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Maisons et fermes sur la commune d'Etel

Dossier IA56008271 réalisé en 2005

Fiche

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IMPLANTATION :

-1- Les fermes :

A l´exception des deux fermes de Kerévin, englobées au 19e siècle dans le tissu urbain du bourg, les quelques fermes subsistant à Etel, sont situées dans des écarts proches de la rivière ou de la frange littorale.

Les grandes fermes remaniées au 19e siècle présentent une nette différenciation des espaces réservés aux animaux et aux hommes. Le logis principal sous grenier présente une façade ordonnancée, de type ternaire, aspectée au sud, avec dépendances en alignement ou en retour au nord. Les fermes plus anciennes ne possédaient pas d´étage mais un grenier en surcroît qui occupait toute la surface du comble. La grande ferme de Penester, d´origine du 17e siècle (1612 ?) conserve les traces d´une double porte haute de grenier desservie par un seul escalier extérieur détruit (fig.5). Celle de Kerévin, actuelle rue Adran-er-Ker, possédaient deux portes hautes, une à chaque extrémité desservie chacune par un escalier extérieur.

Aux abords des grandes fermes subsistent des logis d´ouvriers agricoles ou de petits tenanciers. Deux pen-ty, logis à pièce unique sous grenier, ayant tous deux perdus leur escalier extérieur, sont également recensés : l´un à Penester (étudié), le second au Sach (fig. 6).

-2- les maisons urbaines :

Les maisons du bourg sont généralement implantées à l´alignement des voies (fig. 3), ce qui donne son caractère très urbain à la petite ville d´Etel. En majorité réservé à une population maritime ou ouvrière (conserveries), l´habitat modeste s´organise également en barres de plusieurs maisons alignées (fig. 7). Privilégiant une orientation sud ou sud-ouest, avec servitude de passage devant chacune des façades elles ont parfois donné naissance à des impasses telles la rue des Bons-Enfants, l´impasse Pierre Loti ou encore la partie ouest de la ruelle des Champs.

MATERIAUX ET MISE EN OEUVRE

Les matériaux du gros oeuvre des maisons et des fermes les plus anciennes reflètent l´homogénéité du sous-sol formé de granulite. Toutes celles antérieures au 20e siècle sont construites avec ce granite. Sur les façades des maisons construites entre 1910 et 1940, on note l´utilisation d´un granite gris étranger à la région, souvent traité en pierre de taille non polies autours des baies et en corniche.

Seule la façade de la ferme ancienne de Penester (fig. 5) était entièrement en pierre de taille. Généralement les façades antérieures, voire toutes les façades sont en moellons enduites et/ou chaulées (fig. 8, 9). Les entourages des baies y compris les jours de combles, les rampants des pignons, les souches de cheminées et parfois les lucarnes, peuvent être en pierre de taille (fig.10 à 13). Dans l´entre-deux-guerres, la mise en oeuvre du béton armé pour la réalisation de balcons, de devantures commerciale, de bow-windows, et l´emploi conjoint d´enduits ciments présentant des décors moulés, a permis la diffusion de modèles de façades caractéristiques des années 1930.

Les toitures sont majoritairement en ardoise.

STRUCTURE, PLANS ET ELEVATION DES MAISONS :

1 - Les logis maisons sans étage à un ou deux pièces dites maisons de pêcheurs présentent généralement un comble à surcroît et un appentis postérieur. Le modèle le plus simple est à pièce unique, le plus représenté à deux pièces symétriques et comble à surcroît éclairé d´une lucarne (fig. 14).

2 - Les logis modestes de plan massé, à une ou deux pièces par niveau, sont en fait une variante des maisons précédentes. L´étage carré augmente la surface habitable mais il arrive également qu´il s´agisse de logis double à deux unités d´habitation. Dans ce cas on a parfois dédoublé la maison en deux voire trois unités d´habitation après sa construction. Ce qui se lit sur la façade soit par la création d´une seconde porte d´entrée, soit par la pose d´un meneau dans la fenêtre d´étage de la travée centrale, correspondant à une nouvelle cloison (fig. 15). Cette structure a été observée dans d'autres communes littorales du Morbihan, comme à l'Ile d'Arz ou dans le canton de Sarzeau.

3 - Les maisons traditionnelles et urbaines, de plan massé et symétrique, à étage présentent le plus souvent une façade de type ternaire. Seuls deux exemples sont à deux étages. Le n°7 place Saint-Louis présentent une façade ordonnancée avec lucarnes décalées par rapport aux travées latérales.

Quelques maisons de notables, industriels ou armateurs sont double en profondeur (fig. 16). Les n° 2 rue du Maréchal Foch (étudiée) et 4 rue de la Libération (étudiée) présentent un rez-de-chaussée surélevé ayant engendré la création d´un perron ostentatoire (fig. 17, 20).

4 - Les pavillons des années 1930 adoptent des plans et élévations variés dont les plus caractéristiques de la période sont de plan en L, avec rez-de-chaussée surélevé, escalier extérieur, et comble habitable dans le pignon sur rue (fig. 18).

TOITURES

Les toits des fermes sont à longs pans avec pignons découverts.

Les toits des maisons sont en majorité à longs pans traditionnellement avec pignons découverts jusqu´au début du 20e siècle (fig. 11). Une seule maison présente un toit brisé (14 rue du Maréchal Foch). Nombreuses par contre sont les maisons de tailles variées qui adoptent une toiture à croupe. Les plus modestes sont généralement attribuées à des capitaines, les plus grandes aux armateurs ou industriels (fig. 19, 20).

On notera la présence de trois maisons dont le toit est à un seul pan. Cette disposition n´est pas seulement économique, elle permettait d´éviter une trop grande prise aux vents dominants (tradition orale). Le n°12 rue de l´Entrepôt est à cet égard remarquable avec son étage carré et sa cheminée sur gouttereau (fig.21). Les deux autres situées rue de l´Industrie (AK 443, fig. 22) et place Saint-Louis (AK 118), très remaniées, ne sont pas repérées.

ORNEMENTATION

Le décor d´architecture reste très sobre sur l´ensemble des maisons repérées d´Etel. Les lucarnes et les corniches en pierres des maisons du 19e siècle, sculptées d´un profil en doucine ou en quart de rond, offrent un rare décor (fig. 12).

Dans les années 1910-1920 un décor de modillons est parfois sculpté sous les corniches ou sur les souches de cheminées. Cette forme de décor est aussi reprise sur les maisons les plus modestes par une disposition soignée de briques en quinconces (fig. 23).

Balcons et gardes corps en fer forgés ou en fonte sont l´apanage des maisons les plus riches.

Cependant il n´est pas rare de trouver une ancre de marin sur le garde corps d´une maison modeste (fig. 24), voire un décor de coquilles en ciment moulé ou en céramique émaillée appliqué sur la façade d´une maison de marin.

Dans les années 1930, la mode des décors en enduit projetés et moulés a engendré de nombreuses reprises de façade sur des maisons antérieures à cette date, dans l´esprit du style Art Déco restant toutefois très sobre (fig. 25).

LES DEPENDANCES

Remises, buanderies, font partie des dépendances habituelles des maisons urbaines. Celles des maisons de pêcheurs, souvent très basses, sont accolées soit en retour de la façade antérieure de la maison, soit dans la parcelle du jardin, en appentis contre le mur de clôture (parfois adossées dos à dos), plus rarement en alignement d´un pignon (fig. 26, 27, 28).

LES MAISONS DE PECHEURS (en dehors du bourg ancien).

59 maisons de pêcheurs, repérées en périphérie des quartiers anciens, bordent les voies d'accès au bourg et au port d'Etel (fig.1).

La plus grande concentration de ce type de maison se situe sur les voies d'accès est et sud, en particulier rue Croix-Izan (route d'Erdeven) où l'habitat traditionnel de pêcheur se prolonge d'ailleurs sur la commune voisine d'Erdeven. Rue P. Loti, un alignement continue de 10 maisons repérées dans la partie nord-est de la rue (fig. 66, 67), reflète l'expansion urbaine d'Etel, à l'époque où croît une population maritime toujours plus nombreuse.

Généralement ces maisons sont mitoyennes et implantées à l´alignement de la voie. Cependant on rencontre des constructions perpendiculaires à la rue, privilégiant l´orientation au sud, tel le n°22 rue P. Loti (fig. 75). Le jardin (potager) et les dépendances en appentis (resserre ou buanderie) sont dans la plus part des cas situés à l´arrière de la maison. Mais dans le cas de petites parcelles ou de voies d´accès en cul de sac telles la rue des Bons-Enfants ou l´impasse P. Loti, potager et dépendances sont aménagés de l´autre côté de la voie (fig. 33 et 64).

Bâties en moellons de granite avec parfois quelques éléments en pierre de taille, en particulier pour les corniches, les façades des maisons sont toujours recouvertes d'un enduit. La tendance récente de déshabiller les maçonneries en a fait disparaître beaucoup.

Les maisons sans étage se répartissent en six types de plan et élévation. Sur les 52 éléments repérés, 8 sont à pièce unique et surcroît (fig. 77), 7 à pièce unique et surcroît à lucarne (fig. 44 et 49), 3 à deux pièces et surcroît (fig. 56, 70), 5 à deux pièces et surcroît à lucarne (fig. 58), 11 à deux pièces symétriques et surcroît (fig. 73 et 74), et 18 à deux pièces symétriques et comble à surcroît à lucarne, ce dernier type étant le mieux représenté (fig. 62 et 65).

LES MAISONS DES ANNEES 1930 (en dehors du bourg ancien).

37 maisons repérées en périphérie des quartiers anciens, bordent les principales voies d'accès au bourg et au port d'Etel (fig.2). L'aspect répétitif de ces modèles, construits en périphérie des quartiers anciens dans les années 1930, justifie les observations particulières qui suivent.

Les 37 maisons sont repérées dans les rues suivantes : Brizeux (rue) ; Croix-Izan (rue) ; De Gaulle (boulevard du général) ; Duguay-Trouin (rue) ; Foch (rue du Maréchal) ; Hugo (rue Victor) ; Leclerc (rue du Général) ; Océan (rue de l') ; Penester (rue de) ; Souvenir (rue du) ; Surcouf (rue) ; Traversière (rue).

Au-delà de Kerevin, la partie orientale de la rue du Maréchal Leclerc est particulièrement représentative avec 14 maisons de ce type. Au sud-est, Bd De Gaulle, rue de l´Océan, rue de Penester, on trouve une majorité de résidences secondaires portant des noms de villégiature.

A l'exception de quelques exemples adoptant un plan massé, ces maisons sont généralement construites en retrait de l'alignement afin de pouvoir disposer d'un jardin ou d'une courette antérieure. C'est également un moyen d'adapter la construction au parcellaire ancien irrégulier.

Les plans, élévations et formes de toit varient selon les modèles.

Sur les 37 maisons repérées, 11 sont de plan rectangulaire sans étage. Les plus simples sont à deux pièces symétriques sous surcroît éclairé d'une lucarne pignon (fig.80, 85), une variante de ce type propose un rez-de-chaussée surélevé sur cave, dans ce cas la maison est dotée d'un escalier extérieur voire d'un perron (fig.103). D´autres variantes adoptent un véritable étage de soubassement comme le n°9 rue Traversière (fig.120), ou encore un faux plan double en profondeur (fig.88, 96). Les modèles à plan rectangulaire sans étage sont aussi à pignon sur rue tel le 28 rue Leclerc (fig. 102).

Parmi les maisons à étage 3 sont de plan massé pour les plus simples (fig. 98). Les plus proches du centre ville intègrent parfois une boutique avec devanture commerciale appropriée : n° 34 et 55 rue Leclerc (fig.104, 111).

Les maisons les plus caractéristiques sont de plan en L et majoritairement représentées avec 19 exemples sur 34. Souvent elles sont à rez-de-chaussée surélevé et étage de comble, tel le 2 rue Surcouf (fig.118). Plus rarement elles présentent un étage carré. La plus remarquable dans son élévation est le 7 rue de Penester, avec sous sol, rez-de-chaussée surélevé, étage carré et comble à surcroît (fig. 114).

Enfin toutes ces façades présentent une modénature avec jeux d'enduits projetés ou lissés alliant aussi des soubassements en pierre de taille ou à appareil polygonal, parfois jusqu'à la hauteur du rez-de-chaussée, comme le n° 32 rue V. Hugo (fig. 98). Certaines façades sont en partie ornées d'enduit en faux pans de bois, tel le n° 12 rue du Souvenir (fig. 116). Des jardinières en béton et ciment agrémentent aussi les fenêtres (fig. 112). Certains propriétaires ont dégradés à tort les enduits de façade (fig.106).

Rue Leclerc existent des maisons jumelles. De plan en L, mitoyennes, elles sont associées de manière symétrique : n° 50 et 52 (fig. 108) et n° 56 et 58 (fig. 109).

Aires d'étudesRia d'Etel
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Etel
Cadastre : 2005

Il n'existe pas à Etel de logis non remanié antérieur au 17e siècle. Cependant trois grandes fermes des écarts anciens de Kerévin, du Sach et de Penester, tous cités dans la documentation d´Ancien Régime, conservent des éléments (portes, fenêtres, ou parties de façade) remontant à la fin du 16e siècle et au début du 17e siècle (fig. 4). Au Sach une maison de prêtre du 17e siècle, publiée en 1996 (Editions Flohic) est récemment démolie. A Penester une grande ferme remaniée présente une date portée de 1612, en remploi dans une partie récemment transformée. Les autres chronogrammes présents sur les fermes sont du 19e siècle : 1844 (Penester), 1855 (La Falaise), 1856 (Kerévin au bourg) et 1893 (Penester) ; comme à Erdeven, ils font référence au renouveau agricole que connaît cette frange côtière du territoire morbihannais. L´habitat au bourg d´Etel connaît sa véritable expansion à compter de la seconde moitié du 19e siècle, avec un pic jamais égalé dans la première moitié du siècle suivant lié au renouvellement de la pêche côtière après le déclin de la grande pêche. Sur 340 maisons recensées, la majorité soit environ 70 % des habitations datent de la première moitié du 20e siècle avec une proportion de 40 % pour la période des années 1920 et de 30 % pour l´entre-deux-guerres. Puis vient la période du 19e siècle constituant environ 30 % de l´habitat recensé. La liste des chronogrammes relevés sur les maisons, et les quelques rares fermes révèle pour cette dernière période une forte proportions de constructions (ou modifications pour les fermes) entre 1825 et 1868. Cependant seuls 12 chronogrammes ont été relevés pour le 19e siècle. Les maisons de pêcheurs en dehors du bourg ancien : Ces maisons bâties dans le cadre de l´extension urbaine au-delà de Kerévin (quartier de l´église) et d´Intel (le port d´Etel), ne sont guère antérieures aux années 1850. L´une des plus anciennes, située au n°24 rue Croix-Izan (fig. 42) est figurée sur le plan cadastral de 1850 avec un escalier de distribution extérieur aujourd´hui démoli. L´ensemble des logis à pièce unique de la rue des Bons-Enfants remonte, d´après la tradition orale, aux années 1870. Toutefois, la majorité des maisons de pêcheur des rues périphériques aux deux quartiers anciens correspondent à la période faste de la pêche au thon, c'est-à-dire les années 1910 et 1920. On notera également qu´un certain nombre de maisons de pêcheurs anciennes sont remaniées à la fin des années 1920 et au cours de la décennie suivante, par la création de lucarnes pignons et le ravalement des façades avec enduits projetés ou lissés. Aucune maison postérieure à 1939, n´intègre cet ensemble. Les maisons des années 1930 en dehors du bourg ancien : Ces maisons bâties dans le cadre de l´extension urbaine au-delà de Kerévin (quartier de l´église) et d´Intel (le port d´Etel), sont propres à la période de l'entre-deux-guerres, de la fin des années 1920 à 1939. Une seule porte la date 1934 : 7 Bd De Gaulle. Une seconde est datée 1932 par tradition orale : 19 rue du Souvenir. Il s'agit de maisons d'étellois mais aussi de résidences secondaires à l'époque où la Bretagne s'ouvre largement au tourisme. Certaines portent des noms rappelant l'attrait du littoral : La Falaise, La Mer, Forte Brise, Vent du Large, ou avouant l'insouciance d'un modeste investissement de villégiature : Villa Sanouva, Villa Quand-Même. Quelques exemples datant des années 1945-1950, qui reproduisent les modèles d'avant guerre, font partie de cet ensemble (fig. 111 et 118).

Période(s)Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine

La description architecturale des maisons repérées ou sélectionnées se trouve dans chacune des fiches établies à cet effet. Toutefois, en dehors du bourg ancien (quartiers de Kerévin et du port), l' aspect répétitif de deux familles de maisons : les maisons de pêcheurs et les maisons des années 1930, a conduit à une approche globale de celles-ci, illustrée par deux cartes (fig. 1 et 2) et décrite en observations.

Décompte des œuvres bâti INSEE 1602
repérés 332
étudiés 9

Annexes

  • 20045604292NUCB : Collection particulière