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L'influence de Port-Louis et Lorient dans l'architecture

Dossier IA56007470 réalisé en 2009

Fiche

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L´influence urbaine

La construction de châteaux au 18e siècle

La proximité de Lorient et de Port-Louis a provoqué la mise au goût du jour de quelques châteaux, anciens manoirs parfois acquis par des marchands de Port-Louis ou d´Hennebont dès le 17e siècle : à Kerfrézec en Sainte-Hélène, acquis par des marchands de Port-Louis, l'apport de tuffeau dans les ouvertures, la forme des lucarnes, plus que le plan simple à symétrie axiale, sont des indices de la pénétration de modes urbaines.

Le plus spectaculaire est le château de Lannouan en Landévant, propriété de la famille de Perrien depuis 1705, dont la transformation commencée au 18e siècle ne sera achevée que vers 1850. Il appartient à une série de châteaux érigés au 18e siècle autour de Lorient comme Ménéhouarn ou Kerdrého à Plouay. Outre des traits architecturaux qui portent la marque de cette époque, l´utilisation de granite gris et de calcaire pour les baies en arc segmentaire rappelle les hôtels urbains. L´environnement du château consiste en un vaste parc à l´anglaise, dans l´esprit du 18e siècle, exécuté un siècle plus tard.

A Erdeven, le grand logis médiéval du château de Kercadio subit également une refonte complète au 18e siècle par la famille Gouyon de Vaudurand, les seuls vestiges du manoir médiéval étant le pignon et la cheminée est ; la rampe en fer forgé de l'escalier est le seul exemple connu dans le territoire, même s'il est possible qu'il en ait existé au Rongouët (Nostang) et à Kerbalay (Kervignac), deux autres châteaux disparus lors des combats de la Seconde Guerre mondiale qui montraient une belle ordonnance dans des volumes plus restreints : le fronton triangulaire marquant la travée centrale (Kerfrézec, Kerbalay, Kercadio) ou les travées centrales triples (Lannouan) est une constante de ces constructions. Le plan double en profondeur est le plus fréquent (mais pas à Kercadio ni dans le corps central de Lannouan), de même que les façades enduites compartimentées (Lannouan, Le Rongouët, Kerbalay).

Quant à Keravéon (Erdeven), son logis du 18e siècle est détruit à la Révolution et seuls subsistent l´orangerie et le portail. Le nouveau logis reconstruit au début du 19e siècle, simple en profondeur reprend en façade les constantes de l'architecture noble du siècle précédent, tel le fronton triangulaire pour marquer les travées axiales, et le bandeau soulignant l'étage, mais encore le couloir de distribution le long de la façade.

Les fermes au 19e siècle

Dès le début du 19e siècle, suite aux ventes révolutionnaires des biens nationaux achetés par des paysans enrichis, on assiste à la reconstruction de fermes influencées par les modèles urbains. Ceci est particulièrement vrai sur la frange côtière (Erdeven, Merlevenez et Plouhinec), peut-être en raison d´échanges plus aisés, mais également à Kervignac, commune la plus proche de Lorient. A Belz, Landévant et Landaul, les cas similaires se situent à proximité de la rivière (Saint-Cado, fin du 18e siècle, Brangolo, 1822, le Gouhel, 1853). L'influence des modes urbaines est cependant sensible dès la fin dès la fin du 18e siècle à Kervignac plus proche de Lorient : Locadour, ferme datée 1779, maison datée 1787, où se voit l'apparition des trois travées, à l'espacement encore irrégulier, et sans étage carré. Les élévations régulières voire ordonnancées des logis dissimulent la fonction dévolue aux différents espaces ; ainsi, l´espace dédié à l´habitation reste mineur en regard de celui destiné aux animaux et au stockage.

Les rez-de-chaussée sont normalement divisés en deux espaces par un couloir axial limités par des cloisons de bois (Lesteno à Merlevenez, fig.). Les aménagements de la salle n'ont pas changé depuis le 17e siècle, quoique les formes aient été modernisées : la cheminée, souvent à linteau de bois et piédroits droits en granite, les consoles en quart de rond étant soit en bois, soit en granite, occupe le pignon. A proximité un évier monolithe mural, souvent bas, dont l'évacuation se voit toujours sur le mur de façade (Manétro à Kervignac, et surtout Lézévry à Plouhinec où ils sont sculptés d'une tête) ; cet évier est surmonté d'une ou deux étagères en bois ou granite ; l'ensemle constitue la cuisine de la salle. La seconde pièce ne double jamais cette disposition sauf à Lézévry : dans la 1ère ferme, les deux pièces proposent un aménagement identique avec évier dans le mur nord sous une fenêtre, tandis que dans la 2e ferme, cet aménagement se répète dans trois salles successives (propriétaire, fermier, serviteurs ou parents) ; mais les divisions entre les pièces sont en maçonnerie. L´étage plafonné, non cloisonné, bien que dépourvu de porte haute, est utilisé comme grenier et surmonté d´un second, voire d´un troisième grenier. On remarque pourtant un cas de porte haute à Keroman en Kervignac : cette disposition qui obéit à un fort principe de symétrie rend particulièrement malaisé l'usage de cette porte haute placée au dessus de la porte du rez-de-chaussée.

Parfois, les nouveaux logis s´alignent simplement sur les logis-étables anciens, désormais réservés aux animaux (Kergatorn à Merlevenez, Talvern à Landévant, Kergrosse à Erdeven). Dans des exemples plus ambitieux, les parties agricoles sont aussi reconstruites dans le style urbain : les ouvertures de l´étable, semblables à celle du logis, sont souvent en arc segmentaire à l´image des maisons de Port-Louis et Lorient. L´aboutissement de cette évolution est atteint lorsque les élévations du logis et de l´écurie-étable sont identiques (Lézévry à Plouhinec, Kerdrain à Sainte-Hélène, Le Gouhel à Landaul).

Aires d'étudesRia d'Etel
Dénominationsmaison, ferme, château, église, pont
Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Mursgranite
Décompte des œuvres repérés 26
étudiés 26