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Les maisons et les fermes sur la commune de Saint-Erblon

Dossier IA35047833 réalisé en 2007

Fiche

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La majeure partie de la population de la commune était constituée de laboureurs, de cultivateurs ou bien de simples journaliers. Il existait également des commerçants : bouchers, boulangers... Ces activités professionnelles ont une incidence sur l'architecture (dimensions, qualité, distribution) des bâtiments habités par ces différents types de personnes.

L'habitat traditionnel du département est fréquemment représenté par un bâtiment composé d'un rez-de-chaussée, surmonté d'un simple grenier. Les pignons et le mur gouttereau nord sont le plus souvent aveugles, alors que la façade sud est plus largement ouverte.

Un appentis se trouve fréquemment au nord de la construction ; il permet ainsi d'agrandir le bâtiment, tout en l'isolant.

Avant le 18e siècle, les portes et fenêtres étaient très rarement vitrées ; ainsi, les portes en bois étaient pleines, et les fenêtres étaient fermées par deux volets en bois.

A partir du milieu du 19e siècle, l'architecture des maisons de bourg commence à se différencier de celle des maisons rurales, alors que ce n'était pas le cas précédemment.

Les maisons :

Cette base de données est composée de 57 notices relatives à des maisons de la commune de Saint-Erblon.

Implantation :

La majorité des maisons inventoriées dans le cadre de cette étude se trouve dans le village (43 sur un total de 57 maisons). Seule une dizaine de maisons sont implantées dans des ensembles de constructions en campagne (écarts) ; ce sont majoritairement des écarts relativement développés. C'est par exemple le cas à la Frogerais, aux Châtelliers ou encore au Plessis. Enfin, très peu de maisons sont isolées dans la commune, lorsque c'est le cas, il s'agit plutôt d'un alignement de plusieurs petites maisons, comme à Bouyère ou à la Croix Faucheux par exemple.

L'implantation des maisons a une incidence sur leur forme architecturale et leur matériau de construction. Ainsi, les maisons qui sont implantées en campagne (en écart ou isolées) sont majoritairement construites en terre, alors que les maisons du village sont plutôt construites en maçonnerie de moellon de schiste.

Matériaux de construction :

L'utilisation du matériau local dans la construction, le schiste (pourpre), donne un aspect soigné aux différentes constructions. Il en va de même de l'emploi de la pierre calcaire, notamment pour les encadrements de baies. En ce qui concerne les maisons de la commune, le calcaire est utilisé à deux époques différentes ; la première est la fin du 16e et le début du 17e siècle, époque durant laquelle ce type de pierre est utilisé pour les encadrements de portes en plein cintre ou bien en arc brisé (15 rue de l'Ise, 31 place de l'Eglise). La seconde époque d'utilisation de la pierre calcaire dans la construction des maisons de la commune est la charnière des 19e et 20e siècles. A cette époque, le calcaire est associé à la brique dans la réalisation des encadrements de baies (28 rue de la Croix Faucheux, 8 rue du Champ Mulon).

Enfin, la terre (technique de la bauge) a également été largement utilisée dans la construction des maisons de la commune, toutefois, dans une moindre mesure que pour les fermes. Les maisons construites en terre sont d'ailleurs majoritairement situées en campagne et non dans le village. Il en existe à la Frogerais ou encore au Plessis par exemple.

Typologie :

Le type de maison le plus rencontré sur le territoire de la commune est sans conteste celui de la maison à travées. Ainsi, ce type de maisons, dont la façade est rythmée par plusieurs travées, est très fréquent à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Il en existe de nombreuses dans le village, notamment dans des secteurs qui se sont développés à cette époque, par exemple, rue de la Croix Faucheux ou encore rue du Champ Mulon. Ces maisons possèdent généralement un étage carré ; elles sont le plus souvent composées de deux pièces à feu par niveau. Les encadrements de baies sont très fréquemment réalisés en brique.

Le type de maison le plus modeste correspond à la maison élémentaire composée d'une seule pièce à feu au rez-de-chaussée, surmontée d'un grenier dans le comble. Ce type est assez fréquent en campagne (Souillard, le Jaunay) et correspond généralement à des maisons relativement anciennes, qui datent du 17e ou 18e siècle.

Enfin, il existe un autre type de maisons assez fréquent dans la commune, il s'agit de la maison composée de deux foyers. Le plus souvent, ces deux foyers sont juxtaposés, c'est-à-dire qu'ils se trouvent au rez-de-chaussée, créant ainsi deux pièces à feu (14 rue de la Ruée, 4 rue du Champ Mulon). Ces foyers peuvent également toutefois être superposés, créant ainsi une pièce à feu au rez-de-chaussée et une pièce à feu à l'étage (5 place de l'Eglise, rue de la Ruée). Ce cas de figure est plus rare que le premier.

Datation :

Les maisons les plus anciennes de la commune ne remontent vraisemblablement pas au-delà du 16e siècle. La maison la plus ancienne qui soit conservée dans la commune est vraisemblablement celle du numéro 15 de la rue de l'Ise. En effet, elle présente les caractéristiques architecturales du 16e siècle ; très forte pente de toiture, présence d'un coyau, porte en arc brisé. Il existe également dans le village quelques autres maisons très anciennes, qui sont datées, même si elles ont parfois été transformées depuis leur construction. Ces maisons se trouvent en majorité autour de l'église. Il s'agit par exemple de celle du numéro 31 place de l'Eglise, qui est datée 1601 ou encore de celle du numéro 17 place de l'Eglise, portant la date de 1624. Ces maisons présentent les mêmes caractéristiques architecturales que la maison du 15 rue de l'Ise : forte pente de toiture, portes en plein cintre, entre autres. Il existe également d'autres maisons de cette époque dans la rue de la Ruée ; plusieurs sont d'ailleurs couvertes de toitures en pavillon, ce qui est également révélateur de cette époque de construction.

Contrairement aux fermes, il existe peu de maisons du 18e siècle ou du début du 19e siècle à Saint-Erblon. Les quelques maisons représentatives de cette époque de construction se trouvent à la Frogerais et au Jaunay.

Une large majorité des maisons de la commune date donc de la seconde moitié du 19e ou bien du début du 20e siècle. Ces maisons ont été édifiées à l'époque de développement du village (rues de la Croix Faucheux et du Champ Mulon). Elles possèdent souvent des caractéristiques communes : façades rythmées par des travées, baies à encadrements de brique.

Les fermes :

Cette base de données est composée de 64 notices relatives à des fermes de la commune de Saint-Erblon.

Implantation :

Dans la commune, la plupart des fermes sont implantées dans des écarts, c'est-à-dire des regroupements de plusieurs constructions en campagne. Certains écarts de la commune sont d'ailleurs assez développés, comme par exemple Souillard, Douazel ou Ruzé. Ces écarts importants se situent majoritairement dans la partie nord-est du territoire de la commune. Les fermes qui se trouvent dans des écarts sont généralement de petites fermes ; la présence d'équipements tels un four ou un puits mitoyen leur permet ainsi de bénéficier de ces éléments communs à tous les habitants de l'écart.

Certaines fermes sont au contraire isolées ; dans ce cas, il s'agit de grandes fermes qui possèdent de nombreuses dépendances, ce qui leur permet de s'auto-suffire. Des fermes de ce type existent dans la partie sud-est de la commune (la Petite Ourmais, la Grande Ourmais, le Bois de l'Ourmais).

Enfin, quelques fermes se trouvent dans le village ; la plus ancienne est celle qui se trouve rue du Verger, dont la construction remonte en partie au 17e siècle. Il en existe également d'autres rue de la Ruée. Ces fermes font aujourd'hui partie du village de Saint-Erblon, toutefois, c'est le développement de ce dernier qui les a intégré à l'agglomération ; originellement, elles étaient en effet situées en périphérie du village.

Composition :

Par définition, une ferme est composée d'un logis ainsi que de dépendances. Comme dans de nombreuses autres communes, la dépendance la plus fréquente dans les fermes de la commune demeure l'étable. En effet, même quand la ferme est réduite à sa plus simple expression (une pièce à feu et une dépendance sous un même toit), il existe généralement une étable (Douazel). Au contraire, dans les grandes fermes, les étables peuvent se voir attribuer un bâtiment indépendant de dimensions importantes (Bon Espoir, la Grande Ourmais).

La seconde dépendance la plus fréquemment rencontrée dans les fermes inventoriées se trouve être le cellier. Il est le plus souvent situé à l'arrière du logis, dans un appentis ; c'est le cas à Ruzé et aux Herbégements entre autres.

Il existe encore également de nombreuses écuries dans les fermes de la commune ; cependant, ce type de dépendance n'existait que dans les fermes les plus importantes, comme par exemple à la Salle, à Château-Létard ou encore à la Petite Ourmais.

Les granges ne sont également présentes que dans les fermes les plus conséquentes de la commune, Château Létard, la Petite Ourmais, Bon Espoir. Elles sont très souvent construites en bauge et datent majoritairement de la seconde moitié du 19e siècle.

De nombreuses porcheries subsistent dans les fermes de toute taille de la commune. Elles peuvent être abritées dans des bâtiments indépendants (Château Létard, Bon Espoir) ou bien être situées en appentis latéral au logis (la Petite Ourmais, Ercé).

Typologie du logis :

Dans la commune, il existe majoritairement deux types de logis de ferme ; le premier est le logis à fonctions combinées et le second est le logis à deux pièces à feu juxtaposées.

Le premier type est le plus fréquent ; il correspond à des fermes modestes qui abritaient, sous un même toit, une pièce à feu unique faisant office de logis, et une dépendance, le plus souvent une étable ou un cellier. Souvent, en façade, ces logis présentent des portes jumelées, l'une desservant la pièce à feu et l'autre la dépendance. Il existe des logis de ferme de ce type à Douazel, au Perray ou au Plessis par exemple.

Le second type est le logis composé de deux foyers juxtaposés, c'est-à-dire que le logis de la ferme est composé de deux pièces à feu au rez-de-chaussée. Les logis de ferme de la Grande Ourmais, d'Haurée et de Château Létard illustrent cette typologie.

Matériaux :

Les fermes de la commune sont majoritairement construites en bauge, technique consistant à monter des levées de terre de 50 à 80 centimètres de haut les unes au-dessus des autres, sans avoir recours à l'utilisation d'un coffrage. Lorsque les fermes sont construites en bauge, il existe systématiquement un solin en pierre en partie basse des murs pour éviter les problèmes de remontées d'humidité dans les murs et éviter le contact des murs en terre avec le sol également composé de terre. La ferme de la Grande Ourmais est un très bel exemple de construction en bauge.

Cependant, nombreuses sont les constructions dont la maçonnerie allie bauge et moellon de schiste ; les fermes de l'Ourmais, la Chouannière ou encore du Pâtis du Plein en témoignent.

Comme pour les maisons de la commune, le matériau local, le schiste pourpre, a été assez largement utilisé dans la construction des fermes. L'emploi de ce matériau confère un aspect de richesse aux différentes constructions de ce secteur du département, qui sont plutôt habituellement construites en terre en utilisant la technique de la bauge.

L'emploi de la pierre calcaire pour les encadrements de baies de certaines fermes contribue également à donner une impression de construction soignée et de bonne qualité. C'est le cas des fermes de Douazel, du Petit Coin ou encore de la Frogerais. L'emploi de ce matériau est d'ailleurs lié à une époque de construction qui se trouve être le 17e siècle ; le plus souvent, l'emploi de la pierre calcaire est réservé à l'encadrement de la porte en plein cintre.

Datation :

Les fermes les plus anciennes inventoriées dans la commune ne sont pas antérieures au 17e siècle. Ces fermes sont généralement des fermes modestes comme celle de Douazel, de la Frogerais ou de l'Ourmais, qui abritent, sous une toiture unique, une pièce à feu et une dépendance. Les constructions de cette époque possèdent des caractéristiques architecturales propres qui permettent de les identifier : forte pente de toiture, présence d'un coyau, porte en plein cintre à encadrements en pierre calcaire parfois, poutraison de forte section, cheminée monumentale.

En général, en Ille-et-Vilaine, le 18e siècle est assez peu représenté en ce qui concerne les constructions de fermes. Cependant, à Saint-Erblon, il existe tout de même un nombre conséquent de fermes de cette époque, qui plus est, nombreuses sont celles qui portent leur date de réalisation. C'est le cas des fermes de la Petite (1775) et de la Grande (1763) Ourmais ou encore d'une des fermes de la Roussais (1771) . Ces fermes présentent des caractères communs avec celles construites au cours du siècle précédent : forte pente de toiture, existence d'un coyau, forte section des poutres... Toutefois, les portes sont plus rarement des portes en plein cintre ; les linteaux sont plutôt droits (la Grande Ourmais, Ruzé).

A l'instar de la majorité des constructions du département, les fermes de la commune datent principalement du 19e siècle. Les fermes construites à cette époque possèdent généralement un logis plus important que dans les fermes plus anciennes. Ainsi, à cette époque, il est fréquent que le logis soit composé de deux pièces à feu (Ruzé) et que le logis soit autonome par rapport aux dépendances (fermes de Château Létard, de la Grande Ourmais).

Enfin, certaines fermes furent transformées ou agrandies au début du 20e siècle, c'est la cas de la Petite Ourmais, qui a vu ses ouvertures refaites à cette époque en utilisant la brique. C'est le cas aussi de l'une des fermes d'Haurée, qui a été agrandie en 1912 par un maçon du nom de Laroche.

Le presbytère :

En 1790, d'après un inventaire et une estimation des bénéfices du presbytère, nous savons que ce dernier était composé d'une cuisine, d'une salle, d'une cave ainsi que de trois chambres et de deux greniers au-dessus. Il existait également une grange, une étable, une écurie, une chambre sur le portail, deux faneries, deux maisons de décharge ainsi qu'un four.

La réfection du presbytère était prévue dès 1857. Les travaux de construction du nouveau presbytère se sont échelonnés de 1857 à 1867 ; l'architecte du projet est C. Langlois.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Saint-Erblon
Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Décompte des œuvres repérées 123
étudiées 0

Annexes

  • 20073510468NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 2O267/16.

    20073510469NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 2O267/16.

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

  • DU FAIL, Noël. Propos Rustiques. Traduction en français moderne et annotations par Aline Leclercq-Magnien, Paris : Editions Jean Picollec, 1987.

  • JONIN, Max. Géodiversité en Bretagne. Un patrimoine remarquable. Mèze : BIOTOPE, 2008, Région Bretagne, (Les Cahiers Naturalistes de Bretagne).

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).

  • Histoire de Saint-Erblon d'après les archives locales. Abbé Lemonnier, Hospice de Bruz, 1965-1966.

  • Il était une fois la Révolution... À St-Erblon. 1789-1795. Ecole publique de St-Erblon, Collège de Chartres de Bretagne, Club Histoire, 1989.