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Le patrimoine maritime culturel de la commune de Crozon

Dossier IA29004076 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'étudesBretagne
AdresseCommune : Crozon

La commune de Crozon s´étend sur la majeure partie de la presqu´île de Crozon, limitée au nord par la rade de Brest et au sud par la baie de Douarnenez, elle ouvre également à l´ouest sur la mer d´Iroise. D´une superficie de 80 km², elle comprend un bourg (Crozon) et de nombreux hameaux et écarts, dont le petit port du Fret au nord et la station balnéaire de Morgat au sud. Elle est caractérisée par l´importance et la grande variété de ses littoraux : côtes basses et sableuses comme l´anse de Morgat, la plage de Lostmarc´h, de La Palue ou de l´Aber, hautes falaises cristallines paléozoïques (grès, schistes...) qui culminent à près de 100 mètres dans la partie sud-est du Cap de la Chèvre, zones basses occupées par des étangs et des zones humides parfois fermés par une flèche sableuse ou un cordon de galets (estuaire de l´Aber, étang de Kerloc´h, étang du Fret). La présence militaire y est ancienne et importante, tant sur le littoral qu´à l´intérieur des terres (bases de missiles de Goandour). L'Île Longue est aménagée en base de sous-marins nucléaires lanceurs d´engins depuis 1967. Le bourg de Crozon est un carrefour routier permettant d´aller au nord vers Le Fret, Roscanvel, au sud vers Morgat et à l´ouest vers Camaret-sur-Mer.

Du Moyen âge au 18e siècle, Crozon a une économie principalement tournée vers l´agriculture, tandis que son sous-sol est exploité pour ses nombreux gisements de minerai de fer et de calcaire (alimentant des fours à chaux). De plus, Crozon possède deux principaux sites portuaires : Morgat et Le Fret, dont l´âge d´or débute dans le courant du 18e siècle et se poursuit tout au long du 19e, avec l´essor de la pêche côtière et sardinière pour le premier et le transport de marchandises et de personnes pour le second en relation avec la grande ville militaire de Brest.

La fin du 19e siècle est marquée par une reconversion du secteur halieutique. Les pêcheurs se tournent vers des espèces plus rémunératrices que la sardine. Ainsi, à Morgat on se lance dans la capture du germon et de la langouste, comme à Camaret. Le Fret s´oriente vers le dragage des huîtres et de la coquille Saint-Jacques.

Simultanément, un système touristique s´organise autour de la nouvelle station balnéaire de Morgat lancée par Armand Peugeot. Les touristes débarquent au Fret et s´installent à l'est du port dans les villas et les hôtels, à l´écart de la fumée des conserveries. Ils profitent des excursions au Cap de la Chèvre et des visites des grottes sous-marines.

Ces nouveaux arrivants annoncent les mutations socioprofessionnelles qui vont intervenir dans le courant du 20e siècle : la petite agriculture de subsistance périclite tandis que la pêche recule et que, dans les années 1950, le tourisme de classe décline.

Les années 1970-1980 sont marquées par une crise générale de la filière halieutique, confrontée à la raréfaction de la ressource, et le redémarrage du tourisme sur une base plus démocratique. Aujourd´hui, les activités de services constituent la principale ressource économique de Crozon : activités militaires, activités touristiques, fort développement des résidences secondaires démarré dans les années 1960.

Sur le plan démographique, depuis 1830, la population de la commune s´établit autour d´une moyenne de 8 000 habitants, en dépit de pertes de territoire successives (Quélern rattaché à Roscanvel par la loi du 6 mai 1851, création de la commune de Lanvéoc par l'arrêté préfectoral du 18 juillet 1872, plusieurs hameaux rattachés à Camaret-sur-Mer par le décret du 3 juin 1908). Elle est cependant en léger recul (de 8 797 habitants en 1851 -apogée démographique-, elle atteint 7 535 habitants en 1999). La population de Crozon, qui peine donc à se maintenir, est caractérisée à la fois par un fort taux de personnes âgées et par un renouvellement notable de la population. Entre 1990 et 1999, la commune a enregistré 31 % de nouveaux arrivants (20 % pour la région Bretagne) : pas seulement des retraités mais aussi des jeunes actifs (tranche d´âge 25-39 ans). Parmi eux, certains développent des activités de loisirs et d´hébergement. L´impact du phénomène, bien que difficile à chiffrer, n´est pas anodin. Ces nouveaux crozonnais s´impliquent dans la vie locale et l´enrichissent de nouvelles valeurs et de nouveaux comportements. Ces néo-ruraux sont très attachés à l´environnement naturel et culturel et sont très attentifs aux décisions des élus. La mise en valeur du patrimoine maritime culturel de la commune peut être une façon de renforcer cette dynamique.

En effet, le patrimoine maritime à Crozon est encore très diversifié, mais dans des états de conservation inégal : les ports, gares, villas et quartiers de pêcheurs sont relativement épargnés, tandis que de nombreuses installations militaires anciennes, les chantiers navals et les cimetières de bateaux sont pas ou peu entretenus.

Dans le cadre de cet inventaire thématique du patrimoine maritime culturel, les sites côtiers étudiés sont Morgat, Le Fret, Rostellec, l´Aber, les écarts du Cap de la Chèvre (la base militaire de l´Ile Longue n´est pas prise en compte car non accessible). D'autres éléments isolés ont été répertoriés sur le littoral. Il existe par ailleurs sur le territoire communal de Crozon des héritages culturels liés au maritime qui ne se trouvent pas sur le littoral et qui n'ont donc pas été répertoriés (héritages balnéaires au bourg comme la gare ou certains bâtiments, héritages militaires comme la batterie de Trémaïdic...).

Sites de proctectionzone de protection

Annexes

  • RECOMMANDATION DE L'OBSERVATOIRE DU PATRIMOINE MARITIME CULTUREL

    La commune de Crozon est d´importance majeure au sein de la presqu´île éponyme. Ouverte à la fois sur la rade de Brest, la mer d´Iroise et la baie de Douarnenez, elle dispose de plusieurs secteurs littoraux bien différenciés. Cette situation privilégiée a permis le développement d´une grande diversité de fonctions littorales et maritimes : la défense militaire, le transit terre-mer, la pêche, des productions artisanales et industrielles liées à la mer et le balnéaire à partir de la création de la station de Morgat par la famille Peugeot.

    Tandis que le bourg rural de Crozon, à l´intérieur des terres, fut et reste un important noeud de communications terrestres en direction des sites côtiers, les héritages maritimes historiques de la commune sont éclatés sur plusieurs sites littoraux. Trois sites majeurs offrent des potentialités fortes ou très fortes de mise en valeur patrimoniale maritime : Morgat, le Fret et Rostellec, auxquels il faut ajouter le cap de la Chèvre et le site de l´Aber.

    En ce qui concerne les potentialités de mise en valeur des héritages liés à l´histoire maritime de la commune, la réputation de la station balnéaire de Morgat, son ancienneté, sa qualité architecturale ont tendance à faire oublier les autres héritages. Or ceux-ci sont également d´un grand intérêt dans le cadre d´un réaménagement de ces sites intégrant la diversité des héritages historiques de chacun d´entre eux, support de leur identité spécifique.

    Afin d´assurer un développement patrimonial équilibré, c´est sur la variété des espaces littoraux de la commune, utilisés et aménagés par les hommes au cours des temps historiques, et plus particulièrement sur les héritages de la fin du 19e et du début du 20e siècles qui façonnent encore très largement les paysages d´aujourd´hui, qu´il faut insister en les mettant en valeur dans leur complémentarité. Ainsi, à la fin du 19e siècle, la pêche et le balnéaire se développent en même temps à Morgat, l´arrivée de voyageurs à destination de la station stimule l´activité préexistante de transit terre-mer du petit port du Fret, tandis qu´au même moment, à Rostellec, l´exploitation des carrières s´intensifie et que s´implante la construction navale pour les besoins de la pêche artisanale camarétoise et de la plaisance.

    En fait, tout se passe aujourd´hui comme si cette richesse et cette variété des héritages encore présents sur les littoraux de la commune, allaient de soi et que leur véritable prise en compte dans leur originalité et leur vertu qualifiante des lieux, au niveau des projets d´aménagement, n´en étaient qu´aux balbutiements. Malgré deux revues de qualité consacrées à l´histoire, la nature et à la vie en presqu´île de Crozon (la revue Le Presqu´îlien parue de 1982 à 2004 et la revue Avel Gornog qui existe depuis 1993), malgré des circuits de découverte très bien conduits et documentés, les héritages maritimes bâtis de la commune ne sont pas exploités dans un objectif d´intégration dans l´aménagement et la valorisation des sites littoraux urbanisés.

    Dans un objectif de valorisation à la fois spécifique et complémentaire des sites littoraux urbanisés de la commune, des recommandations sensiblement différentes d´un site à l´autre peuvent être faites.

    Du point de vue du patrimoine culturel, le site de Morgat est caractérisé par la juxtaposition dans l´espace d´héritages bâtis liés à la pêche et d´héritages bâtis liés au balnéaire. Il serait judicieux de mett