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La commanderie de Maël et Loc'h, Le Loc'h (Peumerit-Quintin)

Dossier IA00004244 réalisé en 1967

Fiche

Genre d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem
Parties constituantes non étudiées enclos, cimetière, croix monumentale, chapelle, moulin, fontaine de dévotion, étang
Dénominations église paroissiale, chapelle, commanderie
Aire d'étude et canton Bretagne - Rostrenen
Adresse Commune : Peumerit-Quintin
Lieu-dit : Loc'h (le)

Le loch est mentionné pour la première fois en 1160 dans la charte confirmative de Conan IV, attestant une donation an Luch en faveur des Hospitaliers. Dans le second quart du XVe siècle, le Loc’h dépend de la commanderie de La Feuillée , car le commandeur Pierre de Keramborgne, revendique la commanderie du Louc’h et de Mael. Sur la vitre du collatéral sud figurait nencore au milieu du XIXe siècle, Saint-Jean et une inscription : « L'an mil IIIIcc IIIIxx XVI fut faict cest vitre et chapelle en l'endroit de Guille Taret, feu Guille Taret est mis ». Les membres de la famille Taret semblent être des donateurs ponctuels du Loc’h, car on pouvait encore lire sur un des piliers de la porte du cimetière l’inscription : « 1504. Y Taret FABRIQV ». Les commandeurs de Maël et Loc’h possédaient aussi un manoir proche de leur église, car une déclaration de 1617 mentionne l’existence de vieilles maziéres qu'on dit avoir esté anciennement un chasteau. En 1697, en la paroisse de mael Cy devant la treve du louch dont est Seigneur fondateur et à tous droits en Icelle Le Sieur Commandeur, et à lui apartiennent les offrandes et oblations, pieres nomminalles, Escussons, enfeux, Escabaux, accoudouers, aucuns autres Seigneurs ny ayant droit, Lad. Treve et son Cimetiere Embornée de Touttes parts des Terres de la Commanderie, Contenant en fond vingt Cordes, et douze pieds. La Chapelle St. Thomas en lad paroisse de Maël proche ladite églize Trevialle de St. Jean du louch, laquelle apartient pareillement aud. Commandeur, Et contient en fond quatre cordes et vingt pieds de tout, joignant de Touttes parts aux issües du bourg. Au milieu du XIXe siècle, lors de sa visite au bourg du Loc’h, Sigismond Ropartz remarqua dans la maîtresse-vitre - aujourd’hui disparue - un écusson fascé d'hermines et de gueules indiquant le lignage des Rostrenen, et un autre écusson de gueules à la croix pleine d'argent, rappelant les armes de Malte. Et dans la baie du transept sud, un seul écusson mi-parti, burelé d'argent et de gueules, et fretté d'argent et de gueules, indiquant un lignage des Quélen. En 1961, la chapelle étant fortement délabrée, l’autel sculpté de Saint-Jean-du-Loc’h est déplacé dans l’église de Peumerit-Quintin et consacré sept ans plus tard par Monseigneur Kervéadou. La chapelle est entièrement restaurée dans les années 1980 par l’association « Les Amis de la chapelle du Loch ».

Période(s) Principale : 13e siècle, 15e siècle, 20e siècle
Secondaire : 12e siècle

Le village du Loc’h est situé à 3km à l’ouest du Bourg de Peumerit-Quintin au milieu d’une large zone humide éponyme du lieu-dit. L’ancienne chapelle dédiée à Saint-Thomas et Saint-Cado a complétement disparu tout comme le manoir emmotté déjà ruiné au début du XVIIe siècle. Sur la route qui mène à Maël-Pestivien, on retrouve à l’est, le moulin de la commanderie totalement reconstruit, mais dont les anciens biefs sont encore perceptibles et à l’ouest, l’église du Loc’h, construite au milieu d’un large placître clos, qui enclavait autrefois le cimetière. Elle adopte un plan en croix latine au chevet plat peu saillant. La façade occidentale est percée d’un portail en plein-cintre mouluré d’un mince tore et le mur pignon est coiffé d’un clocheton à une seule chambre de cloche. La façade septentrionale est totalement aveugle, le mur pignon du bras de transept nord étant en saillie sur un terrain à fort pendage, il est soutenu à l’ouest, par un contrefort droit, et à l’est, par un contrefort oblique, les deux présentant un double ressaut en larmier. Seule, une baie rectangulaire simplement chanfreinée éclaire le bras de transept via le gouttereau est. La façade orientale ne présente que peu d’intérêt, car elle a été entièrement reconstruite à la fin du XXe siècle. La façade méridionale, faisant face à l’entrée du placître, est la plus remarquable, elle est composée, d’ouest en est, d’une mince fenêtre remontant au XIIe ou XIIIe siècle qui éclaire timidement l’entrée de la nef, puis le porche, remonté il y a quelques décennies, est voûté en berceau, l’intrados est souligné d’une mouluration en cavet et repose sur deux piles engagées circulaires aux chapiteaux feuillagés, semblant datées de la même période que la mince fenêtre. Sous le porche, le portail méridional est imposant, il est à doubles voussures à mouluration torique en accolade retombant sur de fines colonnettes engagées à bases, astragales et chapiteaux feuillagés. Le portail est surmonté d’une archivolte en accolade chanfreinée à retour. Entre le porche et le transept, il y avait un ossuaire qui a disparu depuis, une petite fenêtre en arc brisé prend place sur le gouttereau de la façade sud. Le bras de transept a été aussi entièrement reconstruit, mais sur ses rampants, ont été réemployées une série de crochets évoquant une restauration à la charnière des XVes et XVIes siècles.

À l’intérieur, quelques éléments antérieurs aux reconstructions récentes sont encore perceptibles : posés contre le piédroit du portail méridional, les fragments d’un pinacle fleuronné et d’une colonne, rappelant le gothique renaissant breton, à l’angle sud-est du bras de transept sud, un fragment de remplage gothique, et contre le maitre-autel, un tronçon de colonne octogonale. L’entrée de la chapelle sud, formant transept, est marquée de colonnes engagées semi-octogonales à chapiteaux moulurés en cavet et soulignés d’un astragale torique. Les crédences trilobées du chevet et des transepts indiquent une mise en œuvre des XIVes et XVes siècles. Enfin, à la croisée du transept, une dalle funéraire aux écus frustres prend place devant l’autel. À noter, les inscriptions des vitraux contemporains qui reprennent ceux des anciennes verrières de la chapelle : la maitresse-vitre présentent les écus de Malte, des Rostrenen et des Quelen, et sur la baie rectangulaire du transept nord, on peut voir un phylactère reprenant l’inscription de 1496 décrite par Sigismond Ropartz en 1862.

Murs granite moyen appareil
schiste appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 1930/03/22

Annexes

  • Antépendium de la chapelle Saint-Jean-du-Loc'h

    Déplacé en 1961 de la chapelle Saint-Jean-du-Loc'h à l'église paroissiale de Peumerit-Quintin, l'autel en pierre qui prenait place dans le chœur de l'ancienne chapelle hospitalière est une œuvre remarquable. Son antependium sculpté représente - de gauche à droite- la Flagellation, la Corde au cou, le Portement de croix, la Crucifixion, la Descente de croix, la Résurrection et la Descente aux limbes. Hormis la Crucifixion, toutes les scènes sont surmontées d'une frise d'arcs trilobés, coiffés chacun d'un gable en accolade orné de crochets et fleurons, et rythmés horizontalement par des pinacles fleuronnés. On peut nettement rapprocher la mise en œuvre de cet antependium à la charnière des XVes et XVIes siècles, coïncidant avec les travaux de Guillaume Taret dont la vitre du transept nord en avait conservé la date, soit 1496.

  • Informations complémentaires : dossier d'archivage de 1967 :

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B912
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
  • Archives départementales de la Vienne : 3H1 444
  • Archives départementales de la Vienne : 3H 447
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • GAULTIER DU MOTTAY J. Répertoire archéologique du département des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc : 1885, rééd. 1884.

  • SIGISMOND ROPARTZ, Annuaire des Côtes-du-Nord, vol.12., 1862

Liens web