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La défense de la rivière de Tréguier

Dossier IA22133417 réalisé en 2018

Les abords rocheux, à l’embouchure de la rivière de Tréguier, ont de tout temps rendu son accès des plus compliqué. Mais passé le banc sableux du Taureau, la rivière s’annonce propice aux mouillages et au repos des navires jusqu’au "beau havre de Tréguier" comme l’écrit en 1582 le marquis Bertrand d’Argentré dans son "Histoire de Bretaigne". Mouillages pour les Trégorrois mais aussi lieu de pénétration pour les invasions des indésirables : vikings, anglais, espagnols… selon les époques. Pour veiller à ces belligérants, de nombreux corps de garde ont été établis.

Historique

En 1699 sur la carte de l’Amiral Laisné, expliquant comment aborder la rivière de Tréguier, nous apercevons le corps de garde de Roch Saint Helen, sous la chapelle de Saint Votrom. Puis vers 1800, une autre carte "Entrée de la Rivière de Tréguier", identifie le corps de garde de Pen Palud et celui de Port Béni (Saint Laurent) qui date de 1744, date portée sur les plans d’origine. Ce dernier sera déclassé dans la deuxième partie du 19e siècle puis vendu aux enchères publiques en mairie de Lézardrieux le 12 septembre 1891. Quant à Pen Palud, il sera incorporé dans une habitation qui deviendra en 1957, propriété et lieu de villégiature, jusqu’à sa mort en 1976 à New York d’Alexander Calder, créateur de mobiles.

Description

Saint Laurent : bâtiment en pierre couvert d’ardoises aux murs épais de 7.50 par 5.40 mètres. A son pignon est accolée une tourelle à la couverture de ciment, dépassant le faitage, accessible par un escalier extérieur tournant en pierre. Actuellement maison d’habitation avec adjonction dune aile à l’ouest.

Pen Palud : à 3300 mètres du précèdent, le corps de garde en pierre est incorporé comme un penty dans l’habitation actuelle.

Roch Saint Helen : à 2300 mètres de Pen palud, vestiges d’un soubassement en pierre sur une pointe rocheuse, 5 par 5 mètres, hauteur 2 mètres.

En amont de saint Votrom, nous sommes en visuel à 2700 mètres d’un reste de construction à la pointe du Barzic. Ce soubassement en pierre de 9 par 6 mètres accessible par un escalier de pierre, supportait autrefois un corps de garde, avant de recevoir fin 19e siècle une substructure en pierre avec balcon de style balnéaire, abritant le surveillant des parcs à huitres.

Le dernier ouvrage se trouve en amont du pont Canada, sous Crec’h Yann, à 2 kilomètres du Barzic. Le soubassement de pierre complètement ruiné, laisse juste voir quelques pans de murs.

Cet 5 édifices sont tous en visuel les uns des autres, situés en quinconce d’une rive à l’autre, échappant ainsi aux méandres de la rivière. Les occupants pouvaient se signaler aux corps de garde voisins et ainsi donner l’alerte.

Nous pouvons y rattacher à Plougrescant, le corps de garde de Crec'h Bleïz, à la cote 31, qui était surmonté d'une guérite d'observation. C'était aussi un poste de signalisation optique au moyen de pavillons visible de Saint Laurent et Pen Palud. Une bouche à feu de 18 en constituait l'armement. Aujourd'hui le corps de garde est imbriqué dans l'enceinte d'un établissement balnéaire.

Plus tardivement se sont implantés 2 postes d’observation sur les hauteurs de la Roche Jaune en Plouguiel notice et à la cote 50 à Crec’h Guegan en Trédarzec.

Pour la défense côtière en elle-même, était positionnée à Crec’h ar Brun, en bordure de l’estran, à 100 mètres sous le corps de garde de Saint Laurent, une batterie de 5 canons abritée derrière un merlon de terre. Ces canons gardaient le passage le plus étroit du chenal, là ou les bateaux évitent à angle droit le banc de sable face au rocher du Taureau.

Aires d'étudesBretagne
Période(s)Principale : Temps modernes
Secondaire : Epoque contemporaine
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