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Groupe défensif côtier "Morlaix" codé "Mo" (Morlaix)

Dossier IA29001818 réalisé en 2002

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Brest "allemande"

Dès leur arrivée à Brest le 19 juin 1940, les Allemands s’intéressent tout naturellement aux infrastructures portuaires et aux batteries côtières de la rade. Les formes de construction navale de l’arsenal reçoivent de nombreux navires de la marine de guerre allemande (Kriegsmarine) au cours du conflit.

Dès juillet 1940, l’occupant travaillait à la construction d’une batterie à longue portée nommée Graf Spee située non loin de la pointe Saint-Mathieu. D’une portée effective comprise entre 21 et 28 km grâce à ses quatre canons Krupp modèle 1906 de 28 cm de calibre, elle devait permettre de défendre les approches du vestibule. Non loin de là, les batteries des Rospects baptisées Holtzendorff (sous casemate en avril 1942) et de Toulbroc’h voient leur camouflage amélioré. Le port de Brest reçoit aussi une importante défense antiaérienne composée de batteries de campagne en attendant des constructions permanentes en béton. Enfin, les aérodromes de Guipavas et de Lanvéoc-Poulmic (base aéronautique navale) sont investis par la Luftwaffe qui y construit de nombreux abris bétonnés.

Les bassins de Laninon, longs de 250 m, accueillent fin 1940 et en 1941 des croiseurs de bataille Scharnhorst, Gneisenau (sister-ship du Scharnhorst), Prinz Eugen et Admiral Hipper. En raison de leur présence en rade de Brest, le port et la rade subissent des bombardements aériens de la Royal Air Force.

Der Atlantikwall, le Mur de l’Atlantique

Le 14 décembre 1941, suite à l’entrée en guerre des États-Unis, Adolf Hitler évoque la construction d’un nouveau Mur de l’Ouest (Neue Westwall) sur les côtes de l’Europe aux endroits les plus stratégiques : les Festungen doivent protéger les bases de sous-marins et les grands ports. La directive n° 40 du 23 mars 1942 marque le lancement officiel de l’Atlantikwall, le Mur de l’Atlantique, à établir le long des côtes européennes, de la Norvège aux Pyrénées. Ces fortifications sont destinées à empêcher "une invasion du continent" par les Alliés depuis la Grande-Bretagne. En Bretagne, la marine allemande s’approprie les ports de Saint-Malo, Brest, Lorient et Saint-Nazaire.

Le programme de construction du Mur de l’Atlantique est lancé en août 1942. Des études préalables ont été réalisées par les compagnies géologiques (Schutzstaffel Wehrgeologen-Kompanie) en vue de futures implantations militaires (routes, ponts, ports ou ensembles fortifiés) dès la fin de 1941. Les compagnies géologiques assurent l’approvisionnement en eau (Wasserversorgung) des ouvrages existants et à créer (défenses côtières).

À partir de janvier 1943, c’est le lancement du Schartenbauprogramm : il s’agit de protéger les pièces d’artillerie des raids aériens alliés en les mettant sous casemate bétonnée.

Le secteur défensif côtier de la côte Nord (Trégor-Goëlo et baie de Morlaix)

Dans l’organisation militaire allemande, le secteur défensif côtier de la région de Brest (Küsten-Verteidigungs-Abschnitt A2) s'étend des communes littorales de Saint-Brieuc à Plouescat. Il regroupe 2 groupes défensifs côtiers (Küsten-Verteidigungs-Gruppe) :

- "Pontrieux" avec comme sous-ensembles : "Etables", "Trieux" et "Tréguier" ; cet ensemble est abrégé en "Po".

- "Morlaix" avec comme sous-ensembles : "Lannion", "Lanmeur" et "Roscoff". Il est abrégé en "Mo".

Chaque groupe défensif côtier (Küsten-Verteidigungs-Gruppe) regroupe lui-même des points d’appui légers (Widerstandsnest abrégé "Wn") ou lourds (Stützpunkt abrégé "Stp") disposés aux points stratégiques du littoral et de l’intérieur dont les objectifs sont :

- la défense immédiate des plages et zones de débarquement ;

- la défense lointaine par des batteries lourdes regroupant plusieurs pièces d'artillerie ;

- la défense des fortifications et infrastructures par des batteries antiaériennes ;

- la défense des infrastructures (routes, ponts, gares, aéroports, hôpitaux, centres logistiques...).

Le nombre moyen de blockhaus par ensemble fortifié est compris entre 7 et 9. Des positions peuvent être très éclatées sur le terrain à la différence de celles de l’armée de Terre ; il s’agit de positions de la Marine qui disposent de très nombreuses batteries notamment antiaériennes et de postes de commandement. L’armée de l’Air (Luftwaffe) dispose également de ses propres ensembles fortifiés.

Le groupe défensif côtier "Morlaix"

Selon les archives et cartes allemandes, le groupe défensif côtier "Morlaix" comptait a minima 121 ensembles fortifiés. Il est sous-divisé en trois espaces : "Lannion", "Lamneur" et "Roscoff".

Ce groupe défensif couvrait le "littoral" de la commune de Perros-Guirec à l'est, point d’appui numéroté et codé "Mo 1" situé au lieu-dit Pointe du Château (Widerstandsnest abrégé “Wn Mo1”) à la commune de Plouescat à l'ouest de Kerfissien ("Wn Mo 121"). Sur le terrain, nos investigations nous ont permis de retrouver et d'étudier plus de 80 ensembles fortifiés allemands.

Les zones névralgiques sont protégées par des points d’appui lourds :

- l'aérodrome de Morlaix : "Stützpunkt", ensemble fortifié n° 79. Le terrain d’aviation allemand de Ploujean-Morlaix était spécialisé pour les escadrons de chasse de la Luftwaffe (littéralement, "arme de l'air"). Jusqu’à 60 avions, dont le célèbre Messerschmitt Bf 109, chasseur monomoteur monoplace, furent accueillis simultanément sur les pistes de dispersion et dans les hangars. L'objectif principal de ces formations était l'interception des bombardiers alliés et la surveillance du Golfe de Gascogne.

- l'embouchure de la rivière de Morlaix : "Stützpunkt Carantec", ensemble fortifié n° 81 de la pointe de Penn-al-Lann. Durant la seconde Guerre Mondiale, les pointes de Penn-al-Lann (Carantec) et de Barnénez,(Plouézoc’h) ainsi que l’île Stérec, percée d’un tunnel de 88 m de longueur (conçu pour abriter soldats, canons et munitions), sont préférées au vieux château du Taureau pour la défense de l’embouchure de la rivière de Morlaix. La pointe de Penn-al-Lann est codée "Mo 81" sur les cartes allemandes. Une quinzaine de blockhaus, construits sur des plans-types, constituent la défense de cet ensemble fortifié qualifié de "Stützpunkt", point d'appui lourd.

A Carantec, un mémorial rappelle le courage des membres du réseau Sibiril qui a permis le passage de 193 personnes en Angleterre. De nombreux pilotes, mécaniciens et membres d’équipage des avions alliés abattus reposent dans les cimetières bretons. Le moteur d’un avion de chasse Typhoon, crashé le 31 mars 1944 devant le Clouët, est exposé au Musée maritime de Carantec : Gerry Racine,son pilote canadien, a été exfiltré le 16 avril de Guimaëc.

- le chenal de l'île de Batz : "Stützpunkt Roscoff", ensemble fortifié n° 94 de la pointe de Bloscon (ancien fort Vauban et batterie côtière).

Parties constituantes non étudiées ensemble fortifié
Dénominations ensemble fortifié
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Morlaix
Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1942, daté par travaux historiques
1943, daté par travaux historiques
1944, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Organisation Todt, ingénieur militaire, attribution par travaux historiques
Statut de la propriété propriété publique
propriété privée
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre

Annexes

  • 20082910376NUC : Bundesarchiv, Koblenz, Deutschland

    20082910375NUC : Bundesarchiv, Koblenz, Deutschland

    20082910400NUC : Bundesarchiv, Koblenz, Deutschland

Références documentaires

Documents figurés
  • Collection particulière.

Bibliographie
  • CHAZETTE (A.) - DESTOUCHES (A.) - PAICH (B.). Album Mémorial Atlantikwall, Le Mur de l´Atlantique en France 1940-1944. Bayeux, Edition Heimdal, 1995, 480 p.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume