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L'architecture religieuse : les églises, les chapelles, les croix et les fontaines de dévotion (territoire du schéma de cohérence territoriale du Trégor) (en cours d'étude)

Dossier IA22017011 réalisé en 2010

Fiche

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S'approprier socialement le territoire : l’exemple du patrimoine religieux chrétien

Le patrimoine religieux chrétien est omniprésent dans les paysages ruraux de Bretagne : c'est, au même titre que les mégalithes, un marqueur culturel et cultuel. Pour les hommes, c'est une manière de s’approprier socialement le territoire. Son importance en nombre répond aussi à la dispersion de l’habitat rural : dans les paroisses étendues, à l’échelle du village ou du hameau, la chapelle (associée très souvent à une maison de prêtre) remplaçait ainsi l'église pour le culte dominical.

Des fontaines, reprenant bien souvent des cultes païens, mais aussi des calvaires, des églises et chapelles, des croix de chemin ont été érigées le long de la voirie. Si il avait 4000 chapelles en Bretagne avant la Révolution, on estime aujourd'hui leur nombre à environ 2000. Plus de 800 chapelles ont été étudiées par le service de l'Inventaire du patrimoine. Dans certains cas comme à la chapelle des Sept-Saint à Le Vieux Marché ou à Cruz-Moquen à Carnac, c'est un dolmen qui a été christianisé. Il en est de même de nombreux menhirs comme celui de Saint-Uzec à Pleumeur-Bodou classé au titre des Monuments historiques dès 1889.

Avant d'être sacrée, la fontaine est avant tout l'aménagement d'une source ou d'un point d'eau vive par l'homme. Précieux, chaque point d'eau est aménagé et préservé : il peut servir à alimenter une mare ou un abreuvoir pour le bétail ou pour un usage domestique : permettre de puiser l'eau potable et d'alimenter un lavoir situé à proximité. La sédentarisation de l'homme a contribué à fixer un certain nombre de structures existantes. Lieux de sociabilité, objets de rituels et de croyances, les fontaines de dévotion sont attachées à un saint, mais on trouve également des fontaines de protection ou thérapeutiques, leurs eaux soulageant un certain nombre de maladies animales ou humaines... Ces édicules sacrées ou profanes sont le plus souvent datables des 17e, 18e et 19e siècle. Avec le raccordement des fermes au réseau d'adduction d'eau, les fontaines, désormais désaffectées, sont devenues des éléments du patrimoine religieux et culturel de Bretagne.

Dans la religion chrétienne, une croix était obligatoire au milieu du champ des morts. Les croix monumentales participent de l'appropriation du territoire et de sa sacralisation : elles sont souvent à double face : Crucifixion d'un côté (le plus souvent vers l'est) et Vierge à l'enfant ou Pietà de l'autre. Elles servent également de bornes aux paroisses, marquent les hameaux, anciens chemins, croisements et carrefours (Croas Hent).

Dans le seul département du Finistère, 3110 croix et calvaires ont été répertoriés soit une moyenne de quasiment 11 croix ou calvaire par commune. Le littoral et la Basse-Bretagne sont encore plus concernés par ce phénomène. Sur le territoire de la ria d’Étel, à l'échelle de 12 communes, 123 croix, soit près de 5 % des éléments bâtis ont été recensées. Bien sûr, on connaît des exception comme à Plouguerneau où l'on comptabilise 130 croix pour 43,3 km2 soit une densité record avec une croix pour 0,3 km2. A l'échelle de la Bretagne (à cinq départements soit 1491 communes), on peut estimer le nombre de croix et calvaires à plus de 14 000 : on trouve donc, en moyenne, une croix pour 2,4 km2.

Les plus anciennes croix datent du Haut Moyen-Age : ce sont de simples croix monolithes aux branches pattées. Elles sont cependant assez rares. Au 16e et au 17 siècle, les commanditaires appartiennent en majorité à des familles nobles. Au 18e et au 19e siècle, ce sont souvent des paysans aisés qui ont fait élever ces croix près de leur maison à l’exemple des croix de Bazouges-la-Pérouze qui constituent une série homogène et relativement connue grâce à l'Inventaire. Les remontages et remplois d'éléments anciens sont fréquents. Certains ateliers sont plus renommés que d'autres comme celui du maître-sculpteur Roland Doré au 17e siècle (originaire de Landerneau), Yan Larc'hantec (1829-1913) ou Yves Hernot, père et fils de Lannion qui ont œuvré des années 1840 à 1932.

(Guillaume Lécuillier, 2016)

Aires d'étudesSchéma de cohérence territoriale du Trégor
Dénominationséglise paroissiale, église, chapelle, calvaire, croix de cimetière, croix de chemin, croix monumentale
Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Principale : 1er quart 21e siècle
Décompte des œuvres repérés 142
étudiés 142

Annexes

  • La fabrique des églises (Boucher Argis, L’Encyclopédie, 1re éd., 1751; t. 6, p. 350-351)

    "Ce terme pris dans le sens littéral, signifie la construction des églises. On entend aussi par-là les reconstructions et autres réparations quelconques, et généralement toutes les dépenses qui se font, soit pour le bâtiment, soit pour sa décoration, et pour les vases sacrés, livres et ornements qui servent au service divin.

    On entend encore par ce même terme de fabrique, le temporel des églises, consistant, soit en immeubles, ou en revenus ordinaires ou casuels, affectés à l’entretien de l’église et à la célébration du service divin.

    Enfin par le terme de fabrique on entend aussi fort souvent ceux qui ont l’administration du temporel de l’église, lesquels en certaines provinces sont appelés fabriciens, en d’autres marguilliers, luminiers, etc.

    La fabrique est aussi quelquefois prise pour le corps ou assemblée de ceux qui ont cette administration du temporel. Le bureau ou lieu d’assemblée est aussi quelquefois désigné sous le nom de fabrique.

    Dans la primitive église, tous les biens de chaque église étaient en commun ; l’évêque en avait l’intendance et la direction, et ordonnait ; l’évêque en avait l’intendance et la direction, et ordonnait comme il jugeait à propos de l’emploi du temporel, soit pour la fabrique, soit pour la subsistance des ministres de l’église.

    Dans presque tous les lieux les évêques avoient sous eux des économes, qui souvent étaient des prêtres et des diacres, auxquels ils confiaient l’administration du temporel de leur église, dont ces économes leur rendaient compte.

    Ces économes touchaient les revenus de l’église, & avoient soin de pourvoir à ses nécessités, pour lesquelles ils prenaient sur les revenus de l’église ce qui était nécessaire ; en sorte qu’ils faisaient vraiment la fonction de fabriciens" [...].

  • Calvaire

    "Monument formé d'une croix, au pied de laquelle sont debout les personnages de la Passion, au moins la Vierge et saint Jean" (Jean-Marie Pérouse de Montclos).

Références documentaires

Bibliographie
  • DOUARD, Christel - LE BRIS DU REST, Erwan. Architecture et mobilier religieux : église paroissiale Saint-Audoën, Rosnoën, Finistère. Rennes : CRDP de Bretagne, [2000]. 25 fiches + 2 cédéroms. (Itinéraires pédagogiques ; 1). ISBN 2-903-777-24-1.

Périodiques
  • HALGOUET, Hervé. "Les retables de chevet aux 17e et 18e siècles". Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 1947, p. 17-32.

  • SAUREL, Jean. "Les croix en Trégor", Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, 1986.

  • SAUREL, Jean. "Croix en Trégor". Société d'émulation des Côtes d'Armor. Bulletins et mémoires ; Histoire et Archéologie, vol. 115, mai 1987, p. 15-35.

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