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Manoir, La Porte (Saint-Gilles)

Dossier IA00007875 réalisé en 1972

Fiche

Dossiers de synthèse

L'ancien manoir de La Porte est construit au pied dans l'ancienne motte castrale dont on distingue toujours les talus qui entourait la motte de terre (arasée au XVème siècle) et les douves, aujourd'hui comblées. C'est le berceau de la famille "De Saint-Gilles", seigneur principal de la paroisse.

L'ancien manoir a conservé des ouvertures et une charpente de type armoricain de grande qualité qui le situent dans la première moitié du 15e siècle. La panne faîtière mesure plus de 16,70m. C'est la plus longue panne faîtière d'un seul tenant mesurée en Bretagne ainsi que le confirme le travail universitaire de Corentin Olivier. La qualité du chêne utilisée et de l'exécution sont remarquables. Cette charpente présente de forte ressemblance avec celle du Manoir du Plessis à Melesse.

Précision dénomination Ancien château
Destinations ferme
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Rennes Métropole - Mordelles
Adresse Commune : Saint-Gilles
Lieu-dit : Porte (la)
Cadastre :

Le plus ancien membre de cette famille est cité dans les chartes de Saint-Melaine en 1163 : Guillaume de Saint-Gilles et de Monfort, appellation qui permet sans doute d'y reconnaître un cadet des barons de Montfort-la-Cane, actuellement Montfort-sur-Meu. Les seigneurs de Saint-Gilles font partie des grandes familles nobles appelées à siéger aux États de Bretagne. L'un d'eux, Jehan de Saint-Gilles s'illustre aux côtés de Jean IV, duc de Bretagne, au point que celui-ci lui demande de porter son hommage au roi de France, avant de le nommer capitaine de la place forte de Saint-Aubin-du-Cormier.

Au 17e siècle, le fief est désigné comme "chatellenie". A cette époque, Paul du Bouays, seigneur de Mesneuf en Bourgbarré et Henriette de Montbourcher, deux autres grandes familles nobles de Bretagne héritent du site. Le manoir datant de la 1ère moitié du 15e siècle, devient la métairie noble, d'où son nom "La Porte". Paul de Bouays et sa femme s’installe à Saint-Gilles et se font construite un château à l’est du manoir. Le bâtiment de 47 m de long est flanquée de deux pavillons et deux tours. Les vestiges de la tour en bauge laissent supposer que ce château était construit en terre ou en pan de bois. Le cadastre de 1829 permet de voir l'emprise parcellaire de ce château aujourd'hui disparu.

A la Révolution, Jean-Baptiste, marquis de Saint-Gilles, seigneur de Romillé et de Perronaye, qui avait racheté le domaine de ces ancêtres, est dépossédé de ces biens. Le manoir et le château sont vendus comme Biens Nationaux à un bourgeois rennais, M. Doré. La famille récupère ses biens en 1820, se fait construire une nouvelle demeure plus à la mode, à 300 m du manoir.

L'extension en pierre et en bauge à l'ouest semble dater du 17e siècle, ainsi que la longue étable à l'ouest et le bâtiment au nord. Le poulailler accolé à l'ancien manoir date du 19e siècle.

Période(s) Principale : 1ère moitié 15e siècle, 2e quart 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 17e siècle
Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle

Une architecture caractéristique des manoirs du 15e siècle

L'édifice se situe au fond d'une cour. La façade principale est orientée au nord, comme de nombreux manoirs de cette époque. Le bâtiment principal originel est entièrement construit en pierre. Le logis seigneurial est doté d'une double porte en plein cintre, dispositif relativement rare, en granite moulurée et chanfreinée. Le décor est relativement sobre, ce qui corrobore la datation du manoir au début dans la 1ère moitié du 15e siècle. La partie construite en pierre jusqu'au premier niveau et surmontée de bauge semblerait être une extension du XVIIème siècle. Le long bâtiment formant une aile à l'ouest est l'ancienne étable. Elle est surmontée d'une demi charpente à la mansart, ainsi la panne faîtière se situe au sommet du mur de bauge. Le bâtiment au nord et qui ferme la cour est construit en pierre jusqu'au premier niveau et en bauge au-dessus. Aujourd'hui, l'accès à la cour se pratique à l'aide d'un bâtiment porche. La façade arrière du manoir a été modifiée à différentes périodes et la souche de cheminée semble avoir été modifiée.

La charpente apparente signe ostentatoire de pouvoir

La charpente de type "charpente armoricaine", composée de ferme à panne est ouvragée. Les entraits sont toujours présents mais certains ont été enfouis dans le plancher. Un tore finement exécuté file sur les arrêtes des jambettes, des arbalétriers et des aisseliers cintrés. Toutes les fermes sont équipées de poinçons courts. Les arbalétriers sont décorés de redents, ce qui est un motif courant des charpentes armoricaines du bassin rennais. En revanche, le décor répété sur le faux-entrait de l'une des fermes est plus rare. Cette charpente était initialement associée à un logis à salle basse unique constituant un espace de réception monumentale avec une grande cheminée. La charpente apparente et la hauteur de la pièce avait pour but d'impressionner les visiteurs.

L'évolution de la distribution intérieure

Au vu des proportions, il semblerait que le bâtiment ait été raccourci du côté de la salle basse sous charpente, accessible par la porte en plein-cintre de gauche. La salle accessible par la porte de droite serait la cuisine ce qui expliquerait la taille modeste de la fenêtre et sa position excentrée. La cuisine pouvait être surmontée de la chambre du seigneur.

Le manoir a été réaménagé au cours du 17ème siècle. Un plancher à quenouilles a été ajouté à environ 1m50 du sol. L'entrée dans le manoir a été déplacé près du pignon est au moment où une aile a été ajoutée. Un escalier à vis en bois devait être installé avant puisque l'escalier 17e siècle réemploi une pièce ouvragée caractéristique. Les marches sont en bois plein, il n'y a pas de contremarches. Le palier dessert deux pièces à ce niveau, un couloir et un autre escalier à balustres. Les deux pièces sont éclairées par des ouvertures donnant au sud, sur l'ancien potager clos. La plus grande pièce est chauffée par la cheminée installée dans le mur gouttereau. Face à l'escalier, le palier donne sur un couloir donnant sur une volée droite et permet l'accès à des pièces non visitées. L'accès au comble se fait à l'aide de l'escalier à balustres, d'un palier et une dernière volée de marches accolée au mur pignon.

Le plancher sous les combles est composé de petits carreaux glaçurés. Ils sont comparables à ceux observés à la chapelle de Suscinio ou dans la chapelle du château de Fontenay à Chartres-de-Bretagne. La pâte utilisée pour la fabrication des carreaux pourrait correspondre au même atelier que les carreaux de Chartres-de-Bretagne.

Murs schiste appareil mixte
granite appareil mixte
bauge

Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
noue
toit à longs pans croupe

Escaliers
Typologies charpente armoricaine
États conservations vestiges, mauvais état, état moyen
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à étudier
Éléments remarquables charpente en bois

Annexes

  • Jean-Yves Eveillard,“Histoire de Saint-Gilles”, article paru dans le Bulletin municipal de Saint-Gilles.
  • Jean-Yves Desdoigts, Pré-inventaire de Saint-Gilles, 1975

Références documentaires

Bibliographie
  • Le manoir en Bretagne, 1380-1600. Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France. Paris : Imprimerie Nationale, 1993. (Cahiers de l'Inventaire ; 28).

  • BRAND'HONNEUR Michel, Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes : habitat à motte et société chevaleresque (XIe- XIIe siècles), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2001, (Collection Histoire).

    Bibliothèque universitaire. Université Rennes 2
  • BUREL Laurence, Le patrimoine de Saint-Gilles en 2002 : identité et avenir d’une commune rurale d’Ille-et-Vilaine, Mémoire de Maitrise d’Histoire sous la direction d’Alain Croix, Rennes, Université de Haute-Bretagne, 2002.

    Bibliothèque universitaire. Université Rennes 2
  • OLIVIER Corentin, Les charpentes armoricaines : inventaire, caractéristiques et mise en œuvre d’un type de charpente méconnu, Mémoire de master 2, Université Rennes 2, sous la direction de LAFFONT Pierre-Yves et BERNARD Vincent, 2013-2014, 410 p.

    Unité Mixte de Recherches 6565 du CNRS