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Les demeures, manoirs ou châteaux sur la commune de Saint-Jouan-des-Guérets

Dossier IA35046676 réalisé en 2007

Fiche

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Les châteaux et les manoirs :

Certains lieux sont mentionnés comme des châteaux sur le cadastre de la commune réalisé en 1834 ; il s'agit de la Ville-aux-Oiseaux et de Launay-Quinard. A cette époque, certains autres châteaux avaient déjà disparu, c'est le cas de celui de la Motte-Rouxel. Ce château de la Motte-Rouxel appartenait, en 1485, à la famille Aubert, seigneurs de Saint-Germain, puis aux de Chateaubriand, seigneurs de Beaufort en 1513, puis aux Trublet en 1642. En 1834, sur le cadastre, seul le site d'implantation de ce château était encore visible ; il était constitué d'une plate forme entouré de douves et d'un vivier. Il existait un colombier ainsi qu'une chapelle sur ce site.

Contrairement à la Motte-Rouxel, où il ne reste quasiment aucun vestige du château, d'autres lieux nobles ont conservé leurs bâtiments. Par exemple, le manoir du Pont d'Het, construit en 1670 ; une chapelle a par ailleurs été construite en même temps. Une des pierres de la chapelle porte les armoiries de la famille Sioc'han et de la famille Artur et la date de 1689.

Le manoir de la Ville-es-Oiseaux domine la Rance, sa chapelle était détruite avant la Révolution. Il conserve aujourd'hui un pigeonnier. Ce bâtiment a vraisemblablement été construit au 18e siècle sur le site d'un ancien manoir car le linteau à accolade de la porte est un remploi plus ancien. De plus, l'aile ouest a été ajoutée au 19e siècle dans le but d'agrandir la demeure et de donner une certaine symétrie au plan de la construction.

Le manoir de Saint-Hélier date vraisemblablement du milieu du 18e siècle ; sa chapelle disparue portait la date de 1767. Il a appartenu à la famille d'armateurs Magon de Saint-Elier ; il conserve un colombier.

Paul Banéat, dans son ouvrage Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments, mentionne les manoirs suivants :

Manoir de la Tournerie, il appartenait aux Thomas en 1485 et aux de Cherrueix en 1513.

Manoir des Landelles, la famille de la Motte en était propriétaire au 15e et au début du 16e siècle.

Manoir de Launay-Quinart, il appartenait aux Quinart, puis aux de Broon au 15e siècle, aux Le Gobien au début du 17e siècle et aux Danycan au début du 18e siècle.

Manoir des Petites Salles.

Manoir de Launay Trochard, la famille Le Coq le possédait au 15e siècle ; en 1513, il appartenait aux le Meignan.

Manoir du Pont-d'Het, aux 17e et 18e siècles, il appartenait à la famille Sioc'han.

Manoir du Coudray, il appartenait aux Malleterre en 1513.

Manoir des Tranchaudières, il était à la famille Rouxel en 1513.

Manoir d'Albiville.

Manoir de la Ville-ès-Oiseaux, il était aux Chaussée au 15e et au début du 16e siècle, puis aux Magon, seigneurs du Clos Doré au 18e siècle. Au début du 20e siècle, il appartenait aux Magon de la Vieuville.

Manoir de la Chapelle.

Manoir du Tertre.

Manoir du Val-ès-Bouilly, la famille Emeric le possédait au 17e et 18e siècle.

Manoir de la Chaise, en 1420, il appartenait à la famille Guillaume et en 1513, à la famille Fésant.

Manoir de la Ville-ès-Ory.

Manoir de la Briantais, la famille Beaubois le possédait en 1485.

Manoir de la Plussinais, la famille le Breton le possédait en 1708 ; au début du 20e siècle, il était la propriété de la famille Bréjerac.

Les malouinières :

La commune possède sur son territoire une certain nombre de demeures qui présentent des caractéristiques architecturales communes que l'on peut rapprocher du type de la malouinière.

Au début du 18e siècle, le terme de "malouinière" désigne une petite maison suburbaine.

A cette époque, une révision du système défensif de la ville de Saint-Malo, due aux agressions anglaises, est réalisée par le Chevalier Siméon de Garengeau, disciple de Vauban. Il devient ingénieur de la ville de Saint-Malo et complète la ceinture de remparts et de portes de la ville. Il a peut-être participé à la réalisation de certaines malouinières car il a surveillé la construction intra-muros au début du 18e siècle ; de plus, des similitudes architecturales existent entre certaines malouinières et certains hôtels urbains de Saint-Malo.

Au cours de la première moitié du 18e siècle, de nombreux manoirs furent achetés par les armateurs, qui les remplacèrent par des malouinières. En effet, à la fin du 17e et au début du 18e siècle, de nombreux annoblissements de mérite viennent couronner des carrières brillantes comme celles de Moreau de Maupertuis, René Duguay Trouin ou encore Magon de la Chipaudière notamment.

Tous les ans, les seigneurs ou personnes aisées se retiraient dans leurs malouinières afin de gouter les joies de la campagne.

Le plan :

La plan des malouinières reprend plus modestement celui du château de Champs-sur-Marne, construit en Ile-de-France à partir de 1701 par l'architecte Bullet de Chamblain.

Les murs sont réalisés en moellon de pierre locale et enduits ; les éléments apparents (encadrements de baies, chaînages d'angle, bandeaux) sont réalisés en granite des îles Chausey.

Le plan le plus simple est le plan ramassé, quadrangulaire, hérité des demeures de la fin du 17e siècle. Ce plan se décline en façades à trois, cinq ou bien sept travées. Parfois, ce plan simple est complété d'un avant-corps central. Dans d'autres cas, le corps de logis central est prolongé d'ailes latérales ; toutefois, ce plan est plus rare.

A l'intérieur, le plus souvent, un vestibule axial contient un escalier hélicoïdal (héritage de la vis médiévale), à rampes droites ou à parties tournantes. Cet escalier, toujours réalisé en bois, se trouve sur un des côtés de l'entrée ; ce n'est donc pas un élément d'apparat dans ces demeures. Les balustres de ces escaliers sont de section rectangulaire, à une seule panse, bagués en haut et en bas. Dans les malouinières tardives, les balustres sont plus plats. Face à l'entrée, se trouve le plus souvent le salon offrant une perspective sur le jardin. D'un côté, se trouvent la salle à manger (nouveauté à l'époque) et la cuisine et, de l'autre côté, une autre salle d'assemblée et des chambres. L'étage est occupé par des chambres desservies par un couloir.

Généralement, en façade, un bandeau de granite prolonge, soit le linteau de la fenêtre inférieure, soit l'appui de la fenêtre supérieure. Les baies possèdent la plupart du temps des linteaux en segment de cercle ("bombé"). Les lucarnes possèdent toutes des baies à linteaux en arc segmentaire, surmontés d'une corniche galbée moulurée avec une couverture à croupe. La toiture à croupes est surmontée de pots à feu en plomb, en étain ou en terre cuite qui s'inspirent du décor des balustrades à l'italienne et qui rapellent les épis de faîtages et les girouettes présents sur les manoirs.

Les cheminées sont majoritairement en bois et intégrées au lambris. Au contraire, les cheminées des cuisines sont réalisées en granite ; elles possèdent des consoles arrondies et un linteau monolithe.

Chaque malouinière possède un jardin, parfois orné de "fabriques" qui apparaissent à cette époque (petits édifices servant d'orangerie, d'abri à billard).

Evolution :

Au 18e siècle, les malouinières connaissent deux évolutions parallèles, d'une part, il existe des maisons de villégiature éphémère qui rapellent les folies et vide-bouteilles (petites maisons de plaisance avec un jardin proches d'une ville) des faubourgs urbains ; d'autre part, il existe des modèles plus conséquents qui se rapprochent du château et qui tendent à être occupés en permanence.

Au début du 19e siècle, le type de la malouinière évolue grâce à l'introduction de certains éléments d'architecture comme le grand fronton triangulaire du Val Marie par exemple.

Dans les années 1860-1880, le modèle de la malouinière (façade à travées) donne naissance à de nombreuses maisons bourgeoises.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations demeure, manoir, château
Adresse Commune : Saint-Jouan-des-Guérets
Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 14
étudiées 0

Annexes

  • 20073508511NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20073508501NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20073508356NUCB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6Fi.

    20073508354NUCB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6Fi.

    19883500621XB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8Fi.

Références documentaires

Documents figurés
  • St-Jouan-des-Guérets. Section B2 dite de Launay-Quinard, en 2 feuilles, 2me feuille. Du N°456 au N°761. Par Maudet, Géomètre [1834], échelle 1/2500 e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

  • Côte d'Emeraude. 1325. Les Bords de la Rance. Le Château de SAINT-ELLIER EN SAIN-JOUAN . Carte postale, E. L. D., [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

  • Châteaux de Bretagne. 270. La Ville-ès-Ory. St-JOUAN-des-GUERETS (I.-et-V.) . Carte postale éditée par Lelièvre, éditeur, Guer, [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi).

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

  • FOUCQUERON, Gilles, BAILHACHE, Alain. Au pays de Saint-Malo. L'épopée des Malouinières. Saint-Malo : Editions Cristel, 2007.

  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA France, BARRIE, Roger, RIOULT, Jean-Jacques. Région Bretagne. Les malouinières - Ille-et-Vilaine. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1997, (Images du patrimoine, n°8).

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

  • POTIER DE COURCY, Paul. Nobiliaire et armorial de Bretagne. Mayenne, Joseph Floch, imprimeur-éditeur, 1970, 4e édition.

  • RIOULT, Jean-Jacques, VERGNE, Sophie, ARMINJON, Catherine (dir.), MUEL, Francis (dir.). Les orfèvres de haute Bretagne. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2006.

  • SECRETARIAT D'ETAT A LA CULTURE. COMMISSION D'INVENTAIRE BRETAGNE. Les Malouinières. Vannes, Presses de l'Imprimerie Ouvrière Vannetaise, 1975.

  • YVON, Pierre-Jean. Malouinières, manoirs et demeures du Clos-Poulet. Brest : Editions Le Télégramme, 2005.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).