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Manoir de La Coëfferie (Messac)

Dossier IA35132514 réalisé en 2015

Fiche

Vocables Saint-Jean-Baptiste
Dénominations manoir, chapelle
Aire d'étude et canton Bretagne - Bain-de-Bretagne
Adresse Commune : Messac
Lieu-dit : Coëfferie (la)

La donation de Pierre de Dreux en 1217 d’une villa quadam in media a été faussement attribuée au manoir de La Coëfferie depuis la redécouverte de cette charte. Le pays de La Mée s’étendant sur le quart sud-est de l’Ille-et-Vilaine de Châteaubriant aux alentours de Craon en Mayenne, il faut imputer cette donation à une autre exploitation templière. Ainsi, la mention la plus ancienne de La Coëfferie remonte à l’année 1391, où le frère Hospitalier Guillaume Gasteau apparaît en tant que messire et commandeur de labaillie et mesons de lospital de Carantouar aultrement apele temple de la couefferie de malanzac. Dans la déclaration de 1574 rédigée par le commandeur Jean Pelletier, la mayson et manouar du Temple de La Coueffrie consiste tant en court, jardins, prairies, et bouays de haute futaye, terres labourables. Le commandeur perçoit toutes les aumônes et oblations qui tombent en l’eglise et chapelle dudit lieu, puis au joignant du manoir, un moullin à grain avecques l'estang d'iceluy et d'un moullin à fouler draps avec leurs destroits et moutaulx. En 1643, le commandeur Gilles du Buisson fait état des améliorations de la commanderie de Carentoir, il précise à propos du Temple de La Coëfferie qu’il s’agit du séjour ordinaire des commandeurs. La chapelle est fondée en l'honneur de Monsieur Saint-Jean-Baptiste, et est desservie par Dom Pierre, prêtre de la paroisse de Messac. Le commandeur précise qu’il a restauré entièrement la chapelle qui avait subi les outrages de la Ligue : laquelle chapelle avons vu réparée tout de neuf tant de couverture qui est d'ardoizes, charpente et partie de la muraille avec les vittres aux vittraux, […] et ès principales vittres sont les armes de Nostre Ordre. Ces travaux sont confirmés par l’inscription encore lisible sur le deuxième entrait de la charpente « F : GILLES : DU : BUISSOИ : CR : 1627 ». Il est ajouté la présence sur le pignon occidental d’un campanier faict en maçonnail auquel y a une cloche de moyenne grosseur. La déclaration poursuit par la description des logis et du manoir : vers nord est le logix et manoir dudit lieu où l'on entre par un grand portail sur lequel y a un colombier ; et entrant dans une cour carrée au bas de laquelle est un corps-de-logix composé d'une cuisine, deux petits celliers, et sur iceux deux chambres haultes dans l'une desquelles y a une cheminée avec des grilles de fer à deux croisées et les greniers au-dessus, et au costé y a une garde-robe joignant laquelle est un cabinet sous lequel y a un four, et pour monter aux dictes chambres y a un degré de bois faict à jour. Et proche ledit logix. est un aultre grand corps-de-logix au bout duquel est une chambre haulte à cheminée et sous icelle un cellier, à la suite duquel logix sont les estables à loger les bestiaux de la mestairie. La déclaration se termine par la mention d’un vivier et d’un petit moulin dans les jardins au nord, en contrebas du manoir. Le commandeur Charles Laurencin restaura le porche-colombier mentionné précédemment comme l’indique le cartouche en calcaire incrusté dans le parement extérieur nord du colombier « A : FET : REBATI CE : COLOMBIER : LAИ 1668 ». Son successeur René Chevrier restaura une partie du logis principal comme en témoigne la date de « 1682 » portée sur le linteau de la fenêtre de la cuisine. Il fit agrandir le logis principal en ajoutant, à l’ouest, une salle basse, une chambre haute desservie par un escalier intérieur en bois. En 1745, le commandeur Jacques-René Frin des Touches, chevalier magistral, fait faire la visite prieurale de la commanderie de Carentoir, il précise que dans la chapelle du Temple de Messac, il y a deux pierres tombales et deux escussons des armes de la Religion : de gueules à la croix d'argent. Le manoir est vendu pendant la Révolution Française et reste dans la même famille jusqu’en 1991. Au cours des XIXes et XXes siècles, la chapelle sert de remise agricole et subit de nombreuses modifications : destruction du campanier géminé, ouverture des gouttereaux en portes charretières, comblement de l’arcade entre la nef et la chapelle méridionale et division de cette dernière en deux parties par un niveau de plancher. Depuis les années 1960 et son acquisition par les propriétaires actuels en 1991, de nombreux travaux de restauration permettent au domaine de La Coëfferie de retrouver peu à peu son aspect manorial.

Période(s) Principale : 12e siècle, 14e siècle, 17e siècle
Dates 1627, porte la date
1668, porte la date
1682, porte la date

Le manoir de La Coëfferie présente encore aujourd’hui une disposition proche de sa description faite lors de la visite prieurale de 1745. Les corps de bâtiment sont disposés autour d’une cour fermée d’une muraille percée au nord par le colombier-porche, seule la chapelle est située à l’extérieur, contre l’angle sud-est. Les pignons de la chapelle sont chacun supportés par deux contreforts dont l’élan indique une hauteur originale du gâble supérieure à celle visible aujourd’hui. La porte occidentale en arc brisé est composée de grès roussard, on en retrouve quelques moellons dans les parements les plus anciens de l’édifice. Les pignons de la nef et le gouttereau nord ainsi que le pignon de l’annexe méridionale et son gouttereau oriental sont percés de fenêtres aux claveaux de tuffeau, ceux de l’annexe étant des réemplois. Le gouttereau méridional de la nef, supporté par un contrefort jusqu’à mi-hauteur, est percé d’une large porte charretière permettant la remise des engins agricoles, autour de cette ouverture le parement extérieur en contre-fruit correspond à l’élévation romane de la chapelle. Un larmier en légère saillie marque le premier tiers du parement extérieur du chevet dont l’ancien prolongement vers le nord est seulement indiqué d’un pan de mur à larmier remanié dans cette dernière décennie.

L’intérieur de la chapelle est sobre, le sol est en terre battue et une bande de pavement de schiste longe le centre de la nef jusqu’au chœur liturgique marqué par un degré de pierre. Les gouttereaux en partie chaulés ne présentent pas ou plus de décor peint, ni de sculpture ou de bas-relief. Un appareillage en trompe-l’œil orne l’intrados de la porte intérieure de la nef et une peinture murale figurant un Christ au Tétramorphe s’aperçoit encore sur le gâble du pignon du chœur. Malheureusement, seule une partie du Christ et deux des « quatre vivants » sont perceptibles : le taureau pour Luc en bas à droite du Christ et l’ange pour Matthieu en haut à gauche. Dans les ébrasements de la fenêtre barlongue du chevet, on peut apercevoir le même appareillage en trompe-l’œil de l’entrée occidentale, accompagné de motifs géométriques sur le contour de cette ouverture. La technique de la fresque dite « peinture mate à fond clair », le thème du Christ au Tétramorphe, le style des motifs géométriques et des personnages figurés indiquent une mise en œuvre du XIIe siècle, coïncidant avec l’installation de l’Ordre du Temple en Bretagne. Une arcade en arc brisé constituée de claveaux de schiste noir et de grès blanc en alternance marque la séparation entre la nef romane et la chapelle privée du XIVe siècle au sud. L’entrée dans la cour s’effectue par un porche-colombier au sud de l’enceinte. La cour distribue trois corps de bâtiment : les soues à l’ouest, le logis principal au nord et le logis-étables à l’est. Le logis-étables s’appuie perpendiculairement contre le gouttereau nord de la nef de la chapelle et est divisé en deux parties. Le volume principal est occupé par les anciennes étables et greniers, l’autre partie, construite postérieurement, correspond au pavillon réservé à l’ancien métayer du Temple. Perpendiculairement à ce dernier, le logis principal s’étend sur un axe est-ouest, sa façade méridionale est homogène et correspond aux améliorations de 1682, elle contraste avec la façade nord dépourvue de large baie, percée seulement de petites fenêtres modernes. Au rez-de-chaussée, l’ordonnance initiale n’a pas évolué, on entre par l’extension construite dans les années 1680 qui ouvre sur un séjour séparé de la cuisine et des celliers par l’escalier en bois du XVIIe siècle. Cet escalier dessert une série de chambres hautes reliées par un palier qui est éclairé par deux minces fenêtres à coussièges. Le fournil semi-enterré, les celliers au rez-de-chaussée et le cabinet de l’étage se devinent encore dans le garde-robe contre la façade nord. Enfin, le terrain qui jouxte le manoir au nord présente une forte déclinaison indiquant une ancienne retenue d’eau, le bief du moulin du Temple est encore partiellement visible ainsi que le petit canal aménagé du ruisseau des Prés de Boulifard.

Murs pierre appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan centré
Couvrements
Escaliers escalier dans-oeuvre
États conservations inégal suivant les parties
Techniques peinture
Représentations groupes de présentation particuliers, homme de saint Mathieu boeuf de saint Luc
Précision représentations

Fresque en très mauvais état, situation urgente étant donné la rareté de la figuration et le contexte de sa mise en oeuvre.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne : 3H 300
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B908
  • Archives départementales du Morbihan : 58 H 1
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.