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Manoir, Kermadio (Kervignac)

Dossier IA56007459 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Berceau de la famille éponyme, famille très influente qui serait au même titre que la famille ducale bretonne, fondatrice de l'église de Merlevenez, Kermadio est le siège d'un grand manoir dont nous ne pouvons aujourd'hui que déplorer l'état. ll est difficile de restituer l'état d'origine du manoir de Kermadio, dans la mesure où l'intérieur n'a pu être vu que partiellement lors de cette enquête. Les indications des dispositions intérieures proviennent de F. Le Tallec.

L'ensemble se distribue autour d'une cour, dont le bâtiment principal, aspecté au sud, occupe le nord, les dépendances se répartissant à l'est et au sud ; sur le plan cadastral de 1837, le colombier (aujourd'hui disparu) occupe l'angle sud-est de la cour, la partie nord des dépendances est en ruines (aujourd'hui restauré ou reconstruit) alors que les dépendances au sud de la cour dont l'une était la chapelle, alors en bon état, sont aujourd'hui en ruines.

Le logis se compose de trois parties de taille inégale, le corps Est plus large, comme sur le plan cadastral ancien, étant individualisé par un pignon à rampant découvert.

La partie centrale était sans doute sous charpente, mais il ne reste aujourd'hui que le niveau bas de la salle : elle s'ouvre d'une porte en arc brisé à archivoltes et d'une fenêtre à croisée. La seconde porte a été ajoutée plus tard, à moins qu'il ne s'agisse d'une ancienne fenêtre éclairant cette grande salle. Une seconde porte en arc brisé est percée dans le mur nord. Doté d'une cheminée au refends ouest aujourd'hui masquée (information orale), cet espace a été divisé par la suite lors de la création de la nouvelle porte. Dans la partie est de cette salle, trois portes qui ont été murées donnaient accès aux pièces voisines (Le Tallec). Une étroite et longue fenêtre à l'ouest est située sur le refends : elle éclaire un escalier en vis pris dans l'épaisseur de la maçonnerie, comme on peut encore en voir à Kerat en Arradon ; cet escalier se situe entre la salle et la cuisine (pièce ouest) chauffée.

A l'est, la partie à étage est peut-être une ancienne salle basse surmontée d'une chambre sous charpente : on remarque en pignon aujourd'hui en demi-étage une fenêtre trilobée qui pourrait éclairer un volume unique de chambre sous charpente. Les ouvertures modifiées sur la façade sud ne permettent pas une analyse suffisante sans visite intérieure : il est probable que la porte haute qui desservait l'étage sans doute par un escalier extérieur est une création du 17e siècle lorsque l'édifice est déclassé en ferme. C'est peut-être à cette époque que la pente du pignon est modifiée (en passant d'une couverture d'ardoise au chaume) et la souche de cheminée surélevée.

A l'ouest, une partie servant de dépendance a conservé sa cheminée du 15e siècle ; la présence de l'escalier en vis en lien avec cet espace suppose une nouvelle salle basse, peut-être la cuisine, surmontée ou non d'un étage disparu.

Bien qu'entre les parties est et médiane ne soit pas connu le système de distribution d'origine, on ne peut s'empêcher d'établir des correspondances entre des manoirs du 15e siècle, en Morbihan, comme Kerat en Arradon (salle basse accotée de deux parties à étage desservies chacune par un escalier en vis), ou surtout avec le Granil à Theix (cuisine et salle, suivies d'une partie à étage, plus large que la salle, comme c'est ici le cas. Le conduit de la cheminée placée en saillie sur le pignon est également un indice de grande ancienneté. La finesse de réalisation des têtes sculptées sur les rampants fait regretter de ne pas avoir vu le décor intérieur, à l'exception de la cheminée ouest, sans doute celle de la cuisine.

Parties constituantes non étudiées chapelle, four à pain, communs
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Ria d'Etel - Port-Louis
Adresse Commune : Kervignac
Lieu-dit : Kermadio

Les vestiges d'un domen subsistent à Kermadio, où des urnes funéraires ont été trouvées lors de fouilles au 19e siècle. Guillaume de Kermadio est mentionné 'en son hébergement de Kermadio' en 1440. Peut-être faut-il voir cette date comme proche de la construction du manoir actuel, dont les vestiges remontent certainement au 15e siècle ; il est mentionné comme hôtel en 1448 ; son propriétaire, Morice de Kermadio possède en 1464 deux cents livres de rente, la 2e rente après celle de la famille de Kerguéris (Locunolé et Coatrivas). La famille de Kermadio qu'on dit être à l'origine avec les ducs bretons de la fondation de l'église Merlevenez au 12e siècle, et dont les armes figuraient sur la tour de cette église reconstruite en 1533, est encore présente à Kermadio en 1536. La seigneurie passa vers 1630 aux Beaujouan, fondus en 1680 dans Talhouet. Cependant, le lieu n'est plus signalé comme noble dans la réformation de 1666. Le logis du manoir remonte au milieu du 15e siècle, mais il a perdu une partie de son élévation à une époque inconnue. La partie est, plus haute et plus large, a été plafonné peut-être dès le 16e siècle, alors qu'il devait avoir une structure de salle sous charpente à l'étage d'après l'ouverture conservée dans le pignon est. La cheminée au conduit saillant et taluté acolée à ce pignon est également révélateur de l'ancienneté du bâtiment. La partie médiane a vu la création au 17e siècle, d'une seconde porte peut-être à la place d'une ancienne fenêtre. La dépendance à l'ouest remonte au début du 17e siècle, ou remploie des ouvertures de cette époque car elle est en ruines sur le plan cadastral de 1837. Au sud de la cour, la chapelle conserve quelques éléments anciens, peut-être contemporains du manoir : en ruines, elle est devenue dépendance agricole..

Période(s) Principale : milieu 15e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Auteur(s) Personnalité : Kermadio de, commanditaire, attribution par travaux historiques

Des deux corps de bâtiments en alignement qui forment le logis du manoir, le premier à l'ouest se compose de deux pièces, dont seule celle de l'ouest a conservé une cheminée du 15e siècle au pignon ouest, celle de la salle étant aujourd'hui masquée. L'escalier en vis dans oeuvre desservait un étage disparu : inséré dans le mur de refends entre les deux pièces, il se situait en façade, éclairé par une étroite fenêtre et sa cage refaite en parpaings au 20e siècle, se voit dans la pièce ouest. La porte en arc brisé à archivolte est sans doute en place, mais la présence d'une seconde porte indique une partition postérieure en deux pièces. Le second corps de logis, plus haut, a subi une modification totale de sa façade, mais le pignon est conserve deux éléments plaidant en faveur d'une grande ancienneté, le conduit de cheminée saillant sur le pignon, ainsi qu'une petite fenêtre trilobée, aujourd'hui masquée par le plancher : s'agissait-il d'une salle sous charpente ? A l'est, la dépendance est construite en moellon de granite et couverte aujourd'hui de tôle ondulée remplaçant le chaume. En rez-de-chaussée, elle est formée de deux pièces avec porte axiale sous lucarne.

Murs granite
moellon
Toit ardoise, tôle ondulée
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour
Typologies salle sous charpente
États conservations vestiges
Techniques sculpture
Représentations tête humaine
Précision représentations

Tête sculptée sur les rampants sud du logis.

Malgré un état fragmentaire, le manoir de Kermadio, le plus ancien de la commune en raison d'une transformation précoce en ferme, est le plus intéressant de Kervignac. L'étude intérieure, impossible, s'avère souhaitable en particulier pour les charpentes du corps est.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • 20095605965NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3P 121.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan. 3 P, cadastre. Kervignac. 3P 157 : Plan d'assemblage (1810-1852) 3 P 121 : Plan (1837) 3 P 1566 : Tableau indicatif des propriétaires des propriétés foncières et de leur contenance (1837) 3 P 1567-1572 : Matrices des propriétés foncières bâties et non bâties (1843-1941).

    Archives départementales du Morbihan : 3P 121
Bibliographie
  • CAYOT-DELANDRE. Le Morbihan, son histoire et ses monuments. Vannes, Caudéran, 1847.

    p. 494-495
  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 265-271
Périodiques
  • LE TALLEC, Frédéric.Kervignac. Histoire d'une paroisse. Présentation Pierre Ollier. Mairie de Kervignac, Dominique éditions, © 2005.

    p. 49-53