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Le Temple de Lannouée, le Haut Lannouée (Yvignac-la-Tour)

Dossier IA22132888 réalisé en 2015

Fiche

Vocables Saint-Jean-Baptiste
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Bretagne - Broons
Adresse Commune : Yvignac
Lieu-dit : Haut Lannouée (le)

En 1182, les Templiers se voient confirmer une aumône à Lanhoe par la charte confirmative de Conan IV. Cette aumône va devenir un établissement où, en 1294, Pierre de Lannouée est reçu dans l’Ordre du Temple in capella domus Templi de Lannoys, par Pierre de Villiers, accompagné de trois frères templiers. En 1313, lors de la dévolution des biens templiers aux Hospitaliers, Jean de Châlons, commandeur Hospitalier de La Feuillée est mis en possession de la domus de Lannoys. Dans le courant du XIVe siècle, le Temple de Lannouée est rattaché à la commanderie de La Guerche, car en 1395, frère Nicolas Seguin reçoit plusieurs aveux en tant que commandeur de l'Hospital du Temple de la Guerche et de la Noueix. En 1578, une foire est accordée en la chapelle de Lannouée par Henri III au jour de la Saint-Jean-Baptiste, puis quatre ans plus tard, le commandeur François Bonnard des Marais afferme les droits qui se rattachent à la ferme à François de Pontville, prêtre d’Yvignac et Pierre de Pontville, seigneur de Bellevan. Au tout début du XVIIe siècle, le manoir de la Guerche étant en partie détruit, le commandeur François de Lesmeleuc préfère séjourner à Lanouée où il y fait construire le manoir des Salles. Dans la Réformation des domaines de Bretagne de 1681, il est précisé que le manoir principal est sittué en la paroisse de Ivignac consiste en un corps de logeix couvers d’ardoizes, granges, cour, jardin, une chapelle, bois de haute futaye, à cela s’ajoutent plusieurs prés dont deux nommées les grandes et petites Justices. Lors de la visite de La nouée en 1747, les frères sont accueillis par Olivier Botrel, métayer du lieu. Le procès-verbal de cette visite est très détaillé : l’autel est fait d’une seul pierre de taille, ses gradins sont ornés d’un grand crucifix de bois accompagné de deux chandeliers, sur l’autel, il y a les statues de Saint-Martin et de Saint-Etienne et au-dessus, le Saint-Esprit dans une niche en bois, il y a un coffre qui renferme les ornements pour les offices, la nef est aussy bien pavée presque toute en tombe de pierre. Il est précisé que la chapelle et le chœur sont nouvellement lambrissés, que le prêtre d’Yvignac, Jan Branchu, est chargé de dire la messe les dimanches et lors de fêtes annuelles et que le membre de Lannouée possède une basse et moyenne justice qui s’exerce en la ville de Dinan. Le domaine de Lannouée est vendu pour 3000 francs le 17 Pluviose de l’an VI (5 février 1798) à Michel Frère, un agriculteur. Au mois de juillet 1935, une tranché est creusée pour l’établissement d’une scierie dans la nef, elle révèle huit sépultures dont les squelettes sont alignés tête-bêche. Puis, au mois d’avril 1981, des fouilles archéologiques sont opérées, elles mettent au jour une clôture de cimetière autour de la chapelle et confirment l’absence de substructures antérieures à la période romane.

Période(s) Principale : 12e siècle, 14e siècle, 15e siècle, 18e siècle, 20e siècle

Le Temple de Lannouée est situé au lieu-dit du Haut-Lannouée à 4 kilomètres au nord-est du bourg d’Yvignac et à 2 kilomètres au sud de Trébedan. De l’ancien domaine hospitalier, il reste une partie du manoir dit des Salles et la chapelle. Si le manoir présente une architecture datant principalement du XVIIe siècle, la chapelle qui fait face, a conservé des élévations romanes. C’est un édifice à nef unique séparée du chœur par une porte en plein-cintre ouvrant sur un avant-chœur suivi d’une abside semi-circulaire. De la nef, seules les fondations et substructures sont aujourd’hui visibles, mise en valeur grâce aux sondages archéologiques de 1981. La façade nord est composée d’un portail en arc brisé simplement chanfreiné à archivolte à retour et surplombée d’une ouverture quadrangulaire comblée. La façade sud n’est percée que d’une porte en plein-cintre aux claveaux serrés encadrée de quatre boulins. L’abside est éclairée par trois fenêtres, la baie axiale est romane, étroite et à linteau monolithe en berceau, la baie au nord est aussi étroite, mais parait plus tardive et sa mise en œuvre rappelle une meurtrière, tandis que la baie au sud est large et ébrasée, au remplage trilobé et chanfreiné. Contre cette fenêtre, à gauche, une porte avec un imposant linteau en mitre semble indiquée un accès privé au chœur. La clôture du cimetière, mise au jour lors de fouilles de 1981, est partiellement visible au sud de la nef et autour de l’abside.

Murs pierre moellon
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Protections inscrit MH, 1976/12/07

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 1F302
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 19H1
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • Geneviève LE LOUARN-PLESSIX, René PLESSIX, « Le Temple de Lannouée en Yvignac (Côtes-du-Nord) », plaquette éditée par l’association Les amis de la chapelle de Lannouée, juillet 1980.

Périodiques
  • PLESSIX, Th. « Le Temple et la chapelle de La Nouée en Yvignac (XIIe-XVIIIe), la question des inhumations au XVIIe siècle », dans Bulletin de la Société d’Émulation des Côtes du Nord, 1935, T.67, p.229-239

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