha Marie Limpalaer.

    Klewet meump´vo pemp skoed ar c´hant,

    Hon c´halon baour a oa kontant ;

    Borgnez Korfdir gwreg an Tangi

    A lare d´ê : Ho po muioc´h ´wit Marijan !

    Ar brian ‘deus-hi he brasan-le

    A lare d´ê : Ho po muioc´h ‘wit-se !

    Met an hini a baeo ar muian

    Tout ar bizin vo roet dêan.

    Doue c´hallomp trugarekaat

    Ma m´eump graet pob a vorwez vat ;

    Pob a vorwez vat hon m´eump graet,

    Hag ar bizin a vo keraet.

    N´hini n´eus ar zon-man komposet

    Rosalie Garel ec´h ê anvet ;

    Lesanvet ê Rose Kawenn

    Rak he zud-koz oa eus Kawenn.

    Zo deut eur sonj en he fenn

    Da gomposin eur ganouenn ;

    Da gomposin eur ganouenn

    War sujet ar bizin gwenn.

    Le Flanchec et Rose Cavan

    sont tous deux partis au goëmon blanc,

    au goëmon blanc aux Sept-Iles,

    mais beaucoup en souffrirent.

    Quand ils furent arrivés dans l´île,

    Ils dressèrent une cahute,

    Et rapidement firent du café

    Pour se donner du cœur.

    Mais quand ils voulurent faire du feu,

    Ils eurent aussi beaucoup de mal,

    Car le vent était du nord

    Et les fenêtres étaient tout ouvertes.

    Puis ils coupèrent de la fougère

    Pour l´étendre, là sur le rocher,

    Car, quand il ferait nuit,

    Là, ils se reposeraient.

    Mais dans l´île il y avait des rats d´eau,

    Toute la nuit faisant du bruit,

    Toute la nuit faisant du bruit,

    Qui les empêchaient de se reposer.

    Même Rose Cavan

    Qui en avait un dur la tête,

    Et commençait à crier au secours :

    « Ils nous entreront tous dans le corps ! »

    Toutes nos patates seront mangées,

    Comment vivrons-nous aux Sept Iles !

    Jean-Louis Le Meur de Landrellec

    Fut nommé gardien à cause des rats.

    Dès le matin au réveil

    Nos pauvres corps étaient fourbus,

    Nos pauvres corps étaient fourbus,

    Comme ceux des vieux chevaux.

    Alors, quand la chaleur nous revenait

    Et que notre sang commençait à circuler,

    Alors nous allions pleins de courage

    Pour faire notre marée.

    Chacun de nous fit bonne marée,

    Chacun de nous fit deux sacs pleins,

    Nous eumes aussi du plaisir

    Avec deux jeunes filles, oui sûr !

    Il y avait avec nous deux jeunes filles plaisantes

    Qui avaient de belles chansons ;

    Elles s´appelaient Louise Frelot

    Et marie Limpalaer.

    Nous avons appris que ce serait cinq écus la livre

    Et notre pauvre cœur était content ;

    La borgne Corfdir, femme de Tanguy,

    Leur disait : « Vous aurez plus qu´avec Marie-Jeanne ! »

    Jeanne Le Bihan de toute sa grandeur

    Leur disait : « Vous aurez plus que cela ! »

    Mais celui qui paiera le plus,

    Tout le goëmon lui appartiendra.

    Nous pouvons remercier Dieu

    D´avoir fait chacun une bonne récolte ;

    Bonne récolte nous avons faite,

    Nous aurons bon prix pour le goëmon.

    Celle qui a fait cette chanson

    S´appelle Rosalie Garel ;

    Elle est surnommée Rose Cavan

    Car ses grands-parents étaient de Cavan.

    L´idée lui est venue

    De composer une chanson,

    De composer une chanson

    Sur le goëmon blanc.

  • L'utilisation industrielle des algues en Trégor

    A la fin du 19ème siècle, les premières usines de soude puis d´alginates s´installent sur les côtes bretonnes. En 1938, la France produisait annuellement une quarantaine de tonnes d´iode, alors que la production européenne ne dépassait pas 200 tonnes et celle du Chili 440 tonnes. Le goémon séché à l´air libre, puis brûlé dans des fours primitifs au bord de l´eau est livré à l´usine au prix de 240 F. les cinquante kilos, soit 10 tonnes de goémon pour recueillir une tonne de cendres... qui fourniront 6 kg d´iode brut à la sortie de l´usine. Mais déjà on parle de traiter directement les algues vivantes par des acides pour en retirer de nouvelles richesses : engrais, substances chimiques, produits pharmaceutiques, etc.

    Cependant, la demande nouvelle et croissante des industriels de l´algue et les besoins de l´agriculture de l´après guerre vont considérablement modifier ces pratiques coutumières.

    En 1959, sur les rivages du Trégor, une algue champignon (le Lichen carragheen) est exporté de l´Île Grande aux USA, au Japon et dans d´autres pays européens, où elle nous revient transformée, sous la forme d´une "gélose". L´iode breton fut ensuite concurrencé par l´iode du pays des nitrates (le Chili), qui mit fin à cette méthode ancestrale de production.

  • Des semeurs de cendres ces bretons (d'après un article du Trégor, n° 10, 10 mars 1979, par A. Sonneck)

    "Des semeurs de cendres ces bretons", disait un voyageur au début du 20ème siècle en voyant brûler dans les grèves des tas de goémons. Pendant 3mois de février à mai (au lendemain de la chandeleur jusqu'à la fête de Saint-Yves), tout un peuple se répandait sur la côte pour la récolte du précieux engrais.

    Le règlement était strict depuis l'ordonnance de la Marine de 1685, confirmé par la période révolutionnaire et tombé seulement en désuétude très récemment, à l'époque contemporaine : on ne pouvait récolter les algues sur les grèves d'une commune que si l'on y possédait une parcelle de terre. Ce goémon de rive ne pouvait être vendu, sinon par les bateliers et aux seuls habitants de la commune. Pour permettre au goémon de repousser, obligation était faite de le couper avec un simple outil, une faucille appelée "ur c'hwigned", et non de l'arracher. Il était en particulier interdit de naviguer au-dessus des champs d'algues et de les arracher en les accrochant par des râteaux. L'interdiction nettement formulée et répétée par les conseils municipaux du siècle dernier prouve que l'abus existait.

    Là où on extrayait du granit sur la grève, des conflits surgissaient. A l'Île Grande, en 1827, le conseil municipal de Pleumeur-Bodou s'émeut des dégâts causés au goémon par des bateaux qui viennent enlever les pierres, d'où une taxe de 10 centimes pour tout bloc de granit enlevé par une gabarre ou un "coucou" étranger au pays.

    La première moisson du paysan : le stockage sur la grève était interdit ; ceux qui ne possédaient pas de charrettes payaient une rétribution aux fermiers pour déposer leur récolte sur les terrains limitrophes. Des contrôleurs étaient nommés par la commune pour veiller à la bonne marche du ramassage. A Pleumeur-Bodou, en 1848, Yves Riou et François Le Vot, nommés gardiens de la grève, perçoivent un salaire annuel de 30 francs au lieu de leur quête auprès des récoltants "car ils devaient être moins sévères, craignant de faire une quête moins considérable".

    Monsieur et Madame Albert Le Bivic de l'Armor en Trébeurden se souviennent encore très bien des journées de récolte, à la ferme de leurs parents : Madame Le Bivic précise en janvier, nous partions à 7 h 1/2, à l'heure solaire, on allait à Goas Trez, à l'île Canton, Porz an Ivern, et jusqu'à 14 h, on coupait. On en faisait des petits tas que les hommes chargeaient dans les charrettes. Là où les chevaux ne pouvaient passer, c'était la corvée : sur les rochers glissants, les hommes portaient les algues sur une sorte de civière appelée "gravas". Mais c'était quand même l'occasion d'une partie de plaisir, au casse-croûte de 10 h, les chevaux recevaient un sac d'avoine. Ma grand-mère m'a raconté qu'il y a près de 100 ans, des gens partaient à 4 h du matin de Kerduel pour l'Île Canton avec 4 chevaux. Au casse-croûte, ces chevaux avaient droit à un pain d'orge. Parfois il faisait si froid que le goémon glaçait quand la mer se retirait.

    Les plus chanceux utilisaient un bateau, barque de pêche pour la plupart. Le pont de Penvern n'existait pas, dit Albert Le Bivic, on déchargeait près du bureau de tabac, et les charrettes emmenaient tout de suite le goémon aux champs ; certains étaient trop chargés. S'il y avait un peu trop de houle, ils ne pouvaient pas virer au vent et c'était le naufrage.

  • De la Pointe de Bilo à l'Île d'Aval à la fin du 18ème siècle

    La pointe de Billo est à 1/4 de lieüe de distance du port ci-dessus, et à portée de fusil de l'isle dont elle porte le nom, qui a un quart de lieüe de tour : il y a près de cette pointe et de cette isle un bon mouillage où toutes barques et batteaux peuvent rester en toute sureté. Il n' y a plusieurs pierres au nord de cette pointe, dont la principale est l'isle avalle [île d'Aval]. Elles ont ensemble plus d'une lieüe de tour, elles sont remplies de plusieurs petites anses ; et il y a un très bon mouillage à l'Est pour toutes sortes de barques. Sur ces isles il y a de très bonnes terres qui sont en labour (Arch. nat. Mar. D222, f°149 et Arch. Art. 3a 19, f°171).

  • 20062203976NUCB : Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)