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Le patrimoine religieux sur la commune de Plougonven

Dossier IA29131778 réalisé en 2015

ÉGLISES

La commune comporte deux églises, l’église Saint-Yves au bourg intégrée dans son enclos paroissial, et l’église de Saint-Eutrope. L’église de Plougonven, terminée en 1523, fait parti d’un enclos paroissial constitué d’un calvaire monumental (1554), d’un ossuaire (16e siècle), d’une chapelle (1746), et d’une enceinte partiellement conservée (murets, murs de soutènement). L’enclos a perdu son cimetière au milieu du 20e siècle. Construit dans un style gothique flamboyant, l’église fait partie d’un ensemble de constructions du début du 16e siècle érigé ou inspiré par les ateliers Beaumanoir. Erigée en trève en 1650, l’ancienne chapelle de Saint-Eutrope fut construite au cours du 15e siècle. Vers 1780, la chapelle, dans un état de ruine, fut démolie. Une nouvelle église fut construite au cours des années 1780, et semble avoir été terminée vers 1789. Le gros œuvre est constitué de moellons et de larges pierres de taille de granit. Suivant un plan en croix grecque, la façade occidentale est dominée par un clocher avec galerie à balustrade de pierre, double beffroi et une flèche. On y lit l’inscription : AR :BROVIDANC :DRE :LARGUENTE (la providence par sa largesse)HO :FOURNISSAN :ER :BAOURENTE (fournissant à la pauvreté) GANT :AR :CHARITE :UNISSET (et s’unissant à la charité) E :DEUS :AN :ILIS :MAN :SAVET (a élevé cette église)1785

CHAPELLES

Des onze chapelles attestées par sources écrites sur la commune, cinq ont disparu : chapelle Saint-Sauveur, chapelle de Guerdavid, chapelle Saint-Souron ainsi que les chapelles des manoirs de Kerloaguen et du Cosquer. La chapelle de Kerloaguen, dédiée à Saint-Joseph, était en ruine au début du 20e siècle. Louis Le Guennec la faisait remonter au début du 16e siècle : « la chapelle, édifice du XVIe siècle, située à l’angle du vieux jardin enclos, au bord de l’avenue, voit s’effondrer sa toiture et se disjoindre ses fenêtres béantes ; jadis dédiée à Saint-Joseph, c’est sans doute le plus ancien oratoire du diocèse qui soit placé sous l’invocation du saint Patriarche». Il trouve également, au manoir du Cosquer, « les ruines embroussaillées de la chapelle, jadis dédiée à Saint-Pierre ». A Saint-Souron, des pierres de l’ancienne chapelle ont été réemployées dans la maçonnerie d’une construction récente. Trois sont gravées et l’on retrouve une inscription : « ST SURMIN 1739 ». Deux chapelles privées du 17e siècle subsistent aujourd’hui, les anciennes chapelles seigneuriales des manoirs de Mézedern et de Kerbiriou. A Mézedern, la chapelle dédiée autrefois à Saint-Nicolas a été entièrement restaurée dans les années 2000. La chapelle Saint-Albin, proche de Kerguiomarc’h, pourrait dater de la fin du 17e siècle ou du 18e siècle. La chapelle Saint-Germain, proche du village de Kervézec, fut entièrement reconstruite en 1872-73, avec réemploi de pierres de l’ancien édifice. Les ruines d’une chapelle se retrouvent à Mikaël-ar-Chapel. De très petite dimension, le pignon est comporte encore une niche crédence. Deux chapelles ont été construites au 20e siècle : la chapelle de l’ancien sanatorium de Guervenan, dont la construction de l’ensemble hospitalier s’est effectuée entre 1917 et 1926, et la petite chapelle de Kermeur.

CROIX ET CALVAIRES

Les croix jouaient un rôle essentiel dans la structuration du territoire, formant un véritable maillage religieux, au rôle fortement symbolique. Si 5 calvaires et 18 croix ont été repérées, ceux-ci prennent cependant des formes variées, passant d’un support relayant une véritable iconographie, aux simples croix de chemins placées aux carrefours des routes.

On retrouve ainsi sur la commune 3 calvaires à Kerhervé du 16e siècle, à Mézedern daté 1688 et à Lesven du 19e siècle. Le vocabulaire iconographique associe alors à la croix une représentation de la crucifixion ainsi que deux sculptures représentants la Vierge et Saint-Jean. Le calvaire situé au sein de l’enclos paroissial érigé en 1554, qui fait partie des 7 calvaires monumentaux du Finistère, développe sur kersantite une iconographie complexe et riche. 9 croix en granit ont été recensées, avec des datations larges du Moyen Age (Kermeur ?) au 19e siècle. Il s’agit des croix de Bohast, Croas Coatélan, Keranfors Bras, Kermeur, Kermoric, la croix de pierre, Pen ar Roz, Guervenan et Saint-Eutrope. 3 croix monumentales du début du 20e siècle en Kersantite avec socle en granite, comportant une représentation de la crucifixion, se retrouve au bourg et dans le cimetière. Au dessus du Christ figure l’inscription INRI. Le cimetière de Saint-Eutrope présente un calvaire reprenant la même iconographie (crucifixion et inscription), associé à saint Jean et à la Vierge. Si le socle et le fût, en granit, sont datés 1847, la partie supérieure du calvaire, en kersantite, est plus récente. 6 croix recensées en 1970 n’ont pas été retrouvées. Les croix de Kerstrad, Trélesquin, Trévedec, Créac’h ar Stand et Kerguyomarc’h étaient alors partielles, en mauvais état ou à terre. La croix de Keralivet, qui n’a pas été recensée, datable du milieu du 19e siècle, comportait une figuration de la crucifixion. D’autres croix ont très certainement existé sur la commune, comme l’atteste la toponymie du cadastre napoléonien : la croix de pierre, qui comporte aujourd’hui une croix unique, était alors dénommée « Croajou mein « (« les croix de pierre »). De manière générale, les croix de la commune ont été fortement remaniées et le plus souvent déplacées.

FONTAINES

Deux fontaines ont été repérées sur la commune. Au bas du bourg, la fontaine de Christ comporte un fronton triangulaire où l’on peut lire l’inscription : M:R:LE:LAY MA:FAIT:FAIR 1672. Le centre de l’inscription est occupé par un calice sculpté, symbole représentant une marque de prêtre, que l’on retrouve sur plusieurs maisons du 17e siècle en campagne (à Kerhuelvez, même s’il s’agit probablement d’un réemploi, le linteau de la maison comporte un calice sculpté et la date de 1643). Un certain « Le Lay » fut en effet curé sur la paroisse de Plougonven durant cette période. A Saint-Eutrope, une fontaine similaire à fronton et niche est couronnée d’une croix de pierre. Sur le fronton, au dessus de la niche qui devait abriter une statuette à l’effigie du saint patron, est inscrit un écusson portant l’aigle héraldique des Kerloaguen, famille noble issue de la commune. Deux fontaines n’ont pas été retrouvées : la fontaine proche de Lesven, recensée en 1970, et la fontaine proche de la chapelle Saint-Albin, qui a disparu ou qui est ensevelie par la végétation. Les fontaines étaient souvent le lieu d’un culte local, on leur prêtait souvent des propriétés de guérison. Le Guennec note encore en 1922 qu’on vient à la fontaine de Saint-Eutrope « de tout le pays de Tréguier afin de se guérir de l’enfle (hydropisie), et l’on en emporte de l’eau pour les malades », ainsi qu’à la fontaine de Saint-Albin où l’on « boit l’eau de la fontaine, située à 500 mètres au sud-ouest, afin de se guérir des fièvres intermittentes ; on en fait boire aussi aux enfants débiles, au mois de mai puis on les mène à la chapelle et on les roule sur l’autel pour leur donner force et santé ».

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Dénominations église paroissiale, chapelle, croix monumentale, calvaire, fontaine de dévotion
Adresse Commune : Plougonven
Période(s) Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle
Toits ardoise
Murs granite