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Les maisons et fermes sur la commune d'Erdeven

Dossier IA56001301 réalisé en 1976

Fiche

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DISTRIBUTION ET ESCALIER EXTERIEURS

Les planches du cadastre de 1845 confirment la présence de multiples escaliers extérieurs desservant les greniers des logis-étables et des dépendances isolées (Lisveur fig.11). Pour des raisons de modification de volume et de niveau des greniers, dans la seconde moitié du 19e siècle, puis à cause des problèmes de circulation des engins mécaniques agricoles, au 20e siècle, bon nombre de ces escaliers massifs ont été démontés.

Actuellement on en dénombre moins de 20 en façade de logis-étable (ne sont pas comptés ceux des dépendances isolées).

Les textes d´archives révèlent leur présence dès la fin du 17e siècle (document 1). Ils sont continuellement mis en œuvre au 18e siècle et encore au début du siècle suivant, comme l´attestent certaines dates portées relevées sur leurs parements : date extrême de 1844, sur un logis-étable à Lisveur.

Ce sont généralement des ouvrages soignés, en pierre de taille ou moellons équarris au assises parfaites, avec parfois décor d´une corniche, d´un départ de rampe d´escalier et d´un garde-corps. L´exemple le plus massif répertorié sur la commune est celui de la métairie du manoir de Kergaire, mais très menacé.

Le plus souvent ils sont placés contre la partie étable de la ferme et donc relégués à l´une des extrémités du logis-étable : Kergrosse (fig.17), Keroulard (fig.19). Certains sont construits au centre d´un alignement, notamment lorsqu´ils distribuent deux greniers distincts. Ils sont alors à double rampe, comme à Kerivalan (remanié).

Aires d'étudesRia d'Etel
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Erdeven

Il n'existe pas de logis non remanié antérieur au 17e siècle. Cependant plusieurs fermes conservent des éléments (portes, fenêtres, cheminées) remontant au 16e siècle : porte avec date 1581et soubassement en grand appareil à Kerdelam, fenêtre ornée de réglets entrecroisés début 16e siècle, à Kergouët (fig. 6). Comme le confirme l'étude comparative des cadastres anciens et de l'actuel, ainsi que les dates relevées sur les façades, la majorité des fermes a été remaniée ou reconstruite dans la seconde moitié du 19e siècle. La liste des chronogrammes relevés sur les maisons, les fermes et leurs dépendances (granges, fournils, étables, puits), révèle une forte proportion de constructions (ou modifications pour les fermes) au 19e siècle et en particulier dans la seconde moitié du siècle : 33 % des 72 dates relevées sur les logis ou leurs dépendances (de 1581 à 1943), appartiennent à la période 1850-1899. C'est l'époque du renouveau agricole, qui connaîtra son apogée avant la Grande Guerre. Quelques fermes présentent également des logis contemporains de la première moitié du 20e siècle : Kervazic ouest (1905), Kerouriec (vers 1930), au bourg, impasse donnant rue de l'Océan (1933). Au bourg les logis antérieurs au 19e siècle sont quasiment inexistants. On notera le n° 2 rue de l'Océan, maison à pignon sur rue, qui conserve une implantation ancienne, mais dont les ouvertures, y compris celles portant la date 1697 et une inscription, sont des remplois. Ici également on observe un renouveau du parc de logements à compter de la seconde moitié du 19e siècle, jusqu'à nos jours.

Période(s)Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

Dans les hameaux, les fermes sont organisées très souvent en alignements dont les faîtages forment une ligne continue. Sous le même toit, sont souvent groupés logis et étable au RDC et haut comble à surcroît servant de grenier. Les dépendances isolées (fournils, granges, charretteries) sont généralement placées au sud. L´habitat isolé est exceptionnel et se situe en limite de la dune (Mané-Raz, Kerguevin) ou le long des principales routes (Pen-er-Pont, Kerhat, Mein-Glaz), il s´agit alors de maisons de lande mais aussi de petites fermes. Cet habitat est généralement postérieur à 1850. Au bourg, à quelques exceptions rue de l´Océan et rue de la Fontaine, les façades respectent les alignements du 19e siècle. MATERIAUX ET MISE EN OEUVRE Les matériaux du gros œuvre reflètent l´homogénéité du sous-sol formé de granulite. Toutes les fermes et maisons antérieures au 20e siècle sont construites avec ce granite, à l´exception de rares façades en pierre de taille de granite blond, rencontré par exemple sur l´ancienne métairie noble de Keroret (fig.3). Sur les façades des fermes et des maisons construites entre 1900 et 1930, on note l´utilisation d´un granite gris étranger à la région. Souvent lorsqu´il est traité en pierres de taille non polies autours des baies, il s´agit d´œuvres de l´entrepreneur Jamet de Plouharnel. Généralement les façades sont en moellons, et les entourages des baies y compris les jours de combles, les rampants des pignons et les souches de cheminées, en pierre de taille. Dans ce cas les façades sont enduites et chaulées. Quelques fermes remarquables conservent des façades en pierre de taille de moyen ou grand appareil (Keroret, Kegrosse, Kerdelam). D´autres présentent des façades de moellons bien équarris aux assises régulières (Kerouriec, Kerhillio, Keredo), dans ce cas les façades n´étaient pas enduites. Aujourd´hui, les toitures sont majoritairement en ardoise. Celle-ci a remplacé les couvertures en chaume, paille de seigle ou scirpes des marais, généralisées dans les fermes jusqu´au 19e siècle (fig.1, 13 et 15). A cet effet on notera les modifications de pente de toit accompagnées du rehaussement des surcroîts, liées au changement de couverture. Aujourd´hui une ancienne ferme est couverte en roseaux à Kergouët une seconde en paille de seigle, à Keroulard (fig.19). Quelques couvertures en tuiles mécaniques ont été observées sur des maisons et des fermes ainsi que leurs dépendances, datant de la première moitié du 20e siècle. STRUCTURE ET PLANS Hormis les châteaux et manoirs traités en dossiers individuels, les logis se répartissent en trois types, selon le statut de l´habitant. 1 - Le plus simple est le type côtier dit aussi maison de pêcheur. Il est fréquent à proximité d´Etel, seul port d´Erdeven à l´origine, détaché de la commune en 1851 : rue Croix-Izan (fig.12), hameau de Kerminihy ou habitat isolé dans la dune comme à Tehuen (fig.31). Ces modestes maisons de plan allongé sont à une ou deux pièces sous comble à très faible surcroît. Si elles possèdent une dépendance, celle-ci prend la forme d´un appentis adossé en pignon. 2 - Les fermes, qui se répartissent en plusieurs types : - De plan massé, le logis occupe le RDC et le haut surcroît sert de grenier : maison (ferme) datée 1742 à Crucuno. L´une des variantes de ce type est le logis de plan massé à étage carré, occupé parfois par une seule chambre et un grenier. Dans ces deux cas il existe souvent un second grenier sous combles ouvert d´une lucarne. Parfois, comme à Lisveur, l´étable surmontée d´un grenier est en retour au nord du logis (fig.28). - Les logis-étables sont de plan allongé avec une ou deux portes (distinction faite ou non de l´entrée des hommes et des animaux). Comme pour le type précédent ils sont soit à haut surcroît exclusivement réservé au grenier, soit à étage carré, avec chambre et grenier sous comble. Une variante fréquemment rencontrée consiste en la combinaison d´un logis-étable et grange-remise sous le même toit, sorte de ferme tout en un. Comme au Léry (fig.8), la grange peut être ouverte en pignon, ou encore, comme au Botlan (fig.7), la porte charretière est en façade principale. La plus part des fermes présentent un appentis postérieur : étable, remise ou techtal pour la préparation de la nourriture des porcs. 3 - Les maisons du bourg adoptent les plans traditionnels de maisons urbaines, de plan massé ou allongé à étage et le plus souvent construites à l´alignement de la voie. Cependant il existe des maisons plus modestes à RDC sous comble. Au centre bourg et le long des principales rues plusieurs maisons sont dotées de boutiques parfois couplées avec un café. Quelques maisons de notables du 19e siècle sont doubles en profondeur et coiffées d´une toiture à croupe : 4 rue le Barth, 8 rue Nationale, 25 rue Nationale (toit brisé). ELEVATIONS Rares sont les fermes antérieures à la seconde moitié du 19e siècle présentant un étage. La hauteur des combles à surcroît varie suivant l'époque et la taille de la ferme (fig.33, Kerzenan). Ces greniers en surcroît au-dessus des logis étables étaient généralement accessibles par une porte haute distribuée par un escalier extérieur. L´augmentation des volumes de stockage dans la période suivante a souvent engendré une élévation à trois niveaux : RDC, étage carré ou haut surcroît, niveau d´un deuxième grenier sous comble. La plus part des façades des logis-étables, même si elles montrent une certaine dissymétrie apparente, présentent au moins une travée d´élévation. L´ordonnancement s´affirme au 18e siècle. On retiendra à cet effet l´exemple du logis-étable de Kerbihouarde daté 1752, ou le logis neuf d´une ferme daté 1819 à Kervarc´h. Dans la seconde moitié du 19e siècle se généralisent les façades de type ternaire, pour les logis, généralement avec une seule lucarne et variantes diverses : Kerjean (fig.18), le Triono (fig.32). ORNEMENTATION L´ornementation des façades est modeste voire inexistante, qu´il s´agisse des fermes ou des maisons du bourg. Lorsqu´elle existe elle se manifeste sur les ouvertures : linteaux et piédroits moulurés en particulier au 17e siècle (fig. 4, 5, 14 et 16), ou encore sous la forme de crossettes ou de masques sculptés au départ des rampants des pignons (fig.20). Les puits sont souvent ornés de tels masques (19e siècle). Sur les fermes, les remarquables souches de cheminées en pierre de taille, ornées de corniches moulurées, accompagnent les transformations ou constructions neuves de la seconde moitié du 19e siècle. On notera quelques sculptures en haut-relief et en remplois sur des façades à Keroret (personnage habillé d´une culotte bouffante), à Kerdelam, à Kerdavid. Egalement le blason de Keravéon sur la façade (remaniée) de l´ancienne métairie noble de Keroret. D´autres écus, pas toujours identifiés, existent sur les maisons des meuniers du Narbon et de Kerchat. Un rare cadran solaire sculpté en bas-relief sur une pierre de granite est intégré à la façade d´une ferme de Kerouriec. Quand aux calices, fréquemment rencontrés sur les façades des fermes ou maisons rurales, ils indiquent la fonction ecclésiastique du propriétaire, qui n´est pas toujours, loin s´en faut, le résident habituel du logis. TOITURES Quelques maisons au bourg, au caractère urbain prononcé présentent des toitures à croupes. Mais les toitures de longs pans à pignons découverts sont une constante sur tout le territoire jusqu´aux années 1910-1920. La pente du toit n´est jamais retroussée par des coyaux. Les charpentes (observées notamment lors de l´enquête de 1976) sont simples à arbalétriers croisés et entraits retroussés sans poinçons. Elles ont souvent été modifiées et renforcées lors du remplacement du chaume par l´ardoise. LES DEPENDANCES Les dépendances isolées des logis-étables sont nombreuses et variées. Avec les fermes, elles composent l´organisation spatiale des hameaux de la commune. Les granges-charretteries sont généralement ouvertes en pignon, avec parfois porte haute décalée au-dessus de la porte charretière (Lisveur fig.27). Plus rarement elles sont aussi ouvertes sur le gouttereau (Kerzerho). Quelques unes présentent une grande porte à linteau droit, en granite ou en bois (le Lisse, fig. 26). A noter une très belle grange datée 1926, sur poteaux bois montant de fond, à Kerhiennic. Il existe également de nombreux fournils (certains ont fonctionnés jusqu´au début des années 1950). Souvent ils sont associés sous le même toit à une charretterie ou remise, et sont surmontés d´un grenier. Au hameau de Penhouët (fig.29 et 30), la grange-fournil de plan allongé présente une porte (bouchée) à l´est, le four contre le mur ouest, la porte charretière en pignon nord et la porte haute du grenier avec escalier extérieur maçonné contre le pignon sud. Il existe plusieurs variantes combinant escaliers extérieurs, remise et grenier, avec ou sans porte charretière. Celle du Botlan datant du 17e siècle, conserve également des étagères murales surmontées d´un petit oculus laissant penser à la présence d´un poulailler avec niches à poules et accès réservé aux volatiles. Quelques celliers ont également été observés, toujours surmontés de greniers (Kerjosselin, Lisveur). On reconnaîtra également quelques soues à porcs isolées mais toujours très proches du logis de la ferme. Toutefois, elles sont généralement adossées contre la façade sud de la ferme.

Décompte des œuvres bâti INSEE 2137
repérés 209
étudiés 23

Annexes

  • 20045603756NUCB : Collection privée, chapelle Saint-Germain, Erdeven

    20045603397NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 369.

    20045603280NUC : , 4/21 1969.

    20045604015NUC : , Poch. 20/1.

    20045603292NUC : , 4/23 1969.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Loire-Atlantique. B927. Chambre des Comptes, aveux et déclarations de biens issus de la noblesse. KEROURIEC 1763, le 23 novembre Aveu de Louise de Langle soeur de Claude Marie de Langle, conseiller du Roi et président à mortier du parlement de Bretagne, héritière principale de Michel de Langle, vivant docteur en Sorbonne, chanoine de la cathédrale de Vannes, pour une moitié de tenue située au village de Kerouriec, paroisse d´Erdeven. Une rangée de logis couverte de paille à deux longères et cinq pignons qui font les séparations d´entre. Savoir le « tytan », l´étable aux boeufs, la grande chambre et la petite chambre, et la petite étable, les dites longères contenant de long 92 pieds, franc par le dedans 14,5 pieds, hauteur sous couverture à ras de terre 9,5 pieds. En la longère du midi il y a 4 portes et 4 fenêtres de [pierre de] taille entre. Contre la dite longère il y a un vis de pierre de taille et un appentis de maçonnage commun, le dit vis à pierre de taille composé de dix marches et un accoudoir, dans la petite longère du dit appentis il y a une porte et une fenêtre de taille. En la longère du nord il y a aussi trois portes et trois fenêtres de taille. Au pignon du levant est la cheminée et son jambage, corbeaux et manteau et au-dessus une carrée de taille, et ses chevrons de pierre de taille. Au pignon qui fait la séparation de la dite chambre à feu et la grande étable, il y a aussi une porte et au côté de la quelle il y a une écurie de pierre et quatre armoires de pierres de taille. Contre la grande chambre et la petite chambre il y a un planchy avec ses fermetures et sur le pignon du couchant il y a pierre de chevrons avec carrée de pierre de grosse taille. Au-dedans tout le long dudit logis il y a 26 poutres garnies de leurs barrasseaux. Au grenier six montants à liage, fête et filière de bois carrée de liage, chevrons rondins et couverture de paille. Un autre logis aussi couvert de paille nommé le cardy à charrette, à deux longères et deux pignons contenant de long 26 pieds, franc par le dedans douze pieds, hauteur sous couverture à ras de terre 9 pieds. Au pignon du midi il y a une grande porte voûtée de pierres de tailles pour y passer les charrettes et dedans le dit pignon il y a à chacun sa pierre de chevron et fenêtre pour donner vue au grenier. Au-dedans du dit Cardy il y a 5 poutres garnies de leur doublure de barrasseaux. Au grenier un vis à liage, feste et filières, chevrons, rondins, couverture de paille. Un autre logis nommé En ti devant en ti ar er Lair à deux longères et trois pignons qui font la séparation entre les deux, la dite longère contenant de long 38 pieds, franc par le dedans 4 pieds, hauteur sous couverture à ras de terre 6 pieds. Dans la longère du midi il y a une porte et une fenêtre de grosse taille et dans la longère du nord il y a deux fenêtres de grosse taille et au pignon du levant il y a aussi une porte de grosse taille. Sur le pignon du levant il y a pierre de chevrons. Dans tout le long du dit logis il y a 9 poutreaux garnis de leur carré et de barrasseaux. Au grenier deux montants accolés, feste et filières.

    p.