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Maisons et fermes sélectionnées sur la commune de Pluméliau (fusionnée en Pluméliau-Bieuzy en 2019)

Dossier IA56002942 réalisé en 2001

Fiche

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Observations générales.

Dénombrement, conditions de l´enquête.

L´enquête sur la commune de Pluméliau a permis de recenser 489 maisons ou fermes (279 maisons et 210 fermes, certaines de ces maisons à double fonction telle la maison de prêtre accompagnant une ferme à Kermadio), sur un total de 1577 immeubles au dernier recensement INSEE. Sur ces 489 repérées, 46 fermes et 17 maisons ont été sélectionnées pour étude (soit environ 12,9% du corpus) pour leur représentativité ou leur caractère exceptionnel ; les périodes les plus anciennes comptent plus d´édifices sélectionnés que les 19e et 20e siècles, leur conservation jusqu´à nos jours résultant d´une grande qualité d´origine. La limite chronologique du repérage a été fixée aux années 1940, sachant que le deuxième quart du 20e siècle est une période très peu représentée dans la construction rurale, phénomène général aux départements bretons : 39 fermes ou maisons ont cependant été repérées pour cette période, soit environ 8%. Le recensement a été systématique : seules les maisons ou fermes trop transformées pour pouvoir interpréter leur structure initiale n´ont pas été prises en compte.

A l´exception des rives du Blavet où la déclivité est forte (fig. 1), en particulier autour de la butte de Castennec et dans le nord de la commune, l´espace rural consiste en un plateau élevé à l´ouest et une succession d´ondulations coupées par des vallées vers l´est et la rivière l´Evel. Le bocage initial a été fortement affecté par le remembrement sur l´ensemble de la commune (fig. 2).

La carte géologique montre la rupture opérée par le Blavet entre les zones de granite et de schiste, situées respectivement à l´ouest et à l´est de cette rivière. Le schiste briovérien ou schiste talqueux, parfaitement apte à la taille, constitue la presque totalité du sous-sol de Pluméliau. Cependant, une enclave granitique existe au sud-ouest de la commune (Boternau, Kertanguy), la qualité de ce granite ayant également facilité la construction en pierre de taille.

Caractères historiques et datation

En 1840, les statistiques font état de 2637 hectares de terres labourables, 325 hectares de bois, 13 de chataigneraies, 124 de vergers et jardins, 9 hectares d´étangs et 5 de marais et 2867 de landes. Les chiffres évoluent au cours du temps vers davantage de terres cultivées et de pâtures, mais en 1963, il reste encore 1886 hectares de lande ... La production est principalement céréalière, seigle, avoine et blé noir, ainsi que du chanvre, sans oublier une forte production cidricole, d'où le nombre de « granges », dénommées « caves » qui abritent le pressoir. Les prairies proches des rivières du Blavet et de l'Evel favorisent l´élevage des bovins dont le produit s´écoule dans les foires. Le cochon est plutôt réservé à l´usage domestique, jusqu´à ce qu´il devienne au 20e siècle la principale activité de Pluméliau..

Sur les 489 maisons ou fermes repérées sur la commune (à comparer avec les recensements INSEE qui comptent 450 logements jusque dans les années 1940, date limite du recensement), on ne compte pas moins de 5 maisons (dont une maison de prêtre) et 11 fermes de la deuxième moitié ou de la fin du 16e siècle (3,2%), les plus anciennes pouvant être les fermes étudiées de Kerrio et de Kergouhier. A la Ferrière une ferme également étudiée, à l´état de vestiges, porte la date de 1585. La ferme de Kerrio, proche géographiquement de la seigneurie de Rimaison, malgré la rupture du Blavet, et d´un type particulier pourrait avoir dépendu de cette seigneurie. On ne doit pas écarter le fait que quelques unes de ces maisons soient peut-être du tout début du 17e siècle. Les dates relevées sont 1576 (Bodion, ferme étudiée), 1585 (La Ferrière, ferme étudiée, vestiges), 1589 (Nénez, maison de prêtre étudiée), 1595 (Talhouet Avalec, maison étudiée).

On compte 64 fermes ou maisons édifiées au 17e siècle, soit 13,1%, %), dont 26 (40%) ont été sélectionnées pour étude. Les dates portées remontent principalement au milieu du 17e siècle, à l´exception d´une maison de prêtre à Kerbellec datée 1616 : 1633 (Bodion, ferme étudiée), 1634 (Kersalio Coëthuan, ferme étudiée), 1636 (le Faouët, ferme étudiée), 1637, 1643 (la Ferrière, ferme étudiée), 1647 (Bodion, maison de prêtre étudiée), 1650 (deux fois, dont Kerscouarh, ferme étudiée), 1653 (deux fois, dont une maison de prêtre étudiée à Saint-Nicolas-des-Eaux), 1654, 1656 (deux fois, dont Vieux Rimaison, et métairie de Kerascouet, fermes étudiées), 1657, 1666 (Cosquer Keraudren, ferme étudiée), 1667 (la Motte, ferme étudiée), 1670 (maison étudiée à Saint-Nicolas-des-Eaux), 1678, 1679, 1686 (Kerguen, ferme étudiée). Cette période est donc particulièrement fructueuse pour la construction, et se révèle un peu plus précoce que dans d´autres communes du canton.

Le 18e siècle est représenté par 60 fermes ou maisons (12, 2 %), dont 27 (45%) ont été sélectionnées pour étude : cette époque a vu, contrairement aux autres communes du canton, la construction de maisons de grande qualité. Les dates portées s´échelonnent de 1715 (Kergant Saint-Nicodème) à 1798 (Kerimelin, ferme étudiée) ; les dates de 1715, 1720 (Kerscouarh, maison étudiée), 1736 (Moflon, ferme étudiée), 1738 (Kermadio, maison de prêtre étudiée), 1740 (Keraudren, ferme étudiée), 1752 (Pennaut, ferme étudiée) 1756 (Kermonserh, ferme étudiée), 1761 (Linguen, ferme étudiée), 1763 (deux fois, dont Kergouët, maison étudiée), 1768 (Kerhervé, maison étudiée), 1770 (Kertanguy, ferme étudiée), 1774, 1783, 1784, 1785 (Kerguen, ferme étudiée), 1787 (deux fois, dont La Ferrière, maison de prêtre étudiée), 1789, 1792 (Bodion, ferme étudiée), 1793, 1797 (Kerhédro, ferme étudiée), 1798 (trois fois, dont Botberen, ferme étudiée) ont été relevées.

Le 19e siècle est la période la plus féconde : plus proches de nous, nombre d´habitations même modestes se sont conservées en particulier au bourg. Pour l´ensemble du 19e siècle, 183 maisons sont repérées soit 37,4 %, parmi lesquelles 15 (8%) sont sélectionnées pour étude. Ces chiffres se décomposent en 73 maisons repérées en écart, dont 9 maisons éclusières et une maison sélectionnée, 32 maisons repérées au bourg, dont une sélectionnée, 76 fermes repérées en écart dont 13 sélectionnées, et deux fermes repérées au bourg. Pas moins de 59 dates portées ont été relevées : elles sont un peu plus nombreuses dans le dernier quart du siècle (29). Certains villages importants sont reconstruits ou fortement augmentés de maisons au cours du 19e siècle : ainsi Gamblen et Kermorheven, villages de lande où l´habitat devait être précaire, Port-Arthur et Nénez, grâce sans doute à leur situation sur la route de Baud à Pontivy ou encore les importants villages de Saint-Nicolas-des-Eaux et Saint-Hilaire.

173 maisons ou fermes ont été repérées pour le 20e siècle, soit 35,4 %, auquel il convient d´ajouter 19 nouveaux logis édifiés à cette période dans des fermes plus anciennes. Il s´agit plutôt de maisons (123 dont 29 au bourg) que de fermes (50). A l´exception de certaines maisons du bourg à étage, ce sont pour la plupart des maisons modestes, en rez-de-chaussée.

Auteurs

Quelques maçons ont laissé leur nom sur les maisons de Pluméliau :

- En 1763, Tanguy Julien et Lesierre G., maçons d´une maison (étudiée) à Kergouët

- M. Hamono en 1770 à Kertanguy, ferme étudiée

- Guégan, maçon en 1823 à Kerscouarh, ferme 1 étudiée

- L´entrepreneur Vaissier auteur de la maison de Kerlahaye près du bourg à la fin du 19e siècle.

La tradition orale attribue également à l´entrepreneur Tanguy de Pluméliau la paternité de nombreuses maisons des années 1920, dont certaines s´identifient à leurs linteaux de portes et de fenêtres en ciment moulé d´un décor végétal.

Quant aux commanditaires, ils figurent plus fréquemment dans les inscriptions portées sur les façades, le plus ancien semblant être le Kervio qui inscrit en 1575 son nom sur la cloison de la ferme de Bodion. Ce nom est de nouveau mentionné sur un corps de bâtiment en prolongement en 1633, ce qui montre une certaine stabilité dans les convenants (la famille Kervio semble une famille importante, car elle présente au 17e siècle la chapellenie de Notre-Dame, à La Ferrière). Peut-être à contrario, il est intéressant de retrouver le nom de Maurice Belles dans deux fermes de qualité à 30 ans d´intervalle, à la métairie de Kerascouet en 1656 et à la ferme du Faouët en 1636. Le nom de Kervio se retrouve à Parco le Bourg en 1889, accompagnant le nom de Clequin, peut-être l´épouse.

Certains sont de modestes propriétaires, comme Guillaume Guehen qui appose son nom sur un petit logis, sans doute un logis secondaire à Kerhervé en 1770, ou encore Clequin sur une petite maison au Goug en 1774. Dans l´ensemble, c´est surtout au 18e siècle et au début du 19e siècle que les propriétaires apposent leur nom.

On isolera le cas des maisons de prêtres dont on ne trouve pas moins de six exemples sur la commune, identifiées par le calice qu´elles portent. Deux d´entre elles portent le nom de leur constructeur : Guillaume Jouannic à Bodion en 1647, Guillaume Euzenot en 1616 à Kerbellec.

Implantation et composition d´ensemble

Les maisons sont majoritaires au bourg (82 maisons repérées contre 9 fermes). Cependant, du fait de la présence d´écarts importants (Saint-Nicolas, Saint-Hilaire, Kergouët, Kermorheven, ces deux derniers villages de lande majoritairement composés de maisons), on compte une proportion équivalente de fermes et de maisons établies dans des écarts (143 maisons contre 152 fermes).

On dénombre 96 maisons ou fermes isolées (45 fermes, 51 maisons), chiffres relativement importants si on le compare aux communes voisines ; si les maisons isolées peuvent se comprendre surtout comme maisons de lande de construction tardive sur des terres nouvellement défrichées ou ayant remplacé des constructions précaires, on notera l´abondance des fermes isolées, même anciennes (Kertanguy, Boternau, Kerguen et Moflon dans le sud-ouest, Talendias, Kerbernard dans le nord, par exemple), certaines pouvant correspondre à des lieux de manoirs disparus ou encore à des métairies nobles ou non dépendant de manoir : la liste de ces métairies n´est pas connue dans l´état actuel des recherches.

Les écarts sont pour beaucoup relativement importants, voire équivalents à un bourg. Le plus étendu est le village de Saint-Nicolas-des-Eaux, ancienne trêve de Pluméliau. Mais on mentionnera également Talvern-Nénez et Nénez, dont la taille résulte en partie de sa position le long de la route nationale de Pontivy à Baud, Saint-Hilaire, avec chapelle, Keralué-Saint-Claude, Rimaison, Kermorheven. Nombre d´entre eux comptent 4 ou 5 fermes ou maisons. Il faut signaler la disposition particulières de certains villages dont Kermorheven et Kergouët sont les plus importants : les maisons très petites y sont disposées en rangées d´alignement. Cette implantation ne manque d´évoquer un système d´origine médiévale d´exploitation communautaire des terres, observation renforcée par la présence à proximité de Kergouët d´une grande lande (parcelle 891 du cadastre de 1828). Cette disposition est plus fréquemment observée en pays de schiste, à la frontière des départements du Morbihan, de l´Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique, mais également en milieu côtier (communes d´Arzon, Sarzeau, Quiberon).

Les écarts sont pour la plupart implantées sur les sommets des reliefs. Il en résulte qu´ils sont très fortement exposées au vent, d´autant plus depuis la mise en oeuvre d´un remembrement radical. Des rideaux d´ arbres protègent donc tous les hameaux et les bâtiments y sont peu visibles (fig. 3, Grainfay, fig. 4, Keralué-Saint-Claude).

Les fermes et maisons sont majoritairement orientées au sud, sauf dans quelques cas où l´orientation est commandée par le chemin (Kerscouarh, Kerboër, maisons orientées au nord, Le Roëzo, ferme orientée au nord). Dans d´autres cas, il n´y a pas d´explication immédiate à une orientation différente du sud : à La Ferrière, le logis de la ferme 1 daté 1643 est orienté à l´est, tandis que sa voisine (ferme 2) est aspectée à l´ouest. Les trois fermes du village de Keraudren ont leur logis orientés à l´est, de même que les fermes proches de Luissienne et de Cosquer Keraudren : il pourrait s´agir d´une exposition destinée à éviter les vents dominants ouest dans une partie de la commune située en plateau assez exposé. A Linguen, une ferme est orientée au nord et une autre très proche à l´est. Quant à la ferme 2 au village de Kerhédro, elle regarde vers l´ouest.

Les fermes se présentent souvent sous forme d´alignements, regroupant dépendances (en général l´étable, un cellier) et plusieurs logis (Bodion, ferme sélectionnée). Dans de rares cas, la cour est partiellement close sur un ou plusieurs côtés (Boternau, fig.5), mais les bâtiments ne sont jamais jointifs. La ferme de Lann Bihan, actuellement à plan en U est une recomposition moderne de dépendances non jointives reliées au logis. Les granges sont isolées, de même que les fournils et fours à pains, ces derniers pour des raisons de sécurité évidente.

Dépendances

En dehors des granges, four à pains, fournils, et des puits, les dépendances ont peu de caractères particuliers. Sur les 481 fermes et maisons repérées, 201 ont encore une étable : la proportion est beaucoup plus importante dans les fermes, cependant 21 maisons dont toutes les maisons éclusières possèdent une étable. Dans ce dernier cas, ainsi que dans les maisons du bourg, sans doute s´agit-il d'étable à chevaux. Ogée signale de nombreux ruisseaux qui fertilisent les prés propices à l'élevage, qui sont sur leurs bords ; la tradition ancienne de l´élevage bovin est d'ailleurs confirmée par le pardon de la chapelle Saint-Nicodème. Les statistiques agricoles du début du 20e siècle mentionnent également des boeufs de travail, de chevaux, de moutons, ainsi que des cochons. Les abris nécessaires pour abriter ces animaux sont peu identifiables. Jusqu´au début du 19e siècle, les animaux sont en effet logés sous le même toit que les humains. D´autres abris pour animaux sont d´anciens logis rétrogradés en étables. Cependant, on a pu identifier huit soues : de petites dimensions elles sont adossées ou en retour sur le logis, couvertes en appentis (Kermorheven, fig 6, Luissienne, Kergant Saint-Nicodème).

Six fermes, toutes étudiées comportent des pigeonniers en façade (Kerbellec, maison de prêtre) ou en pignon (Bodion, ferme 1, fig. 7, Boternau). Quant aux poules, des niches carrées leur sont ménagées dans le mur des étables (Cosquer Keraudren, fig.8).

Deux maisons dont la maison de prêtre de Kerbellec et 16 fermes ont conservé leur grange. Dans les deux cas de maisons avec grange, il y a eu soit une modification de fonction de la maison (Kerbellec, maison de prêtre accompagnée d'une ferme), soit une destruction du logis de la ferme (Kerbesquer).

Leur date de construction s´échelonnent de la 1ère moitié du 17e siècle (Kerhoret, fig. 9) aux années 1900. Certaines portent une date (Bodevin, 1667, Saint-Claude, 1817, Keralué Saint-Claude, 1868). Sept de ces granges sont isolées, cinq incluses dans l´alignement de la ferme ; cette position concerne des fermes tardives, de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle (Kervezec, Kernaleguen, 1911). Enfin, on remarquera quelques cas de granges à usage multiples : l´une à Guervaud, sous un toit unique regroupe remise, grange et cellier sous le même toit ; à Kermorheven, il s´agit de l´étable et de la grange ; à Kernisquen, la grange est liée à un logis secondaire, le logis principal ayant disparu.

Construites en moellon de granite ou de schiste selon le sous-sol sur lequel elles s'assoient, elles sont parfois en pierre de taille (Kerhoret, fig. 9, Bodevin, Kermorheven, en granite, Keralué Saint-Claude, en schiste). Les granges isolées ont leur ouverture en plein cintre en pignon, en granite, même lorsqu´elles sont construites en schiste (Saint-Claude, fig. 10). De la même manière, les rampants du pignon sont en grand appareil de granite taillés en sifflet, souvent de taille décroissante vers le sommet du pignon (Saint-Claude, fig. 10). Les autres, incluses dans le bâtiment-logis de ferme, sont ouvertes sur le mur gouttereau ; les plus récentes (Kernaleguen, daté 1911) sont ouvertes en arc segmentaire.

Le terme de grange attribué à ces édifices recouvre d´autres fonctions : dans un terroir où la production cidricole est très importante, le pressoir trouve sa place dans la grange, alors souvent dénommée « cave » ; celle-ci joue également le rôle de remise à charrettes.

44 remises ou charetteries, généralement isolées, ont été identifiées, dont 36 dépendant d´une ferme, la plus ancienne à Kergouhier datée 1777. La forme la plus fréquente montre le mur gouttereau partiellement ou entièrement ouvert. La partie remise est parfois associée à un logement ou en prolongement du logis (Kerandré, Kermonserh, Kergoff, Kerivalain, Kerlahaye, Kersalio Coëthuan, fig. 11, Kerret Haut, fig. 12, ou dans des proportions plus modestes, Lann Jacques, couvert en tuiles). L´ouverture est parfois fractionnée en deux ou trois portes charretières (Keraudren, ferme 2, Kerjégu, ferme 3). Les plus anciennes sont parfois intégrées à un autre bâtiment, telle la grange-remise-cellier de Guervaud (fig. 13). La forme si fréquente à Melrand, avec pignon entièrement ouvert, parfois couvert d´une toiture à demi-croupe protégeant l´entrée ne se rencontre que dans deux fermes, dont deux exemples à Kerguen, ferme sélectionnée, l´une des deux étant ouverte en pignon et sur le mur-gouttereau (fig. 14). Cette forme ne semble pas être antérieure au 19e siècle. Elle peut être combinée avec le four à pain (Kerven, Le Faouet). En village, elle est parfois adossé en appentis au pignon du logis (rue de la Ferrière)

A Saint-Hilaire est conservée la seule remise sur piliers monolithes (fig.15)

On compte 107 puits pour l´ensemble des maisons et fermes repérées, la ferme 5 de Keralué Saint-Claude en comprenant même deux.

Les plus spectaculaires sont les puits définis comme morbihannais, circulaires avec superstructure à traverse et montants monolithes, parfois ornés de boules sur la traverse (fig.16, puits à Saint-Hilaire) ; ils ne représentent cependant que 30% des puits de la commune, et ces superstructures ont parfois été rajoutés sur des puits plus anciens (Kerguh, puits probablement 17e siècle, redaté sur la traverse 1865, fig. 17). Le plan circulaire est majoritaire, mais le matériau dépend du sous-sol immédiat ; la pierre de taille de granite est prédominante (47 cas), le moellon de granite étant seulement utilisé dans sept cas, dont trois concernant des puits récents de plan carré ; les puits en granite les plus anciens affectent souvent une forme en tronc de cône (Talhouet Avalec). Cependant, les puits les plus anciens sont plutôt en moellon de schiste, avec margelle monolithe très débordante (Kerrio, fig.18). Douze sont en pierre de taille de schiste. Enfin on note quelques puits utilisant les deux matériaux, soit en lits alternés (Avalec), soit avec base et margelle monolithe (Kermadec). La date la plus ancienne remonte à 1759 (Kersalio Coëthuan, fig. 19).

Le décor est concentré sur les montants et la traverse, à l´exception de deux puits dont la base montre l´une une torsade (ferme, au bourg, 5 rue Théodore Botrel), le second une frise de pampres, feuilles de vignes et grappes, à l´image des décors portés par les retables (Kerguh, fig. 17). Sur les montants sont représentés surtout des visages humains, parfois coiffés d´une mitre (fig.20, 6 rue des Combats de Kervernen). On voit également des ostensoirs et un calice, un vase de modèle savant (Kersalio Coëthuan, fig. 19), quelques têtes d´angelots très frustes, identiques à ceux sculptés sur les croix (Grainfay, ferme sélectionnée).

Enfin on notera un unicum, à Pennaut : en moellon de schiste et granite, la partie supérieure de ce puits, entièrement fermée côté ouest, ouverte en plein cintre à l´est. Il est daté 1752 et s´orne d´une croix (fig.21).

Les fours à pain figurent systématiquement sur le cadastre ancien, sous forme le plus souvent circulaire, de dimensions importantes. Presque chaque village en comptait un, voire deux (à Moflon, fig . 22), généralement à l´écart des habitations en raison des risques d´incendie. Il n´en subsiste que 26 dont quatre inclus dans un fournil (Grainfay, ferme sélectionnée, fig. 23). Les fours sont réalisés en moellon de schiste ou de granite (Roziorc´h, fig. 24) : de plan circulaire, leur face principale comporte une travée centrale en léger retrait au centre de laquelle est ménagée l´ouverture ; sur les côtés sont généralement creusées deux niches carrées. Enfin, la tradition qui consiste à y planter un if dont la ramure au-dessus du four est censée rabattre les escarbilles qui aurait pu enflammer le chaume des couvertures a été conservée malgré le remembrement à Roziorc'h, mais aussi à Kerdanio.

Pendant la dernière guerre, des fours plus petits, nécessitant donc moins de bois ont parfois doublé les grands fours à pain, obsolètes (Gamblen, ferme1).

Matériaux et mise en oeuvre

Gros-oeuvre

Bien que le schiste soit très largement majoritaire dans la constitution du sous-sol de la commune, près de la moitié des maisons et fermes sont construites en granite (233 contre 240 en schiste, dont 23 en mise en oeuvre mixte utilisant les deux matériaux conjointement). La construction en granite est directement lié aux périodes de construction très tardives, en particulier dans les terres de lande pauvres de l´ouest de la commune, soit pour une question de mode, soit grâce à une plus grande facilité de transport des matériaux. Cependant, il apparaît dès la fin du 16e siècle dans l´enclave granitique du sud-ouest de la commune, ainsi que dans les ouvertures pour tout le reste de la commune.

Le schiste est traité différemment suivant qu´il s´agisse de schiste micacé ou de schiste briovérien, dit talqueux. Jusqu´en 1850, ce dernier s´utilise entre autre en pierre de taille ou plutôt en moellon régulier allongé, à joints vifs, dans la mise en oeuvre des murs (fig. 25, le Run) : 38 maisons ou fermes utilisent cette mise en oeuvre très soignée pour le logis, essentiellement au 18e siècle et dans la 1ère moitié du 19e siècle. Cependant, le moellon est beaucoup plus utilisé (179 cas, soit 74%) ; pour les périodes récentes, le schiste micacé prime sur le schiste briovérien. Le moellon est recouvert d´enduit dans 63 cas (fig. 26, Kerscouarh).

La mise en oeuvre mixte est parfois traitée très soigneusement, alternant dans un souci esthétique les lits de schiste et de granite : ainsi à Bodion, ferme 1, Kerdréhouarn, Kerdrého, ferme 1, fig. 27.

Sur les 233 maisons ou fermes construites en granite, 33 utilisent la pierre de taille de granite (soit 14 %). Les plus anciennes se situent dans le sud-ouest de la commune, correspondant à l´enclave granitique dans le sous-sol et datent des 17e et 18e siècles (Boternau, Kertanguy, Moflon, Kerhoret) ; à partir du 19e siècle, la pierre de taille de granite se trouve dans toute la commune (Kerdaniel, fig. 28), quelquefois uniquement pour la base d´un logis enduit (Le Rohic).

La pierre de taille ne concerne que les façades antérieures, pignons et façade postérieure étant construits en moellon de schiste.

177 maisons ou fermes sont bâties en moellon de granite, soit 75 %, la même proportion que pour le schiste.

Le moellon enduit apparaît au 19e siècle. Sur 196 cas recensés, 133 recouvrent du moellon de granite et 63 du schiste. Les maisons concernées se situent surtout au bourg ou dans les gros villages (Saint-Nicolas-des Eaux, Saint-Hilaire), mais aussi en campagne (Lande Kermadec, maison de bord de route, fig 29) et datent de la deuxième moitié du 19e ou de la première moitié du 20e siècle. Quelques fermes plus anciennes sont cependant recouvertes d´un enduit postérieurement à leur construction en accord avec la mode du temps (Kerdavid, Kerscouarh, ou encore la maison de lande près de Kerdélan, de la fin du 18e siècle ou du début du 19e siècle).

Les ouvertures sont presque toujours en granite, sauf dans quelques cas : pour les périodes les plus anciennes (16e et 17e siècles), le schiste est parfois employé (La Ferrière, ferme sélectionnée daté 1585, Kergouhier, ferme sélectionnée, fig.30) ; dans un seul cas, pendant la Révolution, le bois forme les linteaux échancrés à l´intrados d´une dépendance de 1798, à Botbéren (fig 31). A la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, la brique est parfois utilisée pour les ouvertures. Plusieurs maisons au bourg et à Saint-Nicolas ont des ouvertures en brique vernissée.

Toiture

Pour les toitures, deux matériaux d´origine et deux autres de « restauration » sont utilisés. Le chaume, autrefois largement majoritaire en milieu rural, est conservé dans 15 cas. Cependant, il s´agit le plus souvent de roseau ayant remplacé la paille de seigle, à l´exception de l´étable de Kermarec et peut-être d´une ferme à Saint-Nicolas-des Eaux. Sur la ferme de Moflon (fig. 32) et de deux maisons à Talvern et Log er Boh, il est recouvert de tôle (fig. 33). C´est également le cas de la grange de Kercadoret Pennaut, d´une loge cellier à Saint-Hilaire, d´un cellier à Kerleüiné. A Kerscouarh, Kerjégu, (fig. 34), ainsi que sur quatre maisons à Saint-Nicolas-des-Eaux, la toiture est restaurée en roseau. Le chaume est remplacé soit par de la tôle (38 cas), du fibro-ciment (31 cas) ou dans un seul cas (Kercadoret-Pennaut) par de la tuile mécanique (les quatre autres cas de couverture en tuiles concernent des dépendances). Si dans certains cas, la tôle ne provoque pas de modification du volume de toiture, il n´en est pas de même pour le fibro-ciment ou les modifications des pignons peuvent être importantes (Keraudren, ferme sélectionnée 3, Talendias, fig. 35).

Toutes les autres maisons ou fermes (soit 419) sont couvertes d´ardoise, que ce soit le matériau d´origine ou de remplacement. Il est rare que la toiture de chaume remplacée par de l´ardoise garde la même pente de toit (Kerdanio, fig. 36 : les larmiers servant à protéger le chaume subsistent au-dessus de l´ardoise, la lucarne est modifiée en fonction du nouveau matériau) ; les gouttereaux sont généralement surélevés, la charpente changée (Kerandré, ferme sélectionnée). La tradition de couvrir en ardoise est cependant ancienne, comme en témoignent les lignolets conservés sur la maison de chapelain de la Ferrière ou la ferme de Roziorc´h, ou encore le logis de Kerhédro dont ne subsistent que les éléments décoratifs daté 1797 (fig. 37).

Structure : plans, coupes et typologie

Les plans recoupent la typologie (voir plus loin). Les maisons et fermes sont simples en profondeur, à l´exception du presbytère et de deux logis tardifs à Avalec et au moulin de Kerbellec. Cependant, un certain nombre de fermes et maisons ont un appentis postérieur, à usage de dépendance créant une surface au sol identique à celle des maisons à plan double (Kervréhaut).

On dénombre 22 cas de logis en rez-de-chaussée simple, presque tous à pièce unique et datant du 18e siècle au début du 20e siècle. Il s´agit parfois de logis secondaire, comme à Boternau, logis-étable, qui date du début du 17e siècle et peut-être Kerhervé, daté 1768. Certaines, comme la ferme de Goug (fig.38), les maisons de Lan Kervihan, de Kerbrégent, sont des témoins uniques de l´ancien habitat de lande disparu.

275 maisons ou fermes (soit 56%) ont un comble à surcroît, parmi lesquelles 74 soit un peu plus du quart sont antérieures à 1850.

Pour les périodes les plus anciennes (avant la Révolution), on recense 59 fermes regroupant le logis et l´étable sous le même toit, parfois sans séparation, le plus ancien exemple étant la ferme 2 à La Ferrière, datée 1585 ; l´accès se fait par une unique porte dans l´étable qui commande la distribution. Ce type est encore en encore en usage au 19e siècle, mais plus rarement (Le Corronc, 1811). A Boternau, la séparation entre pièce commune et étable est assurée par une cloison en pierre de taille percée de niches et de passages que l´on retrouve à Lelfaux, ferme n°2 à Bieuzy, et à Kerallain en Baud. Cependant, la porte unique d´accès à la salle et à l´étable se double à partir du 17e siècle d´une seconde porte pour des raisons évidentes d´hygiène : les premiers exemples se voient à Pluméliau (Vieux Rimaison, Gamblen, Kerscouarh au 17e siècle, Le Goug, 1774, Kerhédro, Nénez pour le 18e siècle). Le modèle se généralise à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle (8 cas), quoiqu´il soit parfois difficile de le différencier d´un logis double (de ce denier type a été repéré 21 cas datant pour l´essentiel de la fin du 19e siècle ; aussi convient-il de souligner l´exception du logis double de la ferme 1 à La Ferrière, daté 1643, fig.39). La distribution la plus fréquente à partir du 19e siècle reste cependant le logis à deux pièces avec accès axial : on en recense 135 cas, le plus ancien daté 1838 à Kerhédro. Curieusement, le type ne semble pas apparaître avant le 19e siècle à Pluméliau, la maison de lande de Kerdélan, du 18e siècle, pouvant être un exemple précurseur

Le logis à pièce unique avec surcroît est présent dans 69 cas dont 26 appartiennent aux 17e (8 cas) et 18e siècles. Si le type n´est pas présent au 16e siècle, c´est qu´il s´agit de maisons modestes dont la plupart ont disparu, seules les maisons les plus soignées ayant subsisté. Pour les logis les plus anciens, il s´agit très souvent de logis secondaires d´une ferme plus ancienne, logis intégrés dans l´alignement : ainsi à Kerandré et Keraudren, fermes sélectionnées, des 17e et 18e siècle, à Kergouhier, ferme sélectionnée de la fin du 16e siècle.

Au 19e siècle plusieurs fermes, variantes du logis-étable, sont formées d´un logis à pièce unique et d´une étable, d´un cellier ou d´une remise, séparés par un mur de refends (Kerjégu Le bois, 1818).

D´autres compositions sont mises en oeuvre, comme à Moflon au 18e siècle où le logis est séparé de l´étable par une remise, dont l´ouverture en plein cintre est plus tardive (19e siècle). Un plan très proche s´observe à Kergristien, où un bâtiment érigé au début du 20e siècle se compose de deux logis séparés également par une remise (fig.40).

Dans l´ensemble, les surcroîts sont de hauteur modeste, souvent moins d´un mètre. Cependant, à Kergouvarh, se voyait une maison du 17e siècle à pièce unique surmontée d´un haut surcroît formant faux étage accessible par un escalier extérieur en maçonnerie : cette maison a été détruite après l´enquête (fig.41) ; à Kerscouarh, une maison daté 1744 relève de la même structure, mais le comble était sans doute desservi par un escalier intérieur disparu. De même à Cosquéric où l´intérieur n´a pas été vu. Aux 17e et 18e siècles, les combles de certains de ces logis, parfois de très petites dimensions (Kermoizan), peuvent être desservis par des escaliers en vis, en pierre ou en bois situés dans une tourelle postérieure en demi-hors-oeuvre (Keraudren, Kerguen, Kersalio-Coëthuan). Enfin, on mettra en évidence deux logis à fonctions multiples, regroupant logis étable au rez-de-chaussée surmonté d´un double niveau de grenier (Roziorc´h, ferme sélectionnée, Métairie de Kerascouet, ferme du manoir disparu, datée 1656). Dans le premier cas, les deux étages de comble sont desservis par un escalier dans une tour postérieure en demi-hors-oeuvre, alors qu´à Kerascouët, il s´agissait d´un escalier à retours en bois.

Sur 189 maisons possédant un étage carré, 149 sont construites au 19e siècle ou au début du 20e siècle soit plus de 75%.

On distingue les maisons à usage unique d´habitation et les maisons à usage mixte. Dans la première catégorie et parmi les plus anciennes, la maison de prêtre de Nénez datée 1589, dont seul l´étage est habitable, est du même type qu´une autre maison de prêtre à Kerbellec datée 1616, cette dernière cependant plus longue, que le premier logis de la ferme de Bodion daté 1576, ainsi qu´à Quihillio ou Saint-Nicolas, au 17e siècle. Il s´agit là d´exception, le type disparaissant dès le début du 17e siècle. Le plan massé à une pièce par étage est également peu fréquent avant le 19e siècle : on en compte 3 au 16e siècle, 3 au 17e et 3 au 18e siècle, alors que pour le 19e siècle, 13 se sont conservés. Dérivé du précédent, et peu utilisé dans les autres communes (un seul cas à Bieuzy par exemple), le plan allongé à une pièce au rez-de-chaussée (la salle) et étage carré est présent au 18e siècle et au début du 19e siècle (9 cas). Si le rez-de-chaussée n´est pas divisé, l´étage se compose de deux chambres, parfois à usage de stockage. L´accès se fait au rez-de-chaussée par une porte située latéralement donnant sur un couloir avec escalier, et desservant la salle éclairée de deux fenêtres. Ce plan montre des logis de grande qualité (Kerhédro, 1787, fig.42, Saint-Nicodème, maison de chapelain, Grainfay, 1845). Il se prolonge jusqu´au 20e siècle : 6 cas sont recensés presque tous au bourg ou à proximité du bourg. Le plan allongé est l´ancêtre du type ternaire, logis à plusieurs pièces par étage avec distribution symétrique, dont une variante apparaît en 1792 à Bodion (ferme 1). Le type ternaire est surtout fréquent aux 19e et 20e siècles (122 cas).

Enfin, dès la fin du 19e siècle et au cours du 20e siècle apparaissent au bourg et dans l´écart de Saint-Nicolas, des maisons dont le plan se rattache plutôt à l´architecture urbaine, tels les plans à avancée (9 cas) et les maisons à façade en pignon et toiture à demi-croupe datant des années 1930 (2 cas à St Nicolas).

Pour les logis de fermes à étage à fonctions multiples, la plus ancienne pourrait être la maison de Kerrio (fig.43) dont le plan, proche de celui d´un manoir, n´est pas totalement élucidé : si le rez-de-chaussée comporte deux pièces, salle et cuisine, l´étage se compose d´une chambre et d´un grenier, ayant chacun son propre accès par l´intermédiaire d´un escalier extérieur. Pourtant, on comprend plutôt le terme de fonctions multiples comme le regroupement du logis et de l´étable sous le même toit avec chambres à l'étage : cette disposition est très rare et appelle à l´étage une chambre et un grenier, parfois croisés : ainsi à La Motte, la salle avec étable est surmontée d´un grenier, le cellier voisin d´une chambre. Le rez-de-chaussée du grand logis de Boternau accueille la salle séparée de l´étable par une cloison de pierres de taille, l´étage desservi par un escalier en vis en pierre comportant deux chambre. Un très grand grenier occupe la partie est du logis dont le rez-de-chaussée aujourd´hui transformé en habitation devait servir d´étable. Il est parfois difficile de restituer un état initial : ainsi, la ferme sélectionnée du Faouët pouvait relever du même type (logis-étable, surmonté de deux chambres cette fois) ou être un logis allongé à deux pièces superposées. Dans cette ferme, l´étage est distribué par un escalier droit en bois situé dans un appentis postérieur (fig.44), solution très rare pour l´instant vu seulement dans une maison du bourg de Guidel (Morbihan).

Enfin, on soulignera une particularité de structure propre à la région (de nombreux cas ont été trouvés à Melrand, Baud, Pluméliau, mais également dans les cantons voisins de Guémené sur Scorff, ou Cléguérec : l´association dans une ferme d´un logis à étage avec un logis-étable en alignement (Kerbernard, fin 16e siècle début 17e siècle, Kerbellec, maison de prêtre, 1616, Bodion, maison de prêtre, 1647). En l´absence d´archives, il est difficile d´expliquer la présence de deux logis contemporains au sein d´une même exploitation, à l´exception des maisons de prêtres où le logis haut est celui du prêtre, le logis bas celui du métayer. Cette disposition s´explique aisément par une amélioration de l´habitat lorsque les logis ne sont pas contemporains (Kertanguy, logis étable du 17e siècle, associé à un logis à étage de 1770).

La structure des fermes à fonctions multiples en alignement persiste aux 19e et 20e siècle, avec fonctions séparées, comme à Kermonserh, Bodion, Vieux Rimaison, Gamblen (deux pièces et écurie)

Signalons encore au début du 20e siècle, un unicum sur le canton, dérivé des modèles hygiénistes, la ferme de Kervenen, datée 1903, dont le niveau au sol constitué d´une étable est surmonté d´un rez-de-chaussée surélevé et d´un étage carré. Par suite du refus du propriétaire, l´enquête sur le terrain n´a pu aboutir et aucun cliché n´a été fait.

Les ouvertures sur élévations antérieures sont placées irrégulièrement dans les maisons les plus anciennes, l´adoption de la régularité n´étant systématique qu´au 19e siècle. Cependant, dès le 17e siècle, apparaissent les travées d´ouvertures dans la maison de prêtre du Faouët, (même si les ouvertures de l´étage ont pu être agrandies postérieurement), ou dans le manoir de Saint-Nicolas-des-Eaux. Les pignons sont aveugles ainsi que les façades postérieures, à l´exception de quelques portes hautes desservant chambre ou grenier (Boternau, ferme sélectionnée).

Les forme des baies suivent celles en usage lors des périodes de construction ; ainsi les portes à linteau sur corbelets, en schiste, se rencontrent au 16e siècle, à Kergouhier, à Gueltas, et Kergoual, ferme 1. L´anse de panier est contemporaine, mais s'utilise jusqu´au 17e siècle (on ne peut exclure un remploi comme à Kercadoret Kervéno), conjointement avec les portes rectangulaires chanfreinées ou en plein cintre, moulurées ou non (Kerscouarh). L´utilisation de ces dernières se poursuit au cours du 18e siècle, tandis qu´apparaît les portes à linteau en arc segmentaire (Keraudren), l´arc étant plus ou moins échancré selon l´ancienneté.

Dans six fermes, on remarque la présence en façade d´un oculus monolithe, et même de deux à La Ferrière, ferme 2 datée 1585. Il sert à aérer le comble (Keralué Saint-Claude, 1657), ou à éclairer un escalier à Kermoizan. A Kerjégu en 1678, il éclaire le coin de la cheminée, comme à Kerhervé en 1768 (fig.45). Peut-être considéré à l´époque comme la signature d´un maçon, il est encore reconnu comme une pièce de taille importante au 19e siècle, où il est remployé dans l´élévation nord d´une maison de 1871 à Kerdavid.

Les escaliers

Seules 39 des maisons ou fermes visitées ont conservé leur escalier. Constante de l´architecture ancienne du sud Morbihan, l´escalier extérieur n´a pas le même succès dans le canton : seuls deux d´entre eux en granite desservent une pièce à l´étage, chambre et grenier, dans des fermes édifiées à la fin du 16e siècle (Kerrio, Kergouvarh, fig.41) Les escaliers dans-oeuvre qui ont été vus sont tous en bois Deux d´entre eux sont en équerre (Moflon, départ en pierre, et au bourg, dans une maison du 17e siècle), un droit, à Kertanguy, reconstruit au 19e siècle, les autres à retours. On remarquera celui de la maison de prêtre du Faouët du 17e siècle dont les dimensions très importantes (près de la moitié de la maison) mettent l´accent sur la modernité de cette solution.

14 logis datant essentiellement du 17e siècle (seuls trois d´entre eux, deux à Keraudren et un à Kermoizan datent du 18e siècle) ont conservé un escalier en vis, en bois ou en pierre, en général situé dans une tour en demi-hors-oeuvre et dont le départ se fait dans la salle pour desservir le comble (La Ferrière, 1643, Keraudren, Vieux Rimaison, Kerguen, 18e siècle) ou l´étage (Boternau, Kerbellec, 1616, Kerhoret, Roziorc´h, Pennaut). Un seul escalier en vis dans-oeuvre en bois a été conservé, dans le logis de la ferme 1 à Bodion.

Les maison de type ternaire possèdent pour la plupart un escalier axial en bois à retours.

Aménagements intérieurs.

Les cheminées sont toujours placées en pignon. Dans un pays à construction majoritaire en schiste, les cheminées des logis les plus modestes sont à linteau et consoles en bois (Keraudren, ferme 1, 1740, Pont Even, 1869) ou linteau de bois et consoles de granite en quart de rond, et piédroits simples en moellon de schiste (Kerandré, fig.46) ou de granite (Kerhervé). Dans les édifices les plus prestigieux, les cheminées sont à linteau et consoles moulurées en granite ; au Faouët, le logis du fermier dépendant de la maison de prêtre conservent des consoles en volutes exceptionnelles (fig.47). Les cheminées d´étage, adossées, ont des piédroits saillants et chanfreinés ; celle de la maison de prêtre de Bodion est ornée d´un décor peint de têtes d´angelots, ses piédroits en quart de rond ornés d´un réglet paraissent quelque peu archaïques pour la date de 1647.

Deux fermes et une maison de prêtre de la fin du 16e siècle et du début du 17e siècle ont à l´étage une chambre dotée de latrines (Boternau) dont le conduit saillait sur le mur postérieur (Bodion, ferme étudiée, 1576, associé à un évier mural et Kerbellec, maison de prêtre). Ces deux bâtiments sont également les seuls à conserver des fenêtres à coussièges dans la pièce de l´étage, seule aménagée à l´origine. La monumentale cheminée de l´étage de la ferme de Bodion, de 1576, très proche de ce que l´on pourrait trouver dans un manoir, en lien avec les fenêtres à coussièges, les poutres moulurées et la présence de latrines accréditent l´idée d´une pièce de réserve pour le propriétaire (fig.48).

Dans les fermes visitées, il a été observé une dizaine d´armoires murales, datant plutôt des 16e et 17e siècles, époque à laquelle le mobilier de bois est peu important. Les plus étonnantes sont liées à la construction en schiste : placées perpendiculairement au mur sud à proximité de la porte d´entrée, elles jouent à la fois le rôle de cloison partielle et d´armoire, les étagères consistant en dalles monolithes de schiste (Kergouhier, ferme sélectionnée, fin 16e siècle, fig.49, Keraudren, ferme 1, 1740). Dans le logis du fermier de la maison de prêtre de Bodion, l´armoire murale en dalle de schiste est intégrée au mur sud, près de la porte de communication entre les deux logis. Un autre exemple spectaculaire et unique est la cloison en pierre de taille de granite qui, à Boternau, sépare la pièce du logis de l´étable : elle est percée d´armoires, de jours pour surveiller le bétail, assurer le chauffage de la salle, ou distribuer directement la nourriture dans les mangeoires, auges intégrées dans ce mur aujourd´hui disparues (fig.50). Les autres armoires consistent en de simples niches superposées (Kersalio Coëthuan, surmontant un charnier ou un évier mural disparu). Ces placards sont parfois obturés par un vantail en bois (Le Goug, ferme 2, 1851, La Ferrière, ferme 1, 1643).

Deux éviers muraux ont été recensés, quatre autres sont probables et disparus et il en existe sans doute d´autres non vus. Le plus ancien orne la pièce de l´étage de la ferme de Bodion datée 1577, fig.51 ; le plus récent est contenu dans la cuisine de la maison du 28 rue Théodore Botrel au bourg, datant de 1884 .

Le décor

A l´exception du décor figurant sur les puits (voir plus haut), le décor sculpté porté sur les maisons et fermes de Pluméliau est rare puisque sur 489 maisons ou fermes repérées, seules 37 d´entre elles en portent.

Seules une maison et une ferme montrent un important décor sculpté sur la façade. A Kermonserh, ferme 1, où coeur, fleur de lys, rameaux végétaux, IHS encadré de tentures, portées sur les portes et fenêtres, têtes sculptées sur les crossettes de pignon, rainures ondulées sous la corniche, niche à vierge à coquille surmontée d´une tête d´angelot animent la façade.

A Bodion maison de prêtre, le décor, outre un calice, montre le propriétaire en buste, coeur entouré de la couronne d´épines (fig. 52). L´intérieur présente le seul décor peint de la commune dans un édifice privé : dans la chambre du prêtre à l´étage, la cheminée est peinte de têtes d´angelots, et les poutres de fleurs de lys ; ce décor peint est cependant plus tardif que la maison (18e siècle ?)

Le décor peut identifier le propriétaire : ainsi le calice sculpté sur le linteau d´une fenêtre à Kerdavid, daté 1606 en chiffres romains et arabes est la signature du prêtre inconnu qui l´a fait construire. De même à Nénez en 1589, à Kerbellec en 1616 et Bodion en 1647. Au Faouët, ce calice est traitée de manière très réaliste, avec noeud en poire et coupe évasée à la mode du 18e siècle, le vase sacré étant accompagné d´un manipule ou d´une étole.

Les têtes sculptées sur les crossettes des rampants sont rares, contrairement à l´ouest du canton. celles conservées à Kerarnevet, aujourd´hui au milieu du mur surélevé, sont sculptées dans du schiste et moins schématiques qu´à l´habitude. Il s´agit probablement de portraits des propriétaires (fig. 53).

A Saint-Nicolas-des-Eaux, une maison affiche gravés sur la porte les outils du couvreur, marteau, doloire et compas

On voit encore une silhouette humaine, bras écartés sculptée sur le chanfrein du linteau d´une fenêtre à Sarhoet, fig. 54)

Un décor végétal stylisé s´affiche sur le linteau de la maison de prêtre de la Ferrière datée 1778 et et un autre ressemblant à des algues et fleur de lys, sur un linteau daté 1793, à Kermainguy. Deux portes d'entrée à encadrement mouluré ont une traverse intermédiaire ornée de marguerites : Kerdaniel, 1843 et à la maison de chapelain de Saint-Nicodème.

A Kertanguy, des urnes enrubannées portées sur les pignons, accompagnent un décor de marguerites portés sur les souches de cheminées.

On peut assimiler à du décor le cadran solaire en granite intégré à la façade de la ferme sélectionnée de Bodion datée 1576.

D´autres supports peuvent également porter du décor ; ainsi le lignolet de la ferme de Kerhédro, 1797 montrent un panier, un cavalier et croix découpés dans l´ardoise (fig.37).

Le décor sur bois se limitent aux poutres et solives chanfreinées à congés ornés de feuilles à Bodion (ferme sélectionée, 1576).

On note en outre deux cas d´anneaux ou de barreaux de fenêtres en fer forgé à décor de feuille de fougère sans oublier la très belle grille de la maison de prêtre de Kerbellec, ornée de fleur de lys et d´un croissant.

Le reste du décor est architectural, comme les corniches à modillon (Gamblen, Saint-Hilaire, Kermoizan, presbytère, fin 19e ou début 20e siècle), les nombreuses corniches moulurées en cavet ou en doucine, fin 19e siècle. La corniche est formée d´un simple tailloir à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle. On note encore une corniche en bois à denticules à Cosquer Keraudren, ajoutée au 19e siècle, ainsi que dans une maison de 1871 à Kerdavid. Des denticules sont également présents sur l´appui mouluré de la fenêtre de la ferme de Bodion en 1576.

On rencontre quelques niches à Vierge à encadrement mouluré (Pennaut, ferme sélectionnée 1752, Bodion, ferme sélectionnée, 1792, Le Goug, ferme 2, 1851, Parco le Bourg, ferme 1, 1889) ; à Kerdaniel en 1843, elle est encadrée de chandeliers, le socle de la statue orné d´une tête. Outre la niche à Vierge à coquille, surmontée d´une tête d´angelot de Kermonserh, ferme étudiée de 1828, on remarque des socles ornés d´une tête d´angelot (Keralué Saint-Claude, ferme sélectionnée, fig.55, Kerven, ferme sélectionnée 1819, Keraudren, ferme 2, 1814). Cependant la niche peut être un simple plein cintre sans décor au Faouët, ferme sélectionnée, à Kerguh, ferme 1, 1889, Kerivalen, 1881.

Quant aux lucarnes à fronton en pierre de taille, elles arborent différents modèles : fronton interrompu orné de boules, à La Ferrière, en 1643 ; fronton semi-circulaire à corniche mouluré avec décor de boules, Kermadio, 1739, Le Goug, ferme 2, 1851 ; fronton semi-circulaire à décor rayonnant accompagnant des souches de cheminées à boules, maison du chapelain de Saint-Nicodème, lucarne que l´on trouve à l´identique à la ferme de Tréblavet en Saint-Barthélémy ; fronton incurvé avec corniche, Talvern Nénez, 1804, Keralué Saint-Claude, 1867, Avalec, 1871, Parco le Bourg, 1903 ; fronton triangulaire à bords moulurés, dont le modèle apparaît en 1843 à Kerdaniel et est surtout fréquent dans la 2e moitié et jusqu´à la fin du 19e siècle, Kermaniec ; fronton triangulaire en pierre de taille sans moulures, fin 19e siècle, Kermorheven, maison 3 ; fronton triangulaire en pierre de taille avec décor de boules (La Ferrière, maison 1, Kerguh, 1828).

Typologie

En définitive, on dégagera plusieurs types selon la structure des édifices et selon l´époque de construction.

Dans les maisons sans parties agricoles, les trois types les plus représentés sont le type à pièce unique (69 cas), le logis à deux pièces en rez-de-chaussée, distribué de part et d´autre d´un couloir central à partir du 19e siècle (135 cas) et le type ternaire (à étage avec deux pièces en rez-de-chaussée, 122 cas). Cependant, ces deux derniers types correspondent à des périodes tardives à partir du 19e siècle.

Les logis à pièce unique apparaissent dès le 16e siècle (Kergouvarh) et on en recense huit pour le 17e siècle. On remarquera la présence dans certaines fermes de logis à pièce unique ou à deux pièces ajouté au premier logis (Kergouhier).

Plusieurs maisons de type ternaire ont été sélectionnées, la plus ancienne semblant être l´ancien presbytère de Saint-Thomas, du 17e siècle. Si la structure obéit à la définition classique du type, il n´en est pas de même de la physionomie des maisons, en raison de l´opposition des matériaux de construction ; ainsi les logis de ferme de Port-Arthur ou de Keraudren, construits en moellon de schiste pour le premier, en pierre de taille de schiste pour le second, avec des ouvertures en granite sont représentatifs de ce type dans la commune.

Le type ternaire est une extrapolation réductrice du plan allongé à une ou plusieurs pièces habitables par étage, type bien représenté sur la commune aux 18e et 19e siècles (Kerhédro, ferme 1, Talvern Nénez) et qu´on retrouve à Saint-Barthélémy (Tréblavet) et à Bieuzy au bourg.

Pour les fermes à fonctions multiples, le type le plus fréquent est le logis-étable (70 cas), l´étable étant généralement desservie par la porte du logis, sauf dans vingt cas où une seconde porte est ouverte pour les animaux. Ce type qui apparaît dès le 16e siècle (La Ferrière, datée 1585, Talendias, fin 16e début 17e siècle, où la longueur de l´étable témoigne de la richesse agricole originelle de cette ferme, malgré son état actuel de ruine), se poursuit jusqu´au 19e siècle, certaines fermes à l´aspect extérieur de logis double masquant cette double fonction (Kerimelin, daté 1798, Kerfloc´h début XIXe siècle).

On remarquera que contrairement à d´autres cantons, les sept maisons de prêtre repérées relèvent de types différent, de même que leurs dates de construction s´étalent sur deux siècles ; le logis sur dépendance, habituellement associé aux maisons de prêtre n´est présent qu´à Nénez en 1589, et à Kerbellec ; une maison à Saint-Nicolas-des Eaux est en rez-de-chaussée à une ou deux pièces. De plan massé, la maison de Bodion a une pièce par étage, comme Le Faouët et La Ferrière, de même que Kermadio, de plan allongé. Bodion et Le Faouët partagent avec Kerbellec une association avec une ferme sans étage, plus ou moins remaniée dans les deux cas. Cette disposition se retrouve également dans le canton voisin de Guéméné-sur-Scorff.

En conclusion, on mettra l'accent sur la qualité de l'habitat rural antérieur à la Révolution à Pluméliau, à mettre en relation avec une période économiquement florissante. Des maisons comme Boternau, Bodion (ferme et maison de prêtre), Kerbellec restent exceptionnelles dans l'habitat rural de la région.

Aires d'étudesBaud
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Pluméliau

Ce dossier regroupe l'ensemble des fermes et maisons sélectionnées pour étude, en fonction de leur qualité, de leur représentativité du patrimoine communal ou au contraire de leur caractère unique.

Période(s)Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres bâti INSEE 1557
repérées 477
étudiées 63

Annexes

  • 20055603807NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 493.

Références documentaires

Bibliographie
  • Vallée du Blavet. Le canton de Baud. Bretagne. Inventaire Général. Collection Images du Patrimoine. Rennes. 2003.