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La "Chapellenie Saint-Yves" (Minihy-Tréguier)

Dossier IA22133379 inclus dans Bourg de Minihy-Tréguier réalisé en 2018

Fiche

Œuvres contenues

Encouragées par les propriétaires de la "Chapellenie de Saint-Yves", monsieur et madame Clément depuis bientôt près de trente ans, les connaissances historiques et archéologiques autour de cette demeure ecclésiastique se sont considérablement étoffées ces dernières années. L’organisation du congrès annuel de la Société d’histoire et d’Archéologie de Bretagne en septembre 2017 à Tréguier a été l’occasion pour les historiens d’étudier avec minutie la chapelle Saint-Yves et la Chapellenie. Thierry Hamon1 s’est ainsi penché sur les archives dont le célèbre testament de saint Yves tandis que Geneviève Le Louarn-Plessis2 s’est livrée à un exercice d’archéologie du bâti croisant observations in situ et analyse de la documentation. La redécouverte des armoiries de Yves Le Du - sur les cheminées de la Chapellenie mais aussi, dans la chapelle Saint-Yves sur les clés de voûte et un bénitier - est l’œuvre conjointe de Marie-Yvonne Gallais3 et de Thierry Hamon. Enfin, l’étude dendrochronologique menée par le laboratoire Dendrotech est venue confirmer, en partie du moins, les datations proposées par les historiens.

Armoiries, sources archivistiques et données dendrochronologiques ont ainsi permis de dater avec certitude la Chapellenie des années 1441-1443. Des éléments architectoniques d’un bâtiment antérieur datable stylistiquement de la seconde moitié du 14e siècle, comme les deux portes en arc brisé du mur de refend, semblent avoir été remployés lors la reconstruction du logis au 15e siècle.

Les photographies de 1973 et de 1974 du pré-inventaire de Minihy-Tréguier conduit par Nicole Chouteau et Viviane Maillen (assistées de Didier Richard, photographe) ont été intégrées au dossier d’Inventaire du patrimoine. Ces photographies sont aussi l’occasion d’observer l’évolution du bâti à plus de quarante année d’intervalle et de mesurer la qualité de la restauration.

1Thierry Hamon, docteur en droit, maître de conférences en histoire du droit à l’Université de Rennes 1.2Geneviève Le Louarn-Plessis, ancienne conservatrice générale du patrimoine. Elle est déléguée départementale des Côtes-d'Armor pour la Fondation du patrimoine.3Marie-Yvonne Gallais, enseignante et conseillère municipale de la commune de Minihy-Tréguier, déléguée au patrimoine.
AppellationsChapellenie Saint-Yves, Maison du chapelain
Destinationsmaison
Dénominationsdépendance, demeure
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
AdresseCommune : Minihy-Tréguier
Lieu-dit : Adresse : 8 rue du Bourg

La "Chapellenie Saint­-Yves" est une demeure ecclésiastique destinée à loger le chapelain de la chapellenie fondée en 1293 par Yves Hélory. La Chapellenie est désignée dans le testament de Yves Hélory écrit le 2 août 1297 comme la "maison adjacente" à la chapelle.

Armoiries, sources archivistiques et données dendrochronologiques (étude du Laboratoire Dendrotech en 2017) ont permis de dater l’actuel logis des années 1441-1443. Cette reconstruction - financée par une rente prélevée sur les offrandes et versée par le chapitre - est en effet due au chapelain Yves Le Du (alias Yvo Nigri en latin) qui blasonne "de sable à la fasce d’argent accompagnée de trois coquilles de même" sur trois des quatre cheminées que compte le logis. Selon un procès-verbal de 1601 lié à une querelle de prééminences entre les chanoines de Tréguier et les détenteurs de la seigneurie de Kermartin, ces armoiries surmontaient aussi la porte piétonne de l’entrée de la Chapellenie, tandis que l’arc de la porte charretière portait les armes de Kermartin. Dans la chapelle, on retrouvait aussi les armoiries du chapelain Le Du sur les clés de voûte mais aussi, sur le bénitier de la porte sud donnant sur la Chapellenie. Les travaux de reconstruction de la Chapellenie sont concomitants de la reconstruction de la chapelle Saint-Yves mais aussi, de la construction du cloître de la cathédrale Saint-Tugdual lancée sous l’épiscopat de Jean de Ploeuc (1442-1453).

Quelques éléments architectoniques comme la porte principale (sans son archivolte), les deux étroites portes en arc brisé du mur de refend et une petite baie en arc brisé actuellement orientée vers la chapelle au nord pourraient cependant avoir été empruntés à un édifice datable stylistiquement de la seconde moitié du 14e siècle.

La métairie semble également datable du milieu du 15e siècle : côté sud, fenêtres étroites à traverse (traverses disparues) et fenêtre étroite à meneau vertical ; côté nord, une porte basse en arc brisé et à l’étage une fenêtre à encadrement en bois finement mouluré et son linteau surbaissé orné d’une accolade.

La porte de "l’appartement" accosté au nord du logis semble contemporaine de la double porte monumentale et du mur de clôture vraisemblablement datables de la fin du 15e ou du début du 16e siècle.

Dans la façade nord, face à la chapelle Saint-Yves a été aménagé - probablement au début du 19e siècle - une boutique identifiable à son étal en pierre. Les nombreux pèlerins pouvaient trouver ici un souvenir de leur passage en ce lieu saint.

Dès 1768, la Chapellenie était louée à une certaine "Marie-Philippe". En 1770, la Chapellenie est finalement supprimée et unie au collège de Tréguier. Déclassée en exploitation agricole, la demeure est louée en 1774 à Gabriel Le Filoux et à Jeanne Le Troadec. En 1783, ce sont Pierre Loyer et Anne Le Caër (mariés en 1763) qui loue la Chapellenie avec l’obligation de nourrir les pigeons en hiver.

La demeure ecclésiastique est déclarée "bien national" à la révolution. En 1790, la mairie de Minihy-Tréguier s’installe "en l’une des chambres de la Chapellenie" (AD 22, 20 G 253, 21 février 1790, source citée par Christian Kermoal dans "Les notables du Trégor : Éveil de la culture politique et évolution dans les paroisses rurales (1770-1850)"). Le citoyen Louis-Marie Cabanac, époux de Angélique Yvonne Jacquette Dumont, achète la demeure en octobre 1795 pour la louer.

Percée dans l’élévation sud, la fenêtre ouest est "récente" tout en étant antérieure à 1973. A cet emplacement était accolé un bâtiment plus bas, filant vers le sud, dont subsiste la trace du toit. De même, un bâtiment à usage de dépendance - couverte en appentis en tuile plate - était accolé au mur de clôture est (ce bâtiment dont la construction est postérieure à l’établissement du cadastre en 1835 est visible sur les photographies de 1973).

D’un point de vue architectural, cette demeure s’apparente à un logis manorial dont elle reprend quelques-unes des caractéristiques comme la cour fermée par un mur de clôture à l'est flanqué de deux tourelles (dont l’une est couverte en poivrière), percé d’une porte charretière et d’une porte piétonne. La hauteur importante du mur permet de magnifier la porte charretière. La Chapellenie est également dotée d’une métairie, d’un puits, d’un colombier et d’un jardin clos planté d’arbres fruitiers (pommiers, poiriers, prunier et figuier recensés en 1794).

Période(s)Principale : 2e moitié 14e siècle , (?)
Principale : 2e quart 15e siècle , daté par source, datation par dendrochronologie
Secondaire : 4e quart 15e siècle, 1er quart 16e siècle , (?)
Secondaire : 19e siècle, 20e siècle
Dates1293, daté par source
1441, daté par source
1442, daté par source
1443, daté par source
1441, datation par dendrochronologie
Auteur(s)Personnalité : Hélory de Kermartin Yves , dit(e)
Yves Hélory de Kermartin , dit(e) (17 octobre 1253 - 19 mai 1303
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personnage célèbre, commanditaire, donateur attribution par source, attribution par tradition orale

La Chapellenie et sa métairie sont implantées parallèlement à la chapelle Saint-Yves et immédiatement au sud. Ces bâtiments sont ainsi orientés vers le sud-est et profite d’un ensoleillement maximum tout en étant protégés des vents d’ouest.

La demeure est élevée en moellon "schisteux" de taille différente d’origine proximale à l’exception de l’entourage des ouvertures (portes moulurée et fenêtres à encadrement en cavet), des chainages d’angles et des rampants du pignon oriental en granite de l’île Grande à Trébeurden. Au centre de la façade principale a été aménagée une porte monumentale en arc brisé moulurée surmontée d’une archivolte en légère accolade. Au-dessus de cette porte, une petite niche abrite une statue géminée en "tuffeau vert" (identifiée comme saint François d'Assise et une sainte femme encapuchonnée). A l’origine, il s’agissait probablement d’un "placard à armoiries" sans doute, celles du commanditaire Yves Le Du. Les fenêtres ont perdu leur traverse ; deux fenêtres du rez-de-chaussée disposent d’un petit arc de décharge au-dessus du linteau.

D’une surface approximative de 160 mètres carrés (20 x 8 mètres environ), le logis comprend à l’origine deux pièces au rez-de-chaussée. Situé à l’est, la "salle basse" est reconnaissable à sa porte monumentale et à sa cheminée en granite à hotte oblique (à l’origine, dotée d’étagères latérales comme on peut le voir sur la photographie de 1973), ornée par des armoiries identifiées comme étant celles du chapelain Yves Le Du. Cette pièce commande les portes de l’escalier en vis assurant la distribution verticale et de l’escalier de la cave (cave aujourd’hui remblayée) mais aussi, la porte de la cuisine (porte de faible largeur en arc brisé) et la porte d’une autre pièce (porte également en arc brisé mais plus large). Cette pièce était à l’origine isolée de la cuisine par une cloison (fonction de cellier avancée par déduction, du fait de la proximité des portes et de la présence d’un jour en façade principale). Une seconde porte - en arc surbaissé - a été percée ultérieurement dans la façade principale afin de distribuer directement la cuisine. La cuisine comprend une cheminée en granite, un vaisselier avec un évier en partie basse et un passe-plat donnant sur l’escalier en vis afin de desservir les pièces de l’étage.

L’escalier en vis à marche monolithe en granite se poursuivait au niveau du premier étage par un escalier en bois (disparu). A l’origine, l’étage de comble n’existait probablement pas : il s’agissait certainement au 15e siècle de salles hautes sous charpente. Le premier étage comprend trois pièces et un "cabinet" dont deux chambres dotées chacune d’une cheminée à manteau de bois ornée d’armoiries et disposant chacune, au sud, d’une fenêtre à deux coussièges (bancs de hauteur différente) et au nord, d’une fenêtre plus étroite à coussiège unique. Une galerie en encorbellement – représentée en 1937 par Henri Frotier de La Messelière - permettait de relier la chambre haute orientale et la tourelle nord qui était alors sans doute à usage de latrines.

Mursschiste moellon
Toitardoise
Plansplan rectangulaire régulier
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
pignon découvert
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour en maçonnerie
États conservationsbon état, restauré
Techniquessculpture
Précision représentations

Famille Le Du : "de sable à la fasce d’argent accompagnée de trois coquilles de même".

Mesuresl : 20.0 m
la : 8.0 m
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquableslogis
Précisions sur la protection

Aucune protection.

Annexes

  • "Minihy-Tréguier, la Chapellenie" par Geneviève Le Louarn-Plessix, 2018

    Au terme d’une recherche opiniâtre des textes d’archives, Thierry Hamon a permis d’ordonner dans le temps et l’espace autant la famille de Kermartin avec sa figure la plus renommée, Yves, que son œuvre locale, la fondation d’une chapellenie. Grâce à ce précieux corpus de textes, la consistance, comme les fonctions, d’un tel établissement ont pu être étudiées et l’analyse fine de ces textes permet, en outre, de décrypter les caractères architecturaux et historiques de l’édifice dénommé "la Chapellenie" et plus encore de leur donner un sens1.

    Le lieu et son histoire

    La première mention d’une maison apparaît dans le testament d’Yves par lequel il fait des donations : "pour assurer à perpétuité la chapelle […] avec la maison y adjacente que j’ai édifiée de mes propres deniers, de mes économies […]". On y apprend que la fondation de la chapelle fut faite en 1293.

    Dès lors deux questions se posent : la "maison adjacente" peut-elle être assimilée au lieu, dit aujourd’hui la Chapellenie ? Et, dans l’affirmative, pourrait-il y subsister quelque vestige du bâtiment évoqué en 1297 ?

    L’ordonnance de l’évêque de Tréguier Matthieu Roedere datée du 12 janvier 14182 concerne une augmentation des revenus du bénéfice. Cette augmentation est justifiée par des travaux importants que le chapelain va devoir entreprendre pour réparer et rétablir les bâtiments "adjacents à la chapelle" qui "sont en bien triste état", alors même que l’on procède à des travaux à l’ancienne chapelle3. Il est décrit une maison et le jardin qui doivent être réparés dans les trois ans.

    Vingt-cinq années plus tard, le 15 novembre 14434, une transaction entre le chapelain de Saint-Yves de Kermartin et le chapitre de Tréguier, confirme le versement au chapelain d’une nouvelle rente, correspondant au quart des offrandes, en raison des "constructions et réparations" faites par ledit chapelain. Ce texte est essentiel sur plusieurs points :

    - les termes utilisés sont catastrophiques : il est question d’édification et réparation des maisons et des jardins du manoir de ladite chapelle "faites suite à leur total écroulement et ruine arrivés du temps des prédécesseurs" ;

    - cette description suggère ou démontre que les travaux déjà nécessaires en 1418 n’ont pas été faits ; elle montre a contrario qu’en 1443, le travail est réalisé ;

    - la qualification comme la composition du lieu sont très précises : des maisons "notables", les jardins du "manoir5" ;

    - le nom de chapelain "capellanus" et, partant, de chapellenie, est reconnu ;

    - l’auteur des travaux qui viennent d’être réalisés est le chapelain en poste "Yvo Nigri6" ;

    - et, enfin, information capitale : la reconstruction et les réparations de la chapellenie ont été exécutées entre 14417 et 1443.

    Il y a encore deux ans, la chapellenie était une énigme historique, elle est aujourd’hui grâce à la documentation archivistique rassemblée presqu'une évidence. Et ce, d’autant plus certifiée que les armes de la famille Le Du sont portées sur les manteaux de trois cheminées (grande salle du rez-de-chaussée et deux chambres de l’étage) : de sable à la fasce d’argent accompagnée de trois coquilles de même8, identifiées dans l’armorial de Pol de Courcy9 comme les armes de la famille Le Du, seigneur de Kerinou et autres fiefs en Troguéry, Pleubian et Trédarzec.

    Pour conforter par la science contemporaine les textes d’archives et les observations, les propriétaires ont fait procéder en mars 2017 à une étude dendrochronologique des bois anciens10. Malgré le nombre (dix-neuf) des prélèvements effectués, seuls huit ont pu être datés en raison du jeune âge des arbres concernés, de leur forte croissance radiale, des nombreux accidents de croissance et plus encore de leur refente lors de la mise en oeuvre (linteaux de cheminées de l’étage par exemple). Les prélèvements ont été opérés principalement sur des linteaux et arrière-linteaux des baies situées au rez-de-chaussée du corps principal : grande salle, "cuisine" et tourelle escalier.

    Ces huit prélèvements confirment que les bois utilisés pour confectionner ces linteaux ont été abattus entre 1411 au plus bas et 1461 au plus haut, la "moyenne" s’établissant en 1435 et 1441.

    La phase d’abattage est donc tout à fait cohérente avec les informations archivistiques. On admet aujourd’hui, après quelques dizaines d’années d’études de dendrochronologie que la mise en œuvre architecturale, y compris de bois dits "verts", c’est-à-dire fraîchement abattus, était quasi immédiate.

    Malheureusement, les prélèvements effectués sur l’arrière-linteau de la porte piétonne du portail n’ont fourni aucune datation valable. Et aucun prélèvement n’a été possible sur l’encadrement de la baie de la métairie, ni sur l’arrière-linteau de la porte du colombier.

    Les textes de l’époque moderne, et notamment le procès-verbal des "maisons, cours, colombier, jardin et enclos appartenant à la chapelainie Saint-Yves près Tréguier" dressé, avant la vente comme bien national à partir du 21 messidor an II11, apportent des informations précieuses pour comprendre les fonctions des pièces à ce moment, même si le bien est affermé depuis deux ans à un cultivateur.

    Le lieu et son architecture

    Du point de vue de la composition d’ensemble, même s’il ne s’agit pas d’un manoir - pour autant que l’acception du mot lie le lieu à une tenue noble -, la demeure ecclésiastique de la chapellenie présente des dispositions qui s’en approchent. Elle se signale par ses dimensions, sa clôture, son portail d’accès, les éléments architecturaux sculptés, son espace intérieur, son escalier en vis, ses dépendances, ses jardins et son colombier. Le logis ouvre sur une cour anciennement pavée. Cette cour est au centre de l’ordonnance du lieu : elle est close de hauts murs ; celui de l’est bordant le chemin et butant au nord et sud sur deux tourelles est ouvert d’un imposant portail. Au nord, la cour est bordée du logis, lui-même aspecté au midi. La métairie ferme la cour au sud et longe un jardin, "Prat en Couldry12", où est construit un très grand colombier que l’Inventaire date du 15e ou 16e siècle. Un puits percé dans le mur complète cet ensemble. Le texte de 1794 mentionne un four ruiné au sud du "hangar" de la métairie, près du chemin.

    Précisons que ce chemin, qui borde la chapellenie et qui dévale au sud tout droit vers le Jaudy, porte le joli nom de "chemin du bateau de saint Yves". Ceci traduirait il l’existence d’un pont de bateaux ? Ou bien garde-t-il la mémoire d’un bateau appartenant au sieur de Kermartin abrité dans le minuscule havre que dessine le Jaudy à cet endroit ?

    Par sa composition d’ensemble, la chapellenie est donc un domaine qui peut s’auto-suffire.

    Le mur de clôture, à base moulurée, est exceptionnellement haut et est postérieur à la tourelle nord où il vient malhabilement jouxter la petite fenêtre de l’étage (sa toiture conique a été restituée en 2014). Le portail est composé d’une porte piétonne et d’une porte charretière, elle aussi de proportions imposantes comme au château de La Roche-Jagu13. Par les modénatures des moulurations, elles paraissent plus tardives que la porte du logis et pourraient dater de la fin du 15e ou du début du 16e siècle14. Dans ces conditions, le silence des courbes dendrochronologiques15 est d’autant plus regrettable.

    Ce haut mur de clôture traduit à l’évidence une volonté d’isoler la chapellenie du monde extérieur : ici, le mot clôture pourrait prendre son vrai sens religieux.

    La métairie, contemporaine de l’ensemble, est remarquable par l’encadrement de la fenêtre de l’étage que d’aucuns ont apparenté à un style anglais, ce qui n’est pas faux. En façade sud, ce bâtiment, bien que très transformé, présente encore des dispositions très anciennes et notamment une petite baie rectangulaire à cavet et meneau vertical de profil triangulaire.

    L’étude du logis retiendra l’attention car il recèle, à l’évidence, les données archéologiques qui, confrontées aux textes susmentionnés, permettent une lecture argumentée capitale pour la compréhension du lieu. Cependant, les nombreuses lacunes de datation ne permettent pas de lever toutes les interrogations16.

    De plan binaire, simple en profondeur, ce corps de bâtiment est composé de deux pièces au rez-de-chaussée dont le "rénable" de 1794 permet d’identifier les fonctions au 15e siècle, probablement identiques à celles du 18e siècle.

    Une cuisine se trouve à l’ouest sur cave (que trahit encore un soupirail). La porte en pl17ein-cintre (17e siècle ?) a été percée plus tard pour plus d’aisance de desserte de cet espace de service. La cave a été comblée lors de travaux des années 1990.

    Une grande salle basse marquée en façade par la porte d’honneur, au décor que l’on peut qualifier de "monumental", avec son archivolte à usage de larmier en légère accolade. Elle repose sur des culots dont la sculpture est très érodée (certaines lumières laissent percevoir des têtes joufflues d’angelots... plutôt que des feuillages). Cette archivolte est surmontée d’une niche destinée à recevoir un élément non identifié18.

    Dans le détail, l’ébrasement de cette porte pose question : les deux gros tores moulurés réunis en sifflet à la base sont des détails architecturaux du début du 14e siècle19. Les différences de matériaux, l’impression de "placage" de l’archivolte sur l’arc plaideraient pour une reprise de ce décor lors des travaux de 1441-1443 sur une ouverture antérieure. On doit remarquer ici que les fenêtres ont été modifiées à une date inconnue : toutes les traverses, dont toutes les mesures sont identiques (0,12 mètre d’épaisseur), ont été sectionnées. En 1794, elles existaient encore car le procès-verbal décrit "des châssis dormants avec des volets surmontés de châssis hauts à vitraux à plombs". Tout ceci est caractéristique des ouvertures du début du 15e siècle telles qu’on les observe sur les peintures flamandes de cette époque20.

    Ces fenêtres sont, comme il se doit à l’époque, à encadrement à cavet sur les piédroits, les linteaux et les appuis. Ces modèles sont déployés à Tréguier comme au château de La Roche-Jagu (vers 1405). Le linteau de la fenêtre orientale de la grande salle esquisse une infime accolade, alors que la fenêtre ouest est sans doute postérieure (sans trace de traverse). La fenêtre ancienne de la cuisine conserve sa grille. La plupart ont des coussièges.

    La différence de niveau des fenêtres entre les parties est et ouest de cette façade s’explique par une différence de niveau des planchers intérieurs de près de 0,40 mètre, le tout déterminé par la distribution décalée d’un escalier en vis.

    Les charpentes et couverture ont été refaites après 1770 et postérieurement (date inconnue au 20e siècle), avec modification de la pente. Un document d’archives de176821, mentionne que les bâtiments sont couverts de gleds (chaume mêlé de bruyère, d’ajoncs ou genets). Ceci explique la forme du rampant avec la chevronnière du pignon Est. En revanche, le décalage du faitage est une création récente.

    Cette façade présentait une originalité : une coursière-galerie en encorbellement,mentionnée dans le procès-verbal de 1794 en terme de "suspend" permettant la jonction de circulation entre la salle haute de l’étage avec la tourelle nord. Elle était, à cette date, construite en bois, à deux fenêtres, sans fermeture et couverte d’ardoises. Sa datation est indéterminée cependant l’ébrasement chanfreiné de la porte de la tourelle à laquelle elle conduit plaide pour un aménagement concomitant avec les travaux du 15e siècle. Des traces d’arrachement sont encore visibles de manière ténue dans le mur22. Ne pourrait-on estimer que cette coursière permettait l’accès à des latrines contenues dans la tourelle ?

    Enfin, le minuscule corps de bâtiment adossé à l’est du grand logis, surtout visible depuis la façade nord s’ouvre, sur cette façade, par une porte que l’on peut dater du début du 16e siècle. Cet espace est désigné dans le procès-verbal de 1794 sous le terme d’"appartement". Il abritait un escalier desservant l’étage ayant deux fenêtres (nord et est) et une cheminée sur le mur est (la place de l’âtre est encore visible dans le mur). Aucune liaison n’était possible, à l’origine, avec la tourelle nord ni avec le logis du chapelain. De l’organisation du lieu, des éléments de confort de l’étage, on est tenté de déduire, à l’instar de quelques exemples dans des chapelles rurales, que cet "appartement" pouvait servir de logement commode pour un officiant ayant à faire à la chapelle. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une sacristie, laquelle est un lieu sacré où sont déposés vases et vêtements liturgiques. Il ne s’agit pas non plus d’un presbytère car on sait que jusqu’au concordat de 1801, la chapelle Saint-Yves n’a pas le statut d’église paroissiale ; la ville de Tréguier et son Minihy ne formant encore qu’une seule cure et paroisse, desservie dans la cathédrale elle-même, pour les baptêmes et les mariages.

    Cependant, à la fin du 16e siècle, et notamment pour les enterrements, un vicaire est spécifiquement affecté à une portion déterminée du territoire23. Au surplus,Thierry Hamon nous apprend que, dès le milieu du 16e siècle, les chapelains en titre rémunèrent un prêtre dont le devoir est de célébrer la messe quotidienne à leur place. Tous ces éléments plaident pour que cet "appartement", seulement ouvert vers la chapelle, ait servi d’annexe indispensable au confort du service religieux,voire de logement permanent pour le prêtre remplaçant24 et peut-être un dépôt du trésor de la chapelle. La parfaite distinction des espaces traduit la forte séparation des deux charges : de chapelain obligé à une messe quotidienne à l’église et de prêtre assurant un service occasionnel. Mais elle traduit aussi la tolérance entre les deux fonctions somme toute exercées dans la même église !

    L’adossement de ce corps de bâtiment au logis est très explicite en façade nord ; il est beaucoup plus mince sur la façade opposée où l’étude des maçonneries montre une nouvelle fois une antériorité de la tourelle. Sur cette même façade Nord, une baie murée en plein-cintre, à claveaux et étal, peut signaler une ancienne boutique (?) aménagée au 18e siècle. Il faudrait donc que la grande salle ait été transformée en lieu de vente pour les pèlerins25.

    À l’étage, un petit jour à linteau délardé en arc brisé est un témoin très ancien.

    La distribution intérieure comprend au rez-de-chaussée :

    - la cuisine à l’ouest avec cheminée, placard mural avec évier (dont l’évacuation est visible sur la façade nord), cheminée engagée à consoles et faux-manteau de granite, comme les étagères latérales26 et les coussièges. Cette cuisine ouvre sur la grande salle par deux portes en arc brisé géminées qui pourraient bien subsister du premier édifice. Elles sont totalement différentes, par leurs formes, de celle de l’étage. L’une d’elles (au nord) a été modifiée lors de la construction de l’escalier. Le procès-verbal de 1794 mentionne que l’une était murée.

    - la vaste salle, à l’est, de belles proportions, contient une imposante cheminée engagée en granite dont les étagères latérales ont été malencontreusement ôtées lors des travaux, il y a vingt-cinq ans. Son manteau est sculpté des armes d’Yves Le Du27. En 1794, le sol était en terre battue avec de nombreux "trous". Il n’existe plus, ou il n’a pas existé, de coussiège.

    - il existait en 1794, un vestibule construit en "colombage" (pan de bois).

    Selon la mode de l’époque dans les manoirs, cette salle commande la distribution verticale, c’est-à-dire que la tourelle d’escalier dans œuvre ouvre dans cet espace. L’escalier de granite de 1,05 mètre de rayon, à marches portant noyau, dessert l’étage. Un escalier de bois dont le noyau était inséré dans la cavité de la dernière marche desservait l’étage de comble. L’ancienne desserte de la cave n’est pas connue.

    Un passe-plat est aménagé entre la cuisine et l’escalier (pour desservir la ou les chambres). Ce souci d’intimité traduit le désir des usagers de l’étage de réserver leur "privé", alors que la grande salle peut accueillir un grand nombre de gens : pèlerins ? ou visiteurs ? L’escalier est éclairé de deux jours visibles sur la façade nord.

    Si on se réfère à l’ouvrage Le manoir en Bretagne28, une telle organisation traduit une vie simple, différente de la vie aristocratique, publique, qui se déploie dans la salle basse et impose généralement un éloignement de l’escalier.

    La distribution de l’étage est identique : deux chambres à feu et une troisième, sans feu, au milieu29, plus un cabinet au nord. Les deux chambres ont des cheminées adossées à piédroits et consoles de granite à moulures identiques à celles de premier niveau et linteaux de bois sculptés des armes d’Yves le Du. Le profil des consoles de granite, les tablettes latérales, la moulure en retour sur les linteaux de bois sont caractéristiques du 15e siècle30. Ces chambres sont toutes deux éclairées pas des fenêtres à coussièges de granite. Au sud, les fenêtres ont deux vantaux et deux coussièges, celles du nord ont un vantail et un seul coussiège. Les axes décalés de ces fenêtres nord et sud sont aussi caractéristiques du 15e siècle.

    Les encadrements des portes rectangulaires du repos d’escalier à léger cavet sont identiques à ceux des fenêtres de 1443.

    Les niveaux des deux chambres sont différents de près de 0,40 mètre mais les niveaux de la chambre est et de la tourelle sont identiques.

    Les latrines pouvaient être logées dans la tourelle pour la grande chambre et en hors-oeuvre, sur pignon ouest pour la petite chambre, ce qui expliquerait les traces de reprise dans la maçonnerie du pignon ouest.

    Au terme de l’analyse, la Chapellenie de Minihy-Tréguier apparaît comme un exemple topique d’une demeure ecclésiastique séculière. Elle est composée d’un logis, dit "maison notable", et de tous les attributs de la demeure aristocratique, sans en avoir les contraintes.

    Le croisement de l’analyse des sources archivistiques et de l’analyse architecturale a permis d’étayer valablement de nombreuses hypothèses sur l’histoire, les formes et les fonctions de cette demeure.

    Le logis actuel résulte assurément, dans sa globalité, des travaux conduits par le chapelain Yves Le Du (alias Nigri) entre 1441-1443. En dehors de la terre manoriale,en dehors de la seigneurie, la Chapellenie adopte tous les attributs architecturaux de la demeure aristocratique rurale du 15e siècle, comme un manifeste diplomatique aux portes de la cité épiscopale.

    N’aurait-on pas, alors, conservé des éléments de "qualité" subsistant d’un édifice antérieur, comme les baies intérieures du rez-de-chaussée et la porte "d’honneur" dont les caractères stylistiques les signalent du début du 14e siècle ? Cela signifierait que la "maison édifiée des propres deniers" d’Yves de Kermartin ait fait encore l’objet d’importants travaux après sa mort pour un achèvement de la demeure...

    (Geneviève Le Louarn-Plessix, 2018).

    1Toutes les références archivistiques sont le fruit des recherches de Thierry Hamon, docteur en droit, maître de conférences en histoire du droit, Université de Rennes 1.2Sous réserve de découvertes futures, les archives sont muettes jusqu’à cette date, Arch. dép., Côtesd’Armor, 2 G 473.3Cf. l’article de Jean-Jacques Rioult dans le présent volume.4Arch. dép., Côtes-d’Armor, 2 G 473.5"Maison notable" est une acception peu usitée en Bretagne. Sur la question du "manoir", voir : Mignot, Claude, Chatenet, Monique (dir.), Le manoir en Bretagne 1380-1600, Paris, Imprimerie nationale/Inventaire général, coll. "Cahiers de l’Inventaire", 1993.6Grâce à la perspicacité de deux locuteurs bretons, Thierry Hamon et Mme Gallais, cet Yvo Nigri (latin) a pu être identifié comme Yves Le Du (breton), (Le Noir en français), chapelain en poste depuis 1441.7Thierry Hamon précise que son prédécesseur, Jacques Kernegues, a été pourvu de son bénéfice le 25 juin 1440.8Une peinture (non datée) des armoiries portées sur le manteau de la cheminée du rez-de-chaussée a muté l’argent de la fasce en or, et a ajouté trois barres de gueule. Ces armoiries ne peuvent être identifiées.9Potier de Courcy, Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, Rennes, 1890, t. I, p. 349.10Le Digol, Yannick, Laboratoire Dendrotech à Betton (Ille-et-Vilaine), Rapport, 28 pages.11Arch. dép. Côtes-d’Armor 1 Q 1/28, 9 juillet 1794 Il s’agit d’un "rénable" : "Raisnable, resnable : compte final" (Godefroy, Frédéric, Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle, Paris, 1881), on dirait aujourd’hui "mémoire définitif". Le mot renabl est passé en breton dans le sens d’inventaire.12Arch. dép. Côtes-d’Armor, D 2, bail de 1768.13Un procès-verbal dressé en 1601 (Mémoires de la Société archéologique des Côtes-du-Nord, 2e série, t. 2, 1886, p. 50-60, ici p. 57) indique : "nous a esté monstré, au-dessus de la grande porte de la court de ladite maison, ung écusson en bocze (bosse) en la pierre, des pleines armes de ladicte maison de Kermartin ; et au-dessus de la petite porte, les armes de maistre Yves Nigry". Cette description, effectuée dans le cadre d’un contentieux judiciaire, pose question car le mur de clôture au-dessus de la porte piétonne ne porte aujourd’hui nulle trace d’emplacement de blason et ne présente aucune trace de reprise de la maçonnerie.14Cette incohérence des datations aggrave l’incertitude à propos des armoiries.15"Bien qu’ayant fourni une série relativement longue (59 ans), le linteau de la porte piétonnière du portail d’entrée n’a fourni aucune proposition de datation viable", Le Digol, Yannick, op. cit.16L’arrière-linteau de la fenêtre ouest de la "cuisine" n’a fourni aucune datation. En revanche, les arrière-linteaux du revers de l’escalier sont riches en datations.17La porte d’accès depuis la chambre de l’étage n’existe plus, ce qui interdit de confirmer la datation proposée.18D’aucuns estiment que le petit socle vertical en retour de moulure serait un support de statuette, comme aujourd’hui. On peut aussi défendre l’intégration d’un blason (aux armes d’Yves Nigri ?), cette disposition étant coutumière dans les manoirs bretons, d’autant que cet Y. Nigri manifeste une inclination évidente à apposer ses armoiries sur l’édifice qu’il concourt à réparer.19Cf entre autres, Le Louarn-Plessix, Geneviève, "Plouha, chapelle de Kermaria an Iskuit", Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. xci, 2013, p. 569-588.20Citons pour exemple patent l’Annonciation de 1428 dans le panneau central du retable de Mérode exécuté par Campin et exposé aux Cloisters de New York. Le "vieil évêché" de Tréguier présente les mêmes dispositions avec les mêmes proportions.21Arch. dép. Côtes-d’Armor, D 2, 25 mai 1768, bail à ferme des biens de la chapellenie : manoir principal et ses dépendances, les terres "Prat en couldry" et colombier y étant, un grand jardin.22Le dessin de Frottier de la Messelière dressé le 2 août 1937 est très précis sur ce point, comme celui de Mathurin Méheut exécuté la même année.23Voir sur ce point le texte de Thierry Hamon.24On peut se demander, dans ce cas, par qui et comment était occupé le logis du chapelain. Cependant, l’exclusion du "petit cabinet" du rez-de-chaussée du bail du 29 septembre 1806 pourrait bien garder la mémoire de cette distinction d’espace et d’usage.25Jean-Jacques Rioult a signalé qu’une telle boutique, qui passe à tort aujourd’hui pour un ossuaire, existe devant la chapelle Sainte-Barbe au Faouët (Morbihan).26Mignot, Claude, Chatenet, Monique (dir.), Le manoir en Bretagne…, op. cit., p. 177.27Grâce à la perspicacité de deux locuteurs bretons, Thierry Hamon et Mme Gallais, cet Yvo Nigri (latin) a pu être identifié comme Yves Le Du (breton), (Le Noir en français), chapelain en poste depuis 1441.28Mignot, Claude, Chatenet, Monique (dir.), Le manoir en Bretagne…, op. cit., p. 94 sq.29Selon la description du procès-verbal de 1794, la cloison est en "colombage" comme le vestibule du rez-de-chaussée. Cette chambre a peut-être été aménagée postérieurement.30Le bois refendu de ces linteaux n’a pas permis de datation.
  • La "Chapelainie [sic] de Saint-Yves" d'après les états de section du cadastre de 1835

    Selon les états de section du cadastre de 1835, la "Chapelainie [sic] de Saint-Yves" appartient à "Cabanac, la veuve" habitant à Tréguier. Les parcelles sont désignées comme "chapelainie [sic] de Saint-Yves", "parc ar Houldry [champ du colombier], labour" (n° 710), "Le colombier, bâtiment" (n° 711), "jardin" (n° 712), "maison" (n° 713), "maison et cour" (n° 714), "maison et cour" (n° 715), "maison et cour" (n° 716), "Bourg de Minihy, jardin" (n° 719).

Références documentaires

Documents figurés
  • Dessin du vicomte Frottier de La Messelière.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 60 J 1-243
Périodiques
  • LE LOUARN-PLESSIX, Geneviève. "Minihy-Tréguier, la Chapellenie" in Tréguier et son Pays, La justice en Bretagne, Actes du Congrès des 7-8-9 septembre 2017 de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne. Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, tome XCVI, 2018, p. 711-726.

    Collection particulière
  • HAMON, Thierry. "Le testament de saint Yves" in Tréguier et son Pays, La justice en Bretagne, Actes du Congrès des 7-8-9 septembre 2017 de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne. Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, tome XCVI, 2018, p. 695-709.

    Collection particulière
  • HAMON, Thierry. "Histoire de la chapellenie saint Yves et de ses chapelains (1293-1814)" in Tréguier et son Pays, La justice en Bretagne, Actes du Congrès des 7-8-9 septembre 2017 de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne. Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, tome XCVI, 2018, p. 727-749.

    Collection particulière

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