Logo ={0} - Retour à l'accueil

Les maisons et les fermes sur la commune de Locoal-Mendon

Dossier IA56005661 réalisé en 2006

Fiche

Voir

Aires d'étudesRia d'Etel
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Locoal-Mendon

Les quelques habitations et dépendances du 16e siècle inventoriées sur la commune de Locoal-Mendon se comptent sur les doigts d'une main (Kerbleï, Rosmarian, Kervihan, Kerien, Lanitré), encore sont-elles pour la plupart remaniées. Le remploi de portes et de fenêtres de cette époque est cependant courant dans les constructions plus tardives. L'unique date du 16e siècle (1532) a été relevée sur un logis très remanié situé dans le village de Mané Ménigo. A Kervihan, le logis sélectionné semble plus ancien encore et pourrait dater du début du 16e siècle, voir de la fin du 15e siècle. Si l'habitat paysan apparaît bien à l'extrême fin du Moyen Age, son véritable essor n'a lieu qu'au 17e siècle. La dizaine de dates relevées pour cette période ne reflète qu´imparfaitement la réalité du patrimoine architectural : bien que très bien représenté, le 17e siècle est moins « datant » que le 18e siècle dont le nombre de dates relevées (7) illustre à peine la baisse des constructions enregistrée pour cette période. Dans la première moitié du 19e siècle, la liste des chronogrammes relevés augmente (19) mais concerne essentiellement des dépendances tels que puits ou granges ou encore des remaniements ou des ajouts sur des constructions plus anciennes. L'étude comparative des cadastres napoléoniens de 1810 et de 1845 montre relativement peu de changements entre les deux dates. La densification des villages commence réellement dans la seconde moitié du 19e siècle à l'époque du renouveau agricole, qui connaît son apogée avant la Grande Guerre. Quelques fermes présentent également des logis de la première moitié du 20e siècle. Au bourg de Mendon, les logis antérieurs au 19e siècle sont quasiment inexistants. On notera le n° 13 rue de l'Abbé Bodo, petite ferme de type logis-étable du 17e siècle encore couverte en chaume dans les années 1960. Au numéro 9 rue des Sonneurs, une autre ferme conserve un logis-étable du 17e siècle, inclus dans un alignement, et un cellier contemporain situé en vis-à-vis. A l'exception des deux exemples précédents, les maisons du bourg les plus anciennes datent du début du 19e siècle. Ici tout particulièrement, on observe un renouveau du parc de logements à compter de la seconde moitié du 19e siècle, jusqu'à nos jours. Au bourg de Locoal, on constate le même phénomène avec seulement deux anciennes fermes en place : celle dite du passeur qui conserve une partie du 18e siècle ; celle construite au 17e siècle sur la place qui abrite aujourd'hui une crêperie.

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

SITUATION ET COMPOSITION D'ENSEMBLE La répartition de l´habitat est dense : les écarts sont en moyenne à moins d´un kilomètre les uns des autres. Le regroupement de plusieurs unités d´exploitation au sein d´un écart appelé "village" caractérise l´habitat ancien. Nombreux sont les villages composés de deux à six fermes. D´autres sont plus développés, notamment les groupements autour d´une chapelle dont l´organisation préfigure celle des bourgs avec le sanctuaire au centre (cf. Le Moustoir, Ménec, Lapaul, Le Plec, Locqueltas, Sainte-Marguerite). Mais la majorité des villages est implantée de part et d´autre d´une voie de desserte, sans réelle concertation d´ensemble. Les habitations sont le plus souvent orientées sur la voie qui dessert le village et non pas toujours au sud ou à l'est comme le voudrait la logique. Près de la ria d'Etel et de ses bras, au nord et à l'ouest de la commune, on trouve des villages juchés sur des hauteurs émergentes à proximité des marais (cf. Kerbleï, Mané Ménigo, Kerpuns, Rosmarian ...). De nombreux murets de pierres sèches délimitent encore des parcelles de terres et les bordures des chemins reliant les fermes les unes aux autres. Les fermes isolées sont marginales : habitat de lande qui se distingue par la petitesse et l´absence de parties agricoles. A l´inverse, on trouve de grosses fermes isolées dont les dépendances sont nombreuses et développées comme à Grand Bodeven ou à Pen Pont. Généralement, les fermes regroupent sous le même toit logis et étable au rez-de-chaussée et comble servant de grenier. Les adjonctions successives sont construites en alignement de cette unité initiale et forment une ligne de faîtage continue. Les dépendances isolées (fournils, granges, remises, celliers) sont placées soit dans le prolongement de cet alignement, soit en face ou en retour d'équerre, voir un peu à l'écart. La grande majorité des fermes est donc à cour ouverte (cf. Kercado, Cler Huen, Lapaul, Kernéhac, Kerohan, kerdréven). Cette disposition en alignement par ajouts successifs d'éléments au sein d'une ferme ne doit pas être confondue avec les villages composés de logis modestes contigus les uns aux autres, souvent associés à un parcellaire laniéré et étroit, mode d'exploitation collectif des terres en usage sur certaines zones pauvres (cf. Kergoal). MATERIAUX ET MISE EN OEUVRE Les matériaux du gros oeuvre reflètent l´homogénéité du sous-sol formé de granulite.Toutes les fermes et maisons antérieures au 20e siècle sont construites avec ce granite. Généralement les façades sont en moellons, et les entourages des baies y compris les jours de combles, les rampants des pignons et les souches de cheminées sont en pierre de taille. Quelques fermes conservent des façades en pierre de taille de moyen appareil (cf. Locqueltas, La Forest). D´autres présentent des façades de moellons bien équarris aux assises régulières (cf. Kerbleï). Les façades sont enduites sur les maisons tardives situées dans les bourgs et près de la ria ou l'influence de l'habitat marin se fait plus sentir. Aujourd´hui, les toitures sont majoritairement en ardoise. Celle-ci a remplacé les couvertures en chaume, paille de seigle ou scirpes des marais, généralisées dans les fermes jusqu´au 19e siècle. On notera les modifications de pente de toit accompagnées du rehaussement des surcroîts, liées au changement de couverture. Quelques anciennes fermes sont aujourd'hui couvertes en chaume mais le roseau y a remplacé le seigle (cf. Lapaul, Cochelin, Le Leslé, Le Penher, Kerbachic, Ménec, au bourg rue Cheveched). Les plafonds des logis et des étables sont traditionnellement hourdis à quenouilles et chaulés. Cette technique offre une excellente isolation dont beaucoup d'exemples sont encore en place (cf. Lapaul, Moulin de Cochelin, Kerivarho, cellier de Kerchir). STRUCTURE ET PLANS L'habitat rural se partage en deux catégories : - l'habitat mixte caractérisé par la cohabitation des hommes et du bétail sous le même toit ; - l'habitat à seul usage d'habitation défini par l´absence de cohabitation entre hommes et animaux. Si la première catégorie domine pour les périodes anciennes (17e, 18e et début 19e siècles), la seconde est mieux représentée aujourd´hui car il subsiste désormais plus d´habitat de la seconde moitié du 19e siècle et du 20e siècle. I. L´habitat mixte Cette catégorie d´habitat regroupe les logis dits à fonctions multiples dont la caractéristique est d´intégrer dans un même volume les fonctions d´habitation et d´exploitation (le logis, l´étable et le grenier). Majoritaire aux 17e et 18e siècles, elle perdure jusqu´à la fin du 19e siècle. C´est une cohabitation naturelle à l´époque qui n´est pas la conséquence d´une situation de dénuement mais d´un mode de vie admis par tous. Cette pratique est d´ailleurs répandue dans toute l´Europe là où domine la polyculture-élevage : elle permet une surveillance rapprochée des bêtes et un surcroît de chaleur. Le type le plus simple dit logis-étable connaît des extensions en longueur et en hauteur qui génère des variantes. Le logis-étable (53 repérés/20 sélections) Type d'habitat largement dominant durant l'Ancien Régime, le logis-étable est très représenté avec un nombre important de sélections : sur les vingt spécimens sélectionnés, dix-sept datent du 17e siècle. Il associe salle et étable sous le même toit, surmontées d´un grenier. L´accès peut se faire par une porte unique en façade, centrée ou légèrement décalée côté étable. Homme et animaux empruntent alors la même entrée sans qu'une cloison sépare obligatoirement les hommes des bêtes (cf. Lapaul, Kerbleï). L´apparition d´accès séparés au logement et à l´étable constitue une variante, cette solution différenciant ainsi plus clairement les fonctions agricoles et résidentielles. Un mur de refend sépare alors le plus souvent le bétail des hommes (cf. Kerdréven, Pen Pont, Lanitré). La taille du logis et les dimensions de l´étable varient d´un exemple à l´autre en fonction de l´importance de l´élevage qui reflète la vraie richesse de la ferme. C´est la présence d´une cheminée qui permet, le plus souvent, de distinguer l´étable du logis, la partie chauffée étant réservée aux hommes. A l´extérieur, la présence d´un jour et l´absence de souche de cheminée permettent de localiser l´étable par rapport au logis. Le grenier, situé dans le comble à surcroît, est souvent accessible par une porte haute et un escalier extérieur qui peut, dans certains cas, avoir disparu (cf. Kervily, Penhoët-Bihan, Kervéranton, Le Cosquer, Kerhouarn). Quelques comble à surcroît sont desservis par des portes hautes jumelées (cf. Pen Pont, Lanitré, Kerdenot, Locqueltas). Celles-ci peuvent également se trouver en rez-de-chaussée pour desservir le logis et l'étable comme au Grand Bodeven, au Cosquer et à Kerihuel. La formule architecturale qui consiste à associer escalier extérieur et porte haute semble limitée aux 17e et 18e siècles. En fonction de la hauteur du comble à surcroît, la physionomie des logis varie d'un spécimen à l'autre. La plupart des fermes présentent une silhouette basse typiquement morbihannaise avec un faible développement de la façade qui accentue l'importance du toit dont la bordure se soumet aux ouvertures du comble (cf. Le Cosquer, Kervily, Lesdour, La Forest, Kervéranton, Locqueltas). D'autres possèdent un comble beaucoup plus développé (cf. Ménec, Pen Pont, Lanitré, Kerdenot). Le logis à fonctions multiples superposées (1 repéré/1 sélection) Ce type de logis caractérise l'habitat ancien. Un seul exemple a été repéré sur la commune, à Kervihan. Il s'agit de la ferme la plus ancienne de Locoal-Mendon, probablement de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle à en juger la forme de la cheminée, la porte à linteau sur corbelets et le système de solives sur sablières qui supportent le plafond. Ici, comme dans le logis-étable, logement et fonctions agricoles sont réunies sous le même toit. Mais la distribution croisée superpose, à droite, la salle et le grenier, à gauche, l'étable et une chambre à feu. II. L'habitat à seul usage d´habitation Logis et parties agricoles s´individualisent les uns par rapport aux autres. Cette organisation de l´espace entraîne la séparation des fonctions d´habitation et d´exploitation qui ne sont plus réunies sous le même toit. Le logis à pièce unique (19 repérés/3 sélections) Le logis est minimal, à pièce unique, de plan carré, surmonté ou non d'un petit comble à surcroît à usage de grenier. Le plan est, dans certains cas, plus ou moins allongé. Ce type d'habitat est présent dès le 17e siècle et jusqu'aux 19e et 20e siècles. Il abrite une population modeste de journaliers, petits artisans, ouvriers agricoles (cf. Keroulin). Ces constructions bordent souvent une route ou les entrées de village. Dans les zônes de lande, sur terrain pauvre, on peut les trouver construits en alignement les uns des autres comme à Kergoal. A proximité d'exploitations plus importantes, il pouvait servir à loger des journaliers ou les célibataires de la famille (cf. Grand Bodeven). Les maisons de gardien de chantier ostréicole situées en bordure de la ria d'Etel sont parfois conformes à ce type (cf. Beg Lannec). Variante à superposition salle/grenier (3 repérés/1 sélection) Cette formule présente le schéma du logis à pièce unique et se distingue par un second niveau développé en hauteur qui sert de grenier. A Kerdro, l'accès au grenier se fait par un escalier extérieur, la porte haute est légèrement décalée par rapport à la porte d'entrée. A kerivarho et à Keriolet, le comble à surcroît est accessible de l'intérieur par un escalier en bois droit situé contre un des pignons. Le logis de plan massé à une pièce par niveau (8 repérés) Ce type se distingue par la superposition de deux pièces d'habitation au sein d'un plan plus ou moins massé. Certains de ces logis sont ajoutés dans le prolongement d'un autre logis (cf. Kervily). D'autres exemples des 17e, 18e, 19e et début 20e siècles sont représentés à Kerpuns, au bourg de Mendon, au Plec, à Lapaul, au Ménec. Le logis à deux pièces (27 repérés/5 sélections) L'élévation de ces logis peut être symétrique et correspondre à une distribution intérieure avec couloir central qui sépare la salle de la chambre selon un concept nouveau issu de l'habitat urbain. En réalité, les aménagements intérieurs ne sont pas toujours conformes à ce concept architectural, souvent, la chambre fait également office de cellier et la salle abrite aussi des lits. Sur Locoal-Mendon, l'exemple le plus ancien n'est pas antérieur à la fin du 18e siècle ou au début du siècle suivant. Le type perdure tardivement jusque dans les années 1930 (cf. Pen Inez, Ster). Le comble à surcroît, lorsqu'il n'est pas aveugle, est percé de jours et/ou de fenêtres formant des travées avec les baies du rez-de-chaussée (cf. Cler-Huen, Penpoul, Kervily, Lapaul, Lescouët). Il arrive aussi que ni les fenêtres du rez-de-chaussée, ni celles du comble ne soient symétriques par rapport à la porte, en ce cas les maisons ne présentent pas une élévation ordonnancée. Le logis de type ternaire (48 repérés/10 sélections) Le logis de type ternaire désigne un édifice à étage carré, à trois travées et entrée dans l´axe. Cette symétrie de façade se répercute se répercute dans le plan et correspond à une nouvelle distribution de l´espace habitable. Deux pièces sont situées de part et d´autre du couloir central. On accède aux chambres de l´étage par un escalier situé dans le fond ou au milieu du couloir d´entrée. Les premiers exemples de type ternaire datent du milieu du 19e siècle. Cependant dès le 17e siècle, le prototype se met en place. Les trois travées sont encore incomplètes et irrégulières, la structure intérieure n´est pas moderne mais la répartition des baies en façade annonce le type ternaire. Le développement tardif du bourg a créé une grande homogénéité dans les façades en privilégiant cette architecture normalisée et symétrique que l´on trouve également dans les fermes. LES DEPENDANCES Les dépendances sont nombreuses et variées, elles témoignent d'une économie plutôt florissante pour la province. Les étables Nous sommes dans une région bien connue de polyculture-élevage. Dans les fermes, la présence quasi systématique d´une étable témoigne d´une tradition ancienne d´élevage essentiellement bovin. Cependant, s´il n´est pas toujours fait mention d´étable dans les actes anciens (aveux, baux de ferme, prisages) c´est que le bétail occupe souvent une partie de la maison : animaux et humains peuvent cohabiter dans la même pièce, simplement séparée par une cloison (cf. les logis-étable). Si l´étable est indépendante, elle demeure contiguë au logis. Les dimensions varient en fonction de l´importance de l´élevage qui reflète la vraie richesse de la ferme. A partir de la deuxième moitié du 18e siècle, des exemples d'étables sous haut comble à surcroît construites dans le prolongement du logis sont visibles au manoir de Kerdoret, à Rosmarian (1805), au Moustoir, à Kerrio, au Grand Bodeven, au Minihy. Cette disposition est courante sur la commune voisine d'Erdeven. Les soues Le porc est omniprésent mais élevé à des fins domestiques. Dans les inventaires, il est fait mention d´un seul ou deux cochons logés dans une soue en appentis (cf. Kerihuel, Kervily, Ménec) ou construite à part comme au Grand Bodeven, Lanitré et à Kerrio. Le logement du cochon est toujours séparé des humains même s´il vaque dans la cour pour chercher sa nourriture. Les granges L´importante production de céréales se traduit dans l´architecture. Pour stocker ces récoltes les maisons sont toutes surmontées d´un grenier plus ou moins important. Les fermes disposent également de granges. La porte charretière en plein cintre est une des caractéristiques de ces granges qui servent également de remise à charrettes (cf. Le Leslé, Le Moustoir, Kerdréven). Quelques unes ont également des linteaux en bois surmontés d'un larmier (cf. Lapaul). La grande qualité de la mise en oeuvre montre que dans ces bâtiments utilitaires, la fonction matérielle est liée à une forte charge symbolique (cf. Penpoul, 1703). Leur fonction première est bien d´abriter les récoltes mais leur usage peut être multiple : on peut y ranger également les instruments, le pressoir, les barriques et la charrette. La grange de Kerihuel est associée à un logement secondaire destiné aux domestiques de la ferme. Ces granges témoignent d´une économie florissante et de la nécessité d´engranger de nombreuses récoltes. Les puits Chaque ferme disposait d'un puits, creusé dans la cour, devant la maison. Les puits communautaires, au sein des villages, sont rares (cf. Kerhouarn, Kervihern). Au total, une quarantaine de puits a été recensée sur la commune en 2006. Ils sont majoritairement de structure circulaire avec une margelle monolithe en granite. La présence d´une superstructure est courante : à linteau sur piédroits, caractéristique de l´ouest du Morbihan. Certains font l´objet d´une ornementation soignée : linteau à deux, trois, quatre, ou cinq boules, moulures, décor géométrique, décor à caractère religieux, têtes sculptées en haut-relief. Les exemples les plus anciens datent du 17e siècle (cf. Kervihern, 1696). Les auges placées à côté des puits sont parfois encore en place. Les fours à pain Dans la production de la ferme, les céréales panifiables sont cuites dans des fours à pain. Ces derniers occupent une place principale dans l´alimentation. Sur le cadastre ancien de 1845, chaque écart possède au moins un four à pain, voir deux. Beaucoup d'entre eux ont été détruits à partir du milieu du 20e siècle car on n'en avait plus l'usage mais aussi parce qu'ils génaient les manoeuvres agricoles. A Kerhouarn, le puits et le four communautaires occupent toujours le centre du village. Les fermes isolées, quant à elles, disposent le plus souvent d´un four personnel : semi-circulaires, voûté en grand appareil de granite et couvert d´une simple couche de terre. Pour des raisons de sécurité, les fours sont souvent construits un peu à l'écart des habitations (cf. Kerbotspern, Kerrio, Cler Huen, Kerihuel). Quand le four s'accroît d'une petite pièce destinée à faire lever la pâte, on parle de fournil (cf. La Forest, Pen Pont, Le Moustoir, Kerpuns). On trouve également des fours à pain associés à des remises (cf. Kerohan, Kerhel). Les celliers On ne peut passer sous silence l'importante production de cidre. Les celliers à cidre à usage domestique étaient très nombreux, la toponymie est là pour en témoigner (Ty er Chir, Kerchir). Dans les inventaires après décès ces dépendances sont nommées «maison du pressoir» (ty er chir), elles pouvaient donc abriter le pressoir en plus des barriques. Aujourd'hui, elles sont couramment nommées "cave". Les plus anciens exemples que l'on ait sur la commune datent de la fin du 16e siècle ou du début du 17e siècle (cf. Kervihern, Kerrien), les plus récents datent de la fin du 19e siècle. De nombreux modèles de celliers cohabitent sur le territoire de Locoal-Mendon. Sur les exemples les plus anciens, seul le pignon est ouvert : porte d'entrée et porte haute de comble sont décalée l'une par rapport à l'autre (cf. Kerrien, Kervihern, près de Bregolec) ou non décalées (cf. Penhoët). D'autres celliers sont moins hauts et moins larges, la porte d'entrée ouverte sur le pignon est surmontée éventuellement d'un jour (cf. Kervihan 18e siècle, Kerpuns 17e siècle). A Kerihuel, un autre type de cellier du 17e siècle, à portes jumelées en façade, abrite deux pièces initialement aveugles. Certains celliers sont de petites dimensions, en rez-de-chaussée : la porte d'entrée est ouverte indifféremment sur le mur pignon (cf. La Forest) ou sur le mur gouttereau (cf. Kervihan). A Kerbotspern, le comble du cellier est desservi par un escalier en vis en demi hors-oeuvre tandis qu'à Kerdanguy le comble est accessible par un escalier extérieur. A Kerchir, le cellier abrite une cheminée. Pour finir, de larges portes à linteau en bois cintré ouvrent les pignons des celliers de Lescouët ou de Kerohan construit en appentis sur le mur postérieur nord. Les ty er stal Le ty er stal prononcé "techtal" (pièce à feu) est une petite dépendance destinée à la préparation des repas des animaux. A la différence des autres parties constituantes de la ferme, il ne revêt pas une forme particulière, reconnaissable entre toutes comme l'est la grange, le four à pain, la remise etc. Pour cette raison, le ty er stal passe généralement inaperçu. Il est souvent associé à une autre dépendance mais toujours séparé d'elle par un mur de refend : une remise (cf. Grand Bodeven), une étable et un cellier (cf. Penhoët). Parfois aussi, c'est un petit bâtiment à part construit en bout d'alignement (cf. Kerrio, Kerverhaut) ou rajouté entre un logis et une dépendance comme dans la ferme n°2 de Kerrio. Le sol des ty er stal est parfois dallé de pierre (cf. Kerganec, Penhoët) et comprend une cheminée ou une chaudière. Les remises Les remises autrefois nommées « auvents », « porches » ou « hangars » dans les aveux du 18e siècle étaient très présentes dans les fermes. Mais ces constructions moins solides que les granges ont rarement été conservées. Elles servaient avant tout à abriter les charrettes et les charrues et éventuellement les récoltes non vannées. La façade ouverte repose sur des piliers en pierre de manière à ménager une ventilation qui favorise le bon séchage des véhicules régulièrement soumis à la boue des chemins (cf. Kerivarho, Lesdour, près de Bregolec, Penhoët). D´autres spécimens sont de plus petite taille, à pignon ouvert et murs gouttereaux pleins (cf. Kervihern, Kervihan). Les aires à battre, liorhs et enclos Partout des murets en pierres sèches venaient clore les champs, les cours (cf. Lescouët), les liorhs (cf. Kercado, Pen Pont, Kerchir, Kerganec) ou border les chemins qui reliaient les fermes (Le Moustoir). A proximité de la grange, se trouvait souvent l'aire à battre, séparée de la cour par un mur pour éviter le passage des animaux. A Kervihern et Kerihuel, ce dispositif, rarement conservé, est encore en place. CONCLUSION Comme sur la commune voisine de Ploemel, l´habitat rural démarre véritablement à la fin du 16e siècle et au 17e siècle avec de beaux exemples d´architecture, reflet d´une économie assez prospère pour la province. La contribution paysanne à la construction des édifices religieux témoigne également de la relative bonne santé des campagnes. Cependant, les fermes restent de taille moyenne. La conservation de ces bâtiments anciens semble en partie liée au régime de la propriété agricole qui n´a pas incité les paysans à reconstruire leur habitat avant la révolution agricole du milieu du 19e siècle. A partir de cette période, on assiste au renouveau de l´architecture rurale, au développement des villages à partir d´un noyau ancien préexistant.

Décompte des œuvres repérées 214
étudiées 28