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Manoir, le Val (Landévant)

Dossier IA56007465 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Malgré son état fragmentaire, ce manoir conserve des éléments remarquables, en particulier une structure très originale, avec un logis-porte au centre qui distribuait deux corps de logis de taille différente, au nord et au sud, par une coursière en encorbellement. On ne peut rien dire aujourd'hui du grand logis au nord sinon qu'il possédait un étage carré, vu la porte bouchée donnant sur la coursière disparue à partir de la chambre dans le corps de passage. L'ajout de la tour d'escalier au début du 16e siècle pose interrogation sur le système de distribution initial de ce manoir, sans doute situé dans le grand corps de logis nord ; cet ajout est lié à la suppression de la coursière en encorbellement ne signifie pas la disparition du premier escalier ; quant à l'escalier moderne dans le corps sud qui ne comprend que des chambres, il a pu en remplacer un ancien.

La cheminée insérée dans le mur gouttereau nord dans la chambre du corps de passage révèle comme à Suscinio, Kerat (Arradon), mais aussi au Val Houx (Guégon) une période très ancienne début 15e siècle). La seconder cheminée de la chambre date comme la tour d'escalier de la disparition de la coursière et son décor plus tardif doit être relié à celui, remarquable, des ouvertures de la tour (fleurons, feuilles de choux), que l'on comparera en plus modeste avec celui de la tour de Brignac à Saint-Guyomard (56), datée 1509. Cette tour date les dernières modifications majeures apportées par la famille du Val, qui en 1536, pourrait avoir migré à Guégon.

Il est justifié de s'interroger sur les pignons est et ouest du corps de passage : ne s'agit-il pas d'une modification ? Leur pente trop faible, la reprise du mur ouest et la disparition de la souche de cheminée nord peuvent conduire à l'hypothèse d'un faitage dans le sens opposé commun à celui du grand logis, avec réutilisation de la large pierre d'assise sculptée d'un dragon.

Parties constituantes non étudiées enclos, four, logement, cour
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Ria d'Etel - Pluvigner
Adresse Commune : Landévant
Lieu-dit : le Val
Cadastre : 1837 B1 164-167 ; 2000 ZO 52

Le Val est la plus importante seigneurie de Landévant au 15e siècle : les montres de 1477 et 1480 attribuent trois cents livres de rente à Gilles, puis Guillaume du Val, hommes d'armes du duc. En 1536 cependant, Louis du Val ne semble plus résider au Val, puisqu'il est nommé dans la réformation sieur de Coesbic (en Guégon). Le manoir passe au 17e siècle à la famille du Han, puis aux Francheville et enfin aux Robien. Il est alors depuis longtemps déclassé en ferme. A la Révolution, le colombier qui subsistait était en ruines : il ne figure plus sur le plan cadastral de 1837. Quant au corps de logis principal, on ne sait à quelle époque il a disparu, mais avant la Révolution. Il reste cependant d'importants vestiges du manoir. Le logis-porte remonte au 15e siècle. Le corps latéral est contemporain et porte les armes de la famille du Val sur une crossette (Du Halgouet signale également un blason sur un des rampants du corps de passage, disparu avec son support, un animal fantastique, lors de la réfection de la toiture). L'ouverture de fenêtres dans le pignon sud de ce corps latéral dans les années 1960 a fait disparaître les cheminées des chambres superposées. Quant à la tour d'escalier, elle pourrait avoir été ajoutée dans les années 1520-1530, rendant obsolète le système de distribution original ; à cette époque, le logis-porte subit des modifications, visibles dans une reprise sur la façade ouest, et dans l'ajout d'une nouvelle cheminée dans la salle haute. Le logis de la ferme est construit sur l'emplacement du grand corps de logis du manoir (au nord du logis-porte) au début du 19e siècle. Très remanié au milieu du 20e siècle, il a été restauré à la fin du 20e siècle.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 1ère moitié 16e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Auteur(s) Personnalité : Du Val, commanditaire, attribution par travaux historiques

Une large allée menait au logis-porte. Celui-ci, flanqué d'un corps de bâtiment au sud et du logis de ferme au nord distribue une grande cour enclose, où subiste un four à pain inclus dans le mur d'enclos, mais sans doute à l'origine élément d'un four couvert. Un second four à pain est cependant signalé sur le plan cadastral ancien, au sud de la cour entre deux petits bâtiments de la ferme. L'état fragmentaire du manoir du 15e siècle ne permet que des hypothèses de restitution du logis initial. Au centre le corps de passage est constitué du passage proprement dit, sous une large porte en plein cintre à extrados à feuilles de choux frisées : une reprise à gauche de cette porte pourrait indiquer qu'elle a été modifiée au moment de la mise en place de la tour. Au-dessus du passage, est une grande pièce à laquelle on accède par un escalier en vis en pierre situé dans la tour en hors-oeuvre. La pièce est chauffée par deux cheminées, l'une sur le gouttereau nord, la seconde sur le pignon ouest. Cette dernière a été ajoutée après la suppression de la coursière en encorbellement qui est décelable dans deux portes ouvertes en vis-à-vis dans les murs gouttereaux. Si on peut supposer que la porte du nord menait au grand logis disparu, la seconde au sud conduisait par la coursière en encorbellement à une porte aujourd'hui murée située dans le mur ouest du logis en retour au sud. Enfin, dans la pièce haute, une dernière porte conduit à une partie en avancée du logis en retour par un passage oblique ménagé dans l'épaisseur du mur : aujourd'hui bouchés, des jours de surveillance de l'entrée dans le corps de passage indiquent que ce passage était un espace réservé à la surveillance et à la défense. La grande pièce au-dessus du corps de passage est surmontée d'un grenier chauffé par une cheminée au pignon est. Le corps en retour au sud est composé de trois niveaux. Le premier dépourvu de cheminée était sans doute à destination de cellier à l'origine ; ce cellier était surmonté de deux chambres, une par niveau, dont les cheminées ont disparu lors des restaurations des années 1960.

Murs granite
moellon
moyen appareil
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, 2 étages carrés
Couvertures toit à longs pans
toit polygonal
pignon découvert
Escaliers escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Typologies logis-porte, coursière en encorbellement
États conservations vestiges
Techniques sculpture
Représentations armoiries ange fleuron
Précision représentations

Le blason des seigneurs du Val orne la crossette ouest du corps de logis en retour. Il est probable que plusieurs autres blasons ornaient l'extravolte des portes de la tour et du passage, au décor mutilé, à l'exception d'un ange porte-blason au blason effacé, et de nombreux fleurons sur la tour (porte et fenêtres). Un animal fantastique forme la crossette du rampant nord-ouest du corps de passage.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • 20095605971NUCB : Archives communales de Landévant

    20105601716Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 097_56_69_bande_18/17A. Landévant. Le Val..

    20105601717Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 097_56_69_bande_19/18A. Landévant. Le Val.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan. Fonds Galles. 2J43 : Tableau par paroisses des terres nobles du diocèse de Vannes d´après la réformation de 1666.

  • Archives communales de Landévant. Plans cadastraux, 1837.

  • DU HALGOUET, Hervé, Notes archéologiques sur le département du Morbihan. A.D. Morbihan.

    p. 207
Documents figurés
  • A. D. Morbihan. 3 Fi 97/4. Logis-porte. Photographie négative noir et blanc. Sans date.

Bibliographie
  • FLOQUET, Charles. Dictionnaire des châteaux et manoirs du Morbihan. Mayenne, Yves Floch, 1991.

    p. 106-107
  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 274-277
  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

    p. 392
  • POTIER DE COURCY, Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, Mayenne : J. Floch, 1970.

  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 828