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Manoir de Guernalio (Minihy-Tréguier)

Dossier IA22133365 réalisé en 2018

Fiche

Á rapprocher de

Une partie des archives de la seigneurie de Guernalio est conservée aux Archives départementales des Côtes-d’Armor sous la cote 2 G 233. Vingt-neuf pièces concernent la période allant de 1516 à 1771. La seigneurie de Guernalio disposait d’un enfeu dans l’église-cathédrale de Tréguier placée devant le cœur, sous la deuxième arcade entre le banc des chanoines et joignant le pilier de l'autel Saint-Sébastien1.

La famille Milon, blasonnant "d’azur au bélier d’or", originaire de la paroisse de Rospez aurait possédé la seigneurie de Guernalio à une date inconnue selon le Nobiliaire et Armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy.

La famille Fleuriot était propriétaire de la seigneurie de Guernalio au 17e siècle selon l'Armorial Breton de Guy Le Borgne publié en 1667.

La seigneurie de Guernalio passe ensuite dans les mains de la famille de Monfort jusqu’en 1834 et la vente de l’ancien manoir et des terres par Henriette Céleste Le Malliec de Chassonville (veuve de Auguste Charles Louis Marie de Monfort, décédé en 1829) et Auguste Paul de Montfort (son fils, qu’elle a eu avec Auguste Charles Louis Marie de Monfort).

En 1834, Marie Anne Lucas devient propriétaire de Guernalio pour 1/3 et ses enfants pour 2/3 : Anne Le Fichant, Pierre-Marie Le Fichant et Marie-Yvonne Le Fichant. A signaler que Marie Anne Lucas et son époux Pierre Le Fichant était déjà propriétaires de l’ancien manoir du Cosquer à Pommerit-Jaudy.

Selon les états de section du cadastre, l’ancien manoir de Guernalio appartient en 1835 à "Pierre Fichant, veuve" qui habite à Pommerit.

Pierre-Marie Le Fichant reconstruit le logis en 1848 : l’ancienne résidence seigneuriale est devenue une ferme d'une vingtaine d'hectares.

1"Le 8 novembre 1612, Magdeleine de Kersaliou fondait à son tour un anniversaire avec De Profundis sur son enfeu dépendant de Guernaliou, tombe qu'un acte postérieur indique sous la deuxième arcade, touchant le banc des chanoines et joignant le pilier de l'autel Saint-Sébastien, tombe ainsi parfaitement déterminée. Peu après, Mathurin Lhostis, trésorier de Tréguier, échangea ce dernier enfeu avec escuyer Nouel Millon seigneur de la Ville-Tanet et demoiselle Marie Fleuriot, héritière entre autres de Guernaliou et le concéda aussitôt à Jean Le Bigot seigneur de Beauchesne." (COUFFON, René. "Chapelles, autels, enfeus et sculptures héraldiques de la cathédrale de Tréguier". Saint-Brieuc, Les Presses bretonnes, extrait des Mémoires de la société d’émulation des Côtes-du-Nord. 1932.)
Parties constituantes non étudiéesdépendance
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
AdresseCommune : Minihy-Tréguier
Lieu-dit : Guernalio Braz

Le cadastre de 1835 figure un ancien site manorial dont les bâtiments s’organisent autour d’une cour fermée. Il nous renseigne également sur la présence d’une tour et d’un appentis au nord du logis (éléments ayant disparu lors de la reconstruction du logis au 19e siècle). Si la seigneurie est connue comme étant celle de "Guernalio" ou "Guernaliou", le cadastre mentionne comme toponyme "Le Vieux Château".

Cet ensemble bâti se compose actuellement d’un ancien logis flanqué d’une tour d’escalier datable du 16e siècle, d’un logis principal daté par millésime de 1848 et de deux dépendances agricoles du 19e siècle.

Une fontaine et un lavoir sont signalés à l’ouest (non vu, dans la végétation).

Période(s)Principale : 16e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Dates1848, porte la date

Selon les états de section du cadastre, les parcelles de l’ancien manoir de Guernalio sont désignées en 1835 comme "coat bian, jardin [barré] labour" (n° 390), "parc an hoat, labour" (n° 391), "ar hoat bian, labour" (n° 392), "loguel ar leur, labour" (n° 393), "cour et bâtiment" (n° 394), "maison, bâtiment et cour" (n° 395), "jardin" (n° 396), "parc izel, labour" (n° 397), "ar chlos, labour" (n° 398), "bâtiment" (n° 399), "parc ar leur, labour" (n° 400), "parc huel, labour" (n° 401), "jardin [barré] labour" (n° 797), "venelle [barré] pâture" (n° 798), "an ascolet, labour" (n° 799), "prat bras guernaliou, pré" (n° 800) et "tachen vras ar noueno, labour" (n° 801).

L’ancien logis déclassé en dépendance

L’ancien logis est orientée vers l’ouest, il comporte deux portes en arc plein cintre dont l’une moulurée - correspondant à la partie sud du logis - est surmontée d’une fenêtre à linteau droit et appui mouluré saillant, elle-même surmontée d’une autre fenêtre à appui légèrement saillant (une ancienne lucarne ?). La façade de ce logis se caractérise par une maçonnerie de moellon de schiste soigneusement équarri dont on peut lire chaque niveau d’assise.

Si le rez-de chaussée du logis a été habité comme l’atteste l’arc de décharge du cœur (fond de l'âtre) d’une ancienne cheminée aménagée dans le pignon sud, il a ensuite été déclassé en étable (identifiable à ces petites baies situées en position haute). Le premier étage, desservi par un escalier en vis en bois situé dans la tour, était également habitée.

Le sommet de la tour abrite vraisemblablement un pigeonnier (non vu). Sa partie basse comporte une ouverture de tir qui devait flanquer le mur de la cour et le portail d’entrée situé au sud. Au pied de la tour, soutenue par un important contrefort, a été aménagé un puits. Les photographies du pré-inventaire de 1973 montrent le puits entouré de pavé comme les abords immédiats des bâtiments.

Le grand logis de 1848

Construit en moellon de schiste, plus ou moins équarri, le logis principal présente une élévation ordonnancée de type ternaire à cinq travées avec porte axiale. Les fenêtres sont en pierre de taille de granite gris à linteau droit. L’étage de comble est éclairé par cinq lucarnes. Au-dessus du linteau de la porte d’entrée du logis principal daté 1848 ont été intégrées des armoiries (replacées à l’envers). On reconnait ainsi le blason de la famille Fleuriot propriétaire de la seigneurie au 17e siècle : "d’argent au chevron de gueules accompagné de trois fleurs [quintefeuilles] tigées et arrachées d’azur 2 et 1 ». La façade nord du logis principal comporte de nombreux éléments architectoniques en remploi (piédroits et linteaux). Ce logis construit pour Pierre-Marie Le Fichant s’apparente à une véritable "maison de maître".

Mursgranite moellon
schiste moellon
maçonnerie
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation ordonnancée, élévation ordonnancée sans travées
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant en charpente
escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis avec jour en charpente
États conservationsbon état, inégal suivant les parties
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquableslogis

Annexes

  • Historique de la propriété de Guernalio transmis par Lucien Pham, époux de madame Robinet en novembre 2018 [compléments de Guillaume Lécuillier]

    Le 4 mai 1704, le lieu noble de Guernaliou appartient à François le Cameur, sieur de Coatanfo, sénéchal et premier magistrat de la ville de Moncontour. Il accorde un bail de la propriété avec ses appartenances et dépendances à Yves Le Beur et Françoise Le Flem pour 360 livres par an.

    En 1760, la propriété de Guernaliou appartient à Michel du Bois de la Roche. Un bail est accordé à Tugdual Guillou et Charlotte Adam.

    En1769, le manoir noble de Guernaliou appartient à :

    - Messire Toussaint de Montfort [1737-1782], Chevallier de Ker Sechan [seigneurie de Kerséham dans la paroisse de Plouëc selon le Nobiliaire et Armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy], enseigne des vaisseaux du Roy,

    - Marie-Emmanuelle de Montfort de Ker Sechan [1730-1803],

    - Françoise Perrine de Montfort de Ker Daniel [1731-1803]

    Le manoir, les terres, logements, appartements et dépendances, à l’exception de la petite salle et de la grande chambre au dessus du manoir principal, font l’objet d’un bail accordé à Guillaume Stéphan et Marie Moreau (son épouse).

    Le 25 Thermidor an 3 [12 août 1795], Guernalio appartient à Marie-Madeleine de Tavignon, veuve de Toussaint Louis de Montfort. Un bail est accordé à Louis Nicol et Louise-Claudine Connan pour l’ensemble, à l’exception du Salon ou office appelé "la petite salle", la grande chambre au-dessus du corps de logis et l'embas de cette chambre.

    Le 10 septembre 1834, la métairie de Guernalio a été vendue par Auguste Paul de Montfort [fils de Auguste Charles Louis Marie de Monfort] et Henriette Céleste Le Malliec de Chassonville [veuve de Auguste Charles Louis Marie de Monfort, décédé en 1829] à Marie Anne Lucas [née en 1782] pour 1/3 et ses enfants pour 2/3 : Anne Le Fichant, Pierre-Marie Le Fichant et Marie-Yvonne Le Fichant (vente effectuée devant notaires à Lannion).

    En 1844, Pierre-Marie Le Fichant devient seul propriétaire suite au partage de la succession de Pierre Le Fichant et Marie Anne Lucas [cultivateurs, propriétaires du Cosquer après 1813, date de leur mariage à Hengoat].

    En octobre 1850, à l’age de 33 ans, Pierre-Marie Le Fichant se marie avec Marie-Catherine Offret.

    En 1870, lors du décès de Pierre-Marie, sa sœur Marie-Yvonne Le Fichant, veuve de Charles Loas, hérite de Guernalio.

    Le 12 Aout 1878, suite à un partage entre les 7 enfants de Marie-Yvonne, la nue propriété de Guernalio et ses terres est donnée par tirage au sort à l’une de ses filles Marie-Pauline Loas (née à Lézardrieux en 1854).

    Marie-Yvonne reste usufruitière (jusqu’à son décès en 1889).

    Le 23 avril 1887, à Lézardrieux, Marie-Pauline Loas se marie avec Jean-Marie Le Berre (né en 1836). Ils auront un fils Charles né en 1889 et une fille Marie-Caroline-Yvonne Le Berre née en 1891.

    En 1897, un bail est accordé par Pauline Loas à Yves-Marie Le Borgne pour la somme de 1000 F par an. Ce bail concerne la maison d'habitation de Guernalio, jardin et pièces de terres :

    - n° 394 : maison sol et cour,

    - n° 395 : logements et cour,

    - n° 396 : jardin,

    - n° 397, 398, 400, 401, 780, 781, 800 et 801.

    En 1910, Pauline Loas fait refaire la toiture au dessus de la grande salle à manger par monsieur Hamon entrepreneur à La Roche Derrien.

    En 1913, Marie-Caroline Le Berre (fille de Pauline) se marie à Guingamp avec Jean-Marie Mevel.

    Ils auront 3 filles Andrée, Monique et Denise.

    En septembre 1921, un bail est concédé par Marie-Pauline à Charles Le Berre son fils. Ce bail est résilié plus tard en 1928.

    En 1937, quelques années après le décès de Marie-Pauline, Marie-Caroline hérite de Guernalio suite à une donation partage réalisée devant maître Remond, notaire à Pleudaniel.

    En 1938, Marie-Caroline accorde un bail à Yves Le Quellec pour la somme de 9500 F.

    Dans les années 1960, Monique Mevel, fille de Marie-Caroline et épouse de Pierre Robinet, hérite de Guernalio.

    Sa fille (mon épouse) en hérite après sa mort.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Seigneurie de Guernaliou - titres : aveux, mandement du roi Louis XIV, sentences, supplique. Paroisse du Minihy-Tréguier, familles de Meur, Fleuriot, Guernaliou et Du Kersehan. Dossier de procédure sur la métairie de Coat-an-Faou, paroisse de Langoat, dépendance de Guernaliou (1613-1667).

    Séquentiel : 216.

    Cote : 2 G 233.

    Dates : 1516-1771.

    Nombre éléments : 29 pièces.

    Métrage conservé : 0,04.

    Ancienne cote 1 : G art. 229.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 G 233
Périodiques
  • COUFFON, René. "Chapelles, autels, enfeus et sculptures héraldiques de la cathédrale de Tréguier". Saint-Brieuc, Les Presses bretonnes, extrait des Mémoires de la société d’émulation des Côtes-du-Nord. 1932, p. 162-247.

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