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Le membre de Pont-Melvez, la Commanderie (Pont-Melvez)

Dossier IA22133265 réalisé en 2015

Fiche

Vocables Saint-Jean-Baptiste
Dénominations église paroissiale, manoir
Aire d'étude et canton Bretagne - Callac
Adresse Commune : Pont-Melvez
Lieu-dit : Commanderie (la)
Précisions

En 1182, Pont-Melvez figure parmi les biens confirmés aux Templiers par Conan IV, sous la dénomination de penmaelvas. Vers 1360, suite à la dévolution des biens templiers aux Hospitaliers, la paroisse de Pont-Melvez est administrée par frère Pierre Gervasy, cité en qualité de gouverneur. Un témoignage de 1417 précise que frère Yves Fournier fait construire le manoir commandal et restaure la chapelle. Trois ans plus tard, frère Yves Fournier, Gouverneur de l’ospital de Pomelveu, reçoit des lettres de sauvegarde de la part du duc Jean V, précisant que sa protection doit être étendue à ses chapelains, clers et autres serviteurs quelxcomques, aveucques les fruiz et revenues d’iceluy. En 1532, frère Jacques Aymer est commandeur de la commanderie de Pontmelve, et de ses membres, appartenances, dépendances. Il tient en fief la paroisse entière de Pont-Melvez ainsi que des biens dans les paroisses de Ploumilliau, Ploulec’h, Commana, Plouigneau et Lannéanou, Le Réchou, Merzer et quelques rentes et héritages à Lannion, Coatréven, Plouisy et Squiffiec. Ainsi, pendant plus de deux siècles, de nombreux frères se succèdent à la gouvernance de Pont-Melvez, jusqu’au dernier quart du XVIe siècle, où le membre de Pont-Melvez et ses annexes sont rattachés à la commanderie de La Feuillée. En 1655, Pont-Melvez est considéré comme un des principau membres de la comanderie de la Feilée, il est composé d’un logis propre à loger le comandeur avec touttes ces comidittez jardin bois de haute futaye deux estangs prez et terres de labour, une garenne proche du manoir servant de pasturage a tous les bestiaux de la paroisse, ainsi que le moulin du Redou et son jardin. Dans la déclaration de 1697, il est stipulé que le commandeur est seul seigneur spirituel et temporel avec tous droits de juridiction haute moyenne et basse sur tous les habitans (…) toutte laquelle paroisse est entierement tenÿe à titre de quevaize. Le commandeur est l’unique fondateur de l’église paroissiale et possède le droit de présenter le vicaire pour les fonctions curiales. Il y possède aussi le droit de banc, accoudoirs et escabeaux, les armoiries de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem ainsi que celles de plusieurs commandeurs ornent l’édifice. Le manoir consiste en plusieurs maisons couvertes en partie d’ardoises et les autres de genets entourées de toutes les terres déjà mentionnées en 1655. Dans le mémoire de la commanderie de La Feuillée de 1702, il est précisé que le clocher de l’église est en pierre de taille et que tout le pignon menace ruine, le commandeur ajoute que ce pignon doit être réparé avant l’hiver et que le vicaire a demandé de le restablir. Sur le croquis du terrier de La Feuillée de 1705, l’édifice présente un plan en croix latine à trois autels, un portail occidental, et au sud, un reliquaire et un porche. L’église est presqu’entièrement reconstruite en 1850, par l’architecte Bontemps et le clocher refait en 1893.

Période(s) Principale : 14e siècle, 15e siècle, 16e siècle, 18e siècle, 19e siècle
Secondaire : 12e siècle

Du manoir commandal de Pont-Melvez, il ne reste aucune élévation antérieure au XIXe siècle. Seuls quelques fragments de mobilier viennent rappeler le passé hospitalier du site. L’entrée monumentale, complétement ruinée, présente encore un piédroit mouluré en tore sur les quatre premières assises ; du logis principal, axe nord-sud, il subsiste une mince ouverture aux arêtes chanfreinées et un pan de mur presque arasé. Dans la remise, au sud des vestiges du logis, un bénitier tardimédiéval est incrusté dans le parement extérieur du gouttereau nord, il y a un autre bénitier, totalement identique à celui-ci, réemployé dans la chapelle du Christ à 500m au nord du manoir. Enfin, deux armoiries ornent encore le manoir, la première se lit sur le parement extérieur du premier pavillon au nord et la seconde, sur le linteau de la cheminée de la salle basse du second pavillon. C’est un écu de tournoi (carré) à trois quintefeuilles, l’écu masque une croix de Malte, les quintefeuilles rappellent les armes du commandeur Jacques de Jalesnes. Les douves et l’étang, autrefois en eau, sont toujours visibles ainsi que le talus empierré qui cerne les douves au sud.

L’église paroissiale, ayant été reconstruite au XIXe siècle, ne présente que peu de vestiges de la période hospitalière. Sur le pignon occidental, le portail date du XVIe siècle, il est en plein-cintre à voussures multiples moulurées en tores et cavets, surmontées d’une archivolte en accolade ornée de crochets et sommée d’un fleuron. Au sud, la façade a été entièrement remaniée, car le reliquaire et le porche relevés lors du terrier au XVIIIe siècle ont été détruit. Les transepts réemploient des croisettes de pignon datant du XVIe siècle et représentant des visages humains et un personnage en pied. Les assises entourant le portail méridional démontrent un réemploi de ce dernier, à voussures multiples voûtées en plein-cintre et moulurées en cavets, il est encadré de pinacles fleuronnés et surmonté d’une archivolte en accolade ornée de crochets et sommée d’un imposant fleuron. Enfin, une statue de Saint-Jean-Baptiste du XIVe ou XVe siècle et rappelant le vocable de la paroissiale, repose sur un piédestal devant le pignon occidental de l’église.

Murs pierre appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Statut de la propriété propriété privée
propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B911
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B912
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H576
  • Archives départementales de la Vienne : 3H 447
Documents figurés
  • Archives départementales du Finistère : 41H6
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • BLANCHARD, René. Lettres et mandements de Jean V duc de Bretagne (1402-1442) . 5 vol., Nantes, 1889-1895.

  • LAURENT, Jeanne. Un monde rural en Bretagne au XVe siècle. La quévaise, Paris, S.E.V.P.E.N., 1972

  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

  • BOURGES, A. Chez les moines rouges de Pont-Melvez, Les Presses Bretonnes, Saint-Brieuc, 1951, 171p.

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