Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Manoir de Le Lennic (Trégrom)

Dossier IA22016870 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à 2500 mètres au sud-sud-ouest du bourg de Trégrom. Établi à 145 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est alimenté en eau par un puits maçonné d'une profondeur de 16 mètres. On accède à l'ensemble manorial par une courte avenue venant du sud ("Placen Le Lennic") jusqu'à la cour située à l'est du manoir. L'avenue s'interrompt très rapidement au nord (zone très humide). Le toponyme est orthographié "Le Lennic" sur le cadastre de 1834. En Breton, il semble faire référence à "Lenn" qui signifie "la pièce d'eau". Le cadastre ancien révèle également la présence d'une ancienne carrière (?) à l'ouest du manoir.

L'ensemble manorial du Lennic s’organise autour de la cour qui était à l'origine fermée par un mur d'enceinte (connu par le cadastre et attesté par de récents travaux qui ont permis de mettre à jour les fondations) :

- orienté vers l'est se dresse le logis. La façade orientale est percée d'une porte moulurée en arc plein cintre surmontée de trois écus. A l'origine, cette porte permettait un accès direct à la salle basse où subsiste une grande cheminée. Les façades est et ouest de la salle (rez-de-chaussée) et de la chambre (à l'étage) sont percées chacune d'une grande fenêtre moulurée à traverse horizontale.

A l'ouest (façade postérieure), le logis est flanqué d'une tour abritant l'escalier en vis desservant l'étage et les combles. La tour est également percée d'un petit jour et de deux fenêtres.

Le palier de l'étage est doté de deux portes à linteau droit : celui de la chambre est orné d'une accolade. La chambre haute est dotée d'une belle cheminée au décor Renaissance (losanges, pointes de diamant, fleurettes...). La seconde porte donne dans le grenier de l'appentis latéral construit au 20e siècle.

Au niveau supérieur, une porte unique en arc plein cintre permet l'accès aux combles.

Cette résidence seigneuriale est datable du 16e siècle : si les fenêtres à traverse horizontale et la porte sont datables des années 1520-1530 ; les cheminées datent vraisemblablement des années 1560-1580.

Avant 1834 (date de réalisation du cadastre de Trégrom), le logis semble avoir été amputé au sud (présence de pierres d'angle, de portes haute et basse desservant la "partie manquante" remplacée ultérieurement par un appentis latéral) et peut-être également au nord (pierres d'angles en attente, vestiges d'une porte au niveau du rez-de-chaussée ?). Si l'on suit cette hypothèse, il ne subsisterait donc aujourd'hui plus qu'un tiers du logis originel. Un incendie pourrait expliquer la destruction de la partie sud. Au rez-de-chaussée de la tour peut être observée une petite ouverture de tir dont l'axe est sensiblement orientée vers le sud (elle est donc postérieure à la "réduction" du manoir).

- au sud de la cour : une dépendance de grandes dimensions à usage probable d'étable. Les façades nord et sud sont chacune percées d'une porte en arc plein cintre (celle du sud, à mi-chemin entre une porte piétonne et une porte cochère, est la plus grande). Au-dessus de la porte sud : une lucarne permet l'accès au grenier qui permettait de stocker du fourrage. Une seconde lucarne a été percée dans le pignon est. Cet édifice est vraisemblablement datable de la deuxième moitié du 17e siècle.

- toujours au sud de la cour, dans le prolongement du précédent bâtiment, se dresse une autre dépendance visible sur le cadastre ancien. Cette dernière - dont la fonction originelle nous est inconnue, a été très remaniée au 20e siècle.

- au nord de la cour : deux bâtiments à usage d'étable. Celui situé le plus à l'est était une écurie. Ce bâtiment qui remploie des éléments du 16e siècle - dont des linteaux à accolade - est daté par millésime de 1847. Ces deux bâtiments font l'objet d'un projet de réhabilitation en logis (décembre 2014).

- au sud-ouest du manoir se trouve un puits - probablement de type trégorois à fronton triangulaire. Il est actuellement ruiniforme. A cet emplacement sont regroupées des pierres taillées provenant du manoir : éléments de traverse en pierre, éléments cassés de linteau de porte...

En 1690, il est fait mention d'une dénommée Jacquette Chaillou vivant en son manoir de Le Lennic en Trégrom. Jacquette Chaillou est la fille de Claude Chaillou, seigneur de Kermouster en Trégrom et de Catherine du Dresit. Elle a épousé en 1714 Pierre le Chevoir, seigneur de Kerourguy puis seigneur de Lesquildry. Jacquette Chaillou est morte à Trégrom en 1744 (selon la base de données Généarmor).

L'histoire du manoir du Lennic est liée à celle du manoir du Gouer. En effet, la famille Chaillou est également propriétaire du manoir du Gouer dans le 1er quart du 18e siècle ; plusieurs de ces membres furent maire de Guingamp du 16e siècle au 18e siècle.

Au milieu du 18e siècle, la famille Conen de Penlan est propriétaire du manoir du Gouer. Gabriel Jean Conen de Penlan a épousé Charlotte Chaillou (fille de Jean-Baptiste Chaillou) en 1736.

En 1800, Jean-Jacques Conen a acquis les lieux du Gouer et de Lennic - vendus comme biens nationaux - pour la somme de 3000 fr. devant Guillon, notaire à Callac. A sa mort, il cède le manoir à son fils unique Hyacinthe Marie Corentin Conen de Penlan, percepteur dans l'administration fiscale. Personnalité locale, il s´occupe des affaires courantes de certaines grandes familles comme les Urvoy de Portzamparc, les Kersauzon et La Fayette. Hyacinthe Marie Corentin Conen de Penlan meurt au manoir du Gouer le 11 décembre 1834.

Une des ses filles épouse Edmond Léon de Tréveret (1814-1888) et eut comme enfant Fanny, qui s'unie en 1874 à Henry Jean Marie Feydeau de Saint-Christophe (1847-1929). Cette dernière apporte notamment en dot le manoir du Gouer et du Lennic.

A une époque indéterminée - probablement antérieure à la Révolution - le manoir du Lennic a été déclassé en ferme.

D'après le recensement de population de 1851, le manoir du Lennic est habité par François Even (53 ans) qualifié de "fermier propre", sa femme Marie-Yvonne Kerangal (40 ans), leurs 6 enfants âgés de 14 à 2 ans et Françoise Trédern, servante, âgée de 22 ans. Le couple s'était marié en 1833 à Trégrom.

Le logis a été agrandi au 20e siècle par l'ajout d'un appentis latéral au sud (à usage de chambre : ?) et au nord (hangar agricole). La famille Lagadec a acheté la ferme dans les années 1960. Elle a été exploitée pendant plusieurs années par Jean-George Lagadec avant sa vente, fin 2012, à la famille Bataille.

Cette famille a le projet de restaurer le manoir et ses dépendances pour y vivre. Elle souhaite dé-restaurer le logis seigneurial en retirant les ajouts des années 1960-1970 à commencer par la dalle de béton du rez-de-chaussée et les enduits intérieurs en ciment des murs périphériques. L'escalier en vis – désordonné (certaines marches ou dalles sont fracturées) - sera restauré à l'identique. A noter que si les poutres de la salle du rez-de-chaussée sont anciennes, la charpente a été refaite entièrement au 20e siècle.

La manoir du Lennic avait été photographiée en 1969 lors du pré-inventaire de la commune de Trégrom puis recensé en 2010 dans le cadre de l'opération d'Inventaire du territoire du Schéma de cohérence territoriale du Trégor (SCOT Trégor). En décembre 2014, c'est à la demande des nouveaux propriétaires que nous avons approfondi les connaissances que nous avions de ce manoir.

Destinations maison
Parties constituantes non étudiées étable, écurie
Dénominations manoir, dépendance
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plouaret
Adresse Commune : Trégrom
Lieu-dit : le Lennic
Période(s) Principale : 1ère moitié 16e siècle, 2e moitié 16e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle
Dates 1847, porte la date
Typologies manoir à tour d'escalier hors-oeuvre sur l'élévation postérieure
États conservations bon état, remanié
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • 20102210642NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, D2.

    20102210644NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, D2.

    20102200946Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande36.

    20102200945Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande35.

    20102200947Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande36.

    20102200948Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande36.