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Maison dite "maison prébendale de la Motte Rouge", 9 Place de la République (Tréguier)

Dossier IA22133353 réalisé en 2017

Aujourd’hui située rue Marie Perrot (anciennement rue de la Mission) et donnant sur la Place de la République, l’ancienne maison prébendale de la Motte Rouge appartenait au chapitre de la cathédrale de Tréguier et était destinée à loger un dignitaire ecclésiastique. Son nom fait référence à Toussaint-François-Gabriel de la Motte Rouge (1756-1832), prêtre et chanoine, son occupant durant la Révolution.

Cette grande demeure, vraisemblablement datable de la première moitié du 18e siècle bénéficie d’un exceptionnel état de conservation : distribution intérieure, cheminées et escalier à balustre sont en en place. Dans la seconde moitié du 19e siècle ou au 20e siècle, la façade sud, donnant sur la cour a été dotée d’une tour de style néo-gothique abritant de petites pièces. L’édifice a fait l’objet d’une importante restauration au 20e siècle.

Dénominations maison, dépendance, puits
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : 9 Place de la République
Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle, 20e siècle

La demeure est isolée de la rue par un mur de clôture délimitant une cour pavée à laquelle on accède directement via le portail. Son plan de type ternaire à cinq travées comporte, outre un vestibule central traversant et donnant sur le jardin au nord, deux pièces au rez-de-chaussée se répartissant ainsi à la Révolution : un salon (à l’ouest) et une salle (à l’est) disposant chacune d’une cheminée et de boiseries.

Le vestibule donne accès à un escalier à balustre de bois à rampe discontinue. Au-dessus du salon, toujours selon les dispositions décrites en 1791, se trouvait une chambre avec antichambre et cabinet. Une autre chambre est située au-dessus de la salle. Accessible par l’escalier, l’étage de combles était également habitable : on y trouve ainsi des greniers et mansardes accueillant une alcôve et un "cabinet à fruit, éclairé d’une lucarne garnie de châssis en petit bois et orné de vitrage". Orientée vers le sud, l’aile orientale abrite un "appartement" éclairé de deux fenêtres auquel on accède par une porte depuis la salle orientale. Même distribution à l’étage, où une porte, accessible depuis la chambre, donne accès à une autre petite chambre avec "cheminée en chauffe pieds boisée sur toute sa hauteur", une alcôve et garde-robe en menuiserie.

Dans la cour se trouvait le bâtiment accueillant la cuisine dotée d’une cheminée "à manteau de bois et corbelets de grosses pierres", d’un four à pâtisserie et d’un potager à différents services et le cellier (séparé de la cuisine par un mur de refend). Un cabinet d’aisance et bucher (construit en "maçonnerie et colombage") avait également été aménagé dans la cour.

Murs granite moellon
maçonnerie
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours, en charpente
Jardins parterre
Typologies cour empierrée, type ternaire
États conservations bon état

Annexes

  • Maison prébendale de la Motte Rouge, procès-verbal d’estimation des biens nationaux de première origine par Joseph-Marie Cadillan, expert commis par délibération au directoire de Lannion, 31 janvier 1791 (Archives départementales des Côtes-d’Armor, 1 Q 1, article 33, Tréguier)

    "Pour entrée, une porte à jambage de grosse taille garnie d’un battant et donnant sur la cour pavée en cailloutage contenante de plat deux cordes ; au midi de la cour un édifice construit d’une longère en maçonnerie et d’autre longère en colombage ayant de long trente-neuf pied. Laize à deux pignons entiers et un laize douze pieds, hauteur compensée sept pieds six pouces ; au bout au levant, une cuisine ; dans la dite cuisine, une cheminée à manteau de bois et corbelets de grosses pierres ; à côté de la dite cheminée, un four à pâtisserie ; un potager en maçonnerie découvert de taille et à différents services ; ladite cuisine éclairée de deux ouvertures de fenêtre et un jour en menuiserie garnies de châssis en petits bois et vitrage ; pour hentisse, une baie de porte garnie d’un battant… adjacent à la dite cuisine et séparé par un pignon […] un cellier […] ; au double de ladite cuisine et cellier, un grenier en terrasse ; le comble et charpente chevronné de sciage. Au levant dudit édifice, un cabinet d’aisance et bucher aussi construit en maçonnerie et colombage […]

    La maison principale construite en maçonnerie […] laize à quatre pignons entiers. Au bout au levant autre édifice attenante au précédent aussi construite en maçonnerie. […] Pour hentisse au principal édifice, une porte carrée de taille donnante sur un vestibule, garnie d’un battant avec imposte orné de vitrage ; le dit vestibule pavé en tablette.

    Au couchant du vestibule, un salon éclairé de trois fenêtres carrées de taille garnies de double châssis en petit bois et vitrages ornés de volet et abavent. Le châssis et abavent à l’extérieur fixés à crochets ; au pignon du couchant, une cheminée boisée sur toute la hauteur, à chaque recoin de ladite cheminée, un buffet garni de battant à grillage de fil de fer. Le contour dudit salon boisé à hauteur d’appui et toutes fixées à crochets ; lattre [l’âtre] carrelé en tuile.

    Au levant dudit vestibule, une salle éclairée de trois fenêtres en taille pareilles aux précédentes ; ladite salle une cheminée à tablette boisée sur toute la hauteur, à côté une armoire […] le contour de ladite salle aussi boisée à hauteur d’appui, toutes lesquelles boiseries se trouvent fixées à crochets, lattre [l’âtre], plancher en sapin.

    Au midi de ladite salle, une baie de porte servant de hentisse à l’appartement adjacent. Ledit appartement éclairé de deux fenêtres […].

    Dans le vestibule, un escalier en charpente et menuiserie garni d’un garde-corps, éclairé par une fenêtre carrée de taille pareille aux précédentes.

    Le palier aussi plancher en sapin et éclairé par une fenêtre de taille pareille aux précédentes.

    Au-dessus du salon, une chambre, antichambre et cabinet séparés par des cloisons et armoires en menuiserie éclairés par trois fenêtres carrées de taille garnies de châssis en petits bois et vitrages. Celle en la longère au nord, garnie de doubles châssis aussi en petits bois et vitrages fixés à crochets ainsi que les cloisons, armoires et hauteur d’appui ; en ladite chambre, une cheminée à tablette aussi boisée en menuiserie sur toute sa hauteur, une alcôve aussi en menuiserie également fixée à crochets ; lattre planchi en sapin.

    Autre chambre au-dessus de la salle éclairée par deux fenêtres […] une cheminée à tablette aussi boisée en menuiserie sur toute sa hauteur ; à chaque recoin de ladite cheminée une armoire en mur aussi boisées en menuiserie ; autre armoire aussi en mur construite dans la longère au midi également boisée ; toutes lesquelles boisures se trouvent fixées à crochets ; lattre [l’âtre] plancher en sapin.

    Au midi de ladite chambre, une baie de porte servante à fréquenter une autre petite chambre éclairée de deux fenêtres carrées de taille garnies de châssis en petits bois et vitrages. L’une des dits fenêtres à doubles châssis fixé à crochets ; en ladite chambre, une cheminée en chauffe pieds boisée sur toute sa hauteur, une alcôve et garde-robe en menuiserie. Toutes lesquelles boisures se trouvent fixées à crochet ; lattre [l’âtre], plancher en sapin.

    Autre volée d’escalier aussi en charpente et menuiserie avec garde-corps éclairé d’un jour en forme de lucarne ; ledit escalier à hanter [entrer dans] les greniers et mansardes.

    Bout au levant, un grenier, pour hentisse une baie de porte dans le pignon en refend ; ledit grenier éclairé par une petite lucarne garnie d’un châssis en menuiserie et orné de vitrage en plomb : une petite mansarde close et séparée audit grenier par des cloisons de charpentes et lattis, et éclairée par une lucarne pareille à la précédente, dans ladite mansarde, une alcôve en menuiserie fixée à crochets ; lattre [l’âtre] dudit grenier et mansarde plancher en sapin.

    Au midi du précédent grenier, autre petit grenier éclairé de deux lucarnes, lattre [l’âtre] en terrasse.

    Le palier, plancher en chêne et châtaignier, à côté dudit palier, un cabinet à fruit, éclairé d’une lucarne garnie de châssis en petit bois et orné de vitrage ; ledit cabinet clos par des cloisons de charpentes et lattis ; lattre [l’âtre] carrelé en tuile.

    Bout au couchant, autre grenier éclairé de deux lucarnes […]

    En la façade du nord, une porte carrée de taille donnante sur le vestibule, pareille à celle à la façade du midi servante à fréquenter le parterre. Joignant la porte, un perron en grosse taille.

    Le parterre contenant de plat quatre cordes sept huit, cerné au midi par les édifices, du couchant par un mur en dépendant, du nord pareil mur aussi en dépendant dans lequel il se trouve une grande porte carrée de taille garnie de deux battants, et au levant par un mur mitoyen donnant dans le jardin du petit archidiaconé ; dans ledit parterre, un puits en maçonnerie et gorge de taille recouvert d’un chaperon et quenelle [?] en charpente, à côté, une auge en pierre de grains ; les murs dudit parterre ornés de treize espaliers et au plat vingt-deux buissons et fruitiers en plein vent de différentes qualités.

    Le jardin au levant des édifices contenant de plat dix cordes et un tiers cernées au midi par un mur mitoyen avec le sieur Duportal ; au nord, par autre mur mitoyen avec le petit archidiaconé ; au levant, autre mur aussi mitoyen avec la prébende au sieur du But ; lesdits murs ornés de treize espaliers et sur plat quarante-deux buissons et fruitiers en plein vent de différentes qualités.

    Bout au levant dudit jardin, un cabinet construit en maçonnerie et colombage éclairé de deux ouvertures de fenêtres en menuiserie garnie de châssis en petit bois et vitrages ornés de volet ; au double, un petit grenier ; le comble chevronné de sciage sous couverture d’ardoise […]

    Une allée couverte en différents bois aussi bout au levant dudit jardin.

    Ladite prébende et dépendances estimées, distraction faite de huit livres payable à la fabrique suivant le rapport dudit sieur La Motte-Rouge et trouvée valoir la somme de 4496 livres 3 sols 4 deniers, y compris 374 livres les débatif [?] réclamé par le sieur La Motte-Rouge, comme objet construit par son prédécesseur non attenant à ladite prébende suivant l’ancien renable.

    Et devoir produire de revenu annuel celle de 223 livres 12 sols 9 deniers, y compris aussi le parterre et jardin.

    Fait, conclu et arrêté tant sur les lieux qu’en notre demeure que nous faisons à Tréguier chez le sieur La Biche ainé, rue Neuve, et avons vaqués à la présente commission les 31 janvier, et 1er, 4, 5, 6 et 7 février 1791 sous nos seings lesdits jour, mois et an que devant.

    En marge, sous couverture d’ardoise

    Approuvé.

    [Signé] (Joseph-Marie) Cadillan, expert".

    Transcription : Guillaume Lécuillier, 2018.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Biens confisqués sous la Révolution et liquidation par vente des biens du Clergé (biens de première origine) et des émigrés (biens de deuxième origine). Dossiers individuels des prêtres et des émigrés.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1 Q 1/33 Tréguier