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Manoir de Kermerrien (Prat)

Dossier IA22017525 réalisé en 2012
Destinations ferme, maison
Parties constituantes non étudiées dépendance
Dénominations manoir, ferme
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Roche-Derrien (La)
Adresse Commune : Prat
Lieu-dit : Kermerrien

Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à moins de 700 mètres au nord-nord-est du bourg de Prat et à 88 mètres d´altitude. Il se trouve à 300 mètres à l'ouest d´un petit affluent du ruisseau de Poulloguer (et non loin d'un routoir d'après le cadastre ancien). Le toponyme est orthographié "Kmerien" sur la carte de Cassini réalisée dans la 2e moitié du 18e siècle ; "Kmerrien" sur le cadastre de 1835 et s´écrit aujourd´hui "Kermerrien". Il est formé de "Kêr" qui signifie le village, le lieu habité, et d'un patronyme "Merrien" ou "Merien". Le manoir est isolé dans la campagne ; on y accède depuis le bourg de Prat par le "chemin de Prat à Mantallot en passant par la croix de "Poul ar Roc'h" (littéralement en breton : la mare, l'étendue d'eau du rocher), puis par une courte avenue orientée vers le sud. On compte alors sept bâtiments dont le logis principal et le fournil au nord-est.

Selon Daniel Le Goff (Prat des origines à 1945, 2009), la seigneurie et le manoir de Kermerrien appartiennent en 1543 aux enfants Le Halgoet (Le Hallegoet). A la montre de Tréguier en 1481, ont comparu au moins trois membres de la famille Le Hallegoet : Jehan armé d’une pertuisane (type de lance à pointe de fer) et porteur d'une brigandine (armure constituée de plaques rivetées) et Yvon en archer et porteur, lui aussi d'une brigandine... Ces maisons nobles étaient exemptées de fouages (impôt perçu sur chaque feu).

L'édifice actuel comporte des éléments stylistiques et des dispositions datables de la 1ère moitié du 16e siècle : volume, couverture à rampants découverts et crossettes, tour d'escalier en vis sur l'élévation postérieur, petites fenêtres à linteau en accolade, ... à l'intérieur : cheminée, saloir mural à chanfrein, portes moulurées à linteau droit ou cintré, voir en arc brisé... mais la façade montre une reconstruction importante dans le 3e quart du 18e siècle que trahissent les fenêtres et lucarnes à linteau en arc segmentaire typique de cette époque et la réorganisation régulière des travées. La porte en bois de l'escalier est datable du 18e siècle : elle a conservé son dispositif de fermeture.

Les inscriptions sur les lucarnes, confrontées aux Archives départementales des Côtes-d'Armor, confirment l'hypothèse précédente : l'édifice a été reconstruit en 1772 (date portée) pour François Dominique SAVIDAN (1721-1790) et Renée LE HUEROU (1724-1802) dont le mariage a été célébré à Prat le 25/10/1746. Ils ont eu pour enfants : Louise (30/08/1747), François-René (16/07/1749), Tugdual René SAVIDAN (06/08/1751), Tugdual-François (06/08/1751), Françoise-Antoinette (29/07/1753), Anne-Anthoinette (11/09/1755) et Yves-René (22/08/1759).

Le puits à margelle circulaire faisant face au logis est vraisemblablement datable du 16e siècle. Les dépendances : étable et soues à cochon, situées dans l'alignement du logis au sud, datent de la 2e moitié du 19e siècle tout comme la grange-étable qui remploie également des éléments anciens.

A signaler au début de l'ancienne avenue menant au manoir, la présence d'une croix ancienne (16e siècle : ?) à branche courte ornée d'un Christ en croix.

L'ancien manoir de Kermerrien n'est pas protégé au titre des Monuments historiques.

Période(s) Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 17e siècle
Secondaire : 3e quart 18e siècle
Dates 1772, porte la date
Statut de la propriété propriété privée