Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Maison de retenue, puis ferme du Pâtis Colas (Mordelles)

Dossier IA00007866 réalisé en 1986

Fiche

  • Façade sud du logis (2017)
    Façade sud du logis (2017)
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • écurie
    • remise
    • four à pain
    • étable à vaches
    • grange
    • pressoir à cidre

Le Pâtis Colas est représentatif des retenues créées par les bourgeois de Rennes. Entre le 16e et le 18e siècle, le bassin de Rennes constitue un lieu d'investissement et de rendement financier pour cette élite urbaine qui supplante peu à peu, auprès de la paysannerie, le pouvoir de la noblesse terrienne. Les retenues sont alors une manière particulière d'habiter entre ville et campagne, où de grandes exploitations agricoles sont à la fois des fermes et des lieux de villégiatures.

Il constitue un exemple intéressant de cette architecture rurale spécifique au bassin de Rennes. Les préoccupations d'agrément doivent en effet se concilier avec celles d'une exploitation agricole. Ici, les nombreuses dépendances, notamment celles dédiés à l'élevage, sont disposées de manière indépendante par rapport au logis. Ces dispositions originales traduisent la volonté de mettre à distance les pièces destinées à l'élevage pour une question de confort. Depuis la route, le visiteur emprunte deux porches successifs pour accéder à la cour principale. Il y a donc l'idée d'une mise en scène d'un certain apparat attaché aux modèles architecturaux de la noblesse, notamment ceux issus de l’architecture manoriale.

Le principe des retenues fait que le logis est très souvent partagé comme au Pâtis Colas. La salle du rez-de-chaussée sert d'habitation au fermier, tandis que la pièce à feu de l'étage, directement accessible par un escalier particulier, est destinée au propriétaire lors de ses séjours. Autre particularité du Pâtis Colas, les deux tiers du logis sont affectés au stockage, alors que la ferme dispose de vastes dépendances. Par ses proportions imposantes, le logis du Pâtis Colas se démarque donc des fermes avoisinantes et témoigne également du développement de la production de cidre dès cette époque.

Le caractère remarquable de cet ensemble est à souligner, notamment par son apport à l'histoire de l'architecture et de la vie sociale et économique du Pays de Rennes

Parties constituantes non étudiées écurie, remise, four à pain, étable à vaches, grange, pressoir à cidre
Dénominations ferme, demeure
Aire d'étude et canton Rennes Métropole
Adresse Commune : Mordelles
Lieu-dit : le Pâtis Colas
Cadastre : ?

Le cadastre de 1829 figure deux corps de bâtiments dont les dispositions sont semblables à celles d'aujourd'hui. Le toit à croupes et la présence d'un fort coyau laissent néanmoins supposer une date de construction pouvant remonter au milieu du 18e siècle. De plus, le soin apporté à cette construction en terre crue et la présence des deux porches successifs qui hiérarchisent l'espace, témoignent d'une forte influence du modèle manorial sur le maître d’œuvre de la retenue. Un cadran solaire daté de 1822 est accroché sur la façade principale aspectée au sud.

Période(s) Principale : milieu 18e siècle
Dates 1822, porte la date

La ferme du Pâtis Colas est située à l'ouest de Mordelles, au nord du domaine de La Haichois et non loin du tracé de l'ancienne voir royale. L'ensemble se compose d'un logis et de plusieurs dépendances dont l'implantation ménage deux cours successives. Longeant la route, un premier corps de dépendances constitué d'un poulailler, d'une étable, d'une écurie et d'une soue à cochons marque l'entrée de la ferme. Il est percé en son centre d'un porche qu'il faut traverser pour pénétrer dans la basse-cour depuis laquelle l'accès aux différents bâtiments d'élevage est possible. La façade postérieure du logis, aspectée au nord, donne également sur cette basse-cour et une laiterie y est accolée.

Une grange est disposée en retour d'équerre du logis et elle marque la limite orientale de la cour principale. On accède à cette dernière par un second passage couvert qui fait le lien entre le bâtiment d'habitation et la grange qui fait également office de fournil. L'angle sud-est de la cour est marqué par une autre bâtiment à usage de dépendance agricole (pressoir ?).

De plan rectangulaire et aspecté au sud, le corps de logis en terre se compose d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré. Il est couvert d'un toit à croupes et à coyau, avec un entablement constitué de corbelets sculptés en bois qui soutiennent en surplomb une planche à moineaux.

Au rez-de-chaussée, le logis est organisé en trois pièces : deux celliers encadrent une pièce à feu. Chacune de ces pièces est dotée d'un accès propre depuis la cour principale. La pièce à feu du rez-de-chaussée est éclairée par deux fenêtres, dont l'une constituait un simple jour de cheminée élargi durant le 20e siècle. Une seconde pièce à feu installée à l'étage est accessible en empruntant un escalier en bois. Ce dernier était à l'origine isolé de la salle du rez-de-chaussée par une cloison. Sur la façade antérieure, au nord, une porte surmontée d'un oculus destiné à éclairer ce sas permettait un accès direct à la chambre de l'étage réservée au propriétaire de la retenue. C'est sur cette même façade que deux oculi superposés laissent supposer l'emplacement d'un éventuel escalier à l'image de la distribution verticale des manoirs. Ces deux oculi ont ici un simple rôle d'apparat et ils permettent d'éclairer à la fois le cellier installé à l'est de la salle, ainsi qu'une pièce à usage de fenil située à l'étage. Deux autres oculi éclairent quant à eux le second cellier et la petite pièce permettant d'accéder à l'étage.

Murs terre
bauge
schiste
moellon
brique
enduit
Toit ardoise
Plans plan régulier
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
croupe
Typologies dépendance à usages multiples, à porte haute, logis à fonctions multiples, à fonctions multiples croisées
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier de pré-inventaire, Service de l'inventaire du Patrimoine de Bretagne, 1973

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 196 - Mordelles
Documents figurés
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5424
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5817
Bibliographie
  • Bardel, Philippe et Maillard, Jean-Luc, Architecture de terre en Ille-et-Vilaine, Rennes, éditions Apogée- Écomusée du Pays de Rennes, 2002

  • Architecture rurale en Bretagne. 50 ans d'inventaire du patrimoine. Inventaire du patrimoine, Bretagne. Editions Lieux-dits. 2014

  • RIOULT Jean-Jacques, "retenues et maisons de plaisance", in : Rennes. Mémoire et continuité d'une ville, Paris, Éditions du patrimoine, 2004.

    Bibliothèque universitaire. Université Rennes 2
  • BARDEL Philippe, "Les modèles de l'architecture rurale du pays de Rennes", in : La maison rurale en pays d'habitat dispersé, ANTOINE Annie, COCAUD Martine, PICHOT Daniel (dir.), Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2005

Liens web