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Les maisons et fermes sur la commune de Liffré

Dossier IA35011669 réalisé en 2001

Fiche

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Lors de cette enquête, 500 logis ont été recensés sur le territoire communal. 234 seulement présentent un état de conservation satisfaisant pouvant motiver l'ouverture d'un dossier. Il s'agit de 131 maisons, 102 fermes et d'un presbytère. Si ce dernier a été construit en 1856 sur les plans de l'architecte Jacques Mellet, la majorité des maisons rurales liffréennes ont été bâties entre 1850 et 1925 (près de 40 % des dossiers). Un petit nombre sont datables du 18e siècle ; elles se situent surtout en campagne : ferme 5 de la Busardière ; ferme du Bas Champ Fleury ; ferme du Haut Champ Fleury. Les exemples plus anciens ne remontent pas au-delà du 16e siècle ; ayant été remaniés au cours des siècles, ils ne conservent que quelques éléments anciens (porte, fenêtre, etc.) : ferme 2 de la Haute Galesnais ; maison 2 de la Ruffauderie ; maison 4 de la Busardière possédant une fenêtre avec grille de fermeture gravée, unique sur la commune ; ferme 1 et 2 du Breil Rond.

Commune essentiellement rurale jusqu'au début du 20e siècle, Liffré conserve d'importants ensembles agricoles parmi lesquels il convient de citer les fermes du Haut Champ Fleury, du Feu, du Bas Champ Fleury et de Granville rassemblant un grand nombre de bâtiments en terre.

L'habitat liffréen est en général très remanié. Certaines modifications sont notables comme le fait d'inverser la porte et la fenêtre pour créer une seconde pièce d'habitation (généralement une chambre) : maison 4 de l'Ariançon, maison 5 de Sérigné, ferme 1 de la Bergerie. La surélévation est également courante. Elle permet, entre autres, d'agrandir l'espace de stockage (grenier ou fenil). Quelques exemples sont nettement lisibles : maison de la Prétais, ferme de la Rigauderie.

Si le matériau de prédilection est le moellon de grès, la terre est également présente dans près de 40 % des dossiers. Elle est presque systématiquement enduite, souvent avec un enduit de ciment.

La technique utilisée est généralement celle de la bauge. Les murs reposent sur un solin de grès, jamais de schiste (un seul cas au Breil Rond : une porcherie). Ils sont montés par accumulation des blocs de mortier de terre grasse mêlée de paille ou de foin. On peut voir un exemple de la technique dite en "petits paquets" à la ferme 3 du Breil Rond. Le pan de bois et le torchis sont également présents sur la commune : remise de l'alignement de logis 3 de Launay, grange de la ferme 7 de la Busardière, ancienne ferme (?) de la Lande Ragot.

Les maisons forestières

Cinq maisons forestières ont été recensées sur la commune. Elles furent, pour la plupart, construites autour de 1865 à l'emplacement d'anciennes "loges" visibles sur le cadastre de 1827. Seule la maison de Papillon a été bâtie plus tardivement.

Ne possédant de style commun, elles ne forment pas de groupe uniforme. La maison de Papillon a une façade pignon ; les baies de la maison de la Chapelle Saint-Pierre sont en plein-cintre ; les maisons de Saint-Denis, la Martois et Maison Neuve ont un toit à croupe. Par contre, elles présentent toutes un plan rectangulaire à deux pièces au rez-de-chaussée et possèdent au minimum un four, un puits et un cellier. La maison forestière de Saint-Denis est celle qui a le mieux conservé son ensemble de dépendances.

Les alignements

Courant dans le milieu rural, la construction de logis en alignement témoigne d'un souci pratique (seuls trois murs sont nécessaires pour une habitation s'appuyant sur le pignon d'un bâtiment existant) comme d'une réalité économique et sociale (le logis ancien est déclassé en dépendance lorsqu'un logement plus moderne est élevé ; les enfants son logés à côté de leurs parents).

Les alignements sont peu présents dans la commune de Liffré ; 32 alignements de logis et de dépendances agricoles ont été recensés. Ils ne comptent pour la plupart que trois à quatre bâtiments.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Liffré
Période(s)Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Décompte des œuvres repérées 280
étudiées 0

Annexes

  • I. L'architecture du canton de Liffré à travers les procès-verbaux de biens nationaux (Erwan Le Texier)

    L'enquête sur les saisies de biens nationaux a été menée sur l'ensemble du canton de Liffré, ce qui nous permet de donner une typologie assez cohérente des maisons, des fermes et des moulins à la fin du 18e siècle. Les procès-verbaux d'estimations et de ventes de biens nationaux de la Révolution Française permettent de définir des types architecturaux communs à tout le canton de Liffré. Certes les matériaux employés varient, de la terre à la pierre en passant par la "terrasse" (torchis et bois) ; mais les fermes, les maisons, les moulins connaissent une organisation plus ou moins semblables.

    Les fermes

    La cellule de base d'une ferme est composée d'une demeure avec cheminée et d'une étable de taille équivalente. La superficie totale est réduite. A cette cellule basique s'ajoutent d'autres dépendances, en longère ou autour d'une cour : grange, deuxième étable, refuge (s) à porcs, hangar (avec pressoir), fournil, plus rarement une écurie (3 cas sur 23), etc. Quand on trouve un cellier ou une pièce de décharge (ce qui est assez fréquent), il/elle se situe sous le même toit que le logis, près de la pièce de demeure.

    S'il n'y a jamais de sous-sol, le logis est souvent surmonté d'un grenier et l'étable d'un fenil, le foin ayant tendance à fermenter. Il est également fréquent que les dépendances soient surmontées d'un grenier. Certaines sont partagées entre deux fermes : le pressoir, le four, le puits. On peut y voir une conséquence du morcellement des unités opéré par la législation de l'an II (1794) sur les Biens Nationaux. L'exception vient des grosses fermes situées à proximité d'une maison noble ou provenant du déclassement d'un manoir. Auquel cas les bâtiments d'exploitation forment un tout avec les terres autour et l'exploitation à elle seule forme le village.

    Les ouvertures sont peu nombreuses, au mieux une porte et une fenêtre à chacune des pièces principales (demeure et étable), une gerbière pour le grenier et des petits jours dans les bâtiments de moindre importance. Ces ouvertures sont en façade. La grande majorité des fermes est orientée à l'est ou au sud, rarement à l'ouest et très exceptionnellement au nord. Les granges ont souvent une porte charretière.

    Le logis principal compte une cheminée au rez-de-chaussée, jamais à l'étage (une exception : la Hamonaie, en Saint-Sulpice). On peut trouver parfois une cheminée sur un autre bâtiment du même alignement ou de la cour. Quant aux escaliers, il est rare d'en trouver et, lorsqu'il y en a, ils sont en bois, comme les cheminées.

    Le matériau de prédilection est la pierre ou la terre, plus rarement la "terrasse" ou les colombages au nord du canton, avec souvent des ouvertures en pierre de taille ("en taille"). La couverture du bâtiment principal (demeure et étable) est en ardoise (seule la ferme de l'Oriolais, en Ercé-près-Liffré, a encore une partie couverte en paille en dépit de son statut d'ancien manoir). Les refuges à porcs sont généralement en terre sur solin de pierre et sont toujours couverts en paille/chaume, ce qui témoigne du moindre soin que l'on porte au "confort" de leurs hôtes. Les hangars sur poteaux de bois et couverts en paille sont nombreux ; ils renferment souvent le pressoir. Le sol des greniers est le plus souvent en terre, parfois doublé de branchages, plus rarement d'un plancher ; il est fréquemment de mauvaise qualité, voire peu fiable.

    En définitive, on fait face à une grande variété dans les dimensions, dans la qualité des matériaux, dans le confort, ce qui semble témoigner de qualités de vie très variables au sein du monde paysan.

    Les maisons

    Les demeures d'artisans ou de rentiers (dans les bourgs) et les maisons nobles connaissent la même organisation. Plus vastes et plus complexes que les fermes, on y trouve une pièce par fonction : cuisine, salon, cellier, vestibule, cave au-dessous, chambres et cabinets au-dessus, greniers. Quatre niveaux peuvent être superposés, du sous-sol aux combles, reliés par un ou plusieurs escaliers en bois voire en pierre, menant jusqu'aux greniers. Les divisions intérieures sont des murs de refend ou des cloisons de bois et les portes de communication intérieures sont nombreuses, tout comme les fenêtres et lucarnes, tant en façade qu'en pignon. Les planchers sont souvent planchéiés ou carrelés. Les matériaux de construction et de couverture sont toujours les mêmes : pierre et ardoise. Il est fréquent de rencontrer plusieurs cheminées au rez-de-chaussée et au moins une à l'étage, partageant ou pas la même souche de cheminée.

    Les maisons connaissent des pièces ou des dépendances consacrées à des fonctions "originales" : buanderie, charbonnier, etc. Les dépendances peuvent aussi être des latrines, voire un refuge à porcs. Presbytères et chapellenies possèdent des bâtiments agricoles supplémentaires : étable, pressoir, écurie, etc. Hormis la présence éventuelle d'une chapelle, ce sont ces éléments qui distinguent la maison de prêtre ou de chapelain d'une maison classique.

    Les moulins

    Les moulins (uniquement à eau sur le canton) sont généralement constitués de deux pièces principales, salle du moulin (parfois haute) et demeure surmontés d'un grenier. Dans seulement deux cas sur les sept répertoriés sur le canton, la demeure se situe dans un autre bâtiment, associée à des bâtiments agricoles formant une petite exploitation. Dans l'un de ces deux cas (le moulin de Liffré), une pièce à côté de la salle du moulin est consacrée au dépôt des sacs. Les moulins comportent souvent des ouvertures plus nombreuses que les fermes, notamment des fenêtres vitrées, afin de faciliter le travail qui s'effectue ici en intérieur, à la différence des fermes. Ces bâtiments principaux sont exclusivement en pierre et couverts en ardoise.

    Des bâtiments d'élevage sont très souvent associés au moulin : refuge à porcs, étable. Dans cinq, voire six cas sur sept, on trouve une écurie, ce qui témoigne de l'importance du cheval, animal de trait pour le transport des grains et marchandises, au contraire des fermes où le bovin est l'animal privilégié pour l'élevage et les cultures.

    Fours et puits

    Fours et puits ne sont pas des bâtiments caractéristiques de l'un ou de l'autre de ces types, puisqu'on les trouve dans chacun à proportion égale. Les puits se rencontrent dans tous les lieux, sauf les moulins. Les fours sont fréquents dans les fermes, mais pas uniquement là.

  • II. Les procès-verbaux de biens nationaux de la commune de Liffré (Erwan Le Texier)

    Liffré n'a pas échappé, lors de la Révolution Française, aux saisies de biens nationaux de première origine (ecclésiastiques) ou de seconde origine (privés). Il ne subsiste que quatre procès-verbaux d'estimation de biens nationaux aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : la chapellenie de la Benazerie (cf. dossier presbytère), le moulin de Liffré (cf. dossier Moulin de Liffré), l'Ariançon et la Guérinais. Même si ces deux dernières exploitations ont aujourd'hui disparue, il paraît intéressant de connaître leur organisation à la fin du 18e siècle :

    L'Ariançon

    Trois petites "loges" appartenant, avant la Révolution, à la fabrique de Liffré, sont décrites très succinctement dans un procès-verbal d'estimation du 12 Vendémiaire an V (1796) : une demeure, une boucherie et une étable, avec une cour et un jardin. Les matériaux ne sont pas précisés. Les textes mentionnent simplement que ces trois loges ont été construites par l'ancien propriétaire, donc dans le dernier tiers du 18ème siècle. Elles sont vendues le 22 Vendémiaire à un certain Jean Sevaille.

    Le cadastre ancien (1827) représente effectivement trois bâtiments accolés sur le bord de la route menant de Rennes à Liffré. L'un est indiqué comme "maison", les deux autres "masures", ce qui dénote une qualité architecturale moindre aux yeux de l'inspecteur du cadastre. La maison, avec le grand jardin à l'arrière, appartient à Jean Sevaille, qui vit à cet endroit. Une des masures, avec une portion de cour, un petit jardin et une terre, appartiennent à Sainte Sevaille, qui réside au bourg. L'autre masure, avec l'autre partie de la cour, est à François Lefeuvre (peut-être un membre de la même famille), qui y habite. Il semble que cette dernière exploitation soit bien médiocre et dérisoire. Autour, deux grandes parcelles sont la propriété de deux riches rentières rennaises.

    Aujourd'hui, le lieu-dit existe toujours, à la sortie du bourg dans lequel il est intégré. Les maisons récentes y sont très nombreuses. Seul un petit logis en terre, recouvert d'un épais enduit, pourrait être la "maison" de Jean Sevaille. A moins qu'il ne lui ait succédé à cet emplacement. Il serait surprenant que des logis apparemment très modestes en taille, en matériaux et en confort soient parvenus intacts jusqu'à nous.

    Les Guérinais

    Le 5 Fructidor an IV, deux experts procèdent à l'estimation de la ferme des Guérinais, provenant de la fabrique : " l'état des bastiments, les matières de leurs constructions, leurs longueurs, leurs largeurs et hauteurs ". Nous n'avons en fait aucune mesure. En revanche, les matériaux, l'organisation des bâtiments, la distribution intérieure sont décrits ainsi que les ouvertures. Ceci fait des Guérinais un exemple intéressant d'exploitation liffréenne de la fin du 18e siècle.

    La maison principale est à fonctions combinées, soit deux salles communiquant entre elles et ayant chacune une porte sur l'extérieur : un logis à feu, surmonté d'un grenier, et une étable surmontée d'un fenil. Aucun escalier n'est signalé, l'échelle restant, dans les fermes, le moyen le plus fréquent d'accéder aux greniers. Tous les bâtiments qui caractérisent une exploitation agricole sont présents : refuge à porcs, pressoir, four, puits, ainsi qu'un autre bâtiment dont l'usage n'est pas défini, peut-être une écurie. La pierre est le matériau de construction de la majorité des constructions, y compris le refuge à porcs. La couverture du logis est faite d'ardoises, matériau déjà très répandu dans la région à cette époque. Celle du refuge à porcs est en chaume. On privilégie en effet les humains et les bovins, éléments moteurs d'une exploitation agricole, en accordant beaucoup de soin au bâtiment principal. Le four est couvert en terre.

    On ignore l'acheteur de la ferme que l'on peut probablement reconnaître sur les parcelles 548 et 549 du cadastre ancien. La difficulté de la situer avec précision indique que des modifications ont eu lieu entre 1796 et 1828, conformément à l'évolution du monde et de l'économie agricoles. Là où il y avait une seule ferme, on trouve désormais deux exploitations, et surtout deux maisons là où il n'y avait qu'un logis. On peut supposer que la division date de 1796, selon la législation de l'an IV, qui préconisait un morcellement des grosses exploitations pour que les petits paysans puissent accéder à la propriété. La difficulté devait être ensuite d'exploiter convenablement sa terre sans avoir tous les moyens en son pouvoir.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Ille-et-Vilaine. Série Q : 1 Q 374. Procès verbal d'expertise : domaine engagé.

  • A.D. Ille-et-Vilaine. Série Q : 1 Q 1191. Procès verbal d'expertise : état d'une maison déclarée domaine engagé.

  • A.D. Ille-et-Vilaine. Série Q : 1 Q 748. Procès verbal d'expertise : domaine engagé.

  • A.D. Ille-et-Vilaine. Série Q : 1 Q 374. Liffré. Procès-verbaux d'expertises et des ventes. Biens de première origine. 23 et 24 mars 1791, par René Pierre Baymé.

  • A.D. Ille-et-Vilaine. Série Q : 1 Q 374. Liffré. Procès-verbaux d'expertises et des ventes. Biens de première origine. 5 Fructidor an IV, par François Julien Pinezon et Pierre Geffroi.

  • A.D. Ille-et-Vilaine. Série Q : 1 Q 374. Liffré. Procès-verbaux d'expertises et des ventes. Biens de première origine. 12 Vendémiaire an V, par François Rolland et Pierre Buffé ; 22 Vendémiaire an V.

  • A.D. Ille-et-Vilaine. Série Q : 1 Q 676. Séquestre des moulins. 26 Fructidor an VII, par René Le Moine, Jean Morin et Jean Hamon..