Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Les maisons et les fermes de la commune de Lanmérin

Dossier IA22133033 réalisé en 2017

Fiche

Un habitat dispersé

A l'exception du bourg et de ses extensions, l'habitat ancien de Lanmérin est constitué en majeure partie de fermes isolées (Convenant Huon, Argas, Le Glaz, Tanguy Noanès, Garant, etc.) ou regroupées dans des petits hameaux de 2 à 3 unités (Keramprenest, Kerespern, Convenant Hernot, Guerset, Garic, Mouden, Le Guével, etc.). La chapelle Saint-Jérôme de La Salle n’est pas au centre d'un hameau, comme c'est le cas dans d'autres paroisses, mais isolée au bord de la route menant de Rospez au bourg de Lanmérin.

Ce dispersement de l'habitat est lié à la richesse des terres agricoles propices, notamment, à la culture du blé et du lin. Sur le cadastre ancien de 1834 figure une dizaine de routoirs qui attestent l’existence d’une activité linière. Ces bassins maçonnés en pierre étaient destinés au rouissage du lin. Le rouissage consiste à faire macérer la plante afin que sa décomposition permette à l’écorce de se détacher de la fibre de lin. Les routoirs sont généralement implantés sur un cour d’eau et à l’écart des habitations en raison de la pollution et des odeurs qu’ils génèrent. Aujourd’hui, ces bassins ont disparu ou ne sont plus visibles sur la commune de Lanmérin.

La dispersion de l’habitat s’explique également par la forte présence de l'eau, mais également par le système d'exploitation des terres agricoles sous l'Ancien Régime dit ; à domaine congéable. Il s’agit d’un contrat dit « bail à convenant » par lequel le seigneur propriétaire des terres cède une partie de leur jouissance à un convenancier pour 9 ans. Ce dernier possède alors les « édifices et superficies » (ce qui est au-dessus de la surface du sol) tandis que le seigneur garde la possession du fonds. De nos jours ce type de bail a laissé quelques traces dans les toponymes (Convenant Huon, Convenant Donné, Convenant Hernot, Convenant Dour).

Quelques témoins d’une occupation ancienne des lieux

Les traces d'un habitat rural antérieur au 19e siècle sont très rares et partielles sur le territoire de la commune. Les bâtiments les plus anciens datent du 15e siècle. Il s’agit du manoir de La Salle et de sa métairie noble (Kertanguy). Encore, cette dernière a-t-elle été remontée à quelques mètres au Nord de son emplacement initial après 1834.

Concernant les fermes et les maisons, quatre édifices de la commune portent encore les traces d'une occupation ancienne ; le Carpont, le 6 rue Convenant Donné, Guerset et le 1 rue de Quemperven. Le premier possède une porte d'entrée à arc brisé de la fin du 15e siècle ainsi qu'une pierre d'autel dans le dallage intérieur qui seraient tous deux des réemplois issus de la chapelle Saint-Julien. A Convenant Donné ce sont quelques vestiges du 17e siècle qui sont toujours visibles sur une dépendance et des pierres remployées dont une gravée d’une navette (marque de tisserand). Les deux derniers édifices ; Guerset et le 1 rue de Quemperven, réemploient des linteaux gravés d’accolade des 16e ou 17e siècle. Dans le reste de la commune, les bâtiments ont fait l'objet d'une reconstruction totale au 19e siècle qui ne laisse pas de traces des édifices antérieurs.

Le renouvellement de l’habitat au 19e siècle

Après la Révolution, de nombreuses terres agricoles passent des mains des seigneurs à celles des cultivateurs. Durant la première moitié du 19e siècle, le Trégor connaît une vague de reconstruction de l'habitat menée par une paysannerie enrichie. A travers la reconstruction des fermes, la nouvelle élite rurale expose sa richesse. Ce phénomène social et économique dû à l'évolution des techniques agricoles et à la croissance de la productivité se matérialise par une spécialisation de l'habitat : le lieu de vie et les dépendances sont séparés. À cela s'ajoute un accroissement de l'espace bâti au travers la réalisation de plus grandes étables (6 rue Convenant Donné, 7 route de Traou Canton, La Salle, etc.) et de plus vastes granges (Kerambellec, 9 rue de Kerello, 2 route de Rospez, etc.). L'agencement de ces fermes se fait de plusieurs manières : le logis peut être à trois, quatre ou cinq travées et posséder, ou non, un étage. Les dépendances (soues à cochon, remises, étables, écuries, granges, fournils) sont généralement construites dans l'alignement du logis, parfois perpendiculairement et/ou parallèlement, elles bordent l’espace de la cour.

- Le monogramme IHS/JHS (Jesus Hominum Salvator : Jésus Sauveur des hommes) est souvent sculpté sur le chaînage d'angle du logis, d'une porte ou encore d'une fenêtre (9 rue Kerello, Kerambellec, 6 rue Convenant Donné), voire à l’intérieur, à côté de la cheminée comme à Kerfraval.

- Les puits à guérite sont caractéristiques du Trégor. Certains sont réalisés pour partie en pierres de tailles (16 rue Kerello, La Salle, etc.), d'autres en moellons de schiste (Garic, 9 rue Kerello, 1 route de Quemperven, etc.). Ils peuvent être très architecturés et porter les noms de leurs propriétaires comme à Kerambellec et au manoir de La Salle. Ils sont parfois percés d'une niche à statue au centre de leur fronton triangulaire (Garic) et sont souvent associés à une auge alimentée en eau à l’aide d’une goulotte (Kerambellec, Convenant Huon, Guerset, etc.). Le puits est parfois fermé par une pierre tombale (2 route de Rospez).

- Les soues à cochons, se retrouvent autant dans le bourg que dans les écarts et se composent de deux à cinq loges ; 11 route de Langoat, 2 rue Cottel Goz, 9 rue Kerello, Kerambellec, Kertanguy...

La majorité des fermes de Lanmérin, logis et dépendances, a été transformée en maisons d’habitation, entraînant une modification des espaces intérieurs, un élargissement et une multiplication des ouvertures pour un apport plus conséquent de lumière, aménagement des combles en niveau habitable, etc.

Aires d'études Schéma de cohérence territoriale du Trégor, Tréguier
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Lanmérin

Références documentaires

Documents figurés
  • Série 3 P. Fonds du cadastre ancien. Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Lanmérin, 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3 P 110