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Manoir du Temple (La Guerche-de-Bretagne)

Dossier IA35034794 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées chapelle, étable à vaches, étable à chevaux, chenil
Dénominations manoir, commanderie
Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Guerche-de-Bretagne (La)
Adresse Commune : Guerche-de-Bretagne (La)
Lieu-dit : Temple (le)
Précisions

Le départ pour la Terre Sainte de Guillaume II de La Guerche en 1156 est sans doute à l’origine de l’établissement des Templiers. On le retrouve dès le mois de juillet 1160, en qualité de commilitonum Templi senescalus dans un acte de donation pour le Saint-Sépulcre rédigé à Acre par le roi de Jérusalem Baudoin III. Dès le XIIIe siècle, le Temple de la Guerche semble être établi sous le patronage de La Vierge comme en témoigne la donation de Bonabes de Rougé en 1245, cédée In perpetum preceptori et fratribus de la domorum Beate Marie Virginis de Guirchia. Peu de temps après le procès des Templiers, les Hospitaliers étaient déjà en possession du Temple de La Guerche. Une charte de 1331 stipule que frère Laurent Ballard était le preceptor humilis de la domus Hospitalis prope Guirchiam, quondam Templi. C’est à la seconde moitié du XIVe siècle que le Temple de La Guerche devient le siège d’une commanderie hospitalière regroupant ses biens à ceux du Temple de la Nouée car on retrouve en 1391, un certain frère Nicolas Séguin en tant que humble commandeur de l'Hospital du Temple de la Guerche et de la Noueix. Au second quart du XVe siècle, le commandeur Guy de Domaigné semble avoir restauré le manoir et la chapelle du Temple comme en témoigne l’inscription de ses armoiries (d’argent fretté de gueules) sur la chapelle et sur les linteaux des cheminées de la salle basse et de la chambre haute du logis principal. En 1438, il confirme l’appartenance d’un moulin à vent et le droit de passage attenant de la champagne du Temple, puis, en 1452, il est inhumé dans la chapelle commandale où sa pierre tombale était encore visible au siècle dernier. Les sources manuscrites rapportent plusieurs exactions qui bouleversèrent l’architecture du manoir du Temple à la fin du XVIe siècle, les murailles de la première et seconde cours tombèrent pendant la Ligue et une partie du logis commandal dut être remanié. D’après la déclaration de 1681, la maison noble [et principal manoir du Temple] est organisée autour d’une cour carrée et composée d’une chapelle, d’un logis et d’un jardin avec un petit pré au joignant. La métairie du Temple est composée de trois corps de logis agrémentés de jardins et d’un bois de haute futaie, le moulin à vent et tous les prés qui avoisinent le manoir et la rüe du Temple en dépendent. Selon le procès-verbal de la visite prieurale de 1708, l’entrée du manoir est située au sud du domaine au lieu-dit du Portail, suivie d’une longue allée qui mène à la maison noble. La chapelle commandale n’est plus dédiée à la Vierge mais à Sainte-Anne et est desservie par un prêtre chapelain de la collégiale de La Guerche trois fois par semaine. Le logis principal du manoir, sur un axe nord-sud, est composé d’une salle basse avec cheminée monumentale aux armes de Guy de Domaigné et de l’Ordre de l’Hôpital, de deux celliers, d’une cuisine et d’un office. Un escalier intérieur en bois et refait à neuf donne accès à la chambre haute qui présente aussi une cheminée aux armes de Guy de Domaigné et de l’Ordre de l’Hôpital. Au pignon sud de cette chambre, une porte communique avec le chapitreau de la chapelle servant en 1708 de colombier. Un second corps de logis, perpendiculairement au premier, renferme à l’étage une suite de chambres desservies par une galerie extérieure. Le procès-verbal précise que le commandeur occupe la dernière chambre et que l’accès au grenier se fait par un escalier dans une tourelle. Le 24 Septembre 1794, le domaine est vendu en tant que Bien National, la chapelle et le logis secondaire à galerie seront détruits au cours du XIXe siècle. Sur le cadastre de 1827, on distingue encore parfaitement le Temple, le Portail et la rüe du Temple. La chapelle et les deux corps de logis du manoir sont encore visibles, mais le chapitreau qui communiquait avec la chambre haute du logis principal avait déjà disparu.

Période(s) Principale : 14e siècle, 15e siècle, 17e siècle, 18e siècle
Secondaire : 19e siècle, 20e siècle

Les murailles, la chapelle et le logis à galerie ayant totalement disparu, il ne subsiste, aujourd’hui, que le logis principal du manoir. La moitié sud de la façade orientale, la plus ancienne, est percée d’une porte en plein-cintre simplement chanfreinée surmontée d’un arc de décharge. En partie haute, la chambre noble est éclairée d’une fenêtre aux ébrasements chanfreinés couverts d’un linteau droit en bois et surmontée aussi d’un arc de décharge. La souche de la cheminée est placée sur le mur gouttereau, ce qui semble indiquer un aménagement antérieur au XVe siècle. Au pied de l’escalier qui donne accès à la partie haute de la moitié nord du logis, est fiché dans la maçonnerie un bénitier provenant de l’ancienne chapelle commandale. L’autre moitié du logis est totalement masquée par une forte pente de toit, mais sur une photographie ancienne, on peut apercevoir une souche de cheminée débordant du mur gouttereau et une homogénéité de la toiture sur l’ensemble de la façade orientale. Sur le pignon méridional du logis, une ouverture en plein-cintre murée indique l'emplacement de l’ancienne porte qui donnait accès au chapitreau de la chapelle via la chambre noble. Les armoiries de Guy de Domaigné et de l’Ordre de l’Hôpital qui ornaient autrefois la chapelle sont encore visibles sur la façade des écuries, à une quinzaine de mètres au sud du logis principal.

Murs pierre moellon
Toit ardoise
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 19H1
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 19H2
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 19H9
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B2199
  • Archives départementales de la Vienne : 3H1 579
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • dans Le pouvoir et la foi au Moyen Âge, en Bretagne et dans l’Europe de l’Ouest. Mélanges en mémoire du professeur Hubert Guillotel, dir. Joëlle Quagheheur et Sylvain Soleil, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010, 747p.

  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    p. 147 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 663
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    p. 67-88 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • AUBRY, Ernest. Notes chronologiques sur La Guerche-de-Bretagne. Paris : Office d'édition et de diffusion du livre d'histoire, 1994. (Monographies des villes et villages de France).

  • La Guerche hier et aujourd'hui. Images de la ville du début du siècle à 1989. La Guerche de Bretagne : Patrimoine et Culture en Pays Guerchais, Mairie de La Guerche, 1990.