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Le patrimoine maritime culturel de la commune de Crozon

Dossier IA29004076 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Bretagne
Adresse Commune : Crozon

La commune de Crozon s´étend sur la majeure partie de la presqu´île de Crozon, limitée au nord par la rade de Brest et au sud par la baie de Douarnenez, elle ouvre également à l´ouest sur la mer d´Iroise. D´une superficie de 80 km², elle comprend un bourg (Crozon) et de nombreux hameaux et écarts, dont le petit port du Fret au nord et la station balnéaire de Morgat au sud. Elle est caractérisée par l´importance et la grande variété de ses littoraux : côtes basses et sableuses comme l´anse de Morgat, la plage de Lostmarc´h, de La Palue ou de l´Aber, hautes falaises cristallines paléozoïques (grès, schistes...) qui culminent à près de 100 mètres dans la partie sud-est du Cap de la Chèvre, zones basses occupées par des étangs et des zones humides parfois fermés par une flèche sableuse ou un cordon de galets (estuaire de l´Aber, étang de Kerloc´h, étang du Fret). La présence militaire y est ancienne et importante, tant sur le littoral qu´à l´intérieur des terres (bases de missiles de Goandour). L'Île Longue est aménagée en base de sous-marins nucléaires lanceurs d´engins depuis 1967. Le bourg de Crozon est un carrefour routier permettant d´aller au nord vers Le Fret, Roscanvel, au sud vers Morgat et à l´ouest vers Camaret-sur-Mer.

Du Moyen âge au 18e siècle, Crozon a une économie principalement tournée vers l´agriculture, tandis que son sous-sol est exploité pour ses nombreux gisements de minerai de fer et de calcaire (alimentant des fours à chaux). De plus, Crozon possède deux principaux sites portuaires : Morgat et Le Fret, dont l´âge d´or débute dans le courant du 18e siècle et se poursuit tout au long du 19e, avec l´essor de la pêche côtière et sardinière pour le premier et le transport de marchandises et de personnes pour le second en relation avec la grande ville militaire de Brest.

La fin du 19e siècle est marquée par une reconversion du secteur halieutique. Les pêcheurs se tournent vers des espèces plus rémunératrices que la sardine. Ainsi, à Morgat on se lance dans la capture du germon et de la langouste, comme à Camaret. Le Fret s´oriente vers le dragage des huîtres et de la coquille Saint-Jacques.

Simultanément, un système touristique s´organise autour de la nouvelle station balnéaire de Morgat lancée par Armand Peugeot. Les touristes débarquent au Fret et s´installent à l'est du port dans les villas et les hôtels, à l´écart de la fumée des conserveries. Ils profitent des excursions au Cap de la Chèvre et des visites des grottes sous-marines.

Ces nouveaux arrivants annoncent les mutations socioprofessionnelles qui vont intervenir dans le courant du 20e siècle : la petite agriculture de subsistance périclite tandis que la pêche recule et que, dans les années 1950, le tourisme de classe décline.

Les années 1970-1980 sont marquées par une crise générale de la filière halieutique, confrontée à la raréfaction de la ressource, et le redémarrage du tourisme sur une base plus démocratique. Aujourd´hui, les activités de services constituent la principale ressource économique de Crozon : activités militaires, activités touristiques, fort développement des résidences secondaires démarré dans les années 1960.

Sur le plan démographique, depuis 1830, la population de la commune s´établit autour d´une moyenne de 8 000 habitants, en dépit de pertes de territoire successives (Quélern rattaché à Roscanvel par la loi du 6 mai 1851, création de la commune de Lanvéoc par l'arrêté préfectoral du 18 juillet 1872, plusieurs hameaux rattachés à Camaret-sur-Mer par le décret du 3 juin 1908). Elle est cependant en léger recul (de 8 797 habitants en 1851 -apogée démographique-, elle atteint 7 535 habitants en 1999). La population de Crozon, qui peine donc à se maintenir, est caractérisée à la fois par un fort taux de personnes âgées et par un renouvellement notable de la population. Entre 1990 et 1999, la commune a enregistré 31 % de nouveaux arrivants (20 % pour la région Bretagne) : pas seulement des retraités mais aussi des jeunes actifs (tranche d´âge 25-39 ans). Parmi eux, certains développent des activités de loisirs et d´hébergement. L´impact du phénomène, bien que difficile à chiffrer, n´est pas anodin. Ces nouveaux crozonnais s´impliquent dans la vie locale et l´enrichissent de nouvelles valeurs et de nouveaux comportements. Ces néo-ruraux sont très attachés à l´environnement naturel et culturel et sont très attentifs aux décisions des élus. La mise en valeur du patrimoine maritime culturel de la commune peut être une façon de renforcer cette dynamique.

En effet, le patrimoine maritime à Crozon est encore très diversifié, mais dans des états de conservation inégal : les ports, gares, villas et quartiers de pêcheurs sont relativement épargnés, tandis que de nombreuses installations militaires anciennes, les chantiers navals et les cimetières de bateaux sont pas ou peu entretenus.

Dans le cadre de cet inventaire thématique du patrimoine maritime culturel, les sites côtiers étudiés sont Morgat, Le Fret, Rostellec, l´Aber, les écarts du Cap de la Chèvre (la base militaire de l´Ile Longue n´est pas prise en compte car non accessible). D'autres éléments isolés ont été répertoriés sur le littoral. Il existe par ailleurs sur le territoire communal de Crozon des héritages culturels liés au maritime qui ne se trouvent pas sur le littoral et qui n'ont donc pas été répertoriés (héritages balnéaires au bourg comme la gare ou certains bâtiments, héritages militaires comme la batterie de Trémaïdic...).

Sites de proctection zone de protection

Annexes

  • RECOMMANDATION DE L'OBSERVATOIRE DU PATRIMOINE MARITIME CULTUREL

    La commune de Crozon est d´importance majeure au sein de la presqu´île éponyme. Ouverte à la fois sur la rade de Brest, la mer d´Iroise et la baie de Douarnenez, elle dispose de plusieurs secteurs littoraux bien différenciés. Cette situation privilégiée a permis le développement d´une grande diversité de fonctions littorales et maritimes : la défense militaire, le transit terre-mer, la pêche, des productions artisanales et industrielles liées à la mer et le balnéaire à partir de la création de la station de Morgat par la famille Peugeot.

    Tandis que le bourg rural de Crozon, à l´intérieur des terres, fut et reste un important noeud de communications terrestres en direction des sites côtiers, les héritages maritimes historiques de la commune sont éclatés sur plusieurs sites littoraux. Trois sites majeurs offrent des potentialités fortes ou très fortes de mise en valeur patrimoniale maritime : Morgat, le Fret et Rostellec, auxquels il faut ajouter le cap de la Chèvre et le site de l´Aber.

    En ce qui concerne les potentialités de mise en valeur des héritages liés à l´histoire maritime de la commune, la réputation de la station balnéaire de Morgat, son ancienneté, sa qualité architecturale ont tendance à faire oublier les autres héritages. Or ceux-ci sont également d´un grand intérêt dans le cadre d´un réaménagement de ces sites intégrant la diversité des héritages historiques de chacun d´entre eux, support de leur identité spécifique.

    Afin d´assurer un développement patrimonial équilibré, c´est sur la variété des espaces littoraux de la commune, utilisés et aménagés par les hommes au cours des temps historiques, et plus particulièrement sur les héritages de la fin du 19e et du début du 20e siècles qui façonnent encore très largement les paysages d´aujourd´hui, qu´il faut insister en les mettant en valeur dans leur complémentarité. Ainsi, à la fin du 19e siècle, la pêche et le balnéaire se développent en même temps à Morgat, l´arrivée de voyageurs à destination de la station stimule l´activité préexistante de transit terre-mer du petit port du Fret, tandis qu´au même moment, à Rostellec, l´exploitation des carrières s´intensifie et que s´implante la construction navale pour les besoins de la pêche artisanale camarétoise et de la plaisance.

    En fait, tout se passe aujourd´hui comme si cette richesse et cette variété des héritages encore présents sur les littoraux de la commune, allaient de soi et que leur véritable prise en compte dans leur originalité et leur vertu qualifiante des lieux, au niveau des projets d´aménagement, n´en étaient qu´aux balbutiements. Malgré deux revues de qualité consacrées à l´histoire, la nature et à la vie en presqu´île de Crozon (la revue Le Presqu´îlien parue de 1982 à 2004 et la revue Avel Gornog qui existe depuis 1993), malgré des circuits de découverte très bien conduits et documentés, les héritages maritimes bâtis de la commune ne sont pas exploités dans un objectif d´intégration dans l´aménagement et la valorisation des sites littoraux urbanisés.

    Dans un objectif de valorisation à la fois spécifique et complémentaire des sites littoraux urbanisés de la commune, des recommandations sensiblement différentes d´un site à l´autre peuvent être faites.

    Du point de vue du patrimoine culturel, le site de Morgat est caractérisé par la juxtaposition dans l´espace d´héritages bâtis liés à la pêche et d´héritages bâtis liés au balnéaire. Il serait judicieux de mettre conjointement en valeur ces deux types de patrimoine et en particulier les rues et petits quartiers construits pour les pêcheurs et leurs familles. En complément, la circulation automobile sur le front de mer devrait être réduite afin de réserver cet espace en priorité aux piétons qui seraient par ailleurs encouragés à se promener dans les allées du lotissement Peugeot. Actuellement, le plus grand risque qui pèse sur ce lotissement d´intérêt patrimonial (uniquement protégé dans un périmètre de 500 mètres autour de la villa Ker Ar Bruck classée Monument Historique) est la densification du bâti par constructions interstitielles (voir document 9). Le morcellement possible des lots constitue une véritable menace pour l´homogénéité paysagère du lotissement à l´intérieur duquel chaque propriétaire ne pouvait, à l´origine, construire qu´une seule habitation principale (ainsi que le précisait le cahier des charges de la société de Morgat daté de 1925). Aujourd´hui, la tentation est forte de réaliser des bénéfices en vendant des terrains constructibles. Elle est, pour l´instant, partiellement contrée par un récent décret municipal qui a abaissé le coefficient d´occupation des sols. Il faut néanmoins rester vigilant, d´autant que ce front de mer balnéaire hérité du 19e siècle est l´un des rares en Bretagne à avoir été aussi peu modifié au niveau de ses villas. D´une façon plus générale, il faut veiller à ce que la cohérence architecturale de l´ensemble du front de mer soit respectée, au moment où des constructions nouvelles ou des réfections importantes sont réalisées et qu´un projet d´extension du port de plaisance est proposé. Pour éviter une banalisation des lieux il serait aussi souhaitable qu´à l´instar de l´ancien cahier des charges du lotissement Peugeot, une véritable charte d´urbanisme soit élaborée par la commune pour le secteur de Morgat : évolution du lotissement, constructions et rénovation du bâti de l´ensemble constitué par l´espace portuaire et la station balnéaire. Cette charte traiterait en même temps des aménagements fonctionnels indispensables (voierie, circulation, signalisation, panneaux publicitaires) et de la mise en valeur paysagère et architecturale de ce patrimoine maritime, telle qu´il a été défini ci-dessus.

    Le site du Fret possède également un intérêt patrimonial spécifique autre que les seules cabanes de construction navale de son sillon, pour la défense desquelles une association a été créée dans les années 1970. Au Fret, on peut aisément mettre en évidence une structure d´urbanisation portuaire caractéristique de l´ensemble des petits ports bretons :

    - modestes constructions en pierre sur le site, datant des 17e et 18e siècles (magasins de pêche, presses à sardines) tandis que le port n´est encore que d´échouage.

    - implantation d´infrastructures portuaires de plus en plus imposantes à partir de la seconde moitié du 19e siècle (quai, môle, cales), accompagnées par le remaniement des maisons anciennes faisant office de petit front portuaire et par la construction d´un embryon de front de mer résidentiel au début du 20e siècle.

    Si la pêche et l´ostréiculture ont joué un rôle non négligeable dans l´animation du port, c´est surtout sa fonction de transit terre-mer (voyageurs à destination de Morgat, exportation de produits agricoles et de matériaux pour Brest) qui explique l´importance de son quai et de ses cales de déchargement. L´ensemble est resté quasiment dans son état du début du 20e siècle : c´est aussi un fait presque unique. Le port du Fret est situé aujourd´hui à l´écart des grands trafics économiques et touristiques qui animent la presqu´île. Son bâti de front de mer et ses infrastructures portuaires, son cimetière de bateaux et ses cabanes du sillon pourraient être considérés comme un micro ensemble portuaire du 19e siècle à valeur pédagogique (lisibilité dans le bâti). Dans cette perspective, une attention particulière doit être portée à la rénovation des façades de front de mer, à la signalisation, au maintien des cabanes de construction navale... ces éléments étant considérés comme faisant partie d´un tout dont il faut conserver la cohérence fonctionnelle et paysagère héritée (voir document 5). Dans une même perspective, on pourrait également créer plusieurs petits sites d´informations historiques destinés à faire comprendre le fonctionnement du port à l´apogée de son activité.

    Le modeste et calme site portuaire de Rostellec, aux activités maritimes aujourd´hui endormies, constitue encore un autre exemple de valorisation possible d´un espace littoral à partir de sa singularité historique : estran très peu aménagé et hameau d´arrière-côte qui se constitue presque totalement durant la deuxième moitié du 20e siècle. Il est alors habité par des populations vivant de l´exploitation des carrières (demande croissante de microgranite) et du développement de l´arsenal de Brest (demande en main-d´oeuvre), de l´ostréiculture et de la construction navale qui se développe alors dans l´orbite de Camaret. Habité désormais par des retraités et des résidents secondaires âgés (souvent issus du lieu), il faut ici simplement veiller à ce que le site garde son caractère, notamment au niveau du hameau. Il est possible de mettre sur pied une valorisation légère par le biais d´un circuit de découverte pédestre qui intégrerait le village et le front de mer afin de faire comprendre le fonctionnement de ce territoire en liant l´usage de la côte et des ressources de la mer au développement de l´habitat dans la deuxième moitié du 19e siècle.

    Le site de l´Aber, longtemps menacé par de grands projets d´aménagement, est aujourd´hui préservé de la poldérisation et de la spéculation foncière (rachat de 87 hectares par le Conservatoire du Littoral). Le fort de l´Aber et la motte féodale de Rozan viennent d´être intégrés à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon. La mise en valeur de l´ensemble du site pourrait se faire dans ce cadre, mais également à travers un parcours de découverte spécifique à cette partie de la commune (en intégrant, outre les autres héritages maritimes moins emblématiques de l´Aber, le patrimoine rural et préhistorique du secteur)

    Les hameaux du cap de la Chèvre constituent encore une autre variante des espaces littoraux de la commune de Crozon à intérêt patrimonial fort dans la mesure où ils se succèdent sur l´ensemble géographiquement étendu et bien circonscrit du plateau du cap dominant la mer. Ils sont représentatifs de l´architecture rurale traditionnelle de la presqu´île. L´ensemble du secteur dans lequel ils se trouvent est reconnu pour la beauté de ses paysages où mer, falaises accidentées, plages et landes battues par les vents se mêlent. Bien que protégé de diverses façons, le risque actuel au niveau de ce patrimoine bâti, aujourd´hui très recherché, réside dans le souhait des propriétaires d´agrandir les maisons pour y loger famille et amis, si bien que par retouches et ajouts successifs ce patrimoine vernaculaire perd sa cohérence et sa beauté paysagère.

    Pour la conservation et la mise en valeur de ce patrimoine terre-mer du cap de la Chèvre, la recommandation ne peut être que de suivre celles qui sont formulées dans le rapport de Xavier Henry (1981) et de soutenir la municipalité dans ses intentions d´intégrer ces recommandations au PLU en les précisant village par village étant donné la variété des enjeux et des situations.

    L´esprit de ces recommandations est en accord avec les souhaits de la majorité des personnes interrogées sur le site du Fret en avril 2007 et sur le site de Morgat en juin 2007 (se reporter aux conclusions des 2 enquêtes de perception en annexe).

    Pour atteindre ces objectifs, la municipalité dispose déjà de deux outils : le Plan Local d´Urbanisme (actuellement en cours d´élaboration) et la Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (outil qui pour l´instant n´est pas utilisé). Elle souhaiterait par ailleurs renforcer et accélérer son action par l´établissement d´un PPM (Périmètre de Protection Modifié) qui se substituerait au périmètre de 500 mètres de protection automatique des abords du Monument Historique classé de la villa Ker ar Bruck, et permettrait de protéger l´ensemble du quartier balnéaire de Morgat.

    Pour l´implantation des constructions du cap de la Chèvre, les règles particulières, définies par le rapport Henry de 1981 sont déjà intégrées au POS et le seront au PLU (avec d´autres prescriptions pour en renforcer l´efficacité). Les mêmes règles pourraient être mises en oeuvre, de façon préventive, pour l´écart historique de Rostellec.

    Compte tenu du travail de protection patrimoniale déjà entrepris par la commune, la recommandation nouvelle porte sur la rédaction d´une charte municipale de mise en valeur du patrimoine architectural portuaire et balnéaire de Morgat et du Fret (intégrée au PLU) qui apporterait la cohérence et l´efficacité nécessaires à l´application d´un projet d´ensemble destiné à donner vie à la grande variété des héritages maritimes de la commune. Pour la partie portuaire, cette charte pourrait s´appuyer sur la charte générale des petits ports d´intérêt patrimonial qu´il serait souhaitable de définir au niveau de la Bretagne. De cette façon, la commune de Crozon bénéficierait d´une véritable charte littorale, à la hauteur de la richesse du patrimoine spécifique qu´elle abrite.

  • ENQUETE DE PERCEPTION DU PATRIMOINE MARITIME CULTUREL DE CROZON (LE FRET et MORGAT)

    I DEROULEMENT DE L´ENQUETE

    I-1 La collecte des données

    Le Fret et Morgat appartiennent à la commune de Crozon mais plutôt que de traiter globalement cette commune, nous avons choisi de l´étudier en traitant séparément ses différents espaces.

    Au Fret, l´enquête s´est déroulée entre le 25 avril et le 6 juin 2007. Cinquante personnes ont été interrogées durant cette période, à raison d´une dizaine de questionnaires par jour. L´enquête a été menée de façon aléatoire dans les commerces et lieux publics de la commune (essentiellement sur le front portuaire). Ainsi nous avons pu interroger, des personnes de différentes catégories socioprofessionnelles tels que des commerçants, employés du secteur public ou privé, artisans, sans emplois, étudiants, retraités, etc.

    A Morgat, l´enquête s´est déroulée entre le 28 février et le 30 Mars 2007. Quatre-vingt-une personnes ont été interrogées durant cette période, à raison d´une dizaine de questionnaires par jour (un questionnaire durant de 10-15 minutes à plus d´une heure). L´enquête a été menée de façon aléatoire, essentiellement dans les commerces et lieux publics de Morgat et par prise de rendez-vous chez des particuliers.

    Dans les deux cas, les commentaires et « états d´âme » des personnes interrogées ont été consignés au fil des questionnaires.

    I-2 Constitution du groupe interrogé

    Les personne qui ont été enquêtées sont des acteurs de la commune : les habitants de l´écart et ceux qui y travaillent (à l´année ou ponctuellement). Ainsi nous avons pu interroger, des personnes de différentes catégories socioprofessionnelles tels que des enseignants, commerçants, employés du secteur public ou privé, artisans, sans emplois, étudiants, retraités, etc. Nous avons choisi de ne pas interroger les promeneurs, afin de connaître l´opinion de ceux qui ont leur mot à dire dans la gestion, l´aménagement et l´entretien de la commune. Nous avons également interrogé quelques résidants secondaires pour avoir une idée de leur opinion sur le sujet. Ainsi, notre échantillon ne se veut pas représentatif mais va donner un ordre d´idée et des avis relativement exhaustifs sur les éléments considérés.

    Composition de la population interrogée au Fret :

    Résidants principaux 43 (86 %)

    Travailleurs extérieurs 5 (10 %)

    Résidants secondaires 2 (4 %)

    TOTAL 50

    Composition de la population interrogée à Morgat :

    Résidants principaux 55 (68 %)

    Travailleurs extérieurs 17 (21 %)

    Résidants secondaires 9 (11 %)

    TOTAL 81

    A noter : le pourcentage des résidants secondaires ne correspond pas à la réalité car ils sont plus difficiles à joindre du fait de la période creuse et difficiles à identifier. Même si leur proportion est forte dans la commune, ils ne sont pas vraiment des acteurs majeurs. Le correctif a été établi avec les travailleurs extérieurs.

    II DEGRE DE RECONNAISSANCE PATRIMONIALE DE LA POPULATION ENQUETEE

    Afin de faire figurer les résultats de cette enquête dans les fiches d´inventaire, deux champs ont été crées : le « degré de reconnaissance patrimoniale de la population enquêtée » (DREC) et un ou des « avis de gestion selon la population enquêtée ».

    Après avoir établi ce classement des éléments les plus cités, il a fallu établir des seuils pour déterminer le degré de reconnaissance de chaque élément. Cinq degrés de reconnaissance ont été définis : presque unanimement cité, souvent cité, moyennement cité, peu cité et jamais cité :

    Seuils pour le champ "Degré de reconnaissance patrimoniale par le groupe enquêté"

    75 % ou plus de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Presque unanimement cité

    50 à 74 % de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Souvent cité

    25 à 49 % de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Moyennement cité

    1 à 24 % de personnes ayant cité l´élément dans au moins une question : Peu cité

    0 personne ayant cité l´élément dans au moins une question : Jamais cité

    Ainsi, au Fret, un seul élément est presque unanimement cité, il s´agit du chantier Stipon, trois sont souvent cités (le front portuaire, le cimetière de bateaux et la Tour), six sont moyennement cités, huit sont peu cités et trois jamais cités (voir documents 3 et 4).

    A Morgat, trois éléments sont « presque unanimement cités » (le port, le môle du port de Morgat et les villas), deux « souvent cités » le Grand Hôtel de la Mer et les quais de Morgat), six « moyennement cités » (la villa Ker ar Bruck, les fortifications, les anciennes conserveries, le phare du Kador, les quartiers de pêcheurs et la villa Ker Maria), 25 sont « peu cités » et 37 « jamais cités » (voir documents 7 et 8).

    III AVIS DE GESTION SELON LA POPULATION ENQUETEE

    III-1 LE FRET

    La population veut que la politique de destruction actuelle s´arrête (destruction de l´Harmattan, des parcs à coquillages...). Au contraire, il faut utiliser les bâtiments existants, en encourageant la rénovation et en étant attentif à la cohérence architecturale de l´ensemble. La population propose la création d´un petit musée et d´animations sur le patrimoine maritime du Fret. La réalisation d´une promenade autour de l´étang facilitera la mise en place de visites guidées sur le patrimoine maritime naturel et culturel du Fret. Enfin, l´amélioration de l´arrivée (par route) sur le port, le nettoyage de la grève et la mise en place d´équipements, par exemple des bancs et des poubelles, sont nécessaires pour renforcer l´attrait du Fret.

    III-2 MORGAT

    La population souhaite que Morgat devienne un lieu agréable. Tout d´abord, il faut régler le problème de la circulation. L´été, les quais pourraient être fermés à la circulation automobile, ce qui permettrait de créer une promenade entre le village et le port. De plus nombreuses visites guidées de Morgat, associées à la création d´un circuit thématique spécifique sur le village, doit permettre la mise en place d´une politique touristique basée sur le patrimoine maritime. Le patrimoine maritime culturel doit permettre de faire plus de communication et de médiatisation mais, pour cela, il faut faire attention à la cohérence architecturale de l´ensemble, notamment pour les constructions nouvelles sur le front de mer, et encourager la rénovation des villas. La mise en place d´une proposition juridique sur les possibilités architecturales est une nécessité. Une exposition permanente ou temporaire et des animations sur ces éléments, voire un petit musée, doivent être organisées, en particulier l´été. Néanmoins, la population rappelle que Morgat doit être également attrayante en basse saison. Plus généralement, il faut régler les problèmes d´assainissement et désensabler le port.

    Lénaïg L´Aot.

  • 20072908844NUC : Cadastre Crozon, 1831 - Archives départementales du Finistère - 3P45/1_001.

    20072908845NUC : Cadastre Crozon, 1872 - Archives départementales du Finistère - 3P45/2_095.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Finistère. 4 S 1395 & 1396. Dossiers spécifiques sur le port de Morgat.

Bibliographie
  • CALVEZ, Louis. La Presqu´île de Crozon, histoire, art, nature. Paris : Nouvelle librairie de France, 1975.

    469 p
  • HENRY, Xavier (Architecte DPLG). Etude de protection des villages du Cap de la Chèvre. Commune de Crozon, Finistère. Rapport de synthèse. Paris : Délégation Régionale à l´Architecture et à l´Environnement, Service Départemental d´Architecture, Direction Départementale de l´Equipement, 1981.

  • MALBOSC, Guy ; MELENEC, Roger. Les années Langouste. Brest : Editions du CRBC.

    p. 10-16
  • CADIOU D., DIZERBO A., KERDREUX J.J., LE FLOC´H J.-L., SIMON M. La presqu´île de Crozon à la veille de la Révolution. Mairie de Crozon, Conseil Général du Finistère, Conseil Régional de Bretagne, 1995.

    p. 36-38, 46-47, 53
Périodiques
  • TOUDOUZE, Georges-Marie. La presqu´île de Crozon. La Baule : Editions de Bretagne, 1947.

    p. 119-140
  • CADIOU, Didier. L´Aber, de la préhistoire à l´histoire. Crozon : Avel Gornog, n° 1, 1993.

    p. 37-39
  • MENESGUEN, Claudie ; CABIOC´H Fanch. Les activités humaines à L´Aber . Crozon : Avel Gornog, n° 1, 1993.

    p. 25-28
  • CELARIE, Martine. La pêche en presqu´île sauvée grâce aux femmes ? Crozon : Le Presqu´îlien, n° 2, mai 1993.

    p. 2
  • PERRIN, Christelle. C´était il y a 30 ans. Camaret, port langoustier . Crozon : Le Presqu´îlien, n° 2, mai 1993.

    p. 10
  • PERRIN, Christelle. Le thon germon, un or blanc durement gagné. Crozon : Le Presqu´îlien, n° 2, mai 1993.

    p. 11
  • CADIOU, Didier. Chemin de ronde en presqu´île de Crozon. Evolution de la fortification. Crozon : Avel Gornog, n° 2, juin 1994.

    p. 48-54
  • RECOUVRANCE, Sébastien. La presqu´île de Crozon. Paris : Editions Jean-Paul Gisserot, 1996.

  • LEFRANC, Olivier. La pêche au thon autrefois. Souvenirs... Crozon : Le Presqu´îlien. N° 77. Juillet-août 2000.

    p. 36-39
  • CELARIE, Martine. Les 30 années glorieuses du port du Fret. Au temps des coquilliers. Crozon : Le Presqu´îlien, juillet-août 2000, n° 77.

    p. 2
  • CADIOU, Didier. Les fortifications de l´anse de Morgat . Crozon : Avel Gornog, n° 14, juillet 2006.

    p. 25-28