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Front de mer du Trieux (Ploubazlanec)

Dossier IA22010946 réalisé en 2008

Fiche

Dénominationsfront de mer
Aire d'étude et cantonBretagne - Paimpol
AdresseCommune : Ploubazlanec

Le bâti littoral de l'estuaire du Trieux est daté du 19ème et du 20ème siècle. Les habitations les plus anciennes sont du 19ème siècle (Landiris). Le four à chaux est daté au moins du 1er quart du 19ème siècle. Les vestiges archéologiques sont de l'âge du Bronze (allée de Mélus et Roch ar Evned, la roche Cornec ('Karreg ar Yelan', le 'rocher de l'épeautre'). Les artistes ont été nombreux à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle à dessiner et peindre l'estuaire duTrieux : H. Rivière (1864-1960), Louis-Marie Faudacq (1840-1916), Paul Sébillot (1843-1918), Paul Signac (1863-1935), Charles Lapicque (1898-1988), Etienne Bouillé (1858-1933), Charles Hall Thorndike (1875-1935) pour n'en citer que quelques uns.

Période(s)Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le front de mer à l'embouchure de l'estuaire du Trieux forme la limite Nord-Ouest de la commune. A ce niveau, le Trieux est une ria bordée de collines boisées et de falaises entre lesquelles se nichent des grèves de galets. Le front de mer de l'estuaire du Trieux est peu urbanisée, en dehors- du plateau Ouest du port de Loguivy. Les sites archéologiques de Mélus et de l'éperon rocheux sont remarquables en haut de la micro-falaise. Dans la partie boisée de l'estuaire, on peut remarquer les vestiges d'un ancien four à chaux. Quelques épaves de bateaux de pêche forment un petit cimetière à bateaux dans l'une des anses. Le balisage de l'estuaire, daté de la seconde moitié du 20ème siècle est remarquable. On peut encore remarquer l'îlot de Roc'h Arhant avec son ancien corps de gardes et une petite habitation privée.

Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée

Annexes

  • La signalisation de l'estuaire du Trieux

    Lorsqu'il est question à la fin du 18ème siècle de faire dans l´estuaire profond du Trieux un port militaire, on se rend compte très vite que le balisage est son corollaire indispensable : Il s´agit donc d´un projet de balisage combinant marques en mer et service de pilotage. De plus, il existe un plan de balise sur une roche que la mer couvre sur laquelle il conviendrait de faire quelque marque pour la connoître de hautte mer, dont le coût est estimé à 362 livres. Cette balise se compose d´un poteau de bois ancré dans la roche par trois pattes de fer et surmonté d´un petit panneau de bois. Douze roches doivent être ainsi balisées pour un coût total de 4344 livres. La conception même de ces balises les rends peu solides et le coût de leur établissement, dissuasif. Elles ne sont donc pas construites.

    La signalisation du Trieux et de ses alentours sera équipée, à partir de 1860, par les premiers phares du Paon et du Rosédo sur l´île de Bréhat. Dans un premier temps, seule une signalisation locale est réalisée. Plus tard, de 1867 à 1869, le Trieux sera entièrement équipé par les feux de la Croix (en mer, 1867) en alignement avec Bodic (1867), et Coatmer aval et amont (1869), sur la rive gauche. Ces alignements lumineux permettront de s´engager dans ce chenal étroit et donneront les directions des passes intérieures. La construction de ces modestes bâtiments ne se fit pas sans difficultés, car, pour les phares du Rosédo et du Paon, pas moins de quatre adjudications et retards furent acceptés. Il était encore très difficile d´évaluer les contraintes de temps, de transport, de fourniture ou de logement du personnel. Le phare de la Croix, fut construit en huit mois au prix de grandes difficultés techniques et logistiques par l´entrepreneur Kerguenou. Il montre l´influence très forte de Léonce Reynaud dans les choix esthétiques de l´époque. Le phare est une tour crénelée, massive, presque médiévale. Il était équipé d´un réflecteur parabolique avec un écran tournant permettant l´occultation périodique du faisceau.

  • Les balises ont souvent un nom en langue bretonne qui désigne leur lieu d´implantation et les

    caractéristiques qui s´y rattachent. Il peut être intéressant pour le marin d´en connaître la traduction et l´histoire :

    Interprétation de certains toponymes maritimes de l'estuaire du Trieux

    L'ancienne balise tourelle située à l'embouchure de l'estuaire du Trieux et de la baie de Pomelin ('Poul Milin'), appelée 'Moguedhie'r, signifie les fumées, lieu qui «'bouillonne', 'en crachant de l´écume, comme de la fumée'. Ce qui signifie que les courants à cet endroit sont particulièrement violents autour d´une roche qui ne découvre pas.

    Le phare de la Croix rappelle la présence des moines du monastère tout proche de l´île verte. Une croix fut édifiée sur le point culminant de l´île, peut-être pour rappeler le naufrage de plusieurs abbés sur la roche qui supporte le phare actuel. Au 17ème et au 18ème siècle, la tour s´appelait la 'Tour des Trois Moines', puis 'le phare du Moine blanc' (carte de Sainte Colombe 1680 et de De Kearney, 1770). Le phare de Bodic est mentionné à la même époque. Ce qui pourrait indiquer que ces deux tours à feu ont précédé les phares actuels, à la même période que le premier phare de Fréhel. Les premières tours feu servaient de tour de guet à des fins militaires et de sécurité pour la navigation dans un estuaire très fréquenté par la marine de guerre et de commerce, mais aussi soumis aux invasions fréquentes des Anglais et des Normands. Les deux tours à feu alignées entre elles transmettaient des informations à l´aide de signaux de fumée.

    Traduction de quelques toponymes nautiques du secteur de Lézardrieux-Bréhat :

    'Ar C´hern' : les Cornes, dénomination des Héaux de Bréhat

    La tourelle de 'Roc´h Louet' : la 'Roche Moisie'

    La tourelle de 'Rodello' : les 'Tourbillons'

    La tourelle de 'Min Guen Kerrannets' signifie la 'Pierre blanche des Grenouilles'.

    'An Teuskeier' : 'les Tusques' : 'les Lutins'

    La tourelle de Men Krenn : la 'Pierre courte'

    La tourelle 'Gwrac´h Bodic' : la 'Grande Vieille de Bodic' (près d´un banc de sable)

    La tourelle 'An Holeneier' : les 'Salinières'

    'Roc´h Briadis' : la 'Roche des Bréhatins'

    'Ar Gardinaled' : les 'Cardinaux', ou les 'Charpentiers' en baie de Paimpol, dénomination qui rappelle la dignité de certains abbés de Beauport et les bâtiments de l´abbaye, qui ont servi d´amers aux siècles passés, pour repérer un certain nombre de rochers et de hauts-fonds ('Rohan hier' : 'Rochers des Maisons')

    'Ar C´hompa' : le Compas, au milieu du 'Ferlas'

    'Ferlas' : terme inintelligible qui proviendrait de la déformation du Breton 'Varlez', puis 'Farlez', signifiant à l´origine sur les cartes anciennes 'Ganol war Laez' : 'chenal vers le haut', vers l´Est.

  • 20082208025NUCB : Château de la Roche-Jagu

    20082207615NUCB : Collection particulière

    20082207778NUCB : Collection particulière

    20082207776NUCB : Collection particulière

    20082208021NUCB : Collection particulière

    20082207577NUCB : Collection particulière

    20082207779NUCB : Collection particulière

    20082207573NUCB : Collection particulière

    20082208228NUCB : Collection particulière

    20082208260NUCB : Collection particulière (association des homardiers des Côtes de France)

Références documentaires

Bibliographie
  • PRIGENT, Guy. Par les champs et par les grèves, le Trieux, de la source à sa porte océane. In : Catalogue de l'exposition 'Au fil du Trieux, paysages de Pontrieux à Bréhat'. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d'Armor, 2005.

    p. 99-104
  • THOMASSIN, Anastase. Pilote côtier, Côtes Nord de la France, troisième partie : Des Héaux de Bréhat au cap de la Hague. Paris : Challamel aîné, 1875.