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Manoir (Keransquillec)

Dossier IA22016818 réalisé en 2010

Fiche

Appellations Manoir de Keransquillec, manoir de Kernansquillec
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées logis, fournil, étable, puits
Dénominations manoir, ferme
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plouaret
Hydrographies Léguer le
Adresse Commune : Trégrom
Lieu-dit : Keransquillec

Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à 3300 mètres au sud du bourg de Trégrom. Etabli à flanc de coteau, orienté au sud, et à 139 mètres d´altitude, il se trouve à proximité immédiate d´une source et d´un petit affluent du fleuve côtier du Léguer qui forme à cet endroit une boucle. Cet affluent prend sa source dans les environs de Kerarvoën et Keranfloc´h. A l´ouest, on trouve un second petit affluent du Léguer. Le site peut être qualifié d´éperon barré naturel ; la présence d´une fortification médiévale, voire plus ancienne, est très vraisemblable. Le manoir est isolé dans la campagne ; on y accédait par un chemin venant du nord depuis Kerigonan ou depuis le sud depuis le hameau de Lesléo (sur la commune de Belle-Isle-en-Terre) en franchissant un petit cours d´eau. Le bourg de Belle-Isle-en-Terre est distant de 3 km (au sud). L´étude du cadastre de 1834 nous livre les informations suivantes : - l´emplacement du manoir primitif (parcelle n° 93 du cadastre ancien, aujourd´hui sur les parcelles n° 654 et 655), figurant comme ruiné et son avenue orientée vers le sud-sud-est (parcelle n° 94). Le manoir, d´assez grandes dimensions, est doté d´un plan en T renversé ; des vestiges en élévation (de 1 à 2 mètres de hauteur) sont visibles dans le sous-bois. - la résidence seigneuriale était très probablement dotée d´une chapelle (parcelle n° 708 aujourd´hui parcelle n° 640), entourée d'un placître polygonal (parcelle 707). Son emplacement se situe aujourd´hui à mi-chemin entre les vestiges du manoir primitif (à l´est) et le manoir resté inachevé (à l´ouest). - une construction nommée "vieux moulin à foulon" figure à l´extrémité de la boucle méridional du Léguer. Ce moulin à eau permettait de battre ou fouler des draps ou encore à tanner des peaux. - la métairie se compose de trois bâtiments. - les parcelles qui cernent la résidence seigneuriale sont d´assez grandes dimensions comparées au parcellaire paysan. Elles traduisent une action de concentration des terres autour du domaine manorial. Le toponyme est orthographié "Kansquiviec" (Keransquiviec) sur la carte de Cassini datant du milieu du 18e siècle ; "Kansquillec" (Keransquillec) sur le cadastre ancien et sur la carte d´état-major ; "Kernasquiriec" dans les archives et aujourd´hui "Keransquillec" sur la carte de l´Institut Géographique Nationale ou localement "Keransquillec". Il est formé de "Kêr" qui signifie le village, le lieu habité. Le manoir a appartenu à la famille le Nas, sieur de Kernasquiriec, mentionné aux réformations et montres de 1503 à 1535 et qui blasonne "D´argent au chevron de sable accompagné de trois annelets de même, comme Cam". Un certain Jehan Le Nas est présent à la "Montre des nobles et anoblis de l'évêché de Tréguier, en l'an 1481". Cette famille a produit un auditeur des comptes en 1443 et un maître des comptes en 1503. On trouve également dans les archives en 1618 la branche "Cam de Kernasquiriec" . Le volume, les éléments stylistiques et la mise en oeuvre permettent de dater le manoir de Keransquillec de la deuxième moitié du 18e siècle (?). L´année 1701 semble cependant attachée à cet édifice (source orale). Le projet architectural est vraisemblablement resté inachevé. La cheminée est datable des années 1580 : s´agit-il d´un remploi du manoir primitif ? Louis Vallée, dernier directeur de la papeterie Vallée installée sur les rives du Léguer (1856-1965), a été propriétaire de la ferme et du manoir de Keransquillec. Le logis orienté vers le sud a été construit en 1912. Cet ensemble a été signalé en 1972 lors du pré inventaire de Trégrom.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle , (?)
Secondaire : 2e moitié 18e siècle
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle

De plan rectangulaire orienté vers le sud-est, cet édifice est construit en pierre de taille de granite de moyen appareil et en moellon. Il se compose d´un étage de soubassement servant de communs (c'est-à-dire de pièces de service : service de la bouche avec les cuisines et leurs dépendances et conservation des aliments et liquides), d´un rez-de-chaussée surélevé, d´un étage-carré et d´un étage de comble. En l´état, on distingue un corps de bâtiment et à l´est, un pavillon en léger avant-corps. L´étage de soubassement est élevé dans un granite plus sombre ; l´étage carré est souligné par un bandeau continu en pierre de taille. Si la façade antérieure est percée d´ouvertures, la façade postérieure est aveugle. Le pavillon est percé en élévation sud de deux fenêtres à linteau en arc segmentaire dont l´appui est surbaissé (afin de faire entrer davantage la lumière à l´intérieur des pièces). Actuellement désaffecté, l´édifice subsiste à l´état de ruine.

États conservations vestiges, bon état, inégal suivant les parties
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • "Kerhuon abritait toute une jeune famille. Messire Régnault de Meur, écuyer, Se de Kerguz, Kerhuon et autres lieux, et Marie Cam, de la noble maison de Kernasquirec, sa compagne, voyaient grandir autour d'eux quatre enfants qui répandaient sous leur vieux toit la vie et la douce gaieté qu'engendrent la liberté et la simplicité des champs : Jean, leur chef de nom et d'armes, qui deviendra Gouverneur de Lannion ; puis Françoise, mariée en 1650 à messire Rolland Lestic, sieur de Kerraoul et des Salles, en l'évéché de Saint-Brieuc ; Jeanne, qui épousera Yves de Kerverder, sieur de Kerjean ; enfin notre Vincent, qui préférera aux riches bénéfices ecclésiastiques la pauvreté, aux titres pompeux, celui de prêtre indigne, de pauvre missionnaire, et qui mourra en odeur de sainteté, en 1668" (Bulletin archéologique de l'Association bretonne, Rennes, 1885).

  • 20102210595NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, C2.

    20102210596NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, C2.

    20102210601NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, C2.

    20102210597NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, C2.

    20102210600NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, C2.

    19802201301ZMI : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20102201025Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande50.

    20102201026Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande50.

    20102201027Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande50.

    20102201021Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande49.

    20102201023Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande49.

    20102201056Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande56.

    20102201022Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande49.

    20102201024Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 359_22_72_bande49.