Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Magasins à poudre, 1815-1870

Dossier IA56132131 réalisé en 2017
Aires d'études Bretagne
Dénominations poudrière

Au début du 19e siècle, le type de magasin à poudre dessiné par Vauban et amélioré au 18e siècle est toujours utilisé par les ingénieurs militaires : chambre de stockage voûtée éventuellement divisée horizontalement par un plancher, piédroits épais munis de contreforts, une seule porte en pignon, éclairage par fenêtres hautes en pignon, évents d'aération en baïonnette, plancher sur vide sanitaire, enceinte de sûreté. L'usage des contreforts disparaît au cours de la première moitié du siècle.

Le Comité des fortifications, dans la lignée de son action normalisatrice ayant produit les plans-types de casernes à l'épreuve en 1843-1845 et de réduits de batteries et de postes gardes-côtes en 1846, arrête en 1848 un plan-type de magasin à poudre. Ce modèle diffusé par l'instruction du 19 mars 1848 se situe toujours dans la tradition du magasin à poudre vaubanien. Le plan-type ne fixe que les dispositions communes à tous les magasins. Les dimensions de ceux-ci varient en fonction de la contenance. Ils peuvent être à un seul niveau ou à deux niveaux. Une variante introduite dans les forts où la place manque fusionne l'enceinte de sûreté avec les piédroits de la voûte sous la forme de galeries latérales. Lorsque ces magasins sont transformés en magasins enterrés après 1870, ces galeries existantes s'intègrent dans la gaine d'isolation.

Dans les années 1860, l'apparition de l'artillerie rayée amène à concevoir des magasins mieux protégés, enterrés sous des massifs de terre. Ils sont les précurseurs des magasins du type de 1874.

Période(s) Principale : 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Génie

Les magasins à poudre du type de 1848 sont au nombre de six en Bretagne : fort de Quélern, lignes de Quélern (Roscanvel), fort Surville (Groix), forts de Houat et d'Hoedic, citadelle de Belle-Île (Le Palais). Les magasins du fort Surville et des forts de Houat et d'Hoedic sont à gaines latérales. Le magasin du fort Surville a été transformé en magasin enterré après 1870.

Le magasin à poudre construit en 1837 dans la Ville-Close de Concarneau est à rapprocher de cet ensemble. Celui construit en 1859 dans le fort Cézon (Landéda) est une construction ad hoc dont l'organisation rappelle celle adoptée à la fin des années 1860 pour les magasins à munitions des régiments d'infanterie.

Toits terre en couverture, pierre en couverture
Murs granite
schiste
Décompte des œuvres repérées 8

Annexes

  • Magasins à poudre à gaines latérales.

    Dans le but de rétrécir le moins possible le terreplein du fort et de diminuer les maçonneries du magasin, il y aura à examiner si l'on ne pourrait pas appliquer ici la disposition admise pour quelques forts de Lyon, laquelle consiste à établir de cour qu'en avant des deux pignons, et à remplacer le corridor latéral extérieur par un couloir ménagé à l'intérieur de chaque piédroit. Dans ce couloir ouvert à ses deux extrémités, débouchent les évents latéraux du magasin à poudre.

    (Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 582, Registre des avis du Comité des fortifications sur le crédit général pour la défense des côtes, 1846-1849. Séance du 8 juillet 1847, Houat-Hoedic)

    Par décision ministérielle du 3 août 1848 la contenance du magasin à poudre du fort Lacroix a été fixée à 30000 kilogrammes. La même décision prescrit de présenter pour 1849 un projet de magasin à poudre à rez-de-chaussée conformément au type adopté pour ceux à 4 rangs de barils, avec une modification dans les piédroits et le mur de clôture à cause du peu d'étendue de l'intérieur du fort.

    Le magasin a été placé conformément aux décisions précédentes dans l'angle sud-est et accolé à la face 3-4 du cavalier. Pour ménager, comme on vient de le dire, l'espace intérieur on a supprimé la cour sur les longs pans, et pour en tenir lieu on a percé deux galeries longitudinalement dans les piédroits du bâtiment pour communiquer de la cour d'entrée à la cour de sortie. Les évents ouvrent sur cette galerie et n'ont pas suite aucune communication avec le dehors.

    (Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 8, Places françaises et d'Algérie : 1 VH 1474, Place de Port-Louis, projets et dépenses annuels, 1847-1856. Direction du Génie de Nantes, Place de Port-Louis, Mémoire du chef du Génie sur les projets pour 1849, 17 décembre 1848)

Références documentaires

Bibliographie
  • DELAIR (P. E.), Histoire de la Fortification jusqu'en 1870, Thionville, éditeur Gérard Klopp, 2003, 188 p.

  • ROCOLLE (P.), 2000 ans de fortification française, Paris, Charles Lavauzelle, 1973, 2 vol., 365 p. et 262 p.

  • BALLIET, Jean-Marie, Die Bedeutung der Vaubanschen Kriegspulvermagazine für den europäischen Festungsbau, In Tagungsband : Wissenschaftliches Kolloquium zum 350. Jahrestages der Grundsleintung der Zitadelle Petersberg vom 29. Mai bis 31. Mai 2015, Erfurt, Freunde der Citadelle Petersberg zu Erfurt e. V., 2016. p. 99-110.

Liens web