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Manoir de Kerpuns (Minihy-Tréguier) [mission photographique programmée]

Dossier IA22133373 réalisé en 2018

Le manoir de Kerpuns, littéralement le "lieu habité du puits" en breton, se distingue dans le paysage par sa couverture en pavillon, son important volume et son aspect massif. C’est grâce aux armoiries d’alliance situées au-dessus de la porte d’entrée que nous avons pu le rattacher à la famille Fanoys : un faon "passant" et à ses pieds une oie. Si le logis a conservé intact son escalier rampe sur rampe en bois et sa charpente, il a en revanche perdu sa pièce haute dont ne subsiste aujourd'hui que la cheminée. Il appartenait à la famille Dieuleveult en 1835.

Parties constituantes non étudiéesdépendance
Dénominationsmanoir, puits
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
AdresseCommune : Minihy-Tréguier
Lieu-dit : Kerpuns

Le logis du manoir de Kerpuns peut être daté de la seconde moitié du 17e siècle. La porte principale est surmontée par des armoiries d’alliance figurant, d’un côté un faon (petit du cerf, du daim ou du chevreuil) "passant" et à ses pieds un oiseau identifié comme une oie (armoiries identifiées comme celles de la famille Fanois, Favois, Fanoys ou Fannoys), de l’autre chevron et macle ou losange (famille non identifiée).

Ces armoiries associant un faon et une oie se retrouvent également à Tréguier, sur un linteau de fenêtre de la maison dit "Scolasticat" ou "maison prébendale Borie" et correspondent à Pierre Fanoys (1634-1717), seigneur du Pouillat, prêtre, chanoine scholastique de l’église-cathédrale de Tréguier ou à son neveu René-Joseph Fanoys (1699-1752) également chanoine. Agé de quinze ans, Pierre Fanoys devient chanoine de Tréguier en 1649 et le reste pendant 67 ans.

Selon les recherches de Philippe Caron issues de la base de données Geneanet :

Michel Fanoys (mort vers 1626), seigneur du Pouillat a été marié à Adelice de Botloy puis à Marguerite Féger* en seconde noce avec qui il a eu neuf enfants dont :

- Ysabeau Fanoys, mariée à Prigent Péan, seigneur de Goazourhant en 1634 puis en seconde noce à Michel Coudray.

- Renée Fanoys, mariée à Charles Le Du, seigneur du Bot (sénéchal de Tréguier) puis en seconde noce à François Le Guales, seigneur de Kerson.

- Michel Fanoys (fils), seigneur de Ruzerec (mort vers 1652) qui a épousé demoiselle Barbe Hervé de la maison de Kerpuns. Il était "juge prévôt de Tréguier, lieutenant des Régaires".

En 1636, le dénommé Guy Le Guallès, "escuyer", cadet de la maison du Bennoaz est qualifié de "seigneur de Keranpunce" (AD22 E. 2207). Marié à Jeanne Le Gouz en 1638, il est mort en 1666. S’agit-il de la même seigneurie ?

Le dénommé Jean Hervé est mentionné comme "seigneur de Kerpuns" en 1703.

*Un dénommé Jean Féger, seigneur du Mence est maire de la ville et comté de Tréguier selon l’Armorial d’Hozier de 1696.

Selon les états de section du cadastre, l’ancien manoir de Kerpuns appartient en 1835 à "François-Marie Dieuleveult veuve et enfants" demeurant à Tréguier. François-Marie Dieuleveult (1749-1821) fut docteur en médecine, médecin en chef des hôpitaux de Tréguier, il a été anobli en 1816. Il a été marié à Françoise Marie Le Borgne de Coëtivy (décédée sans postérité en 1797) puis à Céleste Marie Hyacinthe Le Gentil de Rosmorduc (1768-1840) avec qui il a eu 6 enfants.

L’ensemble bâti aurait ensuite appartenu à "de Kervoasdoué" (ancien avocat de Lannion). Il a été acheté en 1976 par la famille Coadou qui exploitait la ferme.

Recensé en 1973 dans le cadre du pré-inventaire de Minihy-Tréguier, le manoir de Kerpuns n’avait pas fait l’objet d’une couverture photographique en raison du refus de la locataire.

Période(s)Principale : 2e moitié 17e siècle
Secondaire : 19e siècle, 2e moitié 20e siècle

Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole est situé à 2,9 Kilomètres au sud-ouest du bourg de Minihy-Tréguier. Le toponyme "Ker ar puns", littéralement le "lieu habité du puits" est mentionné sur le cadastre de 1835. On le trouve également écrit dans les archives : "Kerarpuns", "kerarpunt", "Kerprun" ou "Keranpunce", "Kerpuncze" ou "Kerpunce". L’institut géographique national (IGN) a retenu "Kerpuns". A signaler dans la paroisse, un autre lieu-dit appelé "Kerpuns Bihan" (le petit Kerpuns).

Selon le cadastre de 1835, le site manorial de Kerpuns comprenait vraisemblablement une métairie (organisée en équerre vers le sud) et deux dépendances. Les parcelles sont désignées comme "l’avenue, pâture et futaie [barré]" (n° 375), "ar jardin, jardin" (n° 376), ar Liors, labour (n° 377), "Ker ar puns, l’aire et bâtiment » (n° 378 ; cour arrière), "Ker ar puns, maison, bâtiment et cour" (n° 379 ; vaste cour), "ar chlos bian, labour (n° 380), "ar chlos bian, venelle [barré] pâture" (n° 381), "ar chlos bras, labour (n° 382).

Le logis manorial se distingue avant tout par sa couverture en pavillon, son volume et son aspect massif. Construit en moellon de schiste à l’exception de l’entourage des ouvertures et des chainages d’angle en granite, le logis est orienté vers le nord-est. Son élévation principale (nord-est) est percée de quatre ouvertures organisées en deux travées régulières : une porte en arc plein cintre à laquelle on accède par un perron composé de quatre marches et trois fenêtres rectangulaires. La fenêtre du rez-de-chaussée conserve les fixations d’une grille défensive (disparue). Immédiatement devant le logis se dresse un puits à margelle circulaire en maçonnerie de moellon de schiste.

La façade postérieure (sud-ouest) comporte deux fenêtres (celle du rez-de chaussée montre également les traces de fixation pour une grille défensive), deux petites baies (situées dans l’angle nord-ouest au niveau du rez-de-chaussée et sous l’escalier, elle correspondent à l’emplacement d’un cellier), une fenêtre de gabarit moyen (murée, elle est située au niveau du premier étage et permettait d’éclairer l’escalier), et une porte (également murée) située au niveau de l’étage de comble. Les traces d’un appentis ou d’une tour arrière sont visibles dans la maçonnerie ce que confirme le cadastre ancien. Cette disposition permettait probablement d’accueillir garde-robe et latrine Cette disposition permettait probablement d’accueillir garde-robe et latrines.

Le pignon nord montre des pierres d’attente pour une probable extension dans cette direction, à moins qu’il ne s’agisse d’un repentir ou des traces d’une destruction antérieure à l’établissement du cadastre. Des traces d’ouvertures – aujourd’hui murées (deux portes "bricolées", au niveau du rez-de-chaussée et au niveau du premier étage) sont visibles dans la maçonnerie du pignon. Un contrefort conforte l’angle nord-est du bâtiment.

Le pignon sud accueille les conduits et la souche de cheminée, il a été percé au niveau du rez-de-chaussée afin d’aménager une seconde porte d’accès.

L’intérieur du logis ne recèle qu’une seule et unique pièce séparée de la cage d’escalier par une porte en arc plein cintre (cela n’exclue pas la présence de cloison servant à séparer la pièce). Un escalier rampe sur rampe à volet droite et à repos intermédiaires (aux marches et contremarches en bois) dessert le premier étage et l’étage de comble. Le palier du premier étage donne accès à une (aux) chambre(s) via une porte arc plein cintre. Le repos intermédiaire (palier) menant à l’étage de comble comporte une porte murée : cette dernière donnait accès à la tour en appentis arrière citée plus haut.

L’observation des dispositions intérieurs de la partie supérieure de l’escalier (dont les vestiges d’une cheminée) ainsi que la présence d’un point de repère sur le cadastre ancien (correspondant au sommet d’une toiture) plaide pour la présence ancienne d’une pièce haute.

La charpente du logis est en place et comporte des marques d’assemblage.

Si la cheminée du rez-de-chaussée a disparu, une cheminée subsisterait au premier étage (étage non visité).

Mursgranite moellon
schiste moellon
maçonnerie
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Couverturestoit à longs pans
croupe
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour

États conservationsbon état
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesmanoir

Références documentaires

Bibliographie
  • Charles Olivier. Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d'une élite cléricale au siècle des lumières. Presses Universitaires de Rennes, 2004

Liens web