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Lycée Bertrand d'Argentré, 15 rue du collège (Vitré)

Dossier IA35132692 réalisé en 2018

Fiche

Le lycée Bertrand d'Argentré de Vitré est l'un des deux lycées bretons installés dans un ancien couvent d'Ursulines, dont les bâtiments existent encore. Le second est le lycée de l'Élorn, à Landerneau. Quant au lycée de Pontivy (actuel lycée Joseph Loth), il a été lui aussi implanté dans un tel couvent, mais il a entièrement été reconstruit au cours des années 1880.

Les bâtiments administratifs du lycée Bertrand d'Argentré sont en effet encore hébergés dans les locaux des Ursulines (certes surélevés), organisés autour d'un cloître ouvert, dont les parties les plus anciennes (porte de la chapelle) datent des dernières années du 17e siècle. Ce cadre lui confère un caractère particulier.

Les bâtiments d'enseignement, l'internat et le gymnase municipal ont été construits dans les années 1970 et 1980, le CDI en 2006. C'est l'architecte Yves Moignet, qui est intervenu dans huit lycées en Bretagne ! qui est l'auteur des plans des externats et de l'internat.

Dénominationslycée
Aire d'étude et cantonBretagne
AdresseCommune : Vitré
Adresse : 15 rue du Collège

Implantation du collège de Vitré dans l'ancien couvent des Ursulines

A la fin du 17e siècle, les Ursulines construisent un couvent, avec un cloître ouvert côté sud, à proximité immédiate du manoir de Boisjean. Le Consulat cède le couvent à la commune, en 1803, afin d'y implanter un collège. Entre la Restauration et la loi de Séparation, la destinée de l'établissement est tumultueuse : il devient petit séminaire en 1825, est remis à l'Université pendant la monarchie de Juillet, puis l'enseignement est confié à des ecclésiastiques en 1853, et collège redevient communal en 1908. Une histoire somme toute représentative de la lente implantation d'un enseignement secondaire laïque dans cet arrondissement.

Mixité précoce et étatisation

Au cours de la Première Guerre mondiale, le collège est transformé en hôpital militaire, et les cours transférés au château. Dès 1935, il devient mixte suite à la fermeture du collège de jeunes filles, estimé trop coûteux au vu du nombre d'élèves. En 1960, il devient lycée, puis lycée nationalisé en 1962 et lycée d’État en 1974. Des évolutions symboliques d'une implication mesurée de la municipalité.

Face à l'accroissement du nombre d'élèves, après avoir eu recours à des classes mobiles, l’État décide en 1975 de construire un bâtiment neuf (agrandi en 1986) pour abriter les classes, l'internat, le CDI. C'est l'architecte angevin Yves Moignet qui en donne les plans. Familier des bâtiments scolaires, il a participé à la construction de l'université de Rennes 1 avec Louis Arretche, à celle de plusieurs collèges et donné les plans du lycée professionnel Freyssinet de Saint-Brieuc. En 2003, la Région entreprend une rénovation puis confie en 2006 la construction d'un nouveau CDI aux architectes Valérie Tréguer et Gwenaëlle Velly.

Construit en 1984, le gymnase utilisé par le lycée est municipal (voir enquête patrimoine des sports).

Aujourd'hui

Le lycée accueille, en 2018-2019, 1374 élèves dont 84 internes. Il prépare aux bacs généraux, aux bacs technologiques STMG (sciences et techniques du management et de la gestion). 116 élèves sont des étudiants et étudiantes en BTS assistant manageur et BTS communication.

Période(s)Principale : limite 17e siècle 18e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 19e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 4e quart 20e siècle , daté par source
Principale : 1er quart 21e siècle , daté par source
Dates1701, daté par source
1975, daté par source
1986, daté par source
2006, daté par source
Auteur(s)Auteur : Moignet Yves
Yves Moignet (19 mai 1920 - juillet 2007

Architecte DPLG, 21 boulevard du roi René, Angers.

Etudes à l'ENSBA de 1941 à 1948, Grand Prix de Rome en 1948, médaille d'or des hautes études supérieures de l'architecture de la SADG, agréé par le MRU.


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Auteur : Tréguer Valérie architecte attribution par source
Auteur : Velly Gwenaëlle architecte attribution par source

Cadre urbain et paysager

Le lycée est implanté en ville, dans un quartier résidentiel séparé du centre ville par la voie ferrée. L'architecture scolaire est l'un des marqueurs de ce quartier : un plateau sportif - comprenant deux gymnases - et le collège Gérard de Nerval jouxtent "Bertrand d'Argentré".

Une architecture composite : un manoir, un ancien couvent d'Ursulines, une chapelle et des bâtiments scolaires modernes.

Le lycée est composé de bâtiments d'époques très différentes formant visuellement deux ensembles. Le premier, près de l'entrée, est composé de bâtiments aux murs de pierre (grès et granite) aujourd'hui apparentes et aux toitures couvertes d'ardoises, construits du 17e au 19e siècle. Il est complété par le réfectoire (fin 20e siècle), qui s'intègre à l'ensemble par l'usage de l'ardoise en couverture.

Le second, de l'autre côté de la cour, près du parc des sports, est composé de bâtiments en béton à toit terrasse, complétés par le nouveau CDI (2006), vitré et couvert de tôle noire.

Le manoir Boisjean

Il reste du manoir Boisjean, antérieur au couvent, un corps de bâtiment rectangulaire fortement remanié qui accueille aujourd'hui une salle de réunion. Les bâtières de sa toiture sont couvertes d'ardoise.

Le couvent et la chapelle des Ursulines (administration)

L'administration (bâtiment A) a pris place dans les bâtiments du couvent des Ursulines, dont les plus anciens datent du 17e siècle. Les trois ailes sont organisées autour d'un cloître ouvert au sud. Les murs de ces bâtiments, remaniés et surélevés, sont en moellons de grès et étaient enduits à l'origine (les enduits sont encore présents sur les cartes postales du début du 20e siècle). L'encadrement des baies et des ouvertures est en pierre de taille. Les toits en pavillon sont couverts d'ardoises.

La chapelle de plan rectangulaire n'est pas orientée.

Les extensions du 19e siècle : logements de fonction et conciergerie

Une aile de logements de fonction, de deux étages sur rez-de-chaussée et caves, a été ajoutée au 19e siècle. Elle est perpendiculaire à l'aile ouest du cloître. Son architecture tend à reprendre le vocabulaire et l’épannelage des bâtiments plus anciens, nonobstant l'ajout de bandeaux d'appui.

La conciergerie (19e siècle), de plan rectangulaire, est construite dans les mêmes matériaux, mais ses toitures à la Mansart et son élévation (un étage sur caves plus étage de combles mansardés) la singularisent.

Le réfectoire et les cuisines (fin 20e siècle) prennent place dans un bâtiment à simple rez-de-chaussée, mitoyen sur deux côtés d'une maison abritant des logements de fonction. Il est couvert d'ardoises et se distingue par des grandes baies vitrées, sur la façade ouest, ainsi que par ses bardage et pare-soleils en bois.

Trois maisons mitoyennes à l'alignement de la rue du collège complètent le bâti de la partie nord du lycée.

Un nouvel internat et un nouvel externat ont été construits en 1975, puis agrandis en 1986.

Au sud, de l'autre côté d'une cour en partie paysagée (arbres de haute tige, massifs, pelouses...) a été construit en 1975 (bâtiments I, E, B et C) et agrandi en 1986 (bâtiment C), un ensemble de barres organisées en étoile à trois branches, autour d'un patio. Le bâtiment I est celui de l'internat. Les bâtiments B, C et E accueillent les externats (et l'infirmerie dans le E). Les plans ont été donnés par Yves Moignet.

L'ensemble est composé de trois ailes de plan rectangulaire qui reproduisent la trame de 1,75 m (1,8m pour l'aile de 1986) chère à l’Éducation nationale au cours des trente glorieuses. Elles sont pour deux d'entre elles, d'élévation R+2 (B, E, I) et R+1 pour la troisième (C). Les façades sont parées de panneaux de béton préfabriqués, recouverts de petits carreaux rectangulaires de grès multicolores où les tons beiges dominent. La façade bâtiment B est animée par les baies vitrées sur toute la hauteur en rez-de-chaussée, qui confèrent aux piliers des airs de pilotis, et par l'usage irrégulier, au premier étage, de bandeaux horizontaux discontinus.

La desserte des étages par des couloirs centraux serait des plus classiques si l'architecte n'avait placé un escalier extérieur, accolé au pignon sud-ouest de l'internat, et surtout installé, dans le bâtiment B un astucieux escalier central, composé de deux volées indépendantes et superposées débouchant, à chaque étage, sur un couloir rectangulaire qui dessert les salles de classes et les laboratoires disposés le longs des façades mais aussi des pignons.

Le bâtiment C a été surélevé et allongé en 1986. L'architecte, qui utilise un vocabulaire orientalisant et des tons verts pour les décors de la façade sur cour, en rupture avec ses choix précédents, a cependant travaillé l'articulation avec le bâti antérieur en conservant la modénature des façades préexistantes.

Le centre de documentation et d'informations, construit en 2006, prolonge le bâtiment C. Les architectes Valérie Tréguer et Gwenaëlle Velly ont également joué sur les ruptures et la continuité : ruptures en termes de matériaux (métal et verre) et d'élévation (simple rez-de-chaussée) ; continuité par la création d'un escalier R+2 bardé du même métal, à la jonction avec le bâtiment C.

Décoration du lycée

La décoration au titre du 1% artistique associée à la construction de l'extension de 1986 est une mosaïque murale en carreaux de grès peints de 2 mètres par 8, disposée dans le foyer, au rez-de-chaussée du bâtiment B. Son auteur, M. Guillerm, était professeur d'arts plastiques au lycée. L'avis favorable de la commission nationale date du 29 juin 1990. Il précise :

"(...) Les éléments qui y sont représentés - livre, plume, stylo-plume, cartable, yeux, signes abstraits - rappellent l'univers du lycée.

La fresque sera réalisée en grès, selon une technique de découpe et 'application mise au point par la société Créaser."

Le lycée possède deux autres œuvres probablement issues du 1% relié à la construction des bâtiments de 1975. L'artiste Francisco Sobrino a réalisé une mosaïque murale de 6,5 m X 6,5 m, collée sur l'escalier extérieur de l'internat (et aujourd'hui visible, essentiellement, depuis le parc des sports) et une sculpture métallique, installée dans le patio, qui peut être rattaché au courant de l'abstraction géométrique.

Collections pédagogiques

Le lycée possède des collections de sciences naturelles, en particulier des squelettes et des insectes. Les collections de sciences physique n'ont, pour la plupart, pas été conservées. Quelques meubles (salles de collections, salles de sciences, paillasses) datent des années 1970.

Murspierre
béton
Toitardoise, bitume
Statut de la propriétépropriété de la région

Annexes

  • Plan topographique du lycée :

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives Nationales : 19940651/16
Bibliographie
  • BRANCHEREAU, Jean-Pierre, CROIX, Alain, GUYVARC'H, Didier, PANFILI, Didier. Dictionnaire des lycées publics de Bretagne. Geriadur liseoù publik Breizh. Histoire, culture, patrimoine. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2012. 656 p.

  • Joyault [Elisabeth], La décoration au titre du 1% en Bretagne, mémoire de maîtrise d'histoire de l'art, Rennes, Université rennes 2, 1994, 3 volumes.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Béatrice Simonot, "Vies d'architectes. Yves Moignet", 303. Arts, recherches et créations, n° 62, 1999, p. 162-163.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Moignet [Mme Y.] et Moignet [A.], "Yves Moignet (1920-2007), Architecte Grand Prix de Rome, et l'idée d'architecture", in Mémoires de l'Académie d'Angers, tome 26, 2011, pp. 169-176.

  • Dominique Amouroux, "La maison tanière d'un architecte", in 303, la revue des Pays de la Loire, n° 66, pp. 60-67

Liens web