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Les granges et étables sur la commune de Domalain

Dossier IA35021640 réalisé en 2003

Fiche

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Autant sinon davantage que les logis de ferme, les bâtiments d'exploitation sont le reflet de l'évolution des conditions de vie dans les campagnes, en tous cas de celle des activités agricoles. Ces édifices ont peu retenu jusqu'à présent l'attention des chercheurs qui ne leurs ont consacré que de trop rares études. Ce n'est pas ici le moment de l'entreprendre, mais quelques observations s'imposent néanmoins. Rares sont les chronogrammes relevés sur les bâtiments d'exploitation : quatre dates portées en tout et pour tout, ce qui incline par prudence à situer la construction de la quasi totalité du corpus dans une fourchette chronologique qui part du milieu du XIX e siècle aux premières décennies du XXe siècle. Mais c'est durant cette période que se produit la première modernisation agricole qui se traduit par une véritable spécialisation des bâtiments selon leur destination. Aussi est-il possible d'esquisser un florilège de cette architecture quelquefois remarquable.

Beaucoup d'incertitudes entourent l'usage qui était fait des rares dépendances anciennes - c'est à dire antérieures à 1850 - qui subsistent souvent à l'état de vestiges : entrepôt de denrées, de foin, abris pour les animaux ou un peu tout à la fois ? Ces modestes bâtiments conservent souvent des modes de construction anciennes, comme la dépendance de la petite ferme du Pavillon de la Pipardière, montée en pan de bois et clayonnage de branchage recouverts de terre, celle de la Daguinière, avec solin de grès et colombes apparentes, ou celle de la Fleurinais construite en terre et enduite à la chaux.

Les granges et remises

De tous les bâtiments agricoles, ceux que l'on dénomme encore aujourd'hui sous le nom de "grange" incarnent en quelque sorte la mémoire des ferme d'autrefois par leur ancienneté. Il ne fait guère de doute qu'ils aient aussi servi de remise pour le matériel agricole peu encombrant avant la fin du XIXe siècle : les exemples les plus anciens commes la grange deBellanger ou celle du Palandron sont ouvertes dans le pignon et sur un côté. Les modèles "fermés" que l'on trouve au Sauvé, à la Haute Vallée et au Rocher semblent plus récents, mais tous ces édifices ont en communs un mode de construction en pan de bois et terrasse à l'exception de petites granges comme celle de la Cherruère montée en moellons de grès. Cette dernière semble l'aboutissement de cette évolution car à ce moment s'est opérée une distinction fonctionnelle entre la grange et la remise. Bien qu'il existe des exemples anciens de remise ou hangar à matériels dont l'unicum de la Bertrie donne le spécimen, entièrement sur poteaux de bois, la plupart des remises sont bâties en moellons de grès et ouvertes sur la moitié d'un côté comme celle du Plessix élevée en 1888, ou sur les trois quarts d'un côté comme à la Haute Nacherie, ou encore sur la totalité : ainsi à la Motellerie.

Des formules mixtes, dictées par l'économie autant que la fonctionalité, ont été adopté assez tôt dans le cours du XIXe siècle, comme cette grange-étable des Grandes Euches, ou celle du Prétay. Plus tardifs sont les modèles du Chêne Montsinault ou du Bas Montenou, ce dernier exemple vers 1900.

Les étables à vaches ou à chevaux

Un doute subsiste sur la fonction dévolue àla dépendance agricole la Basse Tuilerie, mais sa modestie correspondrait bien à l'étable d'une petite ferme au cheptel réduit. C'est aussi l'impression qui se dégage des étables de la Maillardière, des Rochers de Montenou et de Bernier, bâtiments pouvant remonter au XVIIe ou au XVIIIe siècles, qui ne pouvaient contenir qu'une dizaine de bêtes à cornes tout au plus. Si les dimensions de l'étable de Mongerheux demeure dans des proportions similaires, l'essor de l'élevage bovin dans la seconde moitié du XIXe siècle a occasionné la construction d'étables impresionnantes dont celle de la Gouinière et surtout celle de Pouezsont les plus révélatrices du phénomène.

Les écuries en revanche, sont plus rares : le cheval est un animal de prestige qui servait essentiellement au transport des personnes. Les labours, jusqu'à une date assez tardive dans le XIXe siècle, se faisaient avec des boeufs, moins onéreux et plus puissants. L'écurie du Haut de la Voie est d'ailleurs probablement une ancienne grange réaménagée à ce moment de transition, vers 1880. C'est à cette époque aussi que fut construite l'écurie des Rochers, dont la mise en oeuvre soignée est remarquable.

Les soues ou refuges à porcs

Les porcs, peu exigeants sur la nourriture et base de l'alimentation carnée dans les campagnes de jadis, ont tôt fait l'objet d'un élevage extensif promu par les seigneurs, maîtres de forêts et autres terres de pacages pour la glandée. La généralisation du cochon dans l'élevage vivrier - un ou deux bestiaux par exploitation - était déja bien avancée avant le XVIIIe siècle, mais aucunesoue de cette époque n'a été conservée. Le plus ancien refuge à porcs recensé se trouve peut être aux Courtils : deux cellules séparées par une cloison de bois. Les soues en batterie comportant trois ou quatre cellules n'apparaissent pas avant le milieu du XIXe siècle ; ainsi aux Teillais. Ces refuges à porcs prennent parfois vers la fin du siècle des dimensions respectables comme au Bas Montenou, ou font l'objet d'une construction soignée qui prend l'allure d'un modèle du genre comme à la Motellerie ou à la Grande Béguinière. Aux environs de 1900, on affectionne les ensembles combinés associant soues à porcs et fours à nourriture : la Petite Maison Neuve en donne un exemple.

Les fours

Les fours recensés sur le territoire de la commune ressortissent tous au même modèle . Seul, un exemplaire est daté, à la Basse Hairie (1886), ce qui inciline à penser que tous ont été construits entre 1860 et 1920 environ. Le four du Plessis Hogrel est très représentatif du corpus. La disposition de celui de la la Boisnarderie, accolé au mur postérieur du logis est unique.

Les puits

Trois modèle de puits se dégagent de la collecte. Le premier qui semble le plus ancien présente une margelle basse surmontée d'une potence ou cage de bois souvent disparue comme au Hodelot, sur le modèle du puits de la Haute Nacherie. Le puits des Teillais est représentatif d'un second type : monté en moellons de grès et couvert de palis de schiste. On trouve à la Petite Maison Neuve un exemple du dernier modèle, entièrement monté et couvert en moellons, avec un fronton souvent percé d'une niche.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsgrange, étable
AdresseCommune : Domalain
Période(s)Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 114
étudiées 0