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Les moulins sur l'île de Ouessant

Dossier IA29010107 réalisé en 2014

Fiche

Lors de l'enquête d'inventaire réalisée en 2014, il a été repéré de nombreuses meules de moulin. Abandonnées ou réutilisées en guise de table de jardin, elles sont les traces d'une architecture technique passée : si aux 17e, 18e et 19e siècle Ouessant comptait de 2 à 9 grands moulins, au cours du 19e et jusqu'au début du 20e, une multitude de petits moulins émaillaient le territoire ouessantin.

La céréale de base est l'orge, cultivée jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Au 18e siècle, le grain est moulu soit sur le continent soit dans les grands moulins qui existaient sur l'île.

La consultation des cartes maritimes des 17e et 18e siècle permet d'avoir un aperçu de l'existence des moulins sur Ouessant. Sur une carte de 1680-1700 les moulins de Quéler et de Sourdiac sont mentionnés. La carte dressée par Jacques-Nicolas Bellin en 1764 mentionne de nouveau ces deux moulins. Sur une carte de 1785 ce sont les moulins de Penn ar crech, du Stiff, de Punelle (prunal), de Sourdiac, de Toul al Lan qui sont mentionnés. Le cadastre ancien de 1836 mentionne les moulins suivants : près de Kermorvan, près de la chapelle Saint-Michel, du Stiff, de Toulalan, de Kerlan, de Penancreac'h, près de Feunteun velen, près du Ru, à mez ar run, entre Cost ar Run et Caraës, Prunal à Kermein (section A, feuille 3e).

L'usage des grands moulins tombe progressivement en désuétude au cours du 19e siècle ; seuls 3 sont en fonction en 1900. Peu performant, ils ne suffisent pas à moudre la totalité de la production d'orge de l'île. A partir du milieu du 19e, des petits moulins familiaux sont installés : 5 à 6 ménages utilisent ses moulins qui permettent de moudre 1 à 2 sacs de farine d'orge par jour. A cette même période, l'introduction de l'ajonc à Ouessant permet aux Ouessantins de cuire différemment leur pain. Introduit dans les années 1850 par le maire de l'époque, l'ajonc s'acclimate très bien à Ouessant. Coupé au bout de 4 à 5 ans, il fourni le bois nécessaire à l'alimentation des fours. L'observation des maisons et du cadastre de 1836 permet de constater la création de four à pain en pignon à partir du milieu du 19e siècle ainsi que la construction de fournil en appentis.

A la fin du 19e existaient deux types de cuisson concomitantes : la cuisson au four et celle à la marmite (le pain d'orge est cuit dans la marmite posée sur le foyer de la cheminée et couverte de mottes : bara kaoter) remplaçant ainsi les modes de cuisson plus anciens. Cambry, dans son itinéraire en Finistère, détaille que "c'est avec du goémon et de la fiente de vache qu'on cuit le pain dans l'île d'Ouessant, on chauffe l'âtre, on y met la pâte qu'on recouvre de cendre chaude, la cuisson s'opère bien." Quarante ans auparavant, Piganiol de la Force évoquait aussi la cuisson sous la cendre dans la Nouvelle description de la France en 1753.

Le cadastre : source d'information :

Le parcellaire actuel porte trace des anciens grands moulins : les parcelles circulaires de Kerivin, Queler ou Sourdeac sont remarquables. Le nom des parcelles est aussi évocateur d'ancien usage mais sans trace visible de moulin, et ce dès le 19e siècle : liors ar vilin, stanc ar vilin, port du moulin...

(Le géo référencement proposé ici n'est pas exhaustif.)

Aires d'étudesParc Naturel Régional d'Armorique
Dénominationsmoulin
AdresseCommune : Ouessant

Marcel Gautier signale dans son article sur les moulins de Bretagne et de Vendée qu'il existait neuf grands moulins-tours à trois étages à Ouessant. Entretenus par des associations de propriétaires encaissant les revenus et rétribuant les meuniers, le dernier fonctionna jusqu'en 1918.

Les petits moulins à vent de l'île de Ouessant ont été construits au cours de la seconde moitié du 19e siècle (ceux de Caraes sont postérieurs à 1842, date du cadastre ancien) afin d'échapper à la tutelle des grands moulins.

Il en exista une centaine broyant surtout de l'orge et permettant d’approvisionner les quelques 2 500 habitants que comptait l'île au 19e siècle. En 1964 on en dénombrait plus qu'un seul.

Facile à construire, leurs matériaux sont issus du sol de l'île (meule-nord de l'île-, pierre), de récupérations diverses : bois, ferraille. Les moulins sont utilisés par 6 à 8 familles et ce sont les femmes qui s'occupent de moudre le grains.

Période(s)Principale : 2e moitié 19e siècle

Moulins constitués d'un soubassement maçonné de forme cylindrique supportant une caisse en bois de forme rectangulaire couverte d'un toit à double pente.

Typologiesmoulin à vent
Toitsbois en couverture
Mursgranite moellon
bois pan de bois

Références documentaires

Bibliographie
  • Françoise , PERON. Ouessant, L'île sentinelle, vie et traditions d'une île bretonne. Le Chasse-Marée, Armen, 1997.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

Liens web