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Manoir de Saint-Renaud (Minihy-Tréguier)

Dossier IA22133389 réalisé en 2018

Fiche

Les membres de la famille Cadé qui blasonnent "d’argent à la croix anillée de sable", sont dits seigneur de Saint-Drénou au 15e siècle (Pol Potier de Courcy, Nobiliaire et armorial de Bretagne). Cette famille, originaire de la paroisse de Quemper-Guézennec, est citée dans les montres de Tréguier de 1427 et 1481 (rassemblement des nobles en armes).

La réformation de la paroisse de Ploulantréguier de septembre 1437 mentionne : "Jehan Lannou, métayer à Rolland Gouville en son manoir de Sainct Renou1". Dans la même liste figure : "Jehan Riuallen, métayer au chapelain de Sainct Guezaou".

La seigneurie de "Saint-Renault", "Saint-Drénon", "Saint-Drenou" ou "Saint Dreno" est citée comme appartenant à dame Marguerite Cadé, fille de Christophe Cadé en 15352. Marguerite Cadé (décédée en 1575) est mariée à Jehan Menguy (Mainguy), seigneur de Kermoan (selon Philippe Caron, base de données du site Geneanet). Le couple a eu au moins deux enfants :

- Jehan Menguy, également connu sous le titre "Sieur de Kermoan" : il est greffier criminel en chef du Parlement de Bretagne entre 1588 et le 8 février 16013. Ce dernier a épousé Françoise Le Bozec, fille d'Olivier Le Bozec. Le couple a eu au moins deux enfants dont "Ysabeau". Le mariage d'Ysabeau Menguy avec René Proffict a été célébré dans la chapelle (aujourd'hui disparue) du manoir de Saint-Dreno le 16 mars 16054. Françoise Le Bozec est citée comme mère d'Ysabeau et douairière de Saint-Dreno. Elle décède après le 14 décembre 16155.

- Pierre Menguy6, demeurant en la ville de Lantreguier (Tréguier), est dit à son tour "seigneur de Sainct Drenou" : il est marié à Isabeau Lestic (1575-1639)7.

De cette union nait cinq enfants8 dont Rolland Menguy, seigneur de Saint Dreno et sénéchal des Régaires de Tréguier (mort vers 1653-1656). Faute d’enfant, la seigneurie passe ensuite à Yvonne Menguy mariée à Pierre Michel, seigneur de la Ville Basse.

Ysabeau Michel, leur fille née en 1633, est dite "dame douarière de la Ville Basse et propriétaire de Saint Drenou" dans son contrat de mariage avec Claude de Kermel (fils de François), seigneur de Kermel en Pleubian en 1656 (1657 ?). Toujours selon ce contrat, Ysabeau Michel fait sa demeure au manoir de Saint Drenou "en la paroisse de Ploelantreguier".

Trois enfants naissent de cette union : Yvonne (1657), Perron(n)elle (1659) et Jeanne-Françoise (1660). Son mari, Claude de Kermel décède en 1662. Ysabeau (également appelée Elisabeth ou Isabelle) Michel meurt en 1668 à Lantreguier.

Jeanne-Françoise de Kermel, dame de Kermadec, a épousé le 11 mai 1678 Olivier du Parc, marquis de Lezerdot. En 1703, elle fonde la congrégation des Sœurs Paulines de Tréguier.

François Michel, né en 1630 (?) est dit seigneur de la Ville Basse en 1675, il demeure en la ville de La Roche-Derrien. [Il règle la succession de damoiselle Guyonne Le Chevoir, fille du seigneur de Traou Martin, de damoiselle Jeanne-Marie du Trévou et de damoiselle Louise du Trévou.]

Un dénommé Gildas Le Du - né le 4 août 1683 à Langoat de l’union de René André et de Catherine Le Hardy respectivement meunier et meunière - est décédé au manoir de Saint-Renaud le 25 septembre 1755 à l’âge de 72 ans. Il était marié à Françoise Trégoat (1687-1742). Il s’agit sans doute du meunier du moulin de Saint-Renaud.

Selon les états de section du cadastre, Saint-Renaud appartient en 1835 à la famille Goarin : Yves (habitant Kermarzin), Jeanne (habitant Langoat), Jean et consorts (habitant Lanmodez).

Suite à l’incendie du manoir de Mézobran en 1920, Paul du Réau de La Gaignonnière vend Mézobran (et Saint-Renaud ?) à Claude Adam (né en 1862) qui exploitait la ferme. Sa fille, Anne Marie Adam (1897-1924, enterrée au cimetière de Minihy) s’est mariée le 5 juillet 1920 à Jean-Baptiste Le Goaziou.

Jean-Baptiste Le Goaziou se marie en seconde noce (5 avril 1926) à Jeanne Marie Logiou (1899-1989). Leur fils Claude a épousé Yvonne Vonnette Prigent, il est décédé le 7 mai 2015.

Leur second fils, Yves Le Goaziou, était propriétaire du manoir de Mézobran.

L’institut géographique national (IGN) a retenu le toponyme "Saint-Renaud".

1Selon Patrick Pichouron dans "Manoirs et propriétaires aux 15e et 16e siècles dans le régaire de Tréguier et la seigneurie de Botloy-Lezardre (Dans les limites actuelles des cantons de Lézardrieux et Tréguier), 1994, p. 17.24 avril 1535 : "S[ain]t Drenou q[u]e tient Marg[ueri]te fille [Christophe] Cadé". Réformations de la noblesse de Bretagne, 1426-1513 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9062166p/f510.image3Centre d'accueil et de recherche des Archives nationales : arrêts du conseil privé, arrêts n° 4688. "2 janvier 1602 : arrêt ordonnant la signification à Michelle Dandeuille, veuve de Me Isaac Repichon, qui sera assignée au conseil de la requête de Pierre Menguy, tuteur des enfants mineurs de feu Jean Menguy, de son vivant greffier criminel au parlement de Bretagne qui veut l'obliger à rapporter l'évocation qu'elle a obtenue le 6 septembre 1599, du procès pendant entre les parties au parlement de Bretagne car d'une part cette évocation a été obtenue sans entendre le requérant contre les ordonnances sur ce faites et que d'autre part les causes de l'évocation ont cessé par la vente qui a été faite de l'office de greffier au parlement de Bretagne."4Archives départementales des Côtes-d'Armor, 1G197, archives de l'Evéché de Saint-Brieuc (pages 412 et suivantes) : http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/FE/fex/consult.aspx?image=1507641145379395"Enfin, le 14 décembre 1615, fondation fut faite par Françoise Le Bozec, dame douairière de Kermohan et Saint-Drenou, d'un anniversaire doté de 24 livres tournois de rentes sur l'autel Sainte-Marguerite devant lequel elle désirait être inhumée dans la même tombe que Catherine Le Bozec, sa tante."6Il deviendra le tuteur des enfants de son frère Jean à la mort de ce dernier.7Isabeau Lestic prend "la suite" de Françoise Le Bozec comme douairière de Saint Dreno. Il est donc probable que Jean Menguy soit le frère ainé de Pierre.8Rolland, le fils ainé (peut-être aussi connu sous le prénom "Laurent"), mais aussi : Guyonne, dame de Kergaradec ; Adélice et Marie (religieuse peu connue), mais également : Yvonne Menguy, femme de Pierre Michel (c'est ainsi que la seigneurie passe sous le nom Michel), supposée être née vers 1601. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36740188r.public
Parties constituantes non étudiéesdépendance, grange
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
AdresseCommune : Minihy-Tréguier
Lieu-dit : Saint-Renaud

Volume du logis, distribution, décor des cheminées, des portes et fenêtres à linteau saillant - dont certaines encore dotées de leurs grilles défensives - plaident pour une mise en œuvre dans les années 1530-1560. L’oculus aménagé au-dessus de la porte nord de la salle basse pourrait répondre à la volonté d’éclairer un vestibule fermé par une cloison de bois.

L’escalier rampe sur rampe dans œuvre, surmonté d’une pièce haute (et d’un probable pigeonnier dont on voit l’oculus au sommet du pignon ouest) originellement couverte en pavillon est assez précoce pour le Trégor. Son originalité réside dans les paliers décrochés d’une marche : chaque volée de l’escalier pouvant ainsi être condamnée par une porte. Six portes protégeaient ainsi la pièce haute !

La cheminée de la chambre située au rez-de-chaussée au bout de la cuisine peut être datée des années 1580-1600 grâce à son décor.

Datable de la première moitié du 17e siècle, la charpente comporte des fermes dont les arbalétriers sont courbés à la base (type "upper cruck").

Cheminées, poutraison et charpente sont toujours en place. Saloir et vaisselier mural subsistent probablement dans l’épaisseur du mur oriental de la cuisine.

Le logis conserve un ensemble de meubles de style néo-gothique datable de la seconde moitié du 19e siècle : armoire "cabaret" (c’est l’équivalent d’un buffet vitré : la partie supérieure étant à l’origine vitrée afin d’exposer des objets), horloge et armoire.

Le passage de la ligne de chemin de fer Plouëc - Tréguier en 1905 a nécessité la traversée d’est en ouest du domaine proche du manoir et le percement du mur de clôture.

Période(s)Principale : 2e quart 16e siècle, 3e quart 16e siècle
Secondaire : 4e quart 16e siècle, 1er quart 17e siècle, 4e quart 20e siècle

Traversé par un ruisseau venant de Traou an Dour (le vallon de la source) et coulant vers le Jaudy, le site manorial de Saint-Renaud comprenait notamment une chapelle, un moulin à eau, sa digue, son étang et son bief, plusieurs dépendances dont un four à pain et plusieurs routoirs dont la présence est liée à l’activité de transformation du lin.

Au nord de Saint-Renaud se trouve une exceptionnelle concentration de routoirs. Du nord au sud, alimenté par le ruisseau de Traou an Dour : cinq routoirs à "Goajou Kernevec [Convenant Kernevec]" (parcelles n° 689, 690, 691, 692, 693), six routoirs à "Goajou Kervegan" (parcelles n° 694, 695, 696, 698, 699, 700) et deux routoirs immédiatement au sud près de Traou an Dour (la propriété des routoirs est protéiforme).

Les trois parcelles immédiatement situées au nord-nord-ouest du logis étaient closes de mur. L’accès au manoir se faisait à l’origine par un chemin filant vers l’est jusqu’au portail fermant la cour. Dans le jardin, croix ancienne déplacée.

Selon les états de section du cadastre de 1835, les parcelles sont désignées comme : "l’entrée, futaie [barré] pâture" (n° 717), deux "routoirs" (n° 718 et 719), "chlos ar leur, labour" (n° 720), "bâtiment et cour" (n° 721), "jardin" (n° 722), "jardin dun [?] traou, jardin" (n° 723), "bâtiment et cour" (n° 724), "bâtiment et cour" (n° 725), "maison et cour" (n° 726), "bâtiment" (n° 727), "jardin" (n° 728), "maison, bâtiment et cour"(n° 729), "jardin" (n° 730), "chlos bras, labour" (n° 731). Dans le périmètre immédiat du manoir se trouvaient au moins deux moulins désignés comme le "moulin de haut" (n° 715) et son étang "stang ar milin creiz" (n° 712) et "milin dan traou" (n° 775), littéralement le moulin du vallon et son étang "ar stang" (n° 771) (ces moulins appartenaient à "Jean Goarin, enfant" habitant à Langoat).

Corps de logis en équerre comprenant quatre pièces au sol : salle basse orientée nord-sud, cuisine orientée est-ouest (une étroite niche - à sel ? - est aménagée dans le piédroit de la cheminée), chambre basse orientée est-ouest et cellier ou arrière-cuisine en appentis arrière. Salle basse et cuisine disposent chacune d’une porte dédiée : la porte principale en arc plein cintre mouluré comprend une archivolte avec fleuron blasonné (buché) ; la porte de la cuisine à linteau surbaissé est ornée d’une grande accolade. Deux fenêtres du rez-de-chaussée ont conservé leurs grilles défensives dont le décor se caractérise par l’emploi de motifs géométriques. Une lucarne à gable aigu de style gothique flanquée de crossettes sculptées domine l’étage de comble.

L’escalier en pierre de taille de granite est de type rampe sur rampe à volées droites : sa construction semble très homogène. Sous cet escalier a été aménagé un cellier accessible via une porte dédiée depuis la salle basse et depuis la cuisine. Au niveau de l’étage de comble, les vestiges d’une cheminée (piédroits à chanfrein et griffes) témoignent de la présence d’une ancienne pièce haute située au-dessus de l’escalier.

Deux cheminées sont également conservées au premier étage ainsi que des portes de communication à linteau droit. Le logis était vraisemblablement doté de latrines accessibles directement de l’escalier et depuis la chambre haute (une descente de latrines et deux portes ont été identifiées : l’une d’entre elles menait vraisemblablement à une garde-robe/latrines aujourd’hui disparue) et donnant sur la façade nord.

Mursgranite moellon
schiste moellon
maçonnerie
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
États conservationsbon état

Compléments historiques proposés par Yvan Calloc'h sur la seigneurie de Saint-Drenou le 27 juin 2019.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesmanoir
Précisions sur la protection

Aucune protection.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Seigneurie de Saint-Dréno - titres : aveux. Paroisse du Minihy-Tréguier, familles de Bégaignon, Cadé et Menguy.

    Séquentiel : 248.

    Cote : 2 G 265.

    Dates : 1541-1768.

    Nombre éléments : 8 pièces.

    Métrage conservé : 0,02.

    Ancienne cote 1 : G art. 230.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 G 265
Bibliographie
  • PICHOURON, Patrick ; KERHERVE, Jean (Dir.), "Manoirs et propriétaires aux 15e et 16e siècles dans le régaire de Tréguier et la seigneurie de Botloy-Lézardré (Dans les limites actuelles des cantons de Lézardrieux et de Tréguier)". Mémoire de maîtrise, Université de Bretagne occidentale, Faculté Victor Segalen, Brest, 1994, 170 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : ARC dom