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Maison de marchand dite maison Saint-Pierre, 14 rue de la Chalotais (Tréguier)

Dossier IA22132865 réalisé en 2018

Unique en son genre à Tréguier, la maison Saint-Pierre est réalisée sur le modèle des maisons à pondalez de Morlaix, commanditées par la noblesse commerçante entre le 4e quart du 15e siècle et le début du 17e siècle. Sa présence à Tréguier manifeste chez les marchands toiliers de Morlaix d'une volonté de développer des comptoirs de vente dans plusieurs ports à la fin du 15e siècle avant de concentrer toute l'activité à Morlaix dès le début du 16e siècle. Ce modèle d'habitat urbain particulièrement original est inventé à Morlaix par la corporation des nobles marchands et diffusé principalement dans cette ville. Il répond à la volonté de se démarquer des autres marchands et met en oeuvre des techniques de constructions élaborées, notamment celles de charpenterie. Lié au commerce de la toile, celle des "crées", il témoigne de l'importance de l'activité toilière, du développement de la marine et du commerce international au 15e siècle.

Protégé au titre des monuments historiques, cet édifice dispose d'une notice sur le portail Mérimée du Ministère de la culture, notice accessible par le lien en bas de page.

Genrede commerçant
Parties constituantes non étudiéescour
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
AdresseCommune : Tréguier
Adresse : 14 rue de la Chalotais

La maison Saint-Pierre est, selon Daniel Leloup, édifiée vers 1490 par un marchand toilier de Morlaix. Elle fait partie des premières maisons construites sur ce modèle, exemple primitif qui explique plusieurs maladresses d'exécution comme le vaisselier et l'évier en pierre rognés par l'escalier ou la différence de niveau entre les chambres sur rue et sur cour. Dans la 2e moitié du 17e siècle, la maison est amputée de ses galeries et d'une partie des chambres sur cour afin d'installer un escalier secondaire en vis pour accéder plus commodément aux dites chambres.

Au 19e siècle, la maison a fait l'objet de nombreux remaniements : modification du plan de toiture faisant disparaître le pignon droit sur rue par la création d'une croupe ; façade en pan de bois recouverte d'un enduit, percement de grandes baies aux étages ; création d'une devanture au rez-de-chaussée ; division de l'espace intérieur.

Déjà inscrite en 1964 à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques pour ses façades et toitures, elle obtient une extension de la protection aux intérieurs en 2007 après la découverte de son appartenance au groupe des maisons à pondalez. A partir de 2007, l'espace central est restitué, l'escalier, les cloisons intérieurs en pan de bois et torchis restaurés. La façade sur rue est recomposée à partir des éléments d'origine selon un état supposé de la fin du 15e siècle.

Période(s)Principale : 4e quart 15e siècle, 2e moitié 17e siècle

Maison de marchand construite sur une parcelle étroite et profonde, à deux étages carrés et étage de comble. Le plan irrégulier s'évase vers l'arrière : les pièces sur cour sont donc un peu plus larges que les pièces sur rue. Seule la façade sur rue est en pan de bois, à encorbellements sur poutres. Elle est formée de poteaux, de sablières et de contreventement en croix de saint André. Aux étages, les baies sont disposées en bandeau continu selon une composition horizontale issue de l'école de Guingamp. Le rez-de-chaussée à poteaux de bois possède une entrée latérale ouvrant autrefois sur un couloir permettant un accès indépendant à l'escalier et aux étages depuis l'extérieur. Les murs latéraux en maçonnerie assurent une fonction de coupe-feu avec les maisons mitoyennes. La façade sur cour est en pierre, remontée ultérieurement avec les chainages des baies d'origine.

Le plan tripartite comprend une partie avant donnant sur la rue, séparée d'une partie arrière sur cour par un hall central de treize mètres de haut à usage d'accueil et de réception pour les acheteurs étrangers. Un escalier en vis est situé dans l'angle du hall pour desservir toutes les pièces de devant. Autrefois, à chaque palier d'arrivée, une galerie en bois donnait accès aux pièces de derrière correspondantes. Ces trois galeries superposées par étage formaient les ponts d'allée ou pondalez surplombant le hall. L'escalier comprend un poteau de jonction de 10 mètres de haut qui permettait de relier la vis aux galeries grâce à des volées secondaires. Ce poteau fait l'objet d'un programme iconographique religieux issu de trois artisans : au niveau supérieur saint Martin, au premier étage saint Georges et au rez-de-chaussée saint Pierre d'une qualité supérieure aux deux autres.

Tout le rez-de-chaussée est en communication formant une immense pièce, la boutique donnant sur la rue ne formant qu'une seule "grande boutique" avec le hall central. Celui-ci est chauffé par une cheminée monumentale (aujourd'hui réduite) construite sur le mur gouttereau nord. L'espace central montant de fond en comble est fermé dans les étages par des cloisons en pan de bois aveugles, les chambres hautes étant ainsi complètement isolées et sans communication visuelle avec lui. Sous la première galerie disparue, était logée une petite cuisine équipée d'un vaisselier et d'un évier en pierre toujours en place, séparée du hall par une claustra en bois également disparue.

Un escalier secondaire en vis en hors oeuvre est construit à l'époque moderne à l'arrière de la maison pour desservir plus commodément les chambres côté cour. Il occupe une partie du volume initial des chambres qui sont ainsi réduites de moitié. Les latrines étaient adossées à la tour d'escalier dans un appentis dont il subsiste deux murs.

Mursbois pan de bois
schiste moellon
Toitardoise
Étages2 étages carrés, étage de comble
Couvrements
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
croupe
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis en charpente
escalier hors-oeuvre : escalier en vis en charpente
Techniquessculpture
Précision représentations

Poteau de jonction de l'escalier en vis orné des figures de saint Pierre, saint Martin et saint Georges.

Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Protectionsinscrit MH, 2007/04/06

Références documentaires

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Tréguier, 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 362/1-4
Bibliographie
  • LELOUP, Daniel. La maison urbaine en Trégor aux 15e et 16e siècles. Rennes, Presses universitaires de Rennes, collection "Art et Société", 1996, 226 p.

  • LELOUP, Daniel, Demeures remarquables de Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'Or, Editions Skol Vreizh, 2015.

Liens web

(c) Monuments historiques - Tanguy-Schröer Judith
Judith Tanguy-Schröer , né(e) Tanguy
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