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Lycée Joseph Loth, 4 rue Jean-Marie de Lamennais (Pontivy)

Dossier IA56132037 réalisé en 2018

Le lycée de Pontivy est, avec le lycée de Rennes, un des deux premiers lycées ouverts sur le territoire breton (un des trois premiers, avec celui de Nantes, si l'on sort des limites de la Bretagne administrative). Il est atypique à plusieurs titres. Son implantation est programmée, dès 1803 (il ouvre en 1806), à Napoléonville, créée à proximité de la ville historique. Napoléon Bonaparte avait en effet décider d'édifier cette "ville nouvelle", le 17 septembre 1802.

D'abord implanté dans l'ancien couvent des Ursulines, le lycée est reconstruit, sur place, à partir de 1885. C'est ainsi un exemple d'architecture de lycée de la 3e République. Il possède en outre un "trésor" (fonds anciens de bibliothèque), un amphithéâtre qui date de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle.

Dernière trace du couvent des Ursulines, un retable du 17e siècle a pris place dans la chapelle construite lors de la réédification du lycée à la fin du 19e siècle..

Dénominations lycée
Aire d'étude et canton Bretagne
Adresse Commune : Pontivy
Adresse : 4 rue Jean-Marie de Lamennais

Intérêt historique :

C'est, quelques mois après le lycée de Rennes, le deuxième lycée fondé par le Consulat en Bretagne. Le gouvernement de la République, arrête, le 30 nivôse en 12 (21/01/1804), sous la signature, entre autres, du Premier consul Bonaparte : "Le lycée de Pontivy sera placé dans le local de l'ancien couvent des ursulines de cette ville." C'est, quelques mois plus tard, un élément important du projet global de création de Napoléonville, l'une des deux villes nouvelles créées par l'empereur, avec Napoléon Vendée (La Roche-sur-Yon). A ce titre son intérêt historique est important. Le lycée ouvre en 1806. L'ancien couvent d'Ursulines, devenu bien public pendant la Révolution était déjà un lieu dédié à l'instruction de jeunes filles.

Les bâtiments vétustes du couvent sont démolis et un nouveau lycée construit sur place à partir de 1885. Les cours se poursuivent sur place pendant les travaux. Pendant la Première Guerre mondiale, les locaux servent d'hôpital militaire. Au cours de la Seconde, ils sont occupés par les Allemands, partiellement à partir de septembre 1940, en totalité d'octobre 1942 à la rentrée 1943, puis de nouveau partiellement. Les bâtiments, qui avaient été minés par l'occupant, échappent à la destruction le 3 août 1944.

De nouveau vétuste, "Joseph Loth" est réhabilité et agrandi entre 1986 et 1996. Les cours se poursuivent et les internes sont toujours accueillis au cours de ces longs travaux. Un prospectus datant de 1904, conservé au CDI du lycée, permet de comprendre l'organisation d'un lycée public et de son internat. Il présente même l'instruction religieuse, un an avant la loi de Séparation des Églises et de l’État.

Auteurs :

Aimé Le Corre (architecte de la ville de Pontivy) : Bâtiments construits à partir de 1867 et 1885

Edouard Ramonatxo (architecte de la ville de Pontivy) : aménagements dont douches (1906).

Hervé L'Hyver, architecte, a construit le nouveau bâtiment N (1986-87) et conduit la restructuration de l'ensemble du lycée (1989-1994). C'est un ancien élève du lycée.

DDL, restructuration et extension du service de restauration (2015).

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle, 4e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 17e siècle, 1er quart 21e siècle
Auteur(s) Auteur : L'Hyver Hervé, architecte, attribution par source
Auteur : DDL Architectes
Auteur : Ramonatxo Édouard, architecte, attribution par source
Auteur : Le Corre Aimé

Partie(s) constituante(s) :

Externats, internats, réfectoire, administration, foyer des internes, infirmerie, logements de fonction, cours, gymnase (voir opération patrimoine des sports), hall d'entrée, ateliers agents...

Contexte urbain :

Napoléonville a été aménagée entre 1807 et 1815, au sud de l'ancienne cité. Le premier consul souhaitait en faire : "dans la paix le centre d'un grand commerce et, dans la guerre, un centre militaire important". Le lycée est donc un des éléments structurants de l'ensemble urbain, à proximité immédiate des nouveaux îlots, implantés selon un plan hippodamien, autour d'une place centrale, la Plaine. Le site du lycée est celui de l'ancienne chapelle Sainte-Magdeleine (15e siècle). Dédiée aux lépreux, elle était située hors les murs. Au 17e siècle s'implante en ces lieux un couvent d'Ursulines. La chapelle est alors reconstruite. Seul subsiste de ce dernier édifice un retable du 17e siècle, classé MH. Le lycée forme ainsi un lien entre le tissu ancien et la ville nouvelle. Ouvert un an avant le début des travaux de construction de cette dernière, il n'en est pas moins physiquement et symboliquement, un élément essentiel du programme qui comprend également un tribunal, un hôtel de ville sous-préfecture, une maison d'arrêt, une caserne, une gare...

Contexte paysager :

Le cadre urbain du lycée est celui d'un bâti dense. Le lycée est bordé par deux rues et une voie ferrée. Sa surface au sol est de 1,1 ha. Il occupe environ les trois quarts d'un îlot urbain où sont également implantés une mission locale pour l'emploi des jeunes et une école privée. Quelques massifs sont plantés d'arbustes dans la cour d'honneur, et quelques arbres ornent la cour Émile Masson.

Organisation :

Le plan du lycée actuel est, pour l'essentiel, celui du lycée reconstruit sur le site de l'ancien couvent d'Ursulines, à partir de 1885. On retrouve donc le plan en grille typique des lycées de la 3e République, avec des bâtiments à l'alignement des rues, reliés entre eux par des édifices perpendiculaires. Le bâti délimite quatre cours dont deux sont ouvertes sur un des côtés. A l'origine, les salles de classes se situent au rez-de-chaussée, les dortoirs aux étages.

Évolution du bâti :

Du couvent d'Ursulines implanté sur le site et qui accueille le lycée de 1806 à 1885, il ne reste que le retable (17e s), classé MH, implanté dans la chapelle construite à la fin du 19e siècle. Les bâtiments de la fin du 19e siècle (1867 : aile le long de la voie ferrée destinée aux logements de fonction puis de 1885 à 1891) ont été réhabilités entre 1989 et 1994. Le bâtiment A1, trop vétuste, a été reconstruit. Seuls les arcades du rez-de-chaussée, les volumes et la forme des toitures ont été conservés. La rénovation des autres bâtiments n'a pas modifié la structure du bâti, et peu remanié les façades. De façon très classique, pour des bâtiments de lycées construits des années 1880, le traitement de l'entrée constitue l'essentiel du décor. Les pierres de taille en granite, utilisées pour l'encadrement des baies et les chaînages d'angle, sont apparentes. Les galeries de circulation au rez-de-chaussée, donnant aux cours leur aspect de cloitre, ont cependant été vitrées pour créer des couloirs fermés et chauffés. Le bâtiment de l'ancienne entrée était dépourvu de galerie : l'architecte en conçoit une qui donne sur la cour d'honneur.

Le bâtiment N (qui a vocation à se nommer, à l'avenir, bâtiment H) est de construction plus récente (1986-87). Il prolonge la façade le long de la rue Saint-Jory et abrite le réfectoire (restructuré en 2015) ainsi que les classes et laboratoires de sciences.

Œuvre d'art :

Le lycée ne possède pas d'œuvre du 1% artistique mais, dans la cour Émile Masson, une installation composée de 4 chaises et 4 "puits" creusés à fleur de sol. Elle s'intitule Perception Model III, est en métal et céramique, et a été réalisée dans le cadre d'une résidence d'artiste, entre septembre 2017 et mars 2018, par les Montaincutters, un duo d'artistes.

Collections pédagogiques :

Une bibliothèque ancienne, appelé "le trésor", est composée de nombreux ouvrages anciens, parmi lesquels une édition originale de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (1751). Un catalogue existe (les ouvrages ont des cotes), mais un récolement est nécessaire. Le lycée possède des collections, minéralogiques, de sciences physiques et de sciences naturelles, dans les laboratoires et dans une salle de cours du bâtiment N. A inventorier.

Autres collections :

Le lycée possède des meubles anciens (à inventorier), un bas-relief en plâtre du peintre et sculpteur rennais Leofanti (1830-1890), représentant le docteur Guépin, un chemin de croix de la peintre et écrivaine Alice Pasco (1926-2013).

Murs béton essentage d'ardoise
pierre

Toit ardoise
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété de la région

Annexes

  • Plan topographique du lycée Joseph Loth (2018)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Cotes : 1522W1 ; 1522 W 9 ; 1T68 ; T126 ; T 129

    Archives départementales du Morbihan
  • Cotes : 4M53 à 66 ; 4M70 à 74 ; ; 2H25 ; 4P7 ; 2S5/3 ; 1Z8 ; 4Z145 ; 1R60 ; 1Z145 ; 4J5/3 ; 4P7 ; 1D518

    Archives municipales de Pontivy
Bibliographie
  • BRANCHEREAU, Jean-Pierre, CROIX, Alain, GUYVAR'H, Didier, PANFILI, Didier. Dictionnaire des lycées publics de Bretagne. Geriadur liseoù publik Breizh. Histoire, culture, patrimoine. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2012. 656 p.

  • Loyer (François), "L'urbanisme napoléonnien à Pontivy", Mémoires de la SHAB, 1980, PP. 5-30.

Liens web