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Manoir de la Haye-de-Mordelles (Mordelles)

Dossier IA00007855 réalisé en 1986

Fiche

Parties constituantes non étudiées communs, chapelle, ferme, cellier, écurie, remise
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Rennes Métropole
Adresse Commune : Mordelles
Lieu-dit : Haye-de-Mordelles (la)
Cadastre : ?

Le manoir appartenait à la famille de La Haye dès la fin du 14e siècle et passa par alliance en 1427 à la famille de Refriel. En 1566, le manoir fut vendu aux Robinault, seigneurs de la Communaye, qui le vendirent aux de Trolong vers 1700.

Quelques années avant la Révolution, il fut acheté par la famille de Romilley. Par la suite, il passa entre les mains de plusieurs familles.

L'actuel corps de logis datant de la fin du 18e siècle semble avoir été construit à l’emplacement d'un ancien manoir du 16e siècle. Il ne reste de cette époque que le corps d'entrée à porte charretière et porte piétonne permettant d'accéder directement à la cour du manoir.

Deux petites ailes en rez-de-chaussée ajoutées à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle sont flanquées sur chaque pignon. A la même époque, de remarquables dépendances agricoles maçonnées en brique furent construites.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 16e siècle

Le manoir de la Haye-de-Mordelles est situé à environ 3 kilomètres au nord-est du bourg de Mordelles. Un bois planté de chênes d'une superficie de près de 6 hectares s'étend à l'ouest et au nord du site. Un parc paysager possédant de très beaux arbres est implanté au sud et que l'on traverse aujourd'hui pour accéder au manoir.

L'ensemble bâti se compose d'un logis principal, de plusieurs dépendances et d'une ancienne métairie. Un potager en partie clos de murs en terre et une petite chapelle datant de la fin du 19e siècle sont également à signaler.

L'examen du cadastre napoléonien de 1829 nous renseigne sur l'organisation primitive du site et les différents aménagements paysagers. Comme de nombreux manoirs du bassin de Rennes, la Haye-de-Mordelles était en partie cerné de douves au sud et et à l'ouest de l'assiette du manoir. Ces douves au tracé régulier étaient intégrées à un véritable réseau hydraulique alimenté par les ruisseaux environnants et destiné à alimenter plusieurs viviers.

Si ce réseau hydraulique a largement disparu aujourd'hui, hormis un étang situé au nord du site, la confrontation du cadastre actuel avec celui de 1829 nous informe également sur l'évolution de la cour du manoir et sur la disparition de plusieurs bâtiments. Sur le plan de 1829, la cour manoriale était cernée par trois corps de bâtiments organisés en U : le manoir au nord et un alignement de plusieurs communs à l'est et au sud de la cour. Cet ensemble fermant la cour a été amputé en partie sud, probablement durant la seconde moitié du 19e siècle.

La façade principale du logis ordonnancée en cinq travées est aspectée au sud. Les trois travées centrales rapprochées, surmontées de grandes lucarnes à fronton triangulaire et rythmées par des pigeâtres installés sous la sablière, déterminent un corps central. Les encadrements d'ouverture sont en bois. Le niveau de comble habitable est surmonté d'un toit à croupes couvert d'ardoises et orné d'une crête en métal qui court le long du faîtage. La façade méridionale offre les caractères architecturaux de la fin du 18e siècle (recherche de sobriété, simplification des formes, façade dépouillée de tout artifice, lucarnes rectangulaires surmontées d'un fronton...). Les pignons sont flanqués de deux petites ailes basses couvertes d'un toit à deux versants. Leur façade présente une ordonnance de pilastres en ciment. L'aile ouest conserve une fenêtre avec un vitrail datant du 17e siècle qui constitue un possible réemploi d'un élément provenant de l'ancienne chapelle manoriale. Au dessus de la porte d'entrée est installée une pierre sculptée représentant les armoiries de la famille Robinault : "de sable, à l’aigle éployé d’argent, becqué et membré d’or".

La façade septentrionale est flanquée d'un pavillon rectangulaire surmonté d'un toit à croupes et léger coyau couvert d'ardoises. Une lucarne à fronton triangulaire est visible au niveau du comble, ainsi que deux oculi sur les versants nord et sud de la toiture.

A l'est du corps de logis, plusieurs bâtiments d'exploitation sont alignés. L'ensemble est d'abord formé par d'anciens communs qui bordaient la cour du manoir à l'est. Ce bâtiment maçonné en moellon de schiste ainsi qu'en terre, et couvert d'un toit à croupes, adopte un plan rectangulaire dont le pan coupé à l'angle sud-est signale le retour en équerre d'un autre alignement de dépendances, aujourd'hui disparues, qui se prolongeaient vers l'ouest. Ce pan coupé marquait également l'accès à la cour du manoir dont l'ancienne porterie datant du 16e siècle est encore conservée. Elle se compose d'une porte charretière avec un grand arc en plein cintre en pierre de taille et d'une petite porte piétonne.

Sur ces anciens témoins de l'organisation de la cour du manoir primitif d'autres dépendances ont progressivement été accolées. D'abord au nord par l'ajout d'un cellier construit en terre selon la technique de la bauge et en brique à l'endroit probable d'un ancien pigeonnier comme l'indique le cadastre de 1829. Puis d'un fruitier orienté à l'est construit également en bauge sur un solin en moellon de schiste. Un grand bâtiment de plan rectangulaire prolonge quant à lui vers le sud l'aile des anciens communs du manoir. Construit durant la seconde moitié du 19e siècle et maçonné entièrement en brique, il se compose d'un grand cellier, d'une écurie et d'une remise, le tout surmonté d'un vaste grenier.

Au nord ouest de l'ensemble formé par le manoir et ses diverses dépendances, est implanté l'ancien logis du métayer ou du fermier. Datant probablement du début du 17e siècle par l'utilisation de la technique de la bauge selon une mise en œuvre ancienne (briques façonnées en terre crue) pour l'édification des murs, ce bâtiment constitue un bel exemple d'architecture en terre ayant subi relativement peu de remaniements.

Murs schiste
calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
ciment
terre
bauge
brique
brique crue
Toit ardoise
Plans plan symétrique
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit en bâtière
croupe
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier de pré-inventaire, Service de l'inventaire du Patrimoine de Bretagne, 1973

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 196 - Mordelles
Documents figurés
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5424
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5817
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1883, 1884, 1886.

  • RIOULT Jean-Jacques, "Châteaux et manoirs", in : Rennes. Mémoire et continuité d'une ville, Paris, Éditions du patrimoine, 2004.

    p. 141-157 Bibliothèque universitaire. Université Rennes 2

Liens web