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Manoir, puis château de Saint-Georges (Nostang)

Dossier IA56007558 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Bien que les façades du grand corps de logis et du pavillon ait été modifiées, notamment celle au nord, la structure du manoir d'origine et sa distribution sont perceptibles notamment grâce à la présence des trois portes à linteau sur corbelet dans le couloir d'entrée. Le système défensif et le portail monumental de la fin du 16e siècle avec porte cochère et piétonne sont en place à l'ouest de la cour, ainsi que les vestiges d'une chapelle, d'un fournil et d'un pavillon de jardin.

Dans le pavillon, l'escalier de type rampe sur rampe, à deux volées de bois avec rampe composée de fines balustres en double poire, semble être du 18e siècle. Il remplace sans doute celui de la tour détruite.

Seul le corps de logis sert encore d'habitation aux propriétaires, les autres corps de bâtiments, inoccupés, sont menacés faute d'entretien.

Il existe aussi sur le domaine des représentations de blasons peints ou gravés sur différents supports : poutres de bois, socle de croix en pierre, qui, n'ont pas encore pu être tous identifiés. Seules les armes de famille Kerpunze, présent surle site de Saint-Georges du 15e siècle au 18e siècle, ont été identifiées. C'est à cette famille qu'il faut attribuer la majorité des constructions.

Appellations de Saint-Georges
Parties constituantes non étudiées enceinte, ouvrage d'entrée, communs, enclos, jardin, pavillon de jardin, moulin, ferme, puits, four à pain
Dénominations manoir, château
Aire d'étude et canton Ria d'Etel - Port-Louis
Adresse Commune : Nostang
Lieu-dit : Saint-Georges
Cadastre : 1837 A, 662

St-Georges était le siège d'une seigneurie appartenant aux Carné, famille de l'entourage ducal, depuis le 13e siècle. La situation de ce lieu : près de la vieille route de Nostang à Languidic, à proximité de la voie romaine du Vieux Passage (Plouhinec) à Landévant ainsi que de celle de Vannes à Hennebont, et non loin d'étangs et de ruisseaux, en faisait un lieu stratégique ; on rappellera que Nostang était le siège d'une châtellenie avant son transfert à Hennebont au 13e siècle. Le corps de logis principal est construit au 15e siècle et mentionné en tant que manoir de Saint-Georges, dès 1427 dans les réformations du domaine ducal et appartenant à sire Eon de Kerpuncze mari de damoiselle Blanche de Saint-Georges (veuve en 1440), et à son fils Jehan. Le nom de Jehan de Kerpunze est cité à plusieurs reprises, en tant que noble, jusqu'en 1464, ainsi que dans l'enquête des exempts de fouage et les montres. On y apprend par ailleurs que le manoir du Talhouët, déclassé, était une métairie de Saint-Georges. Pierre de Kerpuncze de Saint-Georges est encore mentionné dans les montres du 4 septembre 1481. Puis la réformation de 1536 indique que le Talhouët et Saint-Georges deviennent la propriété de Jehan Thomas. Au milieu du 16e siècle, René Thomas prend le titre de seigneur de Saint-Georges. A la fin du 16e siècle, le climat instable pendant les troubles de la Ligue, conduit à la construction d'un système défensif autour du château ; adossée au mur d'enceinte, la chapelle remonte également à cette époque. Un pavillon est construit en prolongement est du logis au 17e siècle, certainement à l'initiative de la famille Cosnoal, entrée en possession du château par le mariage de Pierre de Cosnoal. La façade du grand logis est régularisée et mise au goût du jour en 1764 (date portée sur la porte sud), alors que le château est toujours en possession des Cosnoal qui le conserve jusqu'en 1778 ; c'est sans doute aussi à cette époque que le couloir axial est créé par ajout d'un mur cloison à l'est. Mais, Anne-Marie de Cosnoal n'ayant pas eu de fils, la seigneurie de Saint-Georges revient au marquis de Marnière de Guer. Dans les années 1780, Louise-Rose de Cosnoal, marquise de Marnière de Guer, fait valoir ses droits au titre et aux rentes seigneuriales du Cartier, après le décès de son cousin, Paul-René de Cosnoal, et devient ainsi dame de Saint-Georges. Le fils de Louise-Rose de Cosnoal (décédée en 1790), Armand Constant de Marnière, ancien préfet de Lorient (1816), rentré en possession des biens familiaux, rachète en 1828 le manoir de Saint-Georges. A la fin du 19e siècle et jusqu'au 1er quart du 20e siècle, le château appartient à la famille de Vitton. La comparaison de l'état actuel avec le plan cadastral de Saint-Georges en 1837 (doc. 1) montre de nombreuses modifications apportées au corps de logis principal, probablement durant le 20e siècle. L'aile nord-ouest en retrait du pavillon a disparu elle était relée au pavillon par une tour d'escalier, dont il ne reste que quelques vestiges. La grande irrégularité des façades postérieures, tant du pavillon que du premier logis, animées d'excroissances diverses et irrégulières, a totalement diparu au profit d'un plan rectangulaire simple. Lors du dernier changement de propriété (2e moitié du 20e siècle), la façade du grand logis est entièrement reprise : la porte est rehaussée de deux pierres, l'ensemble des fenêtres d'étage sont diminuées, l'une est rétrécie, un oculus est rajouté au centre au-dessus de la porte et l'ensemble est rejointoyé ; deux lucarnes de bois sont créées dans le comble. Le pignon est est entièrement reconstruit, sans ses cheminées d'origine, l'une étant remontée au rez-de-chaussée. D'autres bâtiments n'existent plus pour diverses raisons : un corps de bâtiment à l'ouest, le long du mur d'enceinte et un fournil. Depuis les années 60, époque de prise de vues des photos conservées aux AD56, l'état de l'édifice s'est fortement dégradé : le portail d'entrée a perdu sa toiture, la chapelle est en ruines, le grand pavillon à l'ouest du grand logis menace ruine.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 4e quart 16e siècle
Principale : 17e siècle
Dates 1764, porte la date

Le château de Saint-Georges, situé au nord-ouest de la commune, se développe autour d'une cour occupée au nord par le logis et autrefois fermée par des constructions dont subsistent à l'ouest, le système de défense et au sud les communs ainsi que la chapelle. Le château est protégé par un mur d'enceinte, dont il ne reste aujourd'hui qu'une partie, côté ouest. Ce vestige est pourvu d'un système défensif (doc. 2, fig.1 à 4) : tour demi hors-oeuvre, dotée d'ouvertures pour canonnière et mousquet (fig. 5), portail d'entrée, avec portes charretière et piétonne chanfreinées et en plein cintre, côté route et en arc segmentaire, côté cour (fig. 6). L'ensemble est surmonté d'un chemin de ronde en encorbellement, soutenu par des corbeaux et couvert, à l'origine (doc. 2, 3, fig. 1 et 7). Une herse, aujourd'hui disparue, protégeait l'accès au château, l'espace prévu pour son passage est encore visible au dessus de la porte charretière (fig. 8 et 9). Adossée au mur d'enceinte, côté cour, en retour de l'ouvrage d'entrée, se trouve la chapelle couverte en appentis (doc. 3 et fig. 10 à 12), au mur nord percé d'une porte et d'une baie chanfreinées et en plein cintre et terminé par une corniche à modillons, tandis qu'une seconde porte est percée dans le mur sud. L'édifice communique avec la tour par une porte. Au nord du portail d'entrée, existe une dépendance couverte d'un toit à croupes brisées (doc. 3), dont le mur gouttereau ouest est constitué par le mur d'enceinte (fig. 13). Il est percé d'une porte et d'ouvertures, dont l'une, surmontée d'un fronton triangulaire, éclaire l'étage. Le logis est constitué de deux corps de bâtiment alignés. Le premiert à trois niveaux (doc. 4, fig. 15 et 16) : rez-de-chaussée, étage carré comble, est construit en moellon de granite et couvert d'un toit à longs pans en ardoise. La façade antérieure est percée au centre d'une porte en plein cintre surmontée d'une archivolte. Sur l'un des claveaux, on peut lire l'inscription suivante : 1764 I.R. Cette date correspond à la reprise de la façade où la porte est remployée ainsi que la fenêtre de droite. De part et d'autre de la porte, deux travées de baies éclairent les différents niveaux. L'une, au rez-de-chaussée, dont les ébrasements sont à ressauts, est surmontée d'un linteau à double accolade moulurée. Il existait à l'étage une échauguette (fig. 17) sur l'angle sud-ouest du logis : sa base et le jour qui l'éclairait sont encore visibles dans le pavillon. A l'intérieur, la distribution s'organise autour d'un vestibule limité par deux murs de refend. Celui de l'ouest, qui séparait au rez-de-chaussée, la salle de la cuisine, est d´origine ; celui à l'est qui réduit le volume initial de la salle basse, est une adjonction postérieure, probablement du 18e siècle. Au fond du vestibule, trois portes à linteau sur corbelet (fig. 18), caractéristiques du 15e siècle, dont l'un orné d'une fleur de lys, desservent successivement trois pièces : la cuisine, à l'ouest, une tour d'escalier, au nord-ouest et un cellier au nord, aujourd'hui disparu. La cuisine est pourvue sur son mur ouest, d'une cheminée entièrement remontée aux piédroits largement chanfreinés (fig. 19). La salle basse est chauffée par une cheminée, sur son mur est, mais les piédroits ont été remplacés par ceux d'une cheminée d'étage (fig. 20). A l'ouest, le pavillon, aujourd'hui de plan rectangulaire double en profondeur, est situé dans le même alignement que le corps de logis. Il est composé de trois niveaux : un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble. La façade principale au sud (fig. 21) est animée par une travée non centrée, constituée d'une très haute porte, d'une fenêtre et d'une lucarne couronnée d'un fronton curviligne. La façade ouest (fig. 22) possède une travée composée de deux baies. Au nord (fig. 23), les vestiges de l'ancienne tour d'escalier sont encore visibles. On notera dans l'angle nord-ouest du pavillon une trace de reprise dans la chaîne d'angle, certainement à l'emplacement de la jonction du corps de bâtiment disparu. Etant donné la hauteur de cette reprise, on peut imaginer un édifice plus bas, qui expliquerait la présence, à cet endroit, d'un jour de tir. Le pavillon est couvert d'un toit en pavillon. A l'intérieur, au nord, dans la tour d'escalier, existe des latrines (fig. 25). Un escalier dessert les différents niveaux (fig. 26 à 28). Durant la montée de la première volée de marche, on peut voir une fenêtre chanfreinée appartenant au mur ouest du corps de logis (fig. 29), ainsi que les portes en plein cintre (17e siècle) qui menait à la tour d'escalier (fig. 30). A l'étage du pavillon, se trouve la chambre (fig. 31), pourvue d'une cheminée à piédroits très fin (remploi du 16e siècle), ainsi qu'une garde-robe. L'étage de comble est doté d'une charpente en croix de saint André (fig. 32 à 34). Il existe sur le domaine les vestiges d'une ancienne fontaine (fig. 35). Au sud du grand logis la cour est fermée par le fournil aujourd'hui en ruine (fig. 36). Au sud se développe un grand jardin enclos de mur en partie ruiné, à l'angle sud-ouest duquel, se dresse un petit pavillon de jardin en moellon et pierre de taille de granit, de plan carré. Il possède sur deux de ses façades, une balustrade avec balustres carrés en poire (doc. 5 et fig. 37). Deux fermes : l'une datant du 16e siècle (remaniée), au sud, l'autre de la 2eme moitié du 19e siècle (fig. 39), au sud-est, dépendaient jadis du château. Un four de village situé devant le mur d'enceinte à l'ouest à été conservé. Plusieurs blasons ont été identifiés, dont un n'est plus en place. Sur une poutre au rez-de-chaussée du pavillon figurent un blason non identifié, visible sur une poutre peinte (fig. 24) ; une poutre de bois déposée est ornée d'un blason mi-parti dont l'un est la famille de Kerpunze, dont les armes sont : "d'azur à trois croissants d'argent, deux et un", le second figurant des empreintes de pattes d'ours. Le blason de Kerpuncze accompagne deux autres blasons gravés sur un socle de croix (disparue) dans le domaine (fig. 38).

Murs granite
moellon
Toit ardoise
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés
appentis
pignon couvert
croupe
croupe brisée
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en charpente
Typologies château à salle basse sous charpente
États conservations menacé
Techniques sculpture
peinture
Représentations armoiries
Précision représentations

Blason de la famille de Kerpunze sculptés en alliance sur une poutre déposée et sur le socle d'une croix accompagnés du blason de la famille de Saint-Georges (socle de la croix) et de plusieurs autres familles non identifiées. Blason peint non identifié sur une poutre au rez-de-chaussée du pavillon.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • DU HALGOUET, Hervé, Notes archéologiques sur le département du Morbihan. A.D. Morbihan.

    T. II, p. 61. Nostang. Le château Saint-Georges.

    Vestiges de grandeur et pénible déchéance. Un corps d'habitation décapité qui garde encore une porte basse dessinée en plein cintre, soulignée d'un large tore, et une jolie fenêtre avec linteau taillé en accolade jumelées. Plus récent, un large pavillon du XVIIe a du servir de dernier refuge d'habitat aux seigneurs du lieu. Le plus pittoresque est constitué par la défense sans doute du XVIe siècle, de l'entrée de la cour seigneuriale, sous fome de murs crénelés et de tours à meurtrières qui flanquent les deux portes. On reconstitue l'enciente assez vaste des murs. A l'un des angles de l'enceinte, dans une situation dominante d'où se découvre une étendue sur les bois et les vallons, un pavillon de plaisance Louis XIII, agrémenté de balustres, qui dans sa ruine, laisse deviner le charme que l'on poiuvait y trouver.

  • 20105607818NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 P 195.

    20105607872NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 153/5.

    20105607873NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 153/7.

    20105607874NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 153.

    20105607875NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 153/8.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Nostang. Plans cadastraux, 1837. Plan d'assemblage. Plans par feuilles..

  • A. D. Morbihan. 1J 448. Extraits des registres paroissiaux et notes diverses sur Nostang, 1622-1793.

    Archives départementales du Morbihan : 1J 448
  • A. D. Morbihan, 2J43. GALLES, Louis. Tableau par paroisse des terres nobles du diocèse de Vannes d'après la réformation de 1666, vol. 4.

    Archives départementales du Morbihan : 2J43
  • DU HALGOUET, Hervé, Notes archéologiques sur le département du Morbihan. A.D. Morbihan.

    p. 61
Documents figurés
  • A. M. Lorient. 5 Fi 12396 et 16 Fi 1888. 1ère moitié 20e siècle ? Nostang. Château de Saint-Georges. Logis. Photographie, collection Crolard.

  • A. M. Lorient. 16 Fi 1889. 1ère moitié 20e siècle ? Nostang. Château de Saint-Georges. Corps d'entrée. Photographie, collection Crolard.

Bibliographie
  • BAUDRY, G. Les seigneurs de Saint-Georges, XIVe siècle - XVIIIe siècles, un exemple de transmission et d'extension des propriétes, droits et privilèges seigneuriaux , Lorient, 1996.

    p.1-29
  • FLOQUET, Charles. Dictionnaire des châteaux et manoirs du Morbihan. Mayenne, Yves Floch, 1991.

    p. 155
  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 412, 415, 418 et 419
  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

    p.48-49
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 910