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Les croix de la commune de Minihy-Tréguier

Dossier IA22133368 réalisé en 2018

Le patrimoine religieux chrétien est omniprésent dans les paysages ruraux de Bretagne : c'est, au même titre que les mégalithes, un marqueur culturel et cultuel. Pour les hommes, c'est une manière de s’approprier socialement le territoire. Son importance en nombre répond aussi à la dispersion de l’habitat rural : dans les paroisses étendues, à l’échelle du village ou du hameau, la chapelle (associée très souvent à une maison de prêtre) remplaçait ainsi l'église pour le culte dominical.

Des fontaines, reprenant bien souvent des cultes païens, mais aussi des calvaires, des églises et chapelles, des croix de chemin ont été érigées le long de la voirie. Dans la religion chrétienne, une croix était obligatoire au milieu du champ des morts. Les croix monumentales participent de l'appropriation du territoire et de sa sacralisation : elles sont souvent à double face : Crucifixion d'un côté (le plus souvent vers l'est) et Vierge à l'enfant ou Pietà de l'autre. Elles servent également de bornes aux paroisses, marquent les hameaux, anciens chemins (pèlerinages et processions), croisements et carrefours (Croas Hent).

Treize croix de chemins ont été recensées dans la commune de Minihy-Tréguier :

- dans le cimetière de l’église Saint-Yves

- un calvaire : calvaire érigé dans l’espace sacré du cimetière. Vers l’ouest-sud-ouest, Christ en croix surmonté du titulus, entouré de la Vierge à sa droite et de Saint-Jean à sa gauche, les bras en croix ; les personnages sont supportés par des angelots. Au pied du Christ, des armoiries. Au revers, au centre Vierge à l’enfant, encadrée de deux personnages : une femme (probablement Marie Madeleine) et un saint évêque. Le calvaire porte les armes de la famille de Roquefeuil et de ses alliés. Selon Jean-Jacques Rioult, c’est à Jean Larchantec [Leuchantec] – également auteur du maitre-autel de l’église en kersanton daté 1872 - qu’il faut attribuer cette croix.

- une croix de cimetière : cette croix a été érigée suite à l’extension récente du cimetière. Fût monolithe à base carré puis cylindrique à ovale en se rétrécissant au sommet et croix sommitale. Vers le nord-nord-ouest : Christ en croix (à l’avers). Au revers, Vierge à l’enfant.

- 11 croix de chemin disséminées sur le territoire communal

- Croaz Ru : croix en granite implantée le long de la route de Lannion à Tréguier, au carrefour de plusieurs chemins : elle figure, sur le cadastre de 1835, associée au toponyme "Croas Rue". Fût monolithe à base carré puis cylindrique à ovale en se rétrécissant au sommet et croix sommitale (4,20 mètres de hauteur pour le fût et la croix ; 4,85 mètres avec le socle et l’emmarchement). Vers l’est-nord-est : Christ en croix (à l’avers). Au revers, Vierge à l’enfant. Cette croix portait les traces en 1973 d’un enduit ou peinture ocre rouge d’où son nom : Croaz Ru, la "croix rouge". Le socle porte des inscriptions en lettre gothique (non déchiffrée). Croix étudiée et photographiée en 1973 dans le cadre du pré-inventaire.

- Traou Miquel : croix en granite érigée à l’extrémité du chemin de Saint-Michel, là où commence le chemin de Saint-Yves : elle figure, sur le cadastre, associée au toponyme "croix neuve de Traou Michel" ("neuve" selon le cadastre de 1835). Cette rue est appelée "rue de la croix de mission". A signaler qu’un puits jouxte cette croix (parcelle n° 733 du cadastre ancien aujourd’hui parcelle n° 1158). Fût monolithe à cylindrique et croix sommitale. Vers le nord : Christ en croix (à l’avers). Au revers, Vierge à l’enfant. Socle à entablement sur emmarchement à trois degrés. Croix en bois vue à cet emplacement sur des cartes postales.

- Ar Varquez : croix en granite implantée au carrefour de trois chemins : elle figure sur le cadastre de 1835 (sans toponyme). Fût monolithe de section cylindrique avec croix sommitale (2,10 mètres de hauteur pour totale). Vers le nord-nord-ouest : Christ en croix (à l’avers). Au revers, Vierge à l’enfant. Socle daté de 1833. Croix étudiée et photographiée en 1973 dans le cadre du pré-inventaire.

- La Croix Blanche : croix en granite implantée au carrefour de plusieurs chemins : elle figure, sur le cadastre de 1835, associée au toponyme "La Croix blanche". Fût monolithe de section rectangulaire à arrêtes abattues surmonté d’un double chapiteau et d’une croix sommitale (3,15 mètres de hauteur pour le fût et la croix ; 4,15 mètres avec le socle et l’emmarchement). Côté route et carrefour, c’est-à-dire orienté vers le nord-est : Christ en croix (à l’avers). Au revers, Vierge encapuchonnée, les mains jointes (côté champ). Les deux personnages sont représentés de manière très frustes dans un granite gros à gros grain. Le socle porte l’inscription suivante PIERRE LE / COZANNE/T ET SA FEMME (face nord) ; F:F:P: (face est) ; 1806[K?] (face ouest). Pierre Le Cozannet s’est fiancé à Françoise Connan [Connen] en 1790, il est mort le 16 septembre 1809 à l’âge de 65 ans. Croix étudiée et photographiée en 1973 dans le cadre du pré-inventaire.

- Coat-Huel : croix en granite implantée au carrefour de quatre chemins : elle figure, sur le cadastre de 1835, associée au toponyme "Croas Coat-Huel". Fût monolithe de section carrée puis cylindrique en deux parties surmonté d’une croix sommitale (3,50 mètres de hauteur totale). Vers le nord : Christ en croix (à l’avers). Croix étudiée et photographiée en 1973 dans le cadre du pré-inventaire.

- Croix du carrefour de Kermoal - Keranfur (Kerfur) - Crec'h an Goué : croix implantée au carrefour de quatre chemins : elle figure sur le cadastre de 1835 sans toponyme. Croix en béton armé ornée d’un Christ en croix en fonte. Socle orné de motifs floraux.

- Croix de la départementale vers Saint-Michel, plus haut que Kergroas : grande croix en bois ornée de motifs celtiques (entrelacs).

Croix déplacées et remontées

- Le Guindy : croix en granite dite "Croix Saint-Marc" vraisemblablement déplacée. Fût monolithe de section octogonale. Côté route, Christ en croix. Des inscriptions en lettre gothique sont visibles sur le socle.

- Mézobran : croix brisée, probablement déplacée. Elle était située en 1973 sur un muret entre Convenant Quellec et Mézobran.

- Langazou : fût de section octogonale à cylindrique, brisée tout comme la croix. D’un côté, un Christ en croix ; de l’autre, Vierge à l’enfant. Il s’agit en réalité de l’ancienne croix dite de Kerguyomard déplacée après 1973. Implanté sur le carrefour de Kerguyomard, elle avait été déplacée sur un talus non loin de l’ancien manoir de Keriec. Elle a ensuite été déplacée à Langazou.

- Saint-Renaud : croix figurant sur le cadastre de 1835 sans toponyme. Socle sans croix le long de la route : s’agit-il de la croix conservée dans le parc du manoir de Saint-Renaud ?

Aires d'étudesSchéma de cohérence territoriale du Trégor
Dénominationscroix de chemin, croix monumentale, croix de cimetière
AdresseCommune : Minihy-Tréguier

Références documentaires

Documents d'archives
  • Canton de Tréguier (22). Pré-inventaire de la commune de Minihy-Trégier par Nicole Chouteau et Viviane Maillen assistées de Didier Richard pour les photographies, 1973.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 152