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L'architecture privée ancienne

Dossier IA56007476 réalisé en 2009

Fiche

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L´architecture ancienne : manoirs et fermes.

Avec près de 4400 unités recensées, l´habitat représente comme ailleurs la majeure partie (85%) du patrimoine bâti. Le nombre de dates portées sur les bâtiments ruraux, près de 500, révèle une propension à dater facilitée par une certaine plasticité du matériau. Les dates qui s´étalent de 1560 à 1955, révèlent comme ailleurs que le 19e siècle (270 dates relevées) correspond à un renouvellement massif et à l´amélioration de l´habitat. Pourtant de remarquables spécimens conservés, des 16e et 17e siècles, semblent correspondre à une période florissante pour l´élite rurale.

Les 43 manoirs et châteaux dont des éléments subsistent, représentent encore 1% des éléments du patrimoine bâti : tous antérieurs au 19e siècle, ils relèvent principalement de deux périodes de construction, la fin de l´époque gothique et le 18e siècle.

Les manoirs

Le nombre de lieux nobles attestés (on en compte 64 en 1536, dont 12 à Kervignac, 11 à Nostang) contraste avec la pauvreté des vestiges manoriaux. Déclassés en fermes dès le 17e siècle, les manoirs conservés sont souvent remaniés ou fragmentaires. Les plus anciens sont la propriété d´hommes d´armes du duc de Bretagne, en charge d´Hennebont (Kermadio en Kervignac, le Val en Landévant). Malgré la disparition de son logis avant la Révolution, ce dernier construit au 15e siècle, fait figure d´exception pour la singularité de sa structure subsistante, un corps de passage distribué par une tour hors-oeuvre ; à Keryargon en Belz, ce corps de passage est aujourd'hui ruiné.

Avant les transformations qui l'ont affecté au 17e siècle, le grand manoir de Kerlutu à Belz représentait un type autrefois fréquent, le logis à salle basse sous charpente. Saint-Georges à Nostang et Kerambourg à Landaul, fortifiés lors des troubles de la Ligue à la fin du 16e siècle, ont conservé quelques vestiges de leur grand logis du 15e siècle très remanié et augmenté aux 17e et 18e siècles. Les doubles portes d´entrée, charretière et piétonne (15e siècle) sont parfois les seuls vestiges visibles de manoirs dont les logis sont recomposés au 17e siècle (Kerlutu et Keryargon à Belz, Kergatorn à Merlevenez).

Avant ses modifications récentes, le petit manoir de Kergaire à Erdeven montrait une structure répandue car modeste de logis à 2 pièces par niveaux, également utilisée en plus développée au manoir de Porh Kerrio à Locoal-Mendon, accompagnée d'une tour postérieure de distribution hors-oeuvre et d'une cuisine en appentis postréieur.

Les fermes anciennes.

Les fermes ou maisons remontant à la fin du 16e siècle et au 17e siècle ont subsisté en raison de leur qualité architecturale, signe d´une période de prospérité. En ceci, la ria d´Étel ne diffère pas du reste de la Bretagne qui connaît alors un temps économiquement faste. On constate une proportion plus importante de fermes anciennes dans le nord du territoire (Landévant, Landaul, Ploemel, Nostang), la partie littorale étant plus touchée par les reconstructions et réaménagements du 19e siècle.

Si parmi ces fermes les plus anciennes, l´habitat mixte est largement prédominant, quelques cas même modestes montrent que la séparation entre hommes et animaux existe dès la fin du 16e siècle : elle peut se matérialiser par la présence de deux portes en façade desservant l´étable (ou la dépendance) et la salle, ainsi que par une cloison en bois ou en pierre (maison de prêtre à Keristès, Ploemel). Dans l´est du territoire, les combles sont souvent desservis par des portes hautes avec escaliers extérieurs en un schéma très répandu en Morbihan.

Plus singulière est la conservation de plusieurs maisons à étage éclairées de larges fenêtres à croisées et appuis moulurés remontant à la fin du 16e siècle ou au début du 17e siècle. Dotées d´une ou deux pièces par niveau, ces maisons de qualité ont souvent perdu leur ancien escalier lors de la transformation de l´étage en grenier ; un petit escalier en vis logé dans l´épaisseur du mur pouvait comme au Lennic (Landévant) desservir la chambre haute. L´absence fréquente de cheminée dans les pièces d´étage conduit cependant à formuler l´hypothèse d´une réutilisation de ces baies ornées lors de réaménagements postérieurs.

Les aménagements intérieurs, souvent de grande qualité se distinguent par des cheminées en granite, armoires murales en plein cintre, rectangulaires ou cloisonnées, couplées à l´évier, qui ont peu à envier aux aménagements des demeures nobles.

Le décor des baies est également remarquable, en particulier à Landévant : épaisse mouluration des arcs en anse de panier, décor géométrique, losangé ou figuratif qui exprime à la fois le désir du propriétaire d´affirmer son aisance, et l´habileté et le goût des maçons sculpteurs. L´ensemble de ces éléments tend à montrer que ces bâtiments, parfois des métairies nobles, sont le fait d´une élite rurale, de prêtres parfois, mais surtout de laboureurs aisés, ainsi que le confirment les recherches menées dans les archives notariales pour Nostang.

Aires d'études Ria d'Etel
Dénominations maison, ferme, manoir
Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Murs granite
Décompte des œuvres repérés 546
étudiés 114

Annexes

  • LE TALLEC, Frédéric. Petite histoire de la paroisse de Sainte-Hélène. Mars 1971.

    Sainte Hélène

    Conseil municipal du 27 juillet 1865.

    "Arrêté relatif aux toitures de chaume

    "Considérant qu'il est urgent de prendre des mesures destinées à prévenir les incendies qui chaque année compromettent la vie et la fortune du citoyen

    considérant que ces incendies n'ont le plus souvent pour cause que le vice de construction des toitures en paille qui se rencontrent dans les plus grands centres de population, arrêtons

    1- défense est faite d'employer le chaume, la paille, les roseaux ou toute autre matière inflammable pour couvrir les bâtiments neufs d'habitation et d'exploitation, sauf les exceptions énoncées ci-après

    2- Il est défendu de renouveler les toitures existantes et d'y faire d'autre réparations que celles de simple entretien, sans autorisation préalable

    3- Toutefois ces défenses ne s'étendent pas aux bâtiments isolés ou éloignés de 100m. de toute habitation

    4- Défense est faite aux couvreurs, maçons et à tous ouvriers d'exécuter les travaux prohibés sous peine de poursuite (...).

  • 20105607828NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 P 195.

    20105601513Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_03/33.

    20105601519Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_05/0A.

    20105601515Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_03/35A.

    20105601518Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_04/4.

    20105601521Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_05/2.

    20105601523Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_05/4A.

    20105601537Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_08/18.

    20105601541Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_08/22.

    20105601532Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_07/13.

    20105601545Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_09/26A.

Références documentaires

Documents figurés
  • A. M. Lorient. 16 Fi 2127. 1ère moitié 20e siècle ? Nostang. Chaumière à Kergoh. Photographie, collection Crolard.