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Les pigeonniers en façade (Vildé-Guingalan)

Dossier IA22133324 réalisé en 2017

Fiche

Le droit de colombier en Bretagne est un droit ancien, dont l’origine est difficile à déterminer avec précision. Il semblerait qu’avant la première moitié du XIVe siècle, tout propriétaire foncier pouvait posséder un abri pour pigeons. La Très Ancienne Coutume de Bretagne (1312-1341) restreint ce droit.

L’article 290 de la Très Ancienne Coutume de Bretagne précise : « Nulle ne doit faire coulombier s’il n’avait eu anciennement coulombier, ou s’il n’est si grand maistre au pays que ceux coulombs se puissent pourvoir sur luy ou sur ses hommes ».

L’Ancienne Coutume de Bretagne, en 1539, y ajoute la notion de superficie, sans pour autant définir aucun chiffre. L’article 371 stipule : « Ou s’il n’a si grande estendue de terre au pays que les coulombs se puissent pourvoir sur luy ou sur ses hommes ».

En 1580, la Nouvelle Coutume de Bretagne devient encore plus restrictive dans son article 389, et précise qu’il faut désormais 300 journaux de terre (soit 150 hectares) et être noble pour posséder un colombier.

Cependant, une grande partie de la noblesse bretonne ne disposait pas de la superficie requise, et il pouvait arriver que malgré cela, certains propriétaires possédaient un colombier. Dans un acte de 1683, concernant le château de Vaucouleurs en Trélivan, il était précisé que la surface de terre possédée par le propriétaire de ce château n’était que de 50 journaux de terre et malgré cette petite superficie il disposait d’un colombier1 .

Ce droit de colombier, ainsi que les autres privilèges, ne seront abolis qu’à la Révolution, avec l'ensemble des droits féodaux. Dans l’article 2 du décret du 4 août 1789, il est précisé que « le droit exclusif des fuies et colombiers est aboli », cela veut dire que ce droit est désormais accordé à tous. Le colombier, autrefois privilège et emblème de la noblesse, se démocratise alors à partir du XIXe siècle.

Il faut toutefois préciser que les articles de la Coutume de Bretagne ne concernaient que les colombiers « à pied » en forme de tour isolées, autrement appelés «fuies », et non les trous de boulins percés dans les façades ou les pignons des demeures ou encore au sommet des tours d’escalier, ce qui pouvait donner lieu à de multiples contournements…

1AUFFRET Jean, Colombiers et pigeonniers en Bretagne profonde, Editions régionales de l’ouest, Mayenne, 1993, p24
Aires d'études Projet de Parc Vallée de la Rance-Côte d'Emeraude
Dénominations pigeonnier
Adresse Commune : Vildé-Guingalan

Si l'on en juge par le nombre de pigeonniers en façade découverts à Vildé-Guingalan, nous pouvons en conclure que ce modèle a connu une grande vogue à partir du XIXe siècle. Ces pigeonniers sont nettement représentés en campagne, dispersés dans les nombreux hameaux que compte la commune. Il s’agit exclusivement de trous de boulins en nombre réduit, en façade et aucun colombier ou fuye, autrement dit un pigeonnier sous forme de tour isolée, n’a été recensé sur la commune. L’inventaire du patrimoine bâti de Vildé-Guingalan mené entre octobre et avril sur la commune, a permis d’y recenser 24 pigeonniers.

D’une manière générale, les trous de pigeon se situent le plus souvent en façade du logis, ou sur un mur pignon. Le nombre de boulins est variable, mais se situe toujours entre 2 et 6 trous. Un unique exemple possède jusqu'à 16 trous de boulins, au lieu-dit de Coavou. Ces pigeonniers se situent le plus souvent sur une ligne horizontale. En façade, les trous de pigeon sont la plupart du temps situés en-dessous du débord du toit ou entre les fenêtres hautes. Sur les murs pignons, les boulins sont toujours placés en hauteur.

Ces ouvertures sont le plus souvent carrées, parfois rectangulaires. Maçonnées généralement en granite, nous trouvons cependant un exemple à encadrement en brique et linteau en bois, sur une dépendance agricole au lieu-dit de Coavou.

Il n’est pas rare que ces trous soient munis d’un juchoir, nécessaire à l’envol et à l’atterrissage des pigeons. Il s’agit le plus souvent d’une pierre en saillie, comme aux lieux-dits de la Férulais, des Noëls ou du Champ Gicquel, ou plus rarement d'une ardoise incluse dans la maçonnerie (Coavou, Boculé). Dans un seul cas, à Coavou des barres en métal encastrées dans la maçonnerie tiennent lieu de juchoir. Certains trous de pigeons ne comportent aucun juchoir, comme à La Landelle ou à Boculé.

Dans certains cas, l’entrée des boulins est soulignée par un badigeon de chaux, en encadrement, ou formant un bandeau en-dessous du débord du toit, comme c'est encore une fois le cas au lieu-dit de Coavou.

Parfois, ces trous de pigeon ont été bouchés. Il est cependant souvent possible de les deviner grâce à la présence du juchoir. En l’absence de ce dernier, une observation fine des joints permet de les retrouver, comme c'est le cas au Férulais.

Typologies boulins de pigeonnier
Décompte des œuvres repérées 24

Annexes

Références documentaires

Bibliographie
  • AUFFRET, Jean. Colombiers et pigeonniers en Bretagne profonde. Ero - éditions Regionales, 1993, 190 p.

  • HENRY Yves, Le colombier, un signe extérieur de noblesse. Essai sur les colombiers en Bretagne. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 88, numéro 1, 1981. pp. 67-86

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