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Les manoirs et maisons nobles de Taden

Dossier IA22133311 réalisé en 2017

Fiche

Sous l’Ancien régime, le nombre important de maisons nobles à Taden et des terres qui y sont associées, liées à la présence des ducs à Dinan, traduit la quasi-absence, dans la commune, hormis l’ancienne trève de Trélat, de villages ou d’écarts. Dès 1480, 12 nobles sont mentionnés : Olivier d’Augoulvent de Fremeur, Alain de Beaumont de Villemart, Auffray de la Motte, Olivier de la Provosté de Coutances, Robert de Quédillac, Geoffroy de Quédillac, Pierre des Brouces, Jehan du Parc, Gilles Ferre de la Garaye, Guillaume Guillart, Estienne Martin, et Jehan Sequart. Leurs résidences n’ont pas toutes été identifiées, certains manoirs ont été détruits, d’autres ont été construits postérieurement, ou ont fait place à des métairies comme au Pontais, à la Paquenais, à Baudouin, à Mereille … Les manoirs sauvegardés sont d’époques différentes et traduisent l’évolution architecturale du logis seigneurial du 14e siècle au 18e siècle.

Les plus anciens logis

La Grand’Cour, un ensemble complexe qui interroge toujours

Le manoir de la Grand’Cour est un logis-porte, à la composition originale avec un passage voûté qui réunit sous une même toiture une partie seigneuriale et une partie secondaire pour un hôte de prestige, régisseur du domaine ou autre. Sa construction est attribuée à Geoffroy de Quédillac, récompensé à la mort de Bertrand du Guesclin en 1380 pour ses bons et loyaux services. Plusieurs hypothèses ont été avancées quant aux aménagements et fonctions des pièces. Des découvertes récentes en archives, dont un aveu de 1552 signé de Marie Le Voyer, dame de Taden, ont permis d’attester de l’existence d’un autre logis médiéval perpendiculaire attenant au logis-porte. Dans celui-ci est indiqué une salle, une chambre basse avec garde-robe, une cave avec une despance et une cuisine, le tout surmonté de greniers. Cette découverte pourrait indiquer que le logis-porte ait été à usage uniquement de chambres. Ainsi la grande pièce du premier étage serait une chambre de haut rang et la pièce plus petite mitoyenne, une chambre secondaire.

Les Alleux, berceau de la famille Marot

Le petit manoir des Alleux, du 15e siècle pourrait avoir été à l’origine à salle basse sous charpente. Cette typologie de manoir où la grande pièce n’était pas plafonnée mais directement surmontée par la charpente du toit était de règle dans les plus anciens manoirs bretons. Le lieu est demeuré célèbre pour avoir été le berceau de la famille Marot. En 1598, Raoul Marot des Alleux, conseiller du roi et sénéchal de Dinan, aidera les troupes du roi Henri IV à rentrer dans la ville, siège de la Ligue. Il sera récompensé et anoblit par le roi Henri IV. Sa fortune assurée, il rachète en 1617 le château de la Garaye, puis en 1618 celui de la Grand’Cour à Taden.

Des riches résidences seigneuriales du 16e siècle

Le château de la Garaye

Les ruines du château de la Garaye rendent compte de la grande qualité de l’œuvre édifiée sur plusieurs décennies au 16e siècle. Le décor de granite, début 16e siècle, de la tour d’escalier rappelle celui de la tour du château ducal de Nantes construit à la fin du 15e siècle. Pierre Ferré (vers 1410-1487), sieur de la Garaye était sénéchal de Rennes et de Nantes. C’est peut-être une de ses filles qui épouse un Marot qui est le premier mécène du château de la Garaye. Les armes d'alliance du couple sont apposées au-dessus de la porte de la tour d’escalier. Cependant les armoiries placées au sommet de la tour ne sont que Ferré. Le château inachevé sera terminé en 1573 par Claude du Chastel qui introduit l’art de la seconde Renaissance, on lui doit le portail d’entrée avec ses deux colonnes doriques et les lucarnes à fronton. Le château sera de nouveau réaménagé au début du 18e siècle par Claude-Toussaint Marot de la Garaye (1675-1755) et son épouse Marguerite de la Motte Picquet (1681-1757), nommés les époux charitables.

Le château de la Conninais

L'analyse archéologique du logis de la Conninais qui a fait l’objet de plusieurs remaniements et agrandissements aux 18e, 19e et 20e siècles est relativement complexe, d'autant que les intérieurs n’ont pas pu être visités. De nombreux réemplois in situ et importés perturbent la lecture de la construction originelle de la première moitié du 16e siècle. Toutefois, le maintien de la tour d’escalier arrière, le décor hésitant entre gothique et renaissance traduit une période de transition combinant à la fois l’attachement aux formes anciennes et le désir de rentrer dans la modernité par une distribution organisée à partir d’un vestibule d’apparat.

Tour d'escalier et pavillon du 17e siècle

Le maintien de la tour d’escalier dans la plupart des logis nobles du 17e siècle est lié au prestige de la tour à laquelle est souvent associé au dernier niveau un colombier, comme à Launay-Martin [repéré], maison et métairie noble mentionnées dans un aveu du comte de la Garaye, en 1683. Une autre formule, à la fin du 17e siècle, intègre la tour dans un angle de la façade à la Billardais des Alleux [repéré], à la Petite Prévotais. Ces logis de petite taille, à une pièce au sol, s’apparentent aux retenues. Le propriétaire y séjourne occasionnellement contrairement au métayer dont le logis est mitoyen.

Villégiature à la campagne et pavillon de chasse sont attestés dès le 17e siècle à la Robardais et à la Ménardais. Dans ce dernier lieu, l’implantation en hauteur dominant la Rance contribue au charme discret du logis que l’on peut aussi nommer « vide-bouteille », comme le suggère le dessin gravé sur le linteau de la porte d’entrée .[voir le dossier]

La maison des champs au 18e et au 19e siècle

Le grand logis de la Jossuais [repéré], à deux étages habitables, rappelle celui de Léhon, l’Echapt élevé sans doute un peu plus tard en 1762. L’influence des hôtels urbains et du style des ingénieurs militaires qui agrandissent Saint-Malo sont perceptibles sur les grandes maisons de négociants et d’armateurs et cela bien au-delà du 18e siècle, comme à la Rigoman en 1808, à Saint-Valay en 1827 [repéré] et à Neuville vers 1830 [repéré].

Aires d'études Projet de Parc Vallée de la Rance-Côte d'Emeraude
Dénominations manoir
Adresse Commune : Taden
Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes

Références documentaires

Bibliographie
  • Montecot, Charles. La Fontaine-des-Eaux minérales de Dinan. La féerie de l'Argentel. E : La Griffe du temps, temps, Dinan, 2011.

  • MONNIER, Mathurin-Eugène. Châteaux, manoirs et paysages ou quinze promenades autour de Dinan. Mayenne : J. Floch, 1975.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le Poudouvre et le canton de Dinan-Est. Leurs monuments, leurs fiefs, leurs manoirs et leurs possesseurs. Etude historique et Catalogue illustré des Monuments de cette région. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1949.

  • QUENTIN Christophe. Taden au fil du temps. Editions Astoure, 2006