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Les matériaux de construction de la communauté de communes du Pays de Saint-Aubin-du-Cormier

Dossier IA35049221 réalisé en 2011

Fiche

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Les matériaux utilisés dans les constructions sont le reflet de la nature du sous-sol local. Ainsi, l'extraction locale permet d'éviter un coût important que peut représenter le transport du matériau ainsi que les contraintes techniques liées à ce transport. Ce territoire est extrêmement riche en la matière car la nature du sous-sol y est variée, il est en effet aussi bien composé de grès que de schiste, granite, quartzite ou calcaire. Le sous-sol de la partie nord-ouest, proche de Mézières-sur-Couesnon et Saint-Marc-sur-Couesnon, est en effet granitique contrairement au reste du territoire où le sous-sol est composé de schiste et de grès. Les bâtiments situés dans le territoire sont donc majoritairement construits en grès et en granite, toutefois, un grand nombre de bâtiments sont réalisées en pan de bois ou en bauge. Il s´agit le plus souvent de bâtiments de dépendance. La commune de Saint-Jean-sur-Couesnon est l'une de celles de la communauté de communes qui présente la plus grande diversité au niveau des matériaux de construction utilisés : granite, schiste, grès et terre. Ces matériaux sont utilisés sous des formes différentes et selon des techniques qui varient. De plus, ils ne sont pas utilisés pour les mêmes parties des constructions. Ainsi, le gros œuvre des bâtiments est le plus souvent réalisé en moellon de schiste et de grès.

L'usage d'un matériau de construction plutôt qu'un autre ne semble pas lié à une époque de construction. Ainsi, il existe par exemple des bâtiments du 17e siècle construits en granite, d'autre en schiste et grès et d'autres encore présentent des parties réalisées en pans de bois.

La pierre, utilisée pour la construction des maisons, apparaît sous deux formes, le moellon et la pierre de taille. Le moellon est utilisé dans toutes les constructions et est le plus souvent ébauché, juste retaillé pour favoriser sa mise en oeuvre. On observe toutefois une différence entre la pierre utilisée pour les façades principales et celle usitée pour les murs pignons ou les façades postérieures. En façade principale, la pierre est posée de manière plus ou moins régulière, assisée, et la taille est plus poussée, même si l'on trouve des pierres de différentes tailles et formes. Ce n'est qu'à partir du 19e siècle que l'on cherchera de manière plus systématique à poser une pierre régulière, impression rehaussée par le travail des joints dans lesquels on dessine des rectangles dans le mortier frais. La pierre de taille est utilisée pour les chaînes d'angles, les encadrements et pour les bâtiments les plus remarquables en façade principale. Dans les deux premiers cas, la forme et la taille des pierres sont variables, même si on observe régulièrement des pierres très imposantes. L'art de la taille de la pierre s'est également manifesté dans la création d'éléments destinés à l'usage quotidien des habitants, que ce soit au travers des cheminées, des éviers, des niches ou bien des placards. Dans tous les cas, que la maçonnerie soit réalisée en schiste, en grès ou en granite, les encadrements de baies et chaînages d'angles sont traités en pierre de taille de granite. De même pour la cheminée qui est le plus souvent réalisée en granite. Ces parties, encadrements de baies et cheminées, témoignent du grand soin accordé à certaines parties de l'architecture puisque même sur des logis très modestes (une seule pièce à feu surmontée d'un grenier), les encadrements de baies témoignent toujours d'un soin particulier.

La pierre, utilisée depuis des siècles et de manière quasi exclusive sur le territoire, s'est vue complétée par des matériaux nouveaux, industriels, à partir des années 1860. Parmi eux, on peut évoquer la brique, rarement utilisée de manière unique dans la maçonnerie, mais plutôt en complément de la pierre. Cette dernière apparaît en premier lieu sur les bâtiments publics, symbole de modernité, avant d'être reprise dans quelques constructions privées.

La terre est un autre matériau utilisé dans la construction des bâtiments anciens de ce territoire. Cet usage témoigne de la nature du sous-sol, pauvre en pierre en certains endroits. La terre est utilisée sous deux formes et selon deux techniques. La première est la bauge : technique consistant à élever un mur en terre par levées successives de 50 à 80 centimètres de haut. Cette technique de construction demeure exceptionnelle sur ce territoire en ce qui concerne l´habitat, par contre on en trouve plusieurs exemples pour des dépendances. Enfin, la terre peut-être utilisé comme matériau de remplissage dans les bâtiments construits en pan de bois (structure réalisée en bois avec usage de torchis : terre et paille comme matériau de remplissage. Le torchis est maintenu par des quenouilles : baguettes en bois, le plus souvent en châtaignier). Les bâtiments entièrement réalisés en pan de bois sont également plutôt des dépendances. Toutefois, le pan de bois est utilisé sur des bâtiments d'habitation, mais seulement partiellement, le plus souvent pour la réalisation des têtes de pignon sur les bâtiments les plus anciens.

Il existe encore quelques constructions en pan de bois au cœur de Saint-Aubin-du-Cormier, ville médiévale. Ce type de construction est en effet fréquent dans les centres urbains de la fin du Moyen Age en Bretagne. A Saint-Aubin-du-Cormier, même si le pan de bois est dans la majorité des cas enduit ou bien recouvert d'un autre matériau (zinc), certaines maisons construites suivant cette technique existent encore place Alexandre Veillard. La majorité de ces maisons date des 16e et 17e siècles bien que les remaniements importants qu'elles ont subis ne permettent pas de les interpréter facilement.

La toiture est sans nul doute l'élément qui a subi le plus d'évolution au cours de ces deux derniers siècles. Couvertes en éléments végétaux ou en bois jusqu'à la fin du 19e siècle et même plus tardivement dans les secteurs isolés, les toitures ont suivi l'évolution des productions de matériaux. Ainsi, l'essente de châtaigner était utilisée dans certaines communes comme Saint-Marc-sur-Couesnon et La Chapelle-Saint-Aubert où les photographies des années soixante montrent encore de nombreuses maisons couvertes de cette façon. Il y avait également plus rarement des couvertures en tuile plate.

Aires d'étudesPays de Fougères
Période(s)Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle, 16e siècle

Références documentaires

Bibliographie
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  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

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  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le guide de l'Ille-et-Vilaine. Plouagat, 1994.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON, abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

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  • ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine pour servir de guide aux voyageurs dans Rennes et le Département. Rennes : P. Dubois Libraire-éditeur, 1884.

  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

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  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).