Logo ={0} - Retour à l'accueil

Hôtel de Montigny, 17 rue Noé (Vannes)

Dossier IA56003422 inclus dans Quartier de la Poissonnerie (Vannes) réalisé en 2001

Fiche

Dossiers de synthèse

Un des hôtels majeurs de l'intra-muros, en particulier en raison de l'accent mis sur la tour d'escalier en hors-oeuvre en maçonnerie et pan de bois essenté, coiffée d'un toit en pavillon qui surplombe la construction.

L'hôtel de Montigny utilise probablement deux parcelles médiévales. La première en profondeur, est conservée dans sa partie basse et forme le corps principal de l'hôtel. Au rez-de-chaussée, la cuisine occupe la pièce nord. La destination de la pièce sud, aujourd'hui un commerce n'est pas connue. A l'étage, trois pièces de réception, salon, salle à manger sont en enfilade. La pièce médiane possède un passe-plat. La pièce au dessus du corps d'entrée (sur rue) pourrait être un office. La parcelle à l'est est consacrée à la cour, sur le côté ouest de laquelle est édifié le corps d'entrée prolongé par le corps d'escalier. Celui-ci abrite un escalier en pierre, puis en bois en retour avec jour, avec rampe en ferronnerie de qualité. Dans le corps secondaire prolongeant l'escalier sur la cour, le rez-de-chaussée est ouvert, tandis qu'à l'étage se trouve une chambre.

Il est assez difficile de déterminer quels sont les travaux pouvant être attribués à Laurent Le Ray, car la façade parait dater de 1761, date à laquelle M. De Montigny adresse une demande pour faire élever sa façade en pierre au moins partiellement à l’aplomb des étals : si le rez-de-chaussée est en pierre, il n'en est pas de même des étages qui sOnt en pan de bois sous l'enduit ; cependant, ont été refaits à la même époque les ouvertures du pignon postérieur ainsi que celles du gouttereau ouest. Peut-être la cage d'escalier date-t-elle de 1673 : le procès-verbal mentionne des maçons, couvreurs, charpentiers et terrasseurs, indiquant un chantier d'envergure ; cependant la rampe en fer forgé ne peut dater que du 18e siècle..

Les écuries ouvrent sur la cour par de grandes portes. Les étages, habitables, le premier possédant une porte haute en partie bouchée (réserve à fourrage) sont accessibles par la place des Lices. Le mur sud montrent deux portes bouchées, sans doute intérieures, qui permettait peut-être de communiquer avec un bâtiment en retour sur la cour aujourd'hui disparu : le plan cadastral montre à cet endroit un enclos.

Thomas-Lacroix signale dans l'hôtel de Montigny, la présence aux 19e et 20e siècles de la famille Galles, célèbre dynastie d'imprimeurs vannetais.

Appellationsde Montigny
Parties constituantes non étudiéescour, jardin, puits, écurie
Dénominationshôtel
Aire d'étude et cantonVannes
AdresseCommune : Vannes
Adresse : 17 rue
Noé
Cadastre : 1807 I3 ; 1844 K8 1888 ; 1980 BS 259, 260, 265

Hôtel reconstruit dans la 1ère moitié du 18e siècle sur la base d'une maison du 15e siècle dont subsiste une cheminée au rez-de-chaussée.

Les archives conservées mentionnent un procès-verbal de travaux exécutés en 1673 sur ce premier édifice par Laurent Le Ray et Gilles Michel maçons, Claude Vincent et Jean Philippot charpentiers, Denis Guichet et Jean Phelipot menuisiers, François Le Garro vitrier, Jean Mollay et Pierre Le Pichon terrasseurs, Charles Gaullart serrurier, Julien Capitaine et Julien Tetiot couvreur : ces travaux importants sont aujourd'hui peu visbles. Vendu à François Marie de Montigny chevalier seigneur de Kerispert en 1743 (avec une autre maison), L'hôtel fait l'objet de travaux plus tard, vers 1761 d'après les archives, le propriétaire ayant le "dessain de rebâtir en pierres, en total ou parties le devant de sa maison". Un décor intérieur de lambris est alors refait. Le corps principal est doublé à cette époque d'un corps d'escalier partiellement en pan de bois essenté sur la cour. Les écuries sont édifiées au fond de la cour. Un corps secondaire prolongeant l'escalier côté nord est construit dans la 1ère moitié du 19e siècle.

Période(s)Principale : 15e siècle
Principale : 2e moitié 17e siècle
Principale : 2e moitié 18e siècle
Dates1673, daté par source
1761, daté par source
Auteur(s)Auteur : Le Ray Laurent architecte attribution par source
Auteur : Michel Gilles architecte attribution par source
Personnalité : La Couldraye de propriétaire attribution par source
Personnalité : Montigny de François commanditaire attribution par source

Hôtel à plan en profondeur, à deux étages carrés, avec façade en pan de bois enduit sur rue. Le corps principal reprend du logis médiéval, en profondeur, avec toiture à longs pans à pignon couvert au nord, à croupe au sud. Il est doublé d'un corps d'escalier en pan de bois à l'est sur la cour latérale, précédé d'une partie en moellon enduit formant corps d'entrée sur rue. L'escalier, à retours avec jour, en charpente, possède une rampe en fer forgé. En prolongement du corps d'escalier au nord, corps secondaire en pan de bois. Dans la cour, à l'est de l'hôtel, les écuries voutées, en moellon, s'établissent en soubassement d'une maison à deux étages carrés, avec corps de latrines en saillie à l'angle nord-ouest, et dont l'accès à la partie haute (habitation) se fait par la place des Lices. Le jardin, au nord de l'hôtel, est limité au nord par un mur de clôture avec puits en pierre de taille, mitoyen et à étage avec la parcelle voisine, en contrehaut. Une dépendance en appentis contre ce mur d'enclos est en ruines.

Mursgranite moellon enduit
essentage
pan de bois
pierre de taille
Toitardoise
Étages2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
croupe
noue
toit en pavillon
appentis
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente, en maçonnerie

Typologiesen alignement de rue, plan double en profondeur

Secteur sauvegardé. Cet hôtel fournit un très bel exemple documenté de reconstruction ou plutôt de grande reprise en pierre d'une façade principale initialement en pan de bois.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Déclaration et dénombrement, 1677

    A. D. Loire-Atlantique B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de Dlle Marie de la Couldraye femme de Thomas Le Douarain Sr de Chesvoran et une des héritières de défunt Me Louis de la Couldraye Sr de Keramlou vivant conseiller au siège présidial de Vannes et de Dlle Guillemette Thomas ses père et mère d´une maison avec une cour au côté d´icelle vers le levant et un petit jardin au derrière le tout situé en la rue de Saint François à main senextre comme l´on va du Poids du Roi au couvent de Saint François contenant la dite maison et la dite cour de longueur et de face sur le pavé 32 pieds et de longueur et de profondeur 52 pieds et le dit jardin 2 cordes et 2/3 le tout joignant au soleil levant à maison appartenant à Me Jacques Gillot marchand du côté du couchant à autre maison appartenant à monsieur de la Grandville et du bout vers midy à autre maison appartenant à la dite de la Couldraye et de l´autre bout sur la rue cy-devant déclarée. Une autre maison aussi avec sa cour au devant estant au derrière de celle-ci-devant déclarée ayant issue sur la dite rue de Saint François et sur une ruelle étant au bout de la chapelle des Lices ouvrant par le devant sur la dite cour laquelle donne sur le pavé du roi à main senextre comme on va du poids du Roi au dit couvent de Saint François contenant de largeur ou de face sur la dite rue 18 pieds et de largeur et de profondeur 19 pieds joignant du soleil levant à maison appartenant au Sr Gillot marchand et du côté du couchant à autre maison appartenant à monsieur de la Grandville et du bout vers midy à la maison cy-devant et de l´autre bout sur la dite ruelle. De plus déclare la dite de la Couldraye posséder un tiers de maison en la susdite rue de Saint François ouvrante par le devant sur le pavé du roi à main senextre comme on va de la Poissonnerie au couvent de Saint François contenant de largeur ou de face sur le pavé 25 pieds et de largeur et de profondeur 22 pieds joignant du soleil levant à maison appartenant à monsieur de la Roche Jouardaye et du côté du couchant à autre maison appartenant à Couettec et du bout vers midy à maison à Mlle La Roche Kerdani et de l´autre bout à la dite rue, lequel héritage est issu de la succession de Guillemette Thomas sa mère.

  • Requête, 1761

    A. D. Morbihan B 497 : requête de François Marie de Montigny chevalier seigneur de Kerispert :

    7 octobre 1761 : A monsieur le lieutenant général de police à Vannes, supplie humblement messire François Marie de Montigny chevalier seigneur de Kerispert, disant qu´ayant dessain de rebâtir en pierres, en total ou parties le devant d´une maison qu´il possède dans cette ville située rue Saint François près les Cordeliers il désireroit estre autorisé par la police de cette dite ville de pouvoir établir ci-devant de maison sur les fondements des étaux qui font le devant de la dite maison et bâtir à l´aplomb du dehors du colombage du premier étage ainsi qu´il croit estre fondé en sa demande attendu que les fondements de ces étaux sont établis en même temps et liés avec ceux des pignons et longères de la dite maison pourquoi il requiert ce qui suit :

    Qu´il vous plaise monsieur nommer des experts, soit maçons, soit entrepreneurs pour vérifier l´exposé du suppliant en visitant même en votre présence les fondements des dits étaux et sur leur rapport ordonner qu´il lui soit permis de bâtir le devant de sa maison en total ou partie en pierre sur l´alignement et fondation des dits étaux à l´aplomb du premier étage actuel pourquoi il se flatte que ce qu´il projette ne préjudiciant en rien au public et ne gênant aussi en rien le passage de la rue qui restera toujours aussi de même largeur et ne pouvant que contribuer à la décoration de la ville vous voudrez bien lui accorder la grâce qu´il demande et ferez justice.

    9 octobre 1761 : Nous écuyer Simon Jacques Joseph Borie premier président sénéchal et lieutenant général de police à Vannes accompagné du procureur du roi au dit siège et de Me Jean Boissela commis juré au greffe, faisons que ce jour nous nous sommes transportés jusques près la maison appartenante au Sr de Montigny Kerisper située rue Saint François de cette ville paroisse St Pierre où estant rendus avons fait mender Pierre Luquain et Jean Brunet charpentier et entrepreneur d´ouvrages au dit Vannes lesquels ont jurés de bien et fidèlement se comporter avons fait percer par un manœuvre pour cet effet dans la rue et aux ras des étaux de la dite maison et sur le rapport des dits Luquain et Brunet avons donné pour apuré que les encoignures des dits étaux sont établis en même temps et liés avec les murs de longères de la dite maison par les deux côtés, que les dits étaux servent de tais au colombage que forme le devant du pignon de la maison sont établis sur des fondements solides faits à chaux et sable et portent sur le roc, avons fait mesurer la largeur de la rue au coin de la dite maison du côté des cordeliers avons trouvé que du coin de la dite maison à celuy de la longère de l´Hôtel de Larée il y a 19 pieds, que de l´autre coin de la dite maison à celuy de la maison de monsieur de Cornuilliers il y a 14 pieds que ce coin est saillant sur la dite rue de 22 pouces de plus que le mur de la cour y joignant et que les étaux de la dite maison ont de face 23 pieds.

  • Sources iconographiques

    19975601181X : Archives municipales de Vannes, 21 Fi.

    19975601199XB : Archives municipales de Vannes

    19975601197X : Archives municipales de Vannes

    20015604414NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan 6E 855 : 28 novembre 1669 : Bail de 3 ans entre Guillemette Thomas veuve de Kerambon conseiller au présidial et Dlle Marie de la Couldraye sa fille demeurant rue St François d´une maison au bas des Lisses proche les poids du roi.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 855
  • A. D. Morbihan 6E 859 : 16 juin 1673 : Procès verbal d´une maison rue St François ayant appartenu à Me Jean de la Couldraye Sr de Kerambon vivant conseiller du roi au présidial et à dame Odette de Tilly son épouse demeurant ordinairement en leur maison de Kerthomas paroisse de Sarzeau, obtenue de la succession de Me Louis de la Couldraye, par Laurent Le Ray et Gilles Michel maçons, Claude Vincent et Jean Philippot charpentiers, Denis Guichet et Jean Phelipot menuisiers, François Le Garro vitrier, Jean Mollay et Pierre Le Pichon terrasseurs, Charles Gaullart serrurier, Julien Capitaine et Julien Tetiot couvreur.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 859
  • A. D. Loire-Atlantique B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de Dlle Marie de la Couldraye femme de Thomas Le Douarain Sr de Chesvoran et une des héritières de défunt Me Louis de la Couldraye Sr de Keramlou vivant conseiller au siège présidial de Vannes et de Dlle Guillemette Thomas ses père et mère d´une maison.

    Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2340
  • A. D. Morbihan 6E 1866 : 12 janvier 1743 : Vente de deux maisons et jardins situés rue Saint-François consentie par la Dlle Kerivilly à monsieur de Montigny seigneur de Kerispert pour la somme de 4300 £.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 1866
  • A. D. Morbihan B 497 : 7 octobre 1761 : requête de François Marie de Montigny chevalier seigneur de Kerispert.

    Archives départementales du Morbihan : B 497
Bibliographie
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 56
Périodiques
  • FRELAUT, Bertrand. Les hôtels du vieux Vannes. Bulletin des amis de Vannes, 1996, n°21.

    p. 57