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Les salines, les Sablons (Matignon)

Dossier IA22009451 réalisé en 2006

Fiche

Dénominations saline
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Matignon
Lieu-dit : les Sablons

Des salines dans l'anse de St-Germain-de-la-mer Depuis le Moyen-âge, les baies de St-Jacut et de St-Brieuc ont été propices à la fabrication du sel ignigène par évaporation. En effet, la longueur de la baie de la Fresnaye permet une certaine évaporation avant le retour des vives eaux. La présence de bâtiments anciens aux noms évocateurs, situés aux limites de l'ancienne grève, permet de supposer l'existence des salines et d'un grenier à sel. La maison des Salines est une construction datée de la fin du 17ème siècle ; l'édifice des Sablons est actuellement une ferme. Le Magasin à sel a été construit vers la fin du 16ème siècle, selon un modèle qu'on retrouve dans la région de Guérande, dont l'escalier extérieur présente une architecture identique aux escaliers dits vannetais. Ceci laisserait supposer des contacts avec les sites salins qui subsistent toujours en cette région. Il existe un stock de sable qui a été exploité pendant la première moitié du 20ème siècle, un sable fin et coquillé, très estimé des maçons. Ce stock avait été étendu au 18ème siècle entre les Sablons et Corbusson pour former une digue permettant de prélever sur la mer les marais des Mottais. Cette digue était longue de 300 m et large de 20 à 25 m, selon la tradition orale, elle est évaluée d'une hauteur de 2,50 m. Ce sable étant situé à quelques 5 km du niveau zéro de la mer, il ne saurait s'agir d'une dune résultant des effets du vent, comme il en existe le long des plages. Il s'agit à l'évidence de sable résultant de sablon lavé pour la fabrication de sel. On peut aussi s'interroger sur les raisons de la présence d'un site gallo-romain, tout à côté des Salines, comme en atteste la présence de "tegulae", tuiles romaines sur une parcelle voisine de l'ancien rivage au fond de la baie de la Fresnaye.

Période(s) Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 17e siècle , (?)
Principale : 18e siècle , (?)
États conservations désaffecté, détruit
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les marais du Gué et de Corbusson en Pléboulle et Matignon : à la recherche des salines

    La profonde baie de la Fresnaye est constituée par l´estuaire de deux rivières, divisé par le promontoire de Crissouët. Le Frémur serpente dans une vallée assez large, délimitant les communes de Pléhérel et de Pléboulle. A l´embouchure de ce dernier, se trouve le hameau de Port-à-la-Duc. Ce village, dont l´existence est attestée par les textes médiévaux, notamment le cartulaire de l´abbaye de Saint-Aubin des Bois (Portaradur), fut une possession de l´Ordre des Templiers dès 1170, passée aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem après 1308.

    Au-delà de Crissouët, l´autre vallée orientale formant le fond de cette baie est constituée par le bord oriental du territoire de l´ancienne paroisse de Saint-Germain-de-la-Mer (rattachée depuis à Matignon) et pour partie, par celui de Pléboulle. Dans ces marais, serpentaient le ruisseau dit des Mottais (ou des Marais), séparant ces dernières paroisses et plus à l´ouest le ruisseau dit du Pont.

    Jusqu´à présent, l´examen des textes consultés n´a pas permis de déceler l´existence de salines dans les marais situés entre Port-à-la-Duc et les confins du domaine du Vaurouault ; cependant des indices toponymiques suggèrent leur existence, sur la rive droite, côté Pléboulle. De même, les sources écrites concernant les activités liées au sel, dans la partie orientale de la baie de la Fresnaye, paraissent inexistantes ; néanmoins la toponymie évocatrice d´un village (Saline-Sablons) ainsi que des noms utilisés dans le parcellaire (mondains), font supposer l´existence de salines, qu´il est impossible de situer dans le temps. En effet, le "mondrain" ou "mondrin" est un toponyme marqueur de la technique salicole du lavage du sablon. Les mondrins étaient des sortes de tertres constitués au fil du temps par l´accumulation des sablons rejetés en bordure de rivage après leur lessivage. Sur le mondrin était implanté la saunerie (saline) avec tous ses accessoires pour faire le sel. En Avranchin, les mondrins surplombaient les grèves de 2 à 7 mètres, suivant la proximité des lits estuariens et étaient généralement protégés des attaques de la mer et des rivières par des digues (L'Homer A. et Piquois Ch., "Anciennes Salines du Mont-St-Michel", 2002, p. 22).

    Les Marais de Pléboulle

    L´existence probable de salines en Pléboulle est suggérée par certaines mentions figurant dans le parcellaire, évocations citées notamment lors de la description des marais qu´on afféagea à la fin du 18ème siècle. Par ailleurs, entre la rive droite du Frémur et la partie sud du village de Port-à-la-Duc en Pléboulle, la route départementale N° 786 traverse un parcellaire qui y évoquait, en 1827, des « mondains », ultimes témoignages indiquant que du sel fut fabriqué naguère en ces lieux.

    Suite aux lettres patentes du 22 juillet 1697, "dérogeant tant que besoin aux articles 358 et 359 de la Coutume de Bretagne", il fut alors procédé à divers afféagements dans le duché de Penthièvre. Ainsi, le 30 octobre 1768, Toussaint Joseph Le Restif de Tresselin, avocat au Parlement et procureur fiscal de Matignon, demeurant à Matignon, paroisse de Saint-Germain-de-la-Mer, afféagea de la seigneurie de Lamballe les grands marais du Gué et de Corbusson, situés dans les paroisses de Pléboulle et de Saint-Germain-de-la-Mer, ces dernières "séparées par la rivière qui descend de la fontaine des Mottais et se perdant dans la mer". Ce féage noble fut obtenu moyennant 2 godets de froment par journal, à la fête de la Saint-Michel.

    Sources : Clément Jacques-Henri ; Le Gal La Salle, Jean-Pierre, "Les marais du Gué et de Corbusson en Pléboulle et Matignon". In Les amis du Vieux Lamballe et du Penthièvre. Lamballe : Association Les amis du Vieux Lamballe et du Penthièvre, 2006, n° 33, p. 70-77.

  • 20062212521NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/15.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Extrait de plan cadastral, 1825. AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/5, plans cadastraux parcellaires de 1825.

    Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr
Bibliographie
  • CLEMENT, Jacques-Henri. L´industrie du sel dans le Penthièvre littoral. Mém. Thèse de doctorat en Pharmacie : Rennes : UER Médical et pharmaceutique, 1989.

Périodiques
  • CLEMENT, Jacques-Henri ; LE GAL La Salle, Jean-Pierre. Moulins à eau des versants côtiers du Penthièvre. In Les amis du Vieux Lamballe et du Penthièvre. Lamballe : Association Les amis du Vieux Lamballe et du Penthièvre, 2006, n° 33.

    p. 70-77